DROITS DE LA NATURE · PERSONNALITÉ JURIDIQUE · ONTOLOGIE · POLITIQUES PUBLIQUES · ASSEMBLÉE DE L’ARBRE · CONVENTION INTERNATIONALE · DUDA
Protéger le vivant : punir ou relier ?
Publication : La Compagnie des Papillons Bleus · Date : 17 octobre 2026 · Nature : article de position
Point essentiel
La Déclaration universelle des droits de l’Arbre ne s’oppose pas à la personnalité juridique : elle refuse d’y réduire la protection du vivant. Elle repose sur une autre ontologie, relationnelle, et inscrit cette protection dans les politiques publiques, des communes jusqu’au droit international.
Depuis quelque temps, certaines réactions présentent la Déclaration universelle des droits de l’Arbre comme une démarche hostile à la personnalité juridique de la nature. C’est un contresens. La Déclaration ne combat pas cet instrument : elle refuse d’y réduire la protection du vivant. Ce malentendu est pourtant instructif. À force de tenir la personnalité juridique pour l’horizon indépassable des droits de la nature, on finit par ne plus voir qu’elle, et par mal lire toute démarche qui pense plus large. Il importe donc de clarifier ce que propose la Déclaration, ce qu’elle ne propose pas, et ce qui la distingue, sur le fond, du mouvement des droits de la nature.
L’actualité y invite. Une Initiative citoyenne européenne intitulée « Droits de la nature : habiliter les citoyens à représenter et protéger les écosystèmes » circule actuellement, relayée notamment par Notre Affaire à Tous. Enregistrée par la Commission européenne le 19 mai 2026, elle demande une directive reconnaissant les écosystèmes comme des personnes juridiques, dotées d’une valeur intrinsèque et de droits fondamentaux : exister, se régénérer, être restaurés. [1][2] Elle propose également que des citoyens puissent agir en justice en leur nom, sur le modèle de la lagune espagnole de la Mar Menor. [3] Pour que la Commission se prononce, l’initiative devra réunir au moins un million de signatures ; rien ne l’obligera ensuite à proposer un texte.
La Compagnie des Papillons Bleus, porteuse de la Déclaration universelle des droits de l’Arbre, partage le constat de départ : la nature ne peut plus être traitée comme une simple chose appropriable. Elle partage aussi la finalité : protéger les écosystèmes dans leur intégrité. Mais elle porte une autre conception du vivant lui-même, et donc des moyens de le protéger. Cette divergence n’a rien d’une nuance technique. Elle engage deux manières de penser le rapport entre le droit, la société et le vivant.
Sommaire
- Ce que la Déclaration n’est pas
- L’Arbre, porte d’entrée de l’écosystème
- Deux ontologies : la personne et la relation
- Ce que permet la personnalité juridique, et ce qu’elle ne fait pas
- L’épreuve des faits
- Le principe d’effectivité : sans politiques locales, la loi n’est qu’une illusion
- L’impasse démocratique de la représentation
- L’architecture de la Déclaration : le vivant au cœur de la décision publique
- L’Assemblée de l’Arbre : une représentation citoyenne, non un mandat exclusif
- De la commune au monde : le projet de Convention internationale des droits de l’Arbre
- Rétablir le lien
- Sources — 23 références
1. Ce que la Déclaration n’est pas
Levons d’abord toute ambiguïté. La Déclaration ne s’oppose pas à ce qu’un État ou une juridiction reconnaisse une personnalité juridique à un fleuve, à une lagune ou à une forêt. Le projet de Convention internationale des droits de l’Arbre, qui la prolonge sur le plan du droit international, l’énonce expressément : il n’attribue pas, par lui-même, de personnalité juridique aux arbres ou aux forêts, mais il ne fait pas obstacle à ce qu’un État en reconnaisse une dans son droit interne, ni à ce qu’il institue un statut propre ou des garanties plus étendues. [23]
La position est donc d’une parfaite clarté. La reconnaissance de droits au vivant n’est pas subordonnée à la personnalité juridique. Celle-ci demeure une construction juridique possible parmi d’autres ; elle n’est ni la condition, ni l’aboutissement, ni la mesure de la protection. Confondre ce refus de réduction avec une hostilité de principe, c’est précisément manquer le cadre plus large dans lequel la Déclaration s’inscrit.
2. L’Arbre, porte d’entrée de l’écosystème
Une seconde précision s’impose, car l’intitulé de la Déclaration peut induire en erreur. L’Arbre n’y est pas un objet isolé : il en est la porte d’entrée. Un arbre ne peut être séparé de ce qui le fait vivre. Ses racines s’associent aux champignons mycorhiziens qui étendent son accès à l’eau et aux nutriments et le relient à ses voisins. Le sol, peuplé d’une multitude d’organismes, le nourrit. Les insectes le pollinisent, le décomposent, l’habitent. Les oiseaux y nichent et dispersent ses graines. Les mammifères s’y abritent. Le bois mort lui-même, loin d’être un déchet, porte une part considérable de la biodiversité forestière.
Protéger l’Arbre, c’est donc protéger la forêt et l’ensemble des relations qui la constituent. Le projet de Convention le formule sans détour : la forêt y est définie comme un système écologique associant arbres, autres végétaux, animaux, champignons, micro-organismes, sols, eaux, bois mort, flux d’énergie et cycles biogéochimiques. Un article entier y est consacré aux sols vivants, aux racines, à l’eau, aux champignons et au bois mort. [23]
Si la Déclaration a choisi l’Arbre, c’est parce qu’il est la figure du vivant la plus familière et la plus immédiatement intelligible, celle qui parle à chacun, du cœur des villes aux massifs forestiers. Mais à travers lui, c’est bien l’écosystème tout entier qui est visé.
3. Deux ontologies : la personne et la relation
Les concepts juridiques ne sont jamais neutres. Ils portent une représentation implicite de ce qu’est un être et de ce qui mérite d’être protégé. La personnalité juridique n’échappe pas à cette règle : avant d’être un instrument, elle est un concept, et ce concept engage une ontologie.
Le mot le rappelle. La persona désignait, dans le théâtre latin, le masque à travers lequel l’acteur parle. Le droit a fait de la personne une entité individualisée, délimitée, unifiée, dotée d’une volonté propre et titulaire de droits qu’elle oppose aux autres. Ce modèle a été pensé pour l’individu humain, puis étendu aux collectifs humains, entreprises et associations, auxquels le droit prête une unité et une volonté. Faire d’un fleuve ou d’une forêt une « personne », c’est donc l’inscrire dans cette ontologie : découper le vivant en individus juridiques, lui prêter une unité qu’il n’a pas, lui donner une voix par l’intermédiaire de représentants, et l’admettre dans le droit à condition qu’il ressemble à ce que le droit connaît déjà.
La Déclaration universelle des droits de l’Arbre repose sur une autre ontologie. L’Arbre y est reconnu comme un être vivant sensible, source de vie et bien commun de l’humanité. [20] Mais cet être n’existe que par ses relations : au sol, à l’eau, aux champignons de ses racines, aux insectes, aux oiseaux, aux autres arbres, et aux humains. Il n’est pas un individu dressé face aux autres. Il est un nœud de relations vivantes. Le reconnaître comme sujet de droits ne consiste pas à lui prêter un masque, mais à reconnaître ce qu’il est, dans ce qui le relie. [18][19]
Le projet de Convention internationale des droits de l’Arbre traduit cette ontologie dans le droit. Parmi les droits qu’il reconnaît à l’Arbre figure celui de participer aux relations écologiques dont il dépend et qu’il soutient. Un droit à la relation : aucune personne juridique, pensée sur le modèle de l’individu, ne peut en être titulaire de cette manière. [23]
Tout le reste en découle. Si le vivant est relation, le protéger, c’est maintenir les relations qui le constituent : voilà pourquoi l’Arbre est la porte d’entrée de l’écosystème entier. Si les humains font partie de ces relations, rétablir le lien entre eux et le vivant n’est pas un moyen au service d’une protection plus efficace, c’est l’objet même de la protection. Et si l’être protégé n’est pas une personne qu’il faudrait faire parler, il n’a pas besoin d’un mandataire qui s’exprime en son nom : il appelle la participation de ceux qui vivent en relation avec lui. C’est le sens de l’Assemblée de l’Arbre.
La différence avec le mouvement des droits de la nature ne tient donc pas d’abord à l’efficacité des outils. Elle tient à deux manières de concevoir ce qu’est le vivant. [21]
4. Ce que permet la personnalité juridique, et ce qu’elle ne fait pas
Le mouvement des droits de la nature s’est largement construit autour d’une idée formulée dès 1972 par le juriste américain Christopher Stone, dans son essai « Should Trees Have Standing? » : permettre aux entités naturelles d’être parties à un procès. [22] La personnalité juridique, fiction empruntée au droit des personnes physiques et des personnes morales, en est devenue l’expression la plus aboutie. Elle permet à un écosystème d’être titulaire de droits, et donc d’être défendu devant un juge.
L’apport est réel : elle ouvre un prétoire, désigne un titulaire, rend l’atteinte justiciable. Mais il faut mesurer ce que produit concrètement ce mécanisme. Il intervient pour l’essentiel après l’atteinte, devant une juridiction, par l’intermédiaire d’avocats, d’experts et de représentants désignés. Sa logique dominante est réparatrice ou sanctionnatrice. Il punit la destruction, ce qui est nécessaire ; il ne crée pas, par lui-même, ce qui empêcherait la destruction : une conscience collective protectrice du vivant, et des décisions publiques qui en soient l’expression.
Autrement dit, la personnalité juridique répond à la question « qui peut agir en justice ? ». Elle ne répond pas à la question décisive : « qui décide, chaque jour, du sort des arbres et des forêts, et selon quelles règles ? ».
5. L’épreuve des faits
Ces différences de fondement ne restent pas théoriques. Les faits ne fondent pas notre position, mais ils montrent ce qui arrive lorsque les droits du vivant sont réduits à une technique contentieuse, sans que changent notre regard sur lui ni les décisions qui en découlent. Partout où des droits ont été proclamés sans que les politiques publiques ni le lien social ne suivent, la destruction s’est poursuivie.
Colombie, fleuve Atrato. En 2016, la Cour constitutionnelle colombienne a reconnu le fleuve Atrato, dans le Chocó, comme sujet de droits, face aux ravages de l’orpaillage illégal. Huit ans plus tard, l’AFP constatait que des barges de dragage illégales parsemaient toujours son cours. [4] Le magistrat à l’origine de la décision, Jorge Iván Palacio, a lui-même imputé l’échec de sa mise en œuvre à un manque de volonté politique et à la corruption. [4] Depuis l’arrêt, l’orpaillage illégal soutenu par des groupes armés s’est étendu sur 47 kilomètres le long des affluents. [5] En octobre 2025, trois rapporteurs spéciaux de l’ONU ont alerté le gouvernement colombien sur l’insuffisante exécution de la décision, la contamination au mercure constituant à leurs yeux une crise grave et persistante des droits humains. [6] Des gardiens du fleuve ont fait état de menaces de mort pour avoir combattu les mines illégales.
Inde, Gange et Yamuna. En mars 2017, la Haute Cour de l’Uttarakhand a reconnu ces deux fleuves sacrés, lourdement pollués, comme des « personnes juridiques », en désignant trois hauts fonctionnaires comme leurs gardiens. Dès juillet 2017, la Cour suprême a suspendu cette décision, à la demande de l’État de l’Uttarakhand lui-même, inquiet notamment de devoir répondre des noyades survenues lors des crues. [7][8] Les décisions demeurent suspendues. Une analyse universitaire relève qu’elles avaient été rendues sans véritable ancrage dans la société civile ni soutien de l’administration chargée de les appliquer. [9]
États-Unis, lac Érié. En février 2019, les électeurs de Toledo ont adopté une charte reconnaissant des droits au lac Érié. Un an plus tard, un juge fédéral l’a déclarée inconstitutionnelle, qualifiant ces droits d’« aspirationnels » et dépourvus de portée pratique. [10] Entre-temps, en juillet 2019, le parlement de l’Ohio avait adopté une disposition interdisant à la nature d’ester en justice. [11]
Bolivie, Terre Mère. Pays pionnier de la reconnaissance des droits de la nature, la Bolivie n’en a pas moins vu les écologistes dénoncer, dès 2019, une loi de 2016 portant de 5 à 20 hectares les surfaces de déboisement autorisées, ainsi qu’un décret permettant les brûlis destinés à défricher. [12] En 2024, les incendies ont ravagé plus de 12,6 millions d’hectares de forêts et de prairies, un record historique selon le Défenseur du peuple bolivien. [13]
Espagne, Mar Menor. La lagune a obtenu la personnalité juridique en 2022, à l’issue d’une initiative législative populaire soutenue par plus de 640 000 signataires. [14] C’est l’expérience la plus prometteuse, précisément parce qu’elle procède d’une mobilisation citoyenne profonde. Une étude publiée en 2025 relève toutefois des difficultés importantes de mise en œuvre et s’interroge sur la capacité de cette figure juridique à protéger effectivement la lagune. [15]
Ces exemples ne démontrent pas que la personnalité juridique est inutile. Ils démontrent qu’elle est insuffisante. Une norme proclamée sans relais institutionnel ni conscience collective pour la porter se heurte à la corruption, aux intérêts économiques, aux revirements politiques, voire aux juridictions elles-mêmes. On peut condamner la destruction d’une forêt que personne n’a jamais parcourue. On peut gagner un procès au nom d’un fleuve sans que les habitants de ses rives aient retrouvé le moindre attachement à lui.
6. Le principe d’effectivité : sans politiques locales, la loi n’est qu’une illusion
De ces expériences se dégage un principe d’une grande simplicité. Une norme, qu’elle soit constitutionnelle, nationale ou européenne, ne protège rien par elle-même. Elle ne plante pas un arbre, n’empêche pas une coupe rase, ne préserve pas un sol, ne surveille pas une rivière. Ce sont les décisions locales qui le font : un permis refusé, un plan local d’urbanisme révisé, une haie conservée, un boisement classé, une fosse de plantation correctement dimensionnée, un budget consacré à l’entretien plutôt qu’au remplacement, un abattage évité parce que quelqu’un, sur place, a dit non.
La Bolivie avait inscrit les droits de la Terre Mère dans sa loi. Ce sont des décisions concrètes, des surfaces de défrichement élargies, des brûlis autorisés, qui ont laissé brûler ses forêts. La Colombie disposait d’un arrêt historique. C’est l’absence d’action sur le terrain qui a laissé les dragues poursuivre leur œuvre.
Si les politiques locales ne sont pas activées dans le sens de la protection, prétendre qu’une loi constitutionnelle, nationale ou européenne protégera la nature n’est qu’une illusion. C’est précisément le choix de la Compagnie des Papillons Bleus : agir d’abord là où se prennent réellement les décisions qui font vivre ou mourir les arbres, les forêts et tout le vivant qui en dépend, par l’adoption de la Déclaration et la mise en œuvre de ses Quinze Engagements.
7. L’impasse démocratique de la représentation
Le modèle de la personnalité juridique soulève une autre difficulté, rarement posée : celle de la légitimité des représentants. Une forêt ne vote pas. Elle ne peut ni désigner ses mandataires, ni contrôler leur action, ni les révoquer. Quiconque parle en son nom s’est donc désigné lui-même, ou a été désigné par d’autres humains.
Pourquoi une association, ou une fraction de la population, serait-elle la représentante exclusive d’un écosystème ? Chaque collectif porte sa propre vision de la nature, ses combats, parfois ses intérêts. Et lorsque ces représentants contestent, devant un juge, une décision adoptée par des élus, on oppose une légitimité électorale à une légitimité autoproclamée. La protection du vivant quitte alors l’espace de la délibération démocratique pour devenir une affaire de contentieux, et ceux qui en ont la charge s’exposent seuls, comme l’ont montré les menaces subies par les gardiens de l’Atrato.
8. L’architecture de la Déclaration : le vivant au cœur de la décision publique
La Déclaration universelle des droits de l’Arbre, adoptée à Paris le 19 mai 2019, procède d’une autre logique. Elle reconnaît l’Arbre, et à travers lui l’écosystème dont il est inséparable, comme sujet de droits, sans faire dépendre cette reconnaissance de la personnalité juridique. [16][17] Le vivant appelle une catégorie qui lui soit propre, plutôt qu’un vêtement juridique taillé pour l’individu humain et les collectifs humains.
Surtout, elle ne confie cette protection à aucun mandataire exclusif. Elle l’inscrit dans les politiques publiques. Ce sont les collectivités et leurs élus qui la portent, à travers Quinze Engagements concrets souscrits au moment de l’adoption. La responsabilité demeure là où réside la légitimité démocratique, et elle s’exerce là où se prennent les décisions : urbanisme, gestion du patrimoine arboré, protection des sols, plantation écologiquement appropriée, transparence des résultats.
Cette exigence est vérifiable. La Déclaration tient un registre international des collectivités adoptantes, et une adoption purement symbolique, sans mise en œuvre des engagements, conduit à la radiation. [17] Signer ne suffit pas ; il faut agir.
9. L’Assemblée de l’Arbre : une représentation citoyenne, non un mandat exclusif
La Déclaration institue en outre l’Assemblée de l’Arbre. Celle-ci ne prétend pas parler « à la place » des arbres ou des forêts, et ne se substitue en rien aux élus. C’est un espace de représentation citoyenne, comparable aux instances participatives qui existent pour d’autres politiques locales. Elle réunit, selon les contextes, élus, services publics, scientifiques, juristes, habitants, associations, professionnels, enseignants, artistes et jeunes. Elle éclaire la décision publique, examine les projets, interpelle, formule des recommandations publiques, et permet aux habitants de prendre part à la vie des arbres et des milieux naturels de leur territoire.
L’objection démocratique adressée aux représentants des droits de la nature ne l’atteint donc pas. Il n’y a pas ici de mandataire exclusif du vivant : il y a des citoyens qui participent, et des élus qui décident et rendent des comptes.
10. De la commune au monde : le projet de Convention internationale des droits de l’Arbre
L’adoption locale n’est pas une fin en soi. Elle constitue la première marche d’une architecture qui s’élève jusqu’au droit international. Issu des travaux de l’Assemblée de l’Arbre, le projet de Convention internationale des droits de l’Arbre se présente comme l’un des prolongements juridiques internationaux de la Déclaration. Sa dernière version de travail, datée du 23 septembre 2026, compte quarante-trois articles et sept annexes scientifiques et méthodologiques. Elle reste destinée à une revue juridique internationale, à un examen scientifique contradictoire et à un dialogue avec les peuples autochtones, les communautés locales et les institutions compétentes. C’est un projet, et il doit être présenté comme tel ; mais sa direction est sans équivoque. [23]
Sa logique est l’exact inverse d’une norme imposée d’en haut. Le projet reconnaît que l’action territoriale peut précéder l’entrée en vigueur de la Convention et qu’elle constitue un niveau essentiel de son effectivité. Il habilite et encourage expressément les collectivités à adopter la Déclaration, à mettre en œuvre les Quinze Engagements, à créer une Assemblée locale de l’Arbre et à adopter des règles plus protectrices. [23] Les expériences, données, innovations et difficultés territoriales ont vocation à remonter vers les mécanismes nationaux et internationaux. Le droit international ne se substitue pas à l’action locale : il s’appuie sur elle et la consolide.
Le projet confirme également les choix de fond de la Déclaration. Il reconnaît à l’Arbre un droit à l’existence, au développement de ses systèmes aérien et racinaire, au maintien de son intégrité, à la reproduction, à la sénescence naturelle et à la participation aux relations écologiques dont il dépend. Il pose un principe de non-compensation des éléments irremplaçables : aucune plantation, aucune absorption future de carbone ne peut être présumée équivalente à un arbre mature, à une forêt primaire ou à un écosystème de haute intégrité. Il prévoit la protection stricte et permanente des forêts primaires. Il étend les Assemblées de l’Arbre aux échelles locale, régionale et nationale, sans jamais leur conférer le pouvoir des autorités compétentes.
Il ne renonce pas pour autant au juge, bien au contraire. Il garantit l’accès à l’information environnementale, la participation du public et un accès effectif aux autorités administratives et juridictionnelles pour les personnes, les collectivités, les peuples autochtones et les organisations de protection de l’environnement. Il impose aux États de protéger contre les menaces, le harcèlement et les représailles celles et ceux qui défendent les arbres et les forêts, cette même violence qui frappe aujourd’hui les gardiens de l’Atrato. La justice y est un recours, garanti et protégé ; elle n’est plus le seul pilier de l’édifice.
Enfin, le projet assume pleinement sa dimension de traité. Il est ouvert à la signature des États et des organisations régionales d’intégration économique, au premier rang desquelles l’Union européenne. Il n’admet aucune réserve, consacre le principe de non-régression, prévoit son entrée en vigueur après le dépôt du dixième instrument de ratification et propose que le Secrétaire général des Nations unies en soit le dépositaire. [23]
La différence de méthode apparaît ainsi dans toute sa netteté. L’initiative européenne part de Bruxelles pour descendre vers les territoires. La Déclaration et son projet de Convention partent des communes pour s’élever vers les États et la communauté internationale. C’est une chaîne complète, de la rue à la planète, où chaque échelle donne sa force à la suivante et où aucune norme supérieure n’est privée des relais qui la rendent effective.
11. Rétablir le lien
C’est là l’essentiel. Le droit, seul, ne fait pas aimer une forêt. Mais il peut organiser les conditions d’une relation. En faisant entrer l’arbre, et avec lui l’écosystème qu’il porte, dans la décision publique et dans la vie démocratique locale, la Déclaration invite chacun à connaître, à fréquenter et à défendre le vivant qui l’entoure : l’arbre de sa rue comme le bois voisin, le sol qu’on ne voit pas, les oiseaux qu’on entend, les insectes qu’on oublie.
La personnalité juridique répare, ou sanctionne, une fois le dommage accompli. La Déclaration universelle des droits de l’Arbre agit en amont, là où tout commence : dans le regard que nous portons sur le vivant, dans les décisions qui en découlent, et dans le lien que nous acceptons de retisser avec lui.
Les démarches peuvent coexister, et il faut souhaiter à l’initiative européenne de réunir le million de signatures nécessaire. Mais aucune norme, qu’elle soit européenne ou internationale, ne tiendra sans des collectivités qui la font vivre. Sans attendre Bruxelles, les communes peuvent déjà agir. C’est pourquoi la Compagnie des Papillons Bleus construit dans les deux sens à la fois : des collectivités qui s’engagent dès aujourd’hui, et un projet de Convention internationale qui porte cette exigence jusqu’aux États. Sans ce lien retrouvé, à chaque échelle, aucun instrument juridique ne suffira durablement à protéger ce qui nous fait vivre.
Ricardo Rey
La Compagnie des Papillons Bleus
La personnalité juridique répare, ou sanctionne, une fois le dommage accompli.
La Déclaration universelle des droits de l’Arbre agit en amont : dans le regard que nous portons sur le vivant, et dans le lien que nous acceptons de retisser avec lui.
12. Sources
Les 23 références ci-dessous correspondent aux appels du corps du texte. Les titres des publications sont conservés dans leur langue d’origine ; les sources de la Déclaration universelle des droits de l’Arbre sont distinguées des sources indépendantes.
A. Initiative citoyenne européenne
[1] Commission européenne (19 mai 2026). « Two new European citizens’ initiatives registered ».
https://citizens-initiative.europa.eu/news/two-new-citizens-initiatives-2026-05-19_en
[2] Commission européenne (2026). Décision d’enregistrement de l’initiative citoyenne européenne « Droits de la nature : habiliter les citoyens à représenter et protéger les écosystèmes ».
https://data.consilium.europa.eu/doc/document/ST-9563-2026-INIT/fr/pdf
[3] Eco Jurisprudence Monitor. « European Citizens’ Initiative (ECI): Rights for Nature ».
https://ecojurisprudence.org/initiatives/europen-citizens-initiaitve-eci-rights-for-nature/
B. Colombie, fleuve Atrato
[4] AFP, via eNCA. « In Colombia, a river’s “rights” swept away by mining and conflict ».
https://www.enca.com/opinion/colombia-rivers-rights-swept-away-mining-and-conflict
[5] ABColombia. « T-622 – Atrato River and Illegal Gold Mining ».
https://www.abcolombia.org.uk/t-622-atrato-river-and-illegal-gold-mining/
[6] Associated Press, via SEJ (octobre 2025). « UN Warns Colombia Over Mercury In Atrato River As Human Rights Emergency ».
C. Inde, Gange et Yamuna
[7] AFP, via Newsweek Pakistan (juillet 2017). « Top court suspends lower court order granting Ganges and Yamuna rivers same legal rights as humans ».
[8] Phys.org, via Yale Forum on Religion and Ecology (7 juillet 2017). « Rivers do not have same rights as humans: India’s top court ».
[9] Borchgrevink, Axel ; Upadhyay, Kavita. « India’s Ganga and Yamuna rivers as legal persons ». Routledge.
D. États-Unis, lac Érié
[10] Animal Legal Defense Fund. « Federal Judge Strikes Down “Lake Erie Bill of Rights” ».
https://aldf.org/article/federal-judge-strikes-down-lake-erie-bill-of-rights/
[11] Eco Jurisprudence Monitor. « Toledo (USA) Charter Amendment: Lake Erie Bill of Rights ».
https://ecojurisprudence.org/initiatives/lake-erie-bill-of-rights/
E. Bolivie, Terre Mère
[12] Paris Match Belgique, avec l’AFP (27 août 2019). « Incendies en Bolivie : Morales également sous le feu des critiques ».
[13] Infobae, avec l’EFE (26 avril 2025). « La Defensoría de Bolivia lamenta daño de 12,6 millones de hectáreas por incendios en 2024 ».
F. Espagne, Mar Menor
[14] WION. « Spanish lagoon granted personhood status, can now sue polluters ».
[15] Martín Paciente, Miriam (2025). « Del objeto al sujeto de Derecho: análisis crítico de la personalidad jurídica del Mar Menor ». Actualidad civil.
G. Sources de la Déclaration universelle des droits de l’Arbre
[16] La Compagnie des Papillons Bleus. « Comprendre la Déclaration universelle des droits de l’Arbre ».
[17] La Compagnie des Papillons Bleus. « Cadre officiel de la Déclaration universelle des droits de l’Arbre ».
[18] La Compagnie des Papillons Bleus. « Les fondements juridiques de la Déclaration universelle des droits de l’Arbre ».
[19] La Compagnie des Papillons Bleus. « Que signifie reconnaître des droits à l’Arbre ? ».
https://www.declarationuniverselledesdroitsdelarbre.org/que-signifie-reconnaitre-droits-arbre/
[20] La Compagnie des Papillons Bleus. « Article I — L’Arbre, être vivant sensible, source de Vie et bien commun de l’humanité ».
[21] Rey, Ricardo (2026). « Faut-il vraiment faire entrer Pachamama dans notre droit ? ».
https://www.declarationuniverselledesdroitsdelarbre.org/pachamama-droits-nature-duda/
[22] La Compagnie des Papillons Bleus. « Christopher D. Stone et la Déclaration universelle des droits de l’Arbre ».
[23] La Compagnie des Papillons Bleus (23 septembre 2026). Projet de Convention internationale des droits de l’Arbre, deuxième consolidation de travail.
https://www.declarationuniverselledesdroitsdelarbre.org/convention-internationale-droits-arbre/
Pour aller plus loin
Découvrir la Déclaration universelle des droits de l’Arbre : declarationuniverselledesdroitsdelarbre.org
Le projet de Convention internationale des droits de l’Arbre : consulter le projet
L’Initiative citoyenne européenne « Droits de la nature » : page de la Commission européenne
Portée et responsabilité de lecture
Le projet de Convention internationale des droits de l’Arbre cité dans cet article est une version de travail datée du 23 septembre 2026. Il ne constitue ni un traité en vigueur ni une version juridiquement définitive. Les auteurs et organisations cités ne sont pas réputés approuver la Déclaration universelle des droits de l’Arbre ni le présent article.
La Compagnie des Papillons Bleus
Article de position dans le cadre des travaux relatifs à la Déclaration universelle des droits de l’Arbre.
Direction éditoriale : Ricardo Rey, président de La Compagnie des Papillons Bleus · Auteur et initiateur de la Déclaration universelle des droits de l’Arbre · Fondateur de l’Assemblée de l’Arbre.
RIGHTS OF NATURE · LEGAL PERSONHOOD · ONTOLOGY · PUBLIC POLICY · ASSEMBLY OF THE TREE · INTERNATIONAL CONVENTION · UDTR
Protecting the living world: punish or reconnect?
Publication: La Compagnie des Papillons Bleus · Date: 17 October 2026 · Type: position paper
Key point
The Universal Declaration of Tree Rights does not oppose legal personhood: it refuses to reduce the protection of the living world to it. It rests on a different, relational ontology, and it embeds that protection in public policy, from municipalities all the way to international law.
For some time now, certain reactions have portrayed the Universal Declaration of Tree Rights as hostile to the legal personhood of nature. This is a misreading. The Declaration does not fight that instrument: it refuses to reduce the protection of the living world to it. The misunderstanding is nonetheless revealing. When legal personhood is treated as the unsurpassable horizon of the rights of nature, one ends up seeing nothing else, and misreading any approach that thinks more broadly. It is therefore important to clarify what the Declaration proposes, what it does not propose, and what fundamentally distinguishes it from the rights of nature movement.
Current events invite this clarification. A European Citizens’ Initiative entitled “Rights for Nature: Empower Citizens to Represent and Protect Ecosystems” is now circulating, promoted in particular by Notre Affaire à Tous. Registered by the European Commission on 19 May 2026, it calls for a directive recognising ecosystems as legal persons endowed with intrinsic value and fundamental rights: to exist, to regenerate, to be restored. [1][2] It also proposes that citizens be able to take legal action on their behalf, on the model of the Spanish lagoon of the Mar Menor. [3] For the Commission to respond, the initiative will need at least one million signatures; nothing will then oblige the Commission to propose a text.
La Compagnie des Papillons Bleus, the organisation behind the Universal Declaration of Tree Rights, shares the initial premise: nature can no longer be treated as a mere appropriable thing. It also shares the goal: protecting ecosystems in their integrity. But it holds a different conception of the living world itself, and therefore of the means of protecting it. This divergence is no technical nuance. It engages two distinct ways of thinking about the relationship between law, society and the living world.
Contents
- What the Declaration is not
- The Tree, a gateway to the ecosystem
- Two ontologies: the person and the relation
- What legal personhood allows, and what it does not do
- The test of the facts
- The principle of effectiveness: without local policies, law is an illusion
- The democratic impasse of representation
- The architecture of the Declaration: the living world at the heart of public decision-making
- The Assembly of the Tree: citizen representation, not an exclusive mandate
- From the municipality to the world: the draft International Convention on Tree Rights
- Restoring the bond
- Sources — 23 references
1. What the Declaration is not
Let us first remove any ambiguity. The Declaration does not object to a State or a court recognising the legal personhood of a river, a lagoon or a forest. The draft International Convention on Tree Rights, which extends the Declaration into international law, states this explicitly: it does not, of itself, confer legal personhood on trees or forests, but it does not prevent a State from recognising such personhood in its domestic law, or from establishing a specific status or broader guarantees. [23]
The position is therefore perfectly clear. Recognising the rights of the living world is not conditional on legal personhood. Personhood remains one possible legal construction among others; it is neither the condition, nor the culmination, nor the measure of protection. To mistake this refusal of reductionism for opposition in principle is precisely to miss the broader framework within which the Declaration stands.
2. The Tree, a gateway to the ecosystem
A second clarification is needed, because the Declaration’s title can be misleading. In the Declaration, the Tree is not an isolated object: it is the gateway. A tree cannot be separated from what keeps it alive. Its roots associate with mycorrhizal fungi that extend its access to water and nutrients and connect it to its neighbours. The soil, home to a multitude of organisms, feeds it. Insects pollinate it, decompose it, inhabit it. Birds nest in it and disperse its seeds. Mammals shelter in it. Even dead wood, far from being waste, supports a considerable share of forest biodiversity.
To protect the Tree is therefore to protect the forest and the whole set of relationships that constitute it. The draft Convention says so plainly: it defines the forest as an ecological system bringing together trees, other plants, animals, fungi, micro-organisms, soils, waters, dead wood, energy flows and biogeochemical cycles. An entire article is devoted to living soils, roots, water, fungi and dead wood. [23]
If the Declaration chose the Tree, it is because the tree is the most familiar and most immediately understandable figure of the living world, one that speaks to everyone, from the heart of cities to great forests. But through it, it is the ecosystem as a whole that is at stake.
3. Two ontologies: the person and the relation
Legal concepts are never neutral. They carry an implicit representation of what a being is and of what deserves protection. Legal personhood is no exception: before being an instrument, it is a concept, and that concept involves an ontology.
The word itself is a reminder. In Latin theatre, the persona was the mask through which the actor spoke. Law turned the person into an individualised, bounded, unified entity, endowed with a will of its own and holding rights it asserts against others. This model was conceived for the human individual, then extended to human collectives, companies and associations, to which the law lends unity and a will. To make a river or a forest a “person” is therefore to place it within this ontology: to carve the living world into legal individuals, to lend it a unity it does not have, to give it a voice through representatives, and to admit it into law on condition that it resembles what the law already knows.
The Universal Declaration of Tree Rights rests on a different ontology. It recognises the Tree as a sentient living being, a source of life and a common good of humanity. [20] But this being exists only through its relationships: with the soil, with water, with the fungi of its roots, with insects, birds, other trees, and humans. It is not an individual standing against others. It is a node of living relationships. Recognising it as a subject of rights does not mean lending it a mask, but recognising what it is, in what connects it. [18][19]
The draft International Convention on Tree Rights translates this ontology into law. Among the rights it recognises for the Tree is the right to participate in the ecological relationships on which it depends and which it sustains. A right to relationship: no legal person, conceived on the model of the individual, can hold such a right in this way. [23]
Everything else follows from this. If the living world is relationship, protecting it means maintaining the relationships that constitute it: this is why the Tree is the gateway to the whole ecosystem. If humans are part of these relationships, restoring the bond between them and the living world is not a means to more effective protection; it is the very object of protection. And if the protected being is not a person who must be made to speak, it does not need an agent speaking on its behalf: it calls for the participation of those who live in relationship with it. This is the meaning of the Assembly of the Tree.
The difference from the rights of nature movement therefore does not lie primarily in the effectiveness of tools. It lies in two ways of conceiving what the living world is. [21]
4. What legal personhood allows, and what it does not do
The rights of nature movement was largely built around an idea articulated as early as 1972 by the American legal scholar Christopher Stone in his essay “Should Trees Have Standing?”: allowing natural entities to be parties to a lawsuit. [22] Legal personhood, a fiction borrowed from the law of natural persons and legal persons, has become its most developed expression. It allows an ecosystem to hold rights, and therefore to be defended before a judge.
The contribution is real: it opens a courtroom, designates a rights holder, makes harm justiciable. But we must measure what this mechanism actually produces. It comes into play mostly after the harm has occurred, before a court, through lawyers, experts and designated representatives. Its dominant logic is remedial or punitive. It punishes destruction, which is necessary; it does not, by itself, create what would prevent destruction: a collective consciousness protective of the living world, and public decisions that express it.
In other words, legal personhood answers the question “who can go to court?”. It does not answer the decisive question: “who decides, every day, the fate of trees and forests, and according to what rules?”.
5. The test of the facts
These foundational differences are not merely theoretical. The facts do not ground our position, but they show what happens when the rights of the living world are reduced to a litigation technique, without any change in how we see it or in the decisions that follow. Wherever rights have been proclaimed without public policy or social ties following suit, destruction has continued.
Colombia, Atrato River. In 2016, the Colombian Constitutional Court recognised the Atrato River, in Chocó, as a subject of rights, in the face of devastation caused by illegal gold mining. Eight years later, AFP observed that illegal dredging barges still dotted its course. [4] The judge behind the ruling, Jorge Iván Palacio, himself attributed the failure of its implementation to a lack of political will and to corruption. [4] Since the ruling, illegal gold mining backed by armed groups has spread over 47 kilometres along the tributaries. [5] In October 2025, three UN special rapporteurs warned the Colombian government about the insufficient implementation of the ruling, describing mercury contamination as a serious and ongoing human rights crisis. [6] Guardians of the river have reported death threats for opposing illegal mining.
India, Ganges and Yamuna. In March 2017, the Uttarakhand High Court recognised these two sacred, heavily polluted rivers as “legal persons”, appointing three senior officials as their guardians. As early as July 2017, the Supreme Court stayed this decision, at the request of the State of Uttarakhand itself, which was concerned in particular about being held liable for drownings during floods. [7][8] The decisions remain stayed. An academic analysis notes that they had been issued without real roots in civil society or support from the administration responsible for applying them. [9]
United States, Lake Erie. In February 2019, voters in Toledo adopted a charter recognising rights for Lake Erie. A year later, a federal judge declared it unconstitutional, describing those rights as “aspirational” and devoid of practical effect. [10] In the meantime, in July 2019, the Ohio legislature had passed a provision barring nature from bringing legal action. [11]
Bolivia, Mother Earth. A pioneer in recognising the rights of nature, Bolivia nonetheless saw environmentalists denounce, as early as 2019, measures raising from 5 to 20 hectares the forest areas that could be cleared, including by burning. [12] In 2024, fires ravaged more than 12.6 million hectares of forests and grasslands, according to Bolivia’s Ombudsman. [13]
Spain, Mar Menor. The lagoon was granted legal personhood in 2022, following a popular legislative initiative supported by more than 640,000 signatories. [14] It is the most promising experience, precisely because it arises from deep citizen mobilisation. A study published in 2025 nevertheless identifies significant implementation difficulties and questions whether this legal figure can effectively protect the lagoon. [15]
These examples do not show that legal personhood is useless. They show that it is insufficient. A norm proclaimed without institutional support or collective consciousness to carry it runs up against corruption, economic interests, political reversals, and even the courts themselves. One can condemn the destruction of a forest that no one has ever walked through. One can win a lawsuit in the name of a river without the people living on its banks having regained the slightest attachment to it.
6. The principle of effectiveness: without local policies, law is an illusion
A very simple principle emerges from these experiences. A norm, whether constitutional, national or European, protects nothing by itself. It does not plant a tree, prevent a clear-cut, preserve a soil or monitor a river. Local decisions do: a permit refused, a local land-use plan revised, a hedgerow kept, a woodland given protected status, a planting pit properly sized, a budget devoted to maintenance rather than replacement, a felling avoided because someone, on the ground, said no.
Bolivia had written the rights of Mother Earth into its law. It was concrete decisions, expanded clearing areas and authorised burning, that let its forests burn. Colombia had a landmark ruling. It was the absence of action on the ground that let the dredgers continue their work.
Unless local policies are mobilised in favour of protection, claiming that a constitutional, national or European law will protect nature is merely an illusion. This is precisely the choice of La Compagnie des Papillons Bleus: to act first where the decisions are actually taken that determine whether trees, forests and all the life that depends on them live or die, through the adoption of the Declaration and the implementation of its Fifteen Commitments.
7. The democratic impasse of representation
The legal personhood model raises another difficulty, rarely addressed: the legitimacy of representatives. A forest does not vote. It can neither appoint its agents, nor oversee their action, nor dismiss them. Whoever speaks in its name has therefore appointed themselves, or has been appointed by other humans.
Why should an association, or a fraction of the population, be the exclusive representative of an ecosystem? Each group carries its own vision of nature, its own struggles, sometimes its own interests. And when these representatives challenge, before a judge, a decision adopted by elected officials, electoral legitimacy is set against self-proclaimed legitimacy. The protection of the living world then leaves the space of democratic deliberation and becomes a matter of litigation, and those responsible for it are left exposed on their own, as the threats against the guardians of the Atrato have shown.
8. The architecture of the Declaration: the living world at the heart of public decision-making
The Universal Declaration of Tree Rights, adopted in Paris on 19 May 2019, follows a different logic. It recognises the Tree, and through it the ecosystem from which it is inseparable, as a subject of rights, without making that recognition depend on legal personhood. [16][17] The living world calls for a category of its own, rather than a legal garment cut for the human individual and human collectives.
Above all, it entrusts this protection to no exclusive agent. It embeds it in public policy. Local authorities and their elected officials carry it, through Fifteen concrete Commitments made at the time of adoption. Responsibility remains where democratic legitimacy lies, and it is exercised where decisions are taken: urban planning, tree stock management, soil protection, ecologically appropriate planting, transparency of results.
This requirement can be verified. The Declaration keeps an international register of adopting local authorities, and a purely symbolic adoption, without implementation of the commitments, leads to removal from the register. [17] Signing is not enough; action is required.
9. The Assembly of the Tree: citizen representation, not an exclusive mandate
The Declaration also establishes the Assembly of the Tree. It does not claim to speak “in place of” trees or forests, and in no way replaces elected officials. It is a space of citizen representation, comparable to the participatory bodies that exist for other local policies. Depending on the context, it brings together elected officials, public services, scientists, lawyers, residents, associations, professionals, teachers, artists and young people. It informs public decision-making, examines projects, challenges decision-makers, issues public recommendations, and enables residents to take part in the life of the trees and natural habitats of their area.
The democratic objection levelled at representatives of the rights of nature therefore does not apply to it. There is no exclusive agent of the living world here: there are citizens who participate, and elected officials who decide and are accountable.
10. From the municipality to the world: the draft International Convention on Tree Rights
Local adoption is not an end in itself. It is the first step of an architecture that rises all the way to international law. Arising from the work of the Assembly of the Tree, the draft International Convention on Tree Rights presents itself as one of the Declaration’s extensions into international law. Its latest working version, dated 23 September 2026, contains forty-three articles and seven scientific and methodological annexes. It remains subject to international legal review, adversarial scientific examination and dialogue with Indigenous peoples, local communities and competent institutions. It is a draft, and it must be presented as such; but its direction is unequivocal. [23]
Its logic is the exact opposite of a norm imposed from above. The draft recognises that territorial action may precede the Convention’s entry into force and that it constitutes an essential level of its effectiveness. It expressly empowers and encourages local authorities to adopt the Declaration, implement the Fifteen Commitments, create a local Assembly of the Tree and adopt more protective rules. [23] Territorial experiences, data, innovations and difficulties are meant to feed into national and international mechanisms. International law does not replace local action: it builds on it and strengthens it.
The draft also confirms the Declaration’s fundamental choices. It recognises the Tree’s right to existence, to the development of its aerial and root systems, to the preservation of its integrity, to reproduction, to natural senescence and to participation in the ecological relationships on which it depends. It sets out a principle of non-compensation for irreplaceable elements: no planting and no future carbon uptake can be presumed equivalent to a mature tree, a primary forest or a high-integrity ecosystem. It provides for the strict and permanent protection of primary forests. It extends Assemblies of the Tree to the local, regional and national levels, without ever granting them the powers of the competent authorities.
It does not, however, give up on the courts; quite the contrary. It guarantees access to environmental information, public participation and effective access to administrative and judicial authorities for individuals, local authorities, Indigenous peoples and environmental protection organisations. It requires States to protect those who defend trees and forests against threats, harassment and reprisals, the very violence that strikes the guardians of the Atrato today. In the draft, justice is a remedy, guaranteed and protected; it is no longer the sole pillar of the structure.
Finally, the draft fully embraces its nature as a treaty. It is open for signature by States and regional economic integration organisations, foremost among them the European Union. It admits no reservations, enshrines the principle of non-regression, provides for entry into force after the deposit of the tenth instrument of ratification, and proposes that the Secretary-General of the United Nations act as depositary. [23]
The difference in method thus becomes fully apparent. The European initiative starts in Brussels and works down to local territories. The Declaration and its draft Convention start from municipalities and rise towards States and the international community. It is a complete chain, from the street to the planet, in which each level gives strength to the next and no higher norm is deprived of the intermediaries that make it effective.
11. Restoring the bond
This is what matters most. Law alone does not make anyone love a forest. But it can organise the conditions for a relationship. By bringing the tree, and with it the ecosystem it carries, into public decision-making and local democratic life, the Declaration invites everyone to know, spend time in and defend the living world around them: the tree in their street as well as the nearby wood, the soil one does not see, the birds one hears, the insects one forgets.
Legal personhood repairs, or punishes, once the damage is done. The Universal Declaration of Tree Rights acts upstream, where everything begins: in the way we look at the living world, in the decisions that follow from it, and in the bond we agree to weave anew with it.
These approaches can coexist, and we should wish the European initiative success in gathering the million signatures it needs. But no norm, whether European or international, will hold without local authorities that bring it to life. Without waiting for Brussels, municipalities can already act. This is why La Compagnie des Papillons Bleus is building in both directions at once: local authorities committing today, and a draft International Convention carrying this requirement all the way to States. Without this restored bond, at every level, no legal instrument will be enough to protect, over time, what keeps us alive.
Ricardo Rey
La Compagnie des Papillons Bleus
Legal personhood repairs, or punishes, once the damage is done.
The Universal Declaration of Tree Rights acts upstream: in the way we look at the living world, and in the bond we agree to weave anew with it.
12. Sources
The 23 references below correspond to the citation markers in the text. Publication titles are kept in their original language; sources from the Universal Declaration of Tree Rights are distinguished from independent sources.
A. European Citizens’ Initiative
[1] European Commission (19 May 2026). “Two new European citizens’ initiatives registered”.
https://citizens-initiative.europa.eu/news/two-new-citizens-initiatives-2026-05-19_en
[2] European Commission (2026). Decision on the registration of the European citizens’ initiative “Rights for Nature: Empower Citizens to Represent and Protect Ecosystems”.
https://data.consilium.europa.eu/doc/document/ST-9563-2026-INIT/en/pdf
[3] Eco Jurisprudence Monitor. “European Citizens’ Initiative (ECI): Rights for Nature”.
https://ecojurisprudence.org/initiatives/europen-citizens-initiaitve-eci-rights-for-nature/
B. Colombia, Atrato River
[4] AFP, via eNCA. “In Colombia, a river’s ‘rights’ swept away by mining and conflict”.
https://www.enca.com/opinion/colombia-rivers-rights-swept-away-mining-and-conflict
[5] ABColombia. “T-622 – Atrato River and Illegal Gold Mining”.
https://www.abcolombia.org.uk/t-622-atrato-river-and-illegal-gold-mining/
[6] Associated Press, via SEJ (October 2025). “UN Warns Colombia Over Mercury In Atrato River As Human Rights Emergency”.
C. India, Ganges and Yamuna
[7] AFP, via Newsweek Pakistan (July 2017). “Top court suspends lower court order granting Ganges and Yamuna rivers same legal rights as humans”.
[8] Phys.org, via Yale Forum on Religion and Ecology (7 July 2017). “Rivers do not have same rights as humans: India’s top court”.
[9] Borchgrevink, Axel; Upadhyay, Kavita. “India’s Ganga and Yamuna rivers as legal persons”. Routledge.
D. United States, Lake Erie
[10] Animal Legal Defense Fund. “Federal Judge Strikes Down ‘Lake Erie Bill of Rights’”.
https://aldf.org/article/federal-judge-strikes-down-lake-erie-bill-of-rights/
[11] Eco Jurisprudence Monitor. “Toledo (USA) Charter Amendment: Lake Erie Bill of Rights”.
https://ecojurisprudence.org/initiatives/lake-erie-bill-of-rights/
E. Bolivia, Mother Earth
[12] AFP, via Malay Mail (27 August 2019). “Bolivia’s Morales under pressure over voracious Amazon fires”.
[13] Fire and Safety Journal Americas (28 April 2025). “Bolivia urges enhanced wildfire prevention compliance following record fires”.
F. Spain, Mar Menor
[14] WION. “Spanish lagoon granted personhood status, can now sue polluters”.
[15] Martín Paciente, Miriam (2025). “Del objeto al sujeto de Derecho: análisis crítico de la personalidad jurídica del Mar Menor”. Actualidad civil.
G. Sources from the Universal Declaration of Tree Rights
[16] La Compagnie des Papillons Bleus. “Understanding the Universal Declaration of Tree Rights”.
[17] La Compagnie des Papillons Bleus. “Cadre officiel de la Déclaration universelle des droits de l’Arbre” (Official framework of the Universal Declaration of Tree Rights). (page in French)
[18] La Compagnie des Papillons Bleus. “Legal Foundations of the Universal Declaration of Tree Rights”.
[19] La Compagnie des Papillons Bleus. “What Does It Mean to Recognise Rights of the Tree?”.
[20] La Compagnie des Papillons Bleus. “Article I — The Tree, a Sensitive Living Being, Source of Life and a Common Good of Humankind”.
[21] Rey, Ricardo (2026). “Faut-il vraiment faire entrer Pachamama dans notre droit ?” (Should Pachamama really enter our law?). (page in French)
https://www.declarationuniverselledesdroitsdelarbre.org/pachamama-droits-nature-duda/
[22] La Compagnie des Papillons Bleus. “Christopher D. Stone and the Universal Declaration of Tree Rights”.
[23] La Compagnie des Papillons Bleus (23 September 2026). Draft International Convention on Tree Rights, second consolidated working draft. (page in French)
https://www.declarationuniverselledesdroitsdelarbre.org/convention-internationale-droits-arbre/
Further reading
Discover the Universal Declaration of Tree Rights: declarationuniverselledesdroitsdelarbre.org
The draft International Convention on Tree Rights: read the draft
The European Citizens’ Initiative “Rights for Nature”: European Commission page
Scope and disclaimer
The draft International Convention on Tree Rights cited in this article is a working version dated 23 September 2026. It is neither a treaty in force nor a legally final version. Cited authors and organisations are not presumed to endorse the Universal Declaration of Tree Rights or this article.
La Compagnie des Papillons Bleus
Position paper prepared as part of the work on the Universal Declaration of Tree Rights.
Editorial direction: Ricardo Rey, President of La Compagnie des Papillons Bleus · Author and initiator of the Universal Declaration of Tree Rights · Founder of the Assembly of the Tree.
DERECHOS DE LA NATURALEZA · PERSONALIDAD JURÍDICA · ONTOLOGÍA · POLÍTICAS PÚBLICAS · ASAMBLEA DEL ÁRBOL · CONVENCIÓN INTERNACIONAL · DUDA
Proteger lo vivo: ¿castigar o religar?
Publicación: La Compagnie des Papillons Bleus · Fecha: 17 de octubre de 2026 · Tipo: documento de posición
Idea esencial
La Declaración Universal de los Derechos del Árbol no se opone a la personalidad jurídica: se niega a reducir a ella la protección de lo vivo. Se basa en otra ontología, relacional, e inscribe esa protección en las políticas públicas, desde los municipios hasta el derecho internacional.
Desde hace algún tiempo, algunas reacciones presentan la Declaración Universal de los Derechos del Árbol como una iniciativa hostil a la personalidad jurídica de la naturaleza. Es un contrasentido. La Declaración no combate ese instrumento: se niega a reducir a él la protección de lo vivo. Este malentendido resulta, sin embargo, revelador. Cuando se considera la personalidad jurídica como el horizonte insuperable de los derechos de la naturaleza, se acaba por no ver nada más, y por leer mal cualquier enfoque que piense de forma más amplia. Conviene, por tanto, aclarar lo que propone la Declaración, lo que no propone y lo que la distingue, en el fondo, del movimiento de los derechos de la naturaleza.
La actualidad invita a ello. Una Iniciativa Ciudadana Europea titulada «Derechos de la naturaleza: capacitar a los ciudadanos para que representen y protejan a los ecosistemas» circula actualmente, difundida en particular por Notre Affaire à Tous. Registrada por la Comisión Europea el 19 de mayo de 2026, pide una directiva que reconozca a los ecosistemas como personas jurídicas, dotadas de un valor intrínseco y de derechos fundamentales: existir, regenerarse, ser restaurados. [1][2] Propone también que los ciudadanos puedan emprender acciones judiciales en su nombre, siguiendo el modelo de la laguna española del Mar Menor. [3] Para que la Comisión se pronuncie, la iniciativa deberá reunir al menos un millón de firmas; nada la obligará después a proponer un texto.
La Compagnie des Papillons Bleus, impulsora de la Declaración Universal de los Derechos del Árbol, comparte el diagnóstico de partida: la naturaleza ya no puede tratarse como una simple cosa apropiable. Comparte también la finalidad: proteger los ecosistemas en su integridad. Pero defiende otra concepción de lo vivo en sí mismo y, por tanto, de los medios para protegerlo. Esta divergencia no es un matiz técnico. Implica dos maneras de pensar la relación entre el derecho, la sociedad y lo vivo.
Índice
- Lo que la Declaración no es
- El Árbol, puerta de entrada al ecosistema
- Dos ontologías: la persona y la relación
- Lo que permite la personalidad jurídica, y lo que no hace
- La prueba de los hechos
- El principio de efectividad: sin políticas locales, la ley es solo una ilusión
- El impasse democrático de la representación
- La arquitectura de la Declaración: lo vivo en el centro de la decisión pública
- La Asamblea del Árbol: una representación ciudadana, no un mandato exclusivo
- Del municipio al mundo: el proyecto de Convención Internacional de los Derechos del Árbol
- Restablecer el vínculo
- Fuentes — 23 referencias
1. Lo que la Declaración no es
Despejemos primero cualquier ambigüedad. La Declaración no se opone a que un Estado o un tribunal reconozca personalidad jurídica a un río, a una laguna o a un bosque. El proyecto de Convención Internacional de los Derechos del Árbol, que la prolonga en el plano del derecho internacional, lo dice expresamente: no atribuye por sí mismo personalidad jurídica a los árboles ni a los bosques, pero no impide que un Estado la reconozca en su derecho interno, ni que establezca un estatuto propio o garantías más amplias. [23]
La posición es, por tanto, perfectamente clara. El reconocimiento de derechos a lo vivo no está subordinado a la personalidad jurídica. Esta sigue siendo una construcción jurídica posible entre otras; no es ni la condición, ni la culminación, ni la medida de la protección. Confundir este rechazo del reduccionismo con una hostilidad de principio es, precisamente, no ver el marco más amplio en el que se inscribe la Declaración.
2. El Árbol, puerta de entrada al ecosistema
Se impone una segunda precisión, porque el título de la Declaración puede inducir a error. El Árbol no es en ella un objeto aislado: es la puerta de entrada. Un árbol no puede separarse de aquello que lo hace vivir. Sus raíces se asocian con los hongos micorrícicos, que amplían su acceso al agua y a los nutrientes y lo conectan con sus vecinos. El suelo, poblado por una multitud de organismos, lo alimenta. Los insectos lo polinizan, lo descomponen, lo habitan. Las aves anidan en él y dispersan sus semillas. Los mamíferos se refugian en él. Incluso la madera muerta, lejos de ser un desecho, sostiene una parte considerable de la biodiversidad forestal.
Proteger el Árbol es, por tanto, proteger el bosque y el conjunto de relaciones que lo constituyen. El proyecto de Convención lo formula sin rodeos: el bosque se define en él como un sistema ecológico que asocia árboles, otros vegetales, animales, hongos, microorganismos, suelos, aguas, madera muerta, flujos de energía y ciclos biogeoquímicos. Un artículo entero está dedicado a los suelos vivos, las raíces, el agua, los hongos y la madera muerta. [23]
Si la Declaración eligió el Árbol, es porque es la figura de lo vivo más familiar y más inmediatamente comprensible, la que habla a todos, desde el corazón de las ciudades hasta los grandes macizos forestales. Pero a través de él, es todo el ecosistema lo que está en juego.
3. Dos ontologías: la persona y la relación
Los conceptos jurídicos nunca son neutros. Contienen una representación implícita de lo que es un ser y de lo que merece ser protegido. La personalidad jurídica no escapa a esta regla: antes de ser un instrumento, es un concepto, y ese concepto implica una ontología.
La propia palabra lo recuerda. En el teatro latino, la persona designaba la máscara a través de la cual hablaba el actor. El derecho hizo de la persona una entidad individualizada, delimitada, unificada, dotada de voluntad propia y titular de derechos que opone a los demás. Este modelo fue pensado para el individuo humano y luego extendido a los colectivos humanos, empresas y asociaciones, a los que el derecho atribuye unidad y voluntad. Hacer de un río o de un bosque una «persona» es, por tanto, inscribirlo en esta ontología: dividir lo vivo en individuos jurídicos, atribuirle una unidad que no tiene, darle una voz por medio de representantes y admitirlo en el derecho a condición de que se parezca a lo que el derecho ya conoce.
La Declaración Universal de los Derechos del Árbol se basa en otra ontología. En ella, el Árbol es reconocido como un ser vivo sensible, fuente de vida y bien común de la humanidad. [20] Pero este ser solo existe a través de sus relaciones: con el suelo, con el agua, con los hongos de sus raíces, con los insectos, las aves, los demás árboles y los seres humanos. No es un individuo erguido frente a los demás. Es un nudo de relaciones vivas. Reconocerlo como sujeto de derechos no consiste en ponerle una máscara, sino en reconocer lo que es, en aquello que lo vincula. [18][19]
El proyecto de Convención Internacional de los Derechos del Árbol traduce esta ontología al derecho. Entre los derechos que reconoce al Árbol figura el de participar en las relaciones ecológicas de las que depende y que sostiene. Un derecho a la relación: ninguna persona jurídica, pensada según el modelo del individuo, puede ser titular de él de esta manera. [23]
Todo lo demás se deriva de ello. Si lo vivo es relación, protegerlo es mantener las relaciones que lo constituyen: por eso el Árbol es la puerta de entrada a todo el ecosistema. Si los seres humanos forman parte de esas relaciones, restablecer el vínculo entre ellos y lo vivo no es un medio al servicio de una protección más eficaz: es el objeto mismo de la protección. Y si el ser protegido no es una persona a la que habría que hacer hablar, no necesita un mandatario que se exprese en su nombre: requiere la participación de quienes viven en relación con él. Ese es el sentido de la Asamblea del Árbol.
La diferencia con el movimiento de los derechos de la naturaleza no reside, pues, ante todo en la eficacia de las herramientas. Reside en dos maneras de concebir lo que es lo vivo. [21]
4. Lo que permite la personalidad jurídica, y lo que no hace
El movimiento de los derechos de la naturaleza se construyó en gran medida en torno a una idea formulada en 1972 por el jurista estadounidense Christopher Stone en su ensayo «Should Trees Have Standing?»: permitir que las entidades naturales sean parte en un proceso judicial. [22] La personalidad jurídica, ficción tomada del derecho de las personas físicas y de las personas jurídicas, se ha convertido en su expresión más acabada. Permite que un ecosistema sea titular de derechos y, por tanto, que sea defendido ante un juez.
La aportación es real: abre las puertas de los tribunales, designa un titular, hace justiciable el daño. Pero hay que medir lo que este mecanismo produce concretamente. Interviene sobre todo después del daño, ante un tribunal, por medio de abogados, expertos y representantes designados. Su lógica dominante es reparadora o sancionadora. Castiga la destrucción, lo cual es necesario; pero no crea por sí mismo lo que impediría la destrucción: una conciencia colectiva protectora de lo vivo, y decisiones públicas que sean su expresión.
Dicho de otro modo, la personalidad jurídica responde a la pregunta «¿quién puede acudir a la justicia?». No responde a la pregunta decisiva: «¿quién decide, cada día, el destino de los árboles y los bosques, y según qué reglas?».
5. La prueba de los hechos
Estas diferencias de fundamento no se quedan en la teoría. Los hechos no fundamentan nuestra posición, pero muestran lo que ocurre cuando los derechos de lo vivo se reducen a una técnica contenciosa, sin que cambien nuestra mirada sobre él ni las decisiones que de ella se derivan. Allí donde se han proclamado derechos sin que las políticas públicas ni el vínculo social acompañaran, la destrucción ha continuado.
Colombia, río Atrato. En 2016, la Corte Constitucional colombiana reconoció al río Atrato, en el Chocó, como sujeto de derechos, frente a los estragos de la minería ilegal de oro. Ocho años después, la AFP constataba que dragas ilegales seguían salpicando su cauce. [4] El magistrado que impulsó la decisión, Jorge Iván Palacio, atribuyó él mismo el fracaso de su aplicación a la falta de voluntad política y a la corrupción. [4] Desde la sentencia, la minería ilegal respaldada por grupos armados se ha extendido a lo largo de 47 kilómetros de los afluentes. [5] En octubre de 2025, tres relatores especiales de la ONU alertaron al gobierno colombiano sobre el insuficiente cumplimiento de la sentencia y calificaron la contaminación por mercurio de crisis grave y persistente de derechos humanos. [6] Guardianes del río han denunciado amenazas de muerte por combatir la minería ilegal.
India, Ganges y Yamuna. En marzo de 2017, el Tribunal Superior de Uttarakhand reconoció a estos dos ríos sagrados, gravemente contaminados, como «personas jurídicas», y designó a tres altos funcionarios como sus tutores. Ya en julio de 2017, el Tribunal Supremo suspendió esa decisión a petición del propio Estado de Uttarakhand, preocupado en particular por tener que responder de los ahogamientos ocurridos durante las crecidas. [7][8] Las decisiones siguen suspendidas. Un análisis académico señala que se dictaron sin un verdadero arraigo en la sociedad civil ni el apoyo de la administración encargada de aplicarlas. [9]
Estados Unidos, lago Erie. En febrero de 2019, los electores de Toledo adoptaron una carta que reconocía derechos al lago Erie. Un año después, un juez federal la declaró inconstitucional y calificó esos derechos de «aspiracionales» y carentes de alcance práctico. [10] Entretanto, en julio de 2019, el parlamento de Ohio había aprobado una disposición que prohibía a la naturaleza actuar en juicio. [11]
Bolivia, Madre Tierra. País pionero en el reconocimiento de los derechos de la naturaleza, Bolivia vio sin embargo cómo los ecologistas denunciaban, ya en 2019, medidas que ampliaban de 5 a 20 hectáreas las superficies forestales que podían desmontarse, incluso mediante quemas. [12] En 2024, los incendios arrasaron más de 12,6 millones de hectáreas de bosques y pastizales, un récord histórico según la Defensoría del Pueblo de Bolivia. [13]
España, Mar Menor. La laguna obtuvo personalidad jurídica en 2022, tras una iniciativa legislativa popular respaldada por más de 640 000 firmantes. [14] Es la experiencia más prometedora, precisamente porque nace de una profunda movilización ciudadana. Un estudio publicado en 2025 señala, no obstante, dificultades importantes de aplicación y se pregunta si esta figura jurídica puede proteger eficazmente la laguna. [15]
Estos ejemplos no demuestran que la personalidad jurídica sea inútil. Demuestran que es insuficiente. Una norma proclamada sin apoyo institucional ni conciencia colectiva que la sostenga choca con la corrupción, los intereses económicos, los vaivenes políticos e incluso con los propios tribunales. Se puede condenar la destrucción de un bosque que nadie ha recorrido jamás. Se puede ganar un juicio en nombre de un río sin que los habitantes de sus orillas hayan recuperado el menor apego por él.
6. El principio de efectividad: sin políticas locales, la ley es solo una ilusión
De estas experiencias se desprende un principio muy sencillo. Una norma, sea constitucional, nacional o europea, no protege nada por sí misma. No planta un árbol, no impide una tala rasa, no preserva un suelo, no vigila un río. Son las decisiones locales las que lo hacen: una licencia denegada, un plan urbanístico revisado, un seto conservado, un bosquete protegido, un alcorque correctamente dimensionado, un presupuesto dedicado al mantenimiento en lugar de a la sustitución, una tala evitada porque alguien, sobre el terreno, dijo que no.
Bolivia había inscrito los derechos de la Madre Tierra en su ley. Fueron decisiones concretas, superficies de desmonte ampliadas y quemas autorizadas, las que dejaron arder sus bosques. Colombia contaba con una sentencia histórica. Fue la falta de acción sobre el terreno lo que permitió que las dragas siguieran trabajando.
Si las políticas locales no se orientan hacia la protección, sostener que una ley constitucional, nacional o europea protegerá la naturaleza no es más que una ilusión. Esa es precisamente la apuesta de La Compagnie des Papillons Bleus: actuar primero allí donde realmente se toman las decisiones que hacen vivir o morir a los árboles, a los bosques y a toda la vida que depende de ellos, mediante la adopción de la Declaración y la aplicación de sus Quince Compromisos.
7. El impasse democrático de la representación
El modelo de la personalidad jurídica plantea otra dificultad, rara vez abordada: la de la legitimidad de los representantes. Un bosque no vota. No puede designar a sus mandatarios, ni controlar su actuación, ni revocarlos. Quien habla en su nombre se ha designado, por tanto, a sí mismo, o ha sido designado por otros seres humanos.
¿Por qué una asociación, o una parte de la población, habría de ser la representante exclusiva de un ecosistema? Cada colectivo tiene su propia visión de la naturaleza, sus luchas y, a veces, sus intereses. Y cuando esos representantes impugnan ante un juez una decisión adoptada por cargos electos, se enfrenta una legitimidad electoral a una legitimidad autoproclamada. La protección de lo vivo abandona entonces el espacio de la deliberación democrática para convertirse en un asunto contencioso, y quienes la tienen a su cargo quedan expuestos en solitario, como han demostrado las amenazas sufridas por los guardianes del Atrato.
8. La arquitectura de la Declaración: lo vivo en el centro de la decisión pública
La Declaración Universal de los Derechos del Árbol, adoptada en París el 19 de mayo de 2019, responde a otra lógica. Reconoce al Árbol, y a través de él al ecosistema del que es inseparable, como sujeto de derechos, sin hacer depender ese reconocimiento de la personalidad jurídica. [16][17] Lo vivo requiere una categoría propia, en lugar de un traje jurídico cortado para el individuo humano y los colectivos humanos.
Sobre todo, no confía esta protección a ningún mandatario exclusivo. La inscribe en las políticas públicas. Son las administraciones locales y sus cargos electos quienes la asumen, a través de Quince Compromisos concretos suscritos en el momento de la adopción. La responsabilidad permanece allí donde reside la legitimidad democrática, y se ejerce allí donde se toman las decisiones: urbanismo, gestión del patrimonio arbóreo, protección de los suelos, plantación ecológicamente adecuada, transparencia de los resultados.
Esta exigencia es verificable. La Declaración mantiene un registro internacional de las administraciones adherentes, y una adopción puramente simbólica, sin aplicación de los compromisos, conlleva la baja del registro. [17] Firmar no basta; hay que actuar.
9. La Asamblea del Árbol: una representación ciudadana, no un mandato exclusivo
La Declaración instituye además la Asamblea del Árbol. Esta no pretende hablar «en lugar» de los árboles o de los bosques, ni sustituye en modo alguno a los cargos electos. Es un espacio de representación ciudadana, comparable a los órganos participativos que existen para otras políticas locales. Reúne, según el contexto, a cargos electos, servicios públicos, científicos, juristas, vecinos, asociaciones, profesionales, docentes, artistas y jóvenes. Ilustra la decisión pública, examina los proyectos, interpela, formula recomendaciones públicas y permite a los habitantes participar en la vida de los árboles y de los medios naturales de su territorio.
La objeción democrática dirigida a los representantes de los derechos de la naturaleza no le afecta, por tanto. Aquí no hay un mandatario exclusivo de lo vivo: hay ciudadanos que participan y cargos electos que deciden y rinden cuentas.
10. Del municipio al mundo: el proyecto de Convención Internacional de los Derechos del Árbol
La adopción local no es un fin en sí misma. Constituye el primer peldaño de una arquitectura que se eleva hasta el derecho internacional. Fruto de los trabajos de la Asamblea del Árbol, el proyecto de Convención Internacional de los Derechos del Árbol se presenta como una de las prolongaciones jurídicas internacionales de la Declaración. Su última versión de trabajo, fechada el 23 de septiembre de 2026, consta de cuarenta y tres artículos y siete anexos científicos y metodológicos. Queda pendiente de una revisión jurídica internacional, de un examen científico contradictorio y de un diálogo con los pueblos indígenas, las comunidades locales y las instituciones competentes. Es un proyecto, y debe presentarse como tal; pero su dirección es inequívoca. [23]
Su lógica es exactamente la inversa de una norma impuesta desde arriba. El proyecto reconoce que la acción territorial puede preceder a la entrada en vigor de la Convención y que constituye un nivel esencial de su efectividad. Faculta y alienta expresamente a las administraciones locales a adoptar la Declaración, aplicar los Quince Compromisos, crear una Asamblea local del Árbol y adoptar normas más protectoras. [23] Las experiencias, datos, innovaciones y dificultades territoriales están llamadas a nutrir los mecanismos nacionales e internacionales. El derecho internacional no sustituye a la acción local: se apoya en ella y la consolida.
El proyecto confirma también las opciones de fondo de la Declaración. Reconoce al Árbol un derecho a la existencia, al desarrollo de sus sistemas aéreo y radicular, al mantenimiento de su integridad, a la reproducción, a la senescencia natural y a la participación en las relaciones ecológicas de las que depende. Establece un principio de no compensación de los elementos irreemplazables: ninguna plantación ni ninguna absorción futura de carbono puede presumirse equivalente a un árbol maduro, a un bosque primario o a un ecosistema de alta integridad. Prevé la protección estricta y permanente de los bosques primarios. Extiende las Asambleas del Árbol a los niveles local, regional y nacional, sin conferirles nunca las potestades de las autoridades competentes.
No renuncia por ello al juez, al contrario. Garantiza el acceso a la información ambiental, la participación del público y un acceso efectivo a las autoridades administrativas y judiciales para las personas, las administraciones locales, los pueblos indígenas y las organizaciones de protección del medio ambiente. Obliga a los Estados a proteger frente a las amenazas, el acoso y las represalias a quienes defienden los árboles y los bosques, esa misma violencia que golpea hoy a los guardianes del Atrato. En él, la justicia constituye una vía de recurso garantizada y protegida; ya no es el único pilar del edificio.
Por último, el proyecto asume plenamente su dimensión de tratado. Está abierto a la firma de los Estados y de las organizaciones regionales de integración económica, empezando por la Unión Europea. No admite ninguna reserva, consagra el principio de no regresión, prevé su entrada en vigor tras el depósito del décimo instrumento de ratificación y propone que el Secretario General de las Naciones Unidas sea su depositario. [23]
La diferencia de método aparece así con toda nitidez. La iniciativa europea parte de Bruselas para descender hacia los territorios. La Declaración y su proyecto de Convención parten de los municipios para elevarse hacia los Estados y la comunidad internacional. Es una cadena completa, de la calle al planeta, en la que cada nivel da fuerza al siguiente y ninguna norma superior queda privada de los apoyos que la hacen efectiva.
11. Restablecer el vínculo
Eso es lo esencial. El derecho, por sí solo, no hace amar un bosque. Pero puede organizar las condiciones de una relación. Al incorporar el árbol, y con él el ecosistema que sostiene, a la decisión pública y en la vida democrática local, la Declaración invita a cada persona a conocer, frecuentar y defender lo vivo que la rodea: tanto el árbol de su calle como el bosque cercano, el suelo que no se ve, las aves que se oyen, los insectos que se olvidan.
La personalidad jurídica repara, o sanciona, una vez consumado el daño. La Declaración Universal de los Derechos del Árbol actúa antes, allí donde todo empieza: en la mirada que dirigimos a lo vivo, en las decisiones que de ella se derivan y en el vínculo que aceptamos volver a tejer con él.
Los enfoques pueden coexistir, y hay que desear a la iniciativa europea que reúna el millón de firmas necesario. Pero ninguna norma, sea europea o internacional, se sostendrá sin administraciones locales que la hagan vivir. Sin esperar a Bruselas, los municipios ya pueden actuar. Por eso La Compagnie des Papillons Bleus construye en ambos sentidos a la vez: administraciones locales que se comprometen desde hoy, y un proyecto de Convención Internacional que lleva esta exigencia hasta los Estados. Sin este vínculo recuperado, en cada nivel, ningún instrumento jurídico bastará para proteger de forma duradera aquello que nos hace vivir.
Ricardo Rey
La Compagnie des Papillons Bleus
La personalidad jurídica repara, o sanciona, una vez consumado el daño.
La Declaración Universal de los Derechos del Árbol actúa antes: en la mirada que dirigimos a lo vivo y en el vínculo que aceptamos volver a tejer con él.
12. Fuentes
Las 23 referencias siguientes corresponden a las llamadas del cuerpo del texto. Los títulos de las publicaciones se conservan en su lengua original; las fuentes de la Declaración Universal de los Derechos del Árbol se distinguen de las fuentes independientes.
A. Iniciativa Ciudadana Europea
[1] Comisión Europea (19 de mayo de 2026). «Two new European citizens’ initiatives registered».
https://citizens-initiative.europa.eu/news/two-new-citizens-initiatives-2026-05-19_es
[2] Comisión Europea (2026). Decisión de registro de la iniciativa ciudadana europea «Derechos de la naturaleza: capacitar a los ciudadanos para que representen y protejan a los ecosistemas».
https://data.consilium.europa.eu/doc/document/ST-9563-2026-INIT/es/pdf
[3] Eco Jurisprudence Monitor. «European Citizens’ Initiative (ECI): Rights for Nature».
https://ecojurisprudence.org/initiatives/europen-citizens-initiaitve-eci-rights-for-nature/
B. Colombia, río Atrato
[4] AFP, vía eNCA. «In Colombia, a river’s “rights” swept away by mining and conflict».
https://www.enca.com/opinion/colombia-rivers-rights-swept-away-mining-and-conflict
[5] ABColombia. «T-622 – Atrato River and Illegal Gold Mining».
https://www.abcolombia.org.uk/t-622-atrato-river-and-illegal-gold-mining/
[6] Associated Press, vía SEJ (octubre de 2025). «UN Warns Colombia Over Mercury In Atrato River As Human Rights Emergency».
C. India, Ganges y Yamuna
[7] AFP, vía Newsweek Pakistan (julio de 2017). «Top court suspends lower court order granting Ganges and Yamuna rivers same legal rights as humans».
[8] Phys.org, vía Yale Forum on Religion and Ecology (7 de julio de 2017). «Rivers do not have same rights as humans: India’s top court».
[9] Borchgrevink, Axel; Upadhyay, Kavita. «India’s Ganga and Yamuna rivers as legal persons». Routledge.
D. Estados Unidos, lago Erie
[10] Animal Legal Defense Fund. «Federal Judge Strikes Down “Lake Erie Bill of Rights”».
https://aldf.org/article/federal-judge-strikes-down-lake-erie-bill-of-rights/
[11] Eco Jurisprudence Monitor. «Toledo (USA) Charter Amendment: Lake Erie Bill of Rights».
https://ecojurisprudence.org/initiatives/lake-erie-bill-of-rights/
E. Bolivia, Madre Tierra
[12] AFP, vía Malay Mail (27 de agosto de 2019). «Bolivia’s Morales under pressure over voracious Amazon fires».
[13] Infobae, con EFE (26 de abril de 2025). «La Defensoría de Bolivia lamenta daño de 12,6 millones de hectáreas por incendios en 2024».
F. España, Mar Menor
[14] WION. «Spanish lagoon granted personhood status, can now sue polluters».
[15] Martín Paciente, Miriam (2025). «Del objeto al sujeto de Derecho: análisis crítico de la personalidad jurídica del Mar Menor». Actualidad civil.
G. Fuentes de la Declaración Universal de los Derechos del Árbol
[16] La Compagnie des Papillons Bleus. «Comprender la Declaración Universal de los Derechos del Árbol».
[17] La Compagnie des Papillons Bleus. «Cadre officiel de la Déclaration universelle des droits de l’Arbre» (Marco oficial de la Declaración Universal de los Derechos del Árbol). (página en francés)
[18] La Compagnie des Papillons Bleus. «Los fundamentos jurídicos de la Declaración Universal de los Derechos del Árbol».
[19] La Compagnie des Papillons Bleus. «¿Qué significa reconocer derechos al Árbol?».
[20] La Compagnie des Papillons Bleus. «Artículo I — El Árbol, ser vivo sensible, fuente de Vida y bien común de la humanidad».
[21] Rey, Ricardo (2026). «Faut-il vraiment faire entrer Pachamama dans notre droit ?» (¿Debe realmente entrar Pachamama en nuestro derecho?). (página en francés)
https://www.declarationuniverselledesdroitsdelarbre.org/pachamama-droits-nature-duda/
[22] La Compagnie des Papillons Bleus. «Christopher D. Stone y la Declaración Universal de los Derechos del Árbol».
[23] La Compagnie des Papillons Bleus (23 de septiembre de 2026). Proyecto de Convención Internacional de los Derechos del Árbol, segunda versión consolidada de trabajo. (página en francés)
https://www.declarationuniverselledesdroitsdelarbre.org/convention-internationale-droits-arbre/
Para saber más
Descubrir la Declaración Universal de los Derechos del Árbol: declarationuniverselledesdroitsdelarbre.org
El proyecto de Convención Internacional de los Derechos del Árbol: consultar el proyecto
La Iniciativa Ciudadana Europea «Derechos de la naturaleza»: página de la Comisión Europea
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El proyecto de Convención Internacional de los Derechos del Árbol citado en este artículo es una versión de trabajo fechada el 23 de septiembre de 2026. No constituye ni un tratado en vigor ni una versión jurídicamente definitiva. No se presume que los autores y organizaciones citados aprueben la Declaración Universal de los Derechos del Árbol ni el presente artículo.
La Compagnie des Papillons Bleus
Documento de posición en el marco de los trabajos relativos a la Declaración Universal de los Derechos del Árbol.
Dirección editorial: Ricardo Rey, presidente de La Compagnie des Papillons Bleus · Autor e iniciador de la Declaración Universal de los Derechos del Árbol · Fundador de la Asamblea del Árbol.
DIRITTI DELLA NATURA · PERSONALITÀ GIURIDICA · ONTOLOGIA · POLITICHE PUBBLICHE · ASSEMBLEA DELL’ALBERO · CONVENZIONE INTERNAZIONALE · DUDA
Proteggere il vivente: punire o riallacciare?
Pubblicazione: La Compagnie des Papillons Bleus · Data: 17 ottobre 2026 · Tipologia: documento di posizione
Punto essenziale
La Dichiarazione universale dei diritti dell’Albero non si oppone alla personalità giuridica: rifiuta di ridurre a essa la protezione del vivente. Si fonda su un’altra ontologia, relazionale, e radica questa protezione nelle politiche pubbliche, dai comuni fino al diritto internazionale.
Da qualche tempo, alcune reazioni presentano la Dichiarazione universale dei diritti dell’Albero come un’iniziativa ostile alla personalità giuridica della natura. È un fraintendimento. La Dichiarazione non combatte questo strumento: rifiuta di ridurre a esso la protezione del vivente. Il malinteso è tuttavia rivelatore. A forza di considerare la personalità giuridica come l’orizzonte insuperabile dei diritti della natura, si finisce per non vedere altro, e per leggere male ogni approccio che pensa in modo più ampio. È dunque importante chiarire che cosa propone la Dichiarazione, che cosa non propone e che cosa la distingue, nel merito, dal movimento dei diritti della natura.
L’attualità lo richiede. Un’Iniziativa dei cittadini europei intitolata «Diritti della natura: consentire ai cittadini di rappresentare e proteggere gli ecosistemi» è attualmente in circolazione, promossa in particolare da Notre Affaire à Tous. Registrata dalla Commissione europea il 19 maggio 2026, chiede una direttiva che riconosca gli ecosistemi come persone giuridiche, dotate di valore intrinseco e di diritti fondamentali: esistere, rigenerarsi, essere ripristinati. [1][2] Propone inoltre che i cittadini possano agire in giudizio in loro nome, sul modello della laguna spagnola del Mar Menor. [3] Perché la Commissione si pronunci, l’iniziativa dovrà raccogliere almeno un milione di firme; nulla la obbligherà poi a proporre un testo.
La Compagnie des Papillons Bleus, promotrice della Dichiarazione universale dei diritti dell’Albero, condivide la constatazione di partenza: la natura non può più essere trattata come una semplice cosa appropriabile. Ne condivide anche la finalità: proteggere gli ecosistemi nella loro integrità. Ma sostiene un’altra concezione del vivente stesso, e dunque dei mezzi per proteggerlo. Questa divergenza non è una sfumatura tecnica. Implica due modi di pensare il rapporto tra il diritto, la società e il vivente.
Indice
- Ciò che la Dichiarazione non è
- L’Albero, porta d’ingresso dell’ecosistema
- Due ontologie: la persona e la relazione
- Che cosa consente la personalità giuridica, e che cosa non fa
- La prova dei fatti
- Il principio di effettività: senza politiche locali, la legge è solo un’illusione
- L’impasse democratica della rappresentanza
- L’architettura della Dichiarazione: il vivente al centro della decisione pubblica
- L’Assemblea dell’Albero: una rappresentanza cittadina, non un mandato esclusivo
- Dal comune al mondo: il progetto di Convenzione internazionale dei diritti dell’Albero
- Ristabilire il legame
- Fonti — 23 riferimenti
1. Ciò che la Dichiarazione non è
Eliminiamo anzitutto ogni ambiguità. La Dichiarazione non si oppone a che uno Stato o un giudice riconosca la personalità giuridica a un fiume, a una laguna o a una foresta. Il progetto di Convenzione internazionale dei diritti dell’Albero, che la prolunga sul piano del diritto internazionale, lo afferma espressamente: non attribuisce di per sé personalità giuridica agli alberi o alle foreste, ma non impedisce a uno Stato di riconoscerla nel proprio diritto interno, né di istituire uno statuto proprio o garanzie più ampie. [23]
La posizione è dunque perfettamente chiara. Il riconoscimento di diritti al vivente non è subordinato alla personalità giuridica. Questa resta una costruzione giuridica possibile tra le altre; non è né la condizione, né il compimento, né la misura della protezione. Confondere questo rifiuto di ogni riduzionismo con un’ostilità di principio significa proprio non cogliere il quadro più ampio in cui si colloca la Dichiarazione.
2. L’Albero, porta d’ingresso dell’ecosistema
Si impone una seconda precisazione, perché il titolo della Dichiarazione può trarre in inganno. L’Albero non vi è un oggetto isolato: ne è la porta d’ingresso. Un albero non può essere separato da ciò che lo fa vivere. Le sue radici si associano ai funghi micorrizici, che ne ampliano l’accesso all’acqua e ai nutrienti e lo collegano ai suoi vicini. Il suolo, popolato da una moltitudine di organismi, lo nutre. Gli insetti lo impollinano, lo decompongono, lo abitano. Gli uccelli vi nidificano e ne disperdono i semi. I mammiferi vi trovano rifugio. Persino il legno morto, lungi dall’essere un rifiuto, sostiene una parte considerevole della biodiversità forestale.
Proteggere l’Albero significa dunque proteggere la foresta e l’insieme delle relazioni che la costituiscono. Il progetto di Convenzione lo dice senza giri di parole: vi si definisce la foresta come un sistema ecologico che associa alberi, altri vegetali, animali, funghi, microrganismi, suoli, acque, legno morto, flussi di energia e cicli biogeochimici. Un intero articolo è dedicato ai suoli vivi, alle radici, all’acqua, ai funghi e al legno morto. [23]
Se la Dichiarazione ha scelto l’Albero, è perché esso costituisce la figura del vivente più familiare e più immediatamente comprensibile, quella che parla a tutti, dal cuore delle città ai grandi massicci forestali. Ma attraverso di esso, è l’intero ecosistema a essere in gioco.
3. Due ontologie: la persona e la relazione
I concetti giuridici non sono mai neutri. Portano con sé una rappresentazione implicita di che cosa sia un essere e di che cosa meriti di essere protetto. La personalità giuridica non sfugge a questa regola: prima di essere uno strumento, è un concetto, e questo concetto implica un’ontologia.
La parola stessa lo ricorda. Nel teatro latino, la persona indicava la maschera attraverso cui parlava l’attore. Il diritto ha fatto della persona un’entità individualizzata, delimitata, unificata, dotata di una volontà propria e titolare di diritti che oppone agli altri. Questo modello è stato pensato per l’individuo umano, poi esteso ai collettivi umani, imprese e associazioni, ai quali il diritto attribuisce unità e volontà. Fare di un fiume o di una foresta una «persona» significa dunque collocarlo entro questa ontologia: suddividere il vivente in individui giuridici, attribuirgli un’unità che non ha, dargli una voce per mezzo di rappresentanti e ammetterlo nel diritto a condizione che somigli a ciò che il diritto già conosce.
La Dichiarazione universale dei diritti dell’Albero si fonda su un’altra ontologia. L’Albero vi è riconosciuto come essere vivente senziente, fonte di vita e bene comune dell’umanità. [20] Ma questo essere esiste solo attraverso le sue relazioni: con il suolo, con l’acqua, con i funghi delle sue radici, con gli insetti, gli uccelli, gli altri alberi e gli esseri umani. Non è un individuo che si erge contro gli altri. È un nodo di relazioni vive. Riconoscerlo come soggetto di diritti non significa prestargli una maschera, ma riconoscere ciò che è, in ciò che lo lega. [18][19]
Il progetto di Convenzione internazionale dei diritti dell’Albero traduce questa ontologia nel diritto. Tra i diritti che riconosce all’Albero figura quello di partecipare alle relazioni ecologiche da cui dipende e che sostiene. Un diritto alla relazione: nessuna persona giuridica, pensata sul modello dell’individuo, può esserne titolare in questo modo. [23]
Tutto il resto ne discende. Se il vivente è relazione, proteggerlo significa mantenere le relazioni che lo costituiscono: ecco perché l’Albero è la porta d’ingresso dell’intero ecosistema. Se gli esseri umani fanno parte di queste relazioni, ristabilire il legame tra loro e il vivente non è un mezzo al servizio di una protezione più efficace: è l’oggetto stesso della protezione. E se l’essere protetto non è una persona da far parlare, non ha bisogno di un mandatario che si esprima in suo nome: richiede la partecipazione di chi vive in relazione con esso. È questo il senso dell’Assemblea dell’Albero.
La differenza con il movimento dei diritti della natura non risiede dunque anzitutto nell’efficacia degli strumenti. Risiede in due modi di concepire che cosa sia il vivente. [21]
4. Che cosa consente la personalità giuridica, e che cosa non fa
Il movimento dei diritti della natura si è in gran parte costruito attorno a un’idea formulata nel 1972 dal giurista statunitense Christopher Stone nel suo saggio «Should Trees Have Standing?»: permettere alle entità naturali di essere parti in un processo. [22] La personalità giuridica, finzione mutuata dal diritto delle persone fisiche e delle persone giuridiche, ne è diventata l’espressione più compiuta. Consente a un ecosistema di essere titolare di diritti, e dunque di essere difeso davanti a un giudice.
Il contributo è reale: apre l’accesso al giudice, designa un titolare, rende il danno giustiziabile. Ma occorre misurare ciò che questo meccanismo produce concretamente. Interviene per lo più dopo il danno, davanti a un tribunale, per mezzo di avvocati, periti e rappresentanti designati. La sua logica dominante è riparatoria o sanzionatoria. Punisce la distruzione, il che è necessario; ma non crea di per sé ciò che impedirebbe la distruzione: una coscienza collettiva attenta alla tutela del vivente, e decisioni pubbliche che ne siano l’espressione.
In altre parole, la personalità giuridica risponde alla domanda «chi può agire in giudizio?». Non risponde alla domanda decisiva: «chi decide, ogni giorno, la sorte degli alberi e delle foreste, e secondo quali regole?».
5. La prova dei fatti
Queste differenze di fondamento non restano teoriche. I fatti non fondano la nostra posizione, ma mostrano ciò che accade quando i diritti del vivente sono ridotti a una tecnica contenziosa, senza che cambino né il nostro sguardo su di esso né le decisioni che ne derivano. Ovunque siano stati proclamati diritti senza che le politiche pubbliche e il legame sociale seguissero, la distruzione è proseguita.
Colombia, fiume Atrato. Nel 2016, la Corte costituzionale colombiana ha riconosciuto il fiume Atrato, nel Chocó, come soggetto di diritti, di fronte alle devastazioni dell’estrazione illegale dell’oro. Otto anni dopo, l’AFP constatava che chiatte di dragaggio illegali punteggiavano ancora il suo corso. [4] Il magistrato all’origine della decisione, Jorge Iván Palacio, ha egli stesso attribuito il fallimento della sua attuazione alla mancanza di volontà politica e alla corruzione. [4] Dalla sentenza, l’estrazione illegale dell’oro sostenuta da gruppi armati si è estesa per 47 chilometri lungo gli affluenti. [5] Nell’ottobre 2025, tre relatori speciali dell’ONU hanno richiamato l’attenzione del governo colombiano sull’insufficiente esecuzione della sentenza, qualificando la contaminazione da mercurio come una crisi grave e persistente dei diritti umani. [6] Alcuni guardiani del fiume hanno denunciato minacce di morte per aver combattuto le miniere illegali.
India, Gange e Yamuna. Nel marzo 2017, l’Alta Corte dell’Uttarakhand ha riconosciuto questi due fiumi sacri, fortemente inquinati, come «persone giuridiche», designando tre alti funzionari come loro tutori. Già nel luglio 2017, la Corte suprema ha sospeso tale decisione, su richiesta dello stesso Stato dell’Uttarakhand, preoccupato in particolare di dover rispondere degli annegamenti avvenuti durante le piene. [7][8] Le decisioni restano sospese. Un’analisi accademica rileva che erano state pronunciate senza un vero radicamento nella società civile né il sostegno dell’amministrazione incaricata di applicarle. [9]
Stati Uniti, lago Erie. Nel febbraio 2019, gli elettori di Toledo hanno adottato una carta che riconosceva diritti al lago Erie. Un anno dopo, un giudice federale l’ha dichiarata incostituzionale, qualificando tali diritti come «aspirazionali» e privi di portata pratica. [10] Nel frattempo, nel luglio 2019, il parlamento dell’Ohio aveva approvato una disposizione che vietava alla natura di agire in giudizio. [11]
Bolivia, Madre Terra. Paese pioniere nel riconoscimento dei diritti della natura, la Bolivia ha tuttavia visto gli ambientalisti denunciare, già nel 2019, misure che portavano da 5 a 20 ettari le superfici forestali disboscabili, anche mediante incendi. [12] Nel 2024, gli incendi hanno devastato oltre 12,6 milioni di ettari di foreste e praterie, secondo il Difensore del popolo boliviano. [13]
Spagna, Mar Menor. La laguna ha ottenuto la personalità giuridica nel 2022, al termine di un’iniziativa legislativa popolare sostenuta da oltre 640 000 firmatari. [14] È l’esperienza più promettente, proprio perché nasce da una profonda mobilitazione cittadina. Uno studio pubblicato nel 2025 rileva tuttavia importanti difficoltà di attuazione e si interroga sulla capacità di questa figura giuridica di proteggere effettivamente la laguna. [15]
Questi esempi non dimostrano che la personalità giuridica sia inutile. Dimostrano che è insufficiente. Una norma proclamata senza sostegno istituzionale né coscienza collettiva che la porti si scontra con la corruzione, gli interessi economici, i mutamenti di indirizzo politico, e persino con i tribunali stessi. Si può condannare la distruzione di una foresta che nessuno ha mai percorso. Si può vincere un processo in nome di un fiume senza che gli abitanti delle sue rive abbiano ritrovato il minimo attaccamento a esso.
6. Il principio di effettività: senza politiche locali, la legge è solo un’illusione
Da queste esperienze emerge un principio molto semplice. Una norma, che sia costituzionale, nazionale o europea, non protegge nulla da sola. Non pianta un albero, non impedisce un taglio raso, non preserva un suolo, non sorveglia un fiume. Sono le decisioni locali a farlo: un permesso negato, un piano urbanistico rivisto, una siepe conservata, un bosco tutelato, una buca d’impianto correttamente dimensionata, un bilancio destinato alla manutenzione anziché alla sostituzione, un abbattimento evitato perché qualcuno, sul posto, ha detto no.
La Bolivia aveva sancito per legge i diritti della Madre Terra. Sono state decisioni concrete, superfici di disboscamento ampliate e incendi autorizzati, a lasciar bruciare le sue foreste. La Colombia disponeva di una sentenza storica. È stata l’assenza di azione sul terreno a lasciare che le draghe proseguissero il loro lavoro.
Se le politiche locali non vengono orientate alla tutela, pretendere che una legge costituzionale, nazionale o europea proteggerà la natura è solo un’illusione. È proprio la scelta de La Compagnie des Papillons Bleus: agire anzitutto là dove si prendono realmente le decisioni che fanno vivere o morire gli alberi, le foreste e tutto il vivente che ne dipende, attraverso l’adozione della Dichiarazione e l’attuazione dei suoi Quindici Impegni.
7. L’impasse democratica della rappresentanza
Il modello della personalità giuridica solleva un’altra difficoltà, raramente posta: quella della legittimità dei rappresentanti. Una foresta non vota. Non può né designare i suoi mandatari, né controllarne l’azione, né revocarli. Chiunque parli in suo nome si è dunque designato da sé, o è stato designato da altri esseri umani.
Perché un’associazione, o una parte della popolazione, dovrebbe essere la rappresentante esclusiva di un ecosistema? Ogni collettivo porta la propria visione della natura, le proprie battaglie, talvolta i propri interessi. E quando questi rappresentanti contestano davanti a un giudice una decisione adottata da eletti, si contrappone una legittimità elettorale a una legittimità autoproclamata. La protezione del vivente abbandona allora lo spazio della deliberazione democratica per diventare una questione contenziosa, e chi ne ha la responsabilità resta esposto da solo, come hanno mostrato le minacce subite dai guardiani dell’Atrato.
8. L’architettura della Dichiarazione: il vivente al centro della decisione pubblica
La Dichiarazione universale dei diritti dell’Albero, adottata a Parigi il 19 maggio 2019, segue un’altra logica. Riconosce l’Albero, e attraverso di esso l’ecosistema da cui è inseparabile, come soggetto di diritti, senza far dipendere tale riconoscimento dalla personalità giuridica. [16][17] Il vivente richiede una categoria propria, anziché un abito giuridico tagliato per l’individuo umano e i collettivi umani.
Soprattutto, non affida questa protezione a nessun mandatario esclusivo. La radica nelle politiche pubbliche. Sono gli enti locali e i loro eletti a portarla, attraverso Quindici Impegni concreti sottoscritti al momento dell’adozione. La responsabilità resta là dove risiede la legittimità democratica, e si esercita là dove si prendono le decisioni: urbanistica, gestione del patrimonio arboreo, protezione dei suoli, piantagione ecologicamente appropriata, trasparenza dei risultati.
Questa esigenza è verificabile. La Dichiarazione tiene un registro internazionale degli enti aderenti, e un’adozione puramente simbolica, senza attuazione degli impegni, comporta la cancellazione dal registro. [17] Firmare non basta; bisogna agire.
9. L’Assemblea dell’Albero: una rappresentanza cittadina, non un mandato esclusivo
La Dichiarazione istituisce inoltre l’Assemblea dell’Albero. Questa non pretende di parlare «al posto» degli alberi o delle foreste, e non si sostituisce in alcun modo agli eletti. È uno spazio di rappresentanza cittadina, paragonabile agli organismi partecipativi che esistono per altre politiche locali. Riunisce, secondo i contesti, eletti, servizi pubblici, scienziati, giuristi, abitanti, associazioni, professionisti, insegnanti, artisti e giovani. Fornisce elementi alla decisione pubblica, esamina i progetti, interpella, formula raccomandazioni pubbliche e consente agli abitanti di prendere parte alla vita degli alberi e degli ambienti naturali del loro territorio.
L’obiezione democratica rivolta ai rappresentanti dei diritti della natura non la riguarda dunque. Qui non c’è un mandatario esclusivo del vivente: ci sono cittadini che partecipano, ed eletti che decidono e rispondono del proprio operato.
10. Dal comune al mondo: il progetto di Convenzione internazionale dei diritti dell’Albero
L’adozione locale non è un fine in sé. Costituisce il primo gradino di un’architettura che si eleva fino al diritto internazionale. Frutto dei lavori dell’Assemblea dell’Albero, il progetto di Convenzione internazionale dei diritti dell’Albero si presenta come uno dei prolungamenti giuridici internazionali della Dichiarazione. La sua ultima versione di lavoro, datata 23 settembre 2026, comprende quarantatré articoli e sette allegati scientifici e metodologici. Resta destinata a una revisione giuridica internazionale, a un esame scientifico in contraddittorio e a un dialogo con i popoli indigeni, le comunità locali e le istituzioni competenti. È un progetto, e deve essere presentato come tale; ma la sua direzione è inequivocabile. [23]
La sua logica è l’esatto contrario di una norma imposta dall’alto. Il progetto riconosce che l’azione territoriale può precedere l’entrata in vigore della Convenzione e che costituisce un livello essenziale della sua effettività. Abilita e incoraggia espressamente gli enti locali ad adottare la Dichiarazione, attuare i Quindici Impegni, creare un’Assemblea locale dell’Albero e adottare norme più protettive. [23] Le esperienze, i dati, le innovazioni e le difficoltà territoriali sono destinati ad alimentare i meccanismi nazionali e internazionali. Il diritto internazionale non si sostituisce all’azione locale: si appoggia su di essa e la consolida.
Il progetto conferma anche le scelte di fondo della Dichiarazione. Riconosce all’Albero il diritto all’esistenza, allo sviluppo dei suoi apparati aereo e radicale, al mantenimento della sua integrità, alla riproduzione, alla senescenza naturale e alla partecipazione alle relazioni ecologiche da cui dipende. Pone un principio di non compensazione degli elementi insostituibili: nessuna piantagione e nessun assorbimento futuro di carbonio possono essere presunti equivalenti a un albero maturo, a una foresta primaria o a un ecosistema ad alta integrità. Prevede la protezione rigorosa e permanente delle foreste primarie. Estende le Assemblee dell’Albero ai livelli locale, regionale e nazionale, senza mai conferire loro i poteri delle autorità competenti.
Non rinuncia per questo al giudice, al contrario. Garantisce l’accesso all’informazione ambientale, la partecipazione del pubblico e un accesso effettivo alle autorità amministrative e giurisdizionali per le persone, gli enti locali, i popoli indigeni e le organizzazioni di protezione dell’ambiente. Impone agli Stati di proteggere da minacce, molestie e ritorsioni coloro che difendono gli alberi e le foreste, quella stessa violenza che colpisce oggi i guardiani dell’Atrato. Il ricorso al giudice vi è garantito e tutelato; non è più l’unico pilastro dell’edificio.
Infine, il progetto assume pienamente la sua dimensione di trattato. È aperto alla firma degli Stati e delle organizzazioni regionali di integrazione economica, a cominciare dall’Unione europea. Non ammette alcuna riserva, sancisce il principio di non regressione, prevede la sua entrata in vigore dopo il deposito del decimo strumento di ratifica e propone che il Segretario generale delle Nazioni Unite ne sia il depositario. [23]
La differenza di metodo appare così in tutta la sua nitidezza. L’iniziativa europea parte da Bruxelles per scendere verso i territori. La Dichiarazione e il suo progetto di Convenzione partono dai comuni per salire verso gli Stati e la comunità internazionale. È una catena completa, dalla strada al pianeta, in cui ogni livello dà forza al successivo e nessuna norma superiore resta priva dei sostegni che la rendono effettiva.
11. Ristabilire il legame
È questo l’essenziale. Il diritto, da solo, non fa amare una foresta. Ma può organizzare le condizioni di una relazione. Facendo entrare l’albero, e con esso l’ecosistema che porta, nella decisione pubblica e nella vita democratica locale, la Dichiarazione invita ciascuno a conoscere, frequentare e difendere il vivente che lo circonda: tanto l’albero della propria strada quanto il bosco vicino, il suolo che non si vede, gli uccelli che si sentono, gli insetti che si dimenticano.
La personalità giuridica ripara, o sanziona, una volta compiuto il danno. La Dichiarazione universale dei diritti dell’Albero agisce a monte, là dove tutto comincia: nello sguardo che rivolgiamo al vivente, nelle decisioni che ne derivano e nel legame che accettiamo di ritessere con esso.
Gli approcci possono coesistere, e bisogna augurare all’iniziativa europea di raccogliere il milione di firme necessario. Ma nessuna norma, che sia europea o internazionale, reggerà senza enti locali che la facciano vivere. Senza aspettare Bruxelles, i comuni possono già agire. Per questo La Compagnie des Papillons Bleus costruisce in entrambe le direzioni contemporaneamente: enti locali che si impegnano fin da oggi, e un progetto di Convenzione internazionale che porta questa esigenza fino agli Stati. Senza questo legame ritrovato, a ogni livello, nessuno strumento giuridico basterà a proteggere in modo duraturo ciò che ci fa vivere.
Ricardo Rey
La Compagnie des Papillons Bleus
La personalità giuridica ripara, o sanziona, una volta compiuto il danno.
La Dichiarazione universale dei diritti dell’Albero agisce a monte: nello sguardo che rivolgiamo al vivente e nel legame che accettiamo di ritessere con esso.
12. Fonti
I 23 riferimenti seguenti corrispondono ai rimandi nel corpo del testo. I titoli delle pubblicazioni sono mantenuti nella lingua originale; le fonti della Dichiarazione universale dei diritti dell’Albero sono distinte dalle fonti indipendenti.
A. Iniziativa dei cittadini europei
[1] Commissione europea (19 maggio 2026). «Two new European citizens’ initiatives registered».
https://citizens-initiative.europa.eu/news/two-new-citizens-initiatives-2026-05-19_it
[2] Commissione europea (2026). Decisione di registrazione dell’iniziativa dei cittadini europei «Diritti della natura: consentire ai cittadini di rappresentare e proteggere gli ecosistemi».
https://data.consilium.europa.eu/doc/document/ST-9563-2026-INIT/it/pdf
[3] Eco Jurisprudence Monitor. «European Citizens’ Initiative (ECI): Rights for Nature».
https://ecojurisprudence.org/initiatives/europen-citizens-initiaitve-eci-rights-for-nature/
B. Colombia, fiume Atrato
[4] AFP, tramite eNCA. «In Colombia, a river’s “rights” swept away by mining and conflict».
https://www.enca.com/opinion/colombia-rivers-rights-swept-away-mining-and-conflict
[5] ABColombia. «T-622 – Atrato River and Illegal Gold Mining».
https://www.abcolombia.org.uk/t-622-atrato-river-and-illegal-gold-mining/
[6] Associated Press, tramite SEJ (ottobre 2025). «UN Warns Colombia Over Mercury In Atrato River As Human Rights Emergency».
C. India, Gange e Yamuna
[7] AFP, tramite Newsweek Pakistan (luglio 2017). «Top court suspends lower court order granting Ganges and Yamuna rivers same legal rights as humans».
[8] Phys.org, tramite Yale Forum on Religion and Ecology (7 luglio 2017). «Rivers do not have same rights as humans: India’s top court».
[9] Borchgrevink, Axel; Upadhyay, Kavita. «India’s Ganga and Yamuna rivers as legal persons». Routledge.
D. Stati Uniti, lago Erie
[10] Animal Legal Defense Fund. «Federal Judge Strikes Down “Lake Erie Bill of Rights”».
https://aldf.org/article/federal-judge-strikes-down-lake-erie-bill-of-rights/
[11] Eco Jurisprudence Monitor. «Toledo (USA) Charter Amendment: Lake Erie Bill of Rights».
https://ecojurisprudence.org/initiatives/lake-erie-bill-of-rights/
E. Bolivia, Madre Terra
[12] AFP, tramite Malay Mail (27 agosto 2019). «Bolivia’s Morales under pressure over voracious Amazon fires».
[13] Fire and Safety Journal Americas (28 aprile 2025). «Bolivia urges enhanced wildfire prevention compliance following record fires».
F. Spagna, Mar Menor
[14] WION. «Spanish lagoon granted personhood status, can now sue polluters».
[15] Martín Paciente, Miriam (2025). «Del objeto al sujeto de Derecho: análisis crítico de la personalidad jurídica del Mar Menor». Actualidad civil.
G. Fonti della Dichiarazione universale dei diritti dell’Albero
[16] La Compagnie des Papillons Bleus. «Comprendere la Dichiarazione universale dei diritti dell’Albero».
[17] La Compagnie des Papillons Bleus. «Cadre officiel de la Déclaration universelle des droits de l’Arbre» (Quadro ufficiale della Dichiarazione universale dei diritti dell’Albero). (pagina in francese)
[18] La Compagnie des Papillons Bleus. «I fondamenti giuridici della Dichiarazione universale dei diritti dell’Albero».
[19] La Compagnie des Papillons Bleus. «Che cosa significa riconoscere diritti all’Albero?».
[20] La Compagnie des Papillons Bleus. «Articolo I — L’Albero, essere vivente senziente, fonte di Vita e bene comune dell’umanità».
[21] Rey, Ricardo (2026). «Faut-il vraiment faire entrer Pachamama dans notre droit ?» (Bisogna davvero far entrare Pachamama nel nostro diritto?). (pagina in francese)
https://www.declarationuniverselledesdroitsdelarbre.org/pachamama-droits-nature-duda/
[22] La Compagnie des Papillons Bleus. «Christopher D. Stone e la Dichiarazione universale dei diritti dell’Albero».
[23] La Compagnie des Papillons Bleus (23 settembre 2026). Progetto di Convenzione internazionale dei diritti dell’Albero, seconda versione consolidata di lavoro. (pagina in francese)
https://www.declarationuniverselledesdroitsdelarbre.org/convention-internationale-droits-arbre/
Per approfondire
Scoprire la Dichiarazione universale dei diritti dell’Albero: declarationuniverselledesdroitsdelarbre.org
Il progetto di Convenzione internazionale dei diritti dell’Albero: consultare il progetto
L’Iniziativa dei cittadini europei «Diritti della natura»: pagina della Commissione europea
Portata e avvertenze
Il progetto di Convenzione internazionale dei diritti dell’Albero citato in questo articolo è una versione di lavoro datata 23 settembre 2026. Non costituisce né un trattato in vigore né una versione giuridicamente definitiva. Non si presume che gli autori e le organizzazioni citati approvino la Dichiarazione universale dei diritti dell’Albero né il presente articolo.
La Compagnie des Papillons Bleus
Documento di posizione nell’ambito dei lavori relativi alla Dichiarazione universale dei diritti dell’Albero.
Direzione editoriale: Ricardo Rey, presidente de La Compagnie des Papillons Bleus · Autore e promotore della Dichiarazione universale dei diritti dell’Albero · Fondatore dell’Assemblea dell’Albero.