Les forêts primaires en Europe dans un état critique

Les forêts primaires d’Europe dans un état critique

Cette page reprend les conclusions d’une étude européenne consacrée aux forêts primaires et aux forêts à forte naturalité.

Les données, formulations et objectifs mentionnés ci-dessous correspondent au contexte de publication de l’article. La note institutionnelle finale a été actualisée afin d’être cohérente avec le Cadre officiel de la Déclaration universelle des droits de l’Arbre.

UNE DÉFINITION UTILISÉE DANS LE CONTEXTE DE L’ÉTUDE

Ces forêts présentent une valeur écologique exceptionnelle en raison de leur ancienneté, de leur continuité écologique, de la complexité de leurs structures et de la diversité des processus naturels qui peuvent s’y maintenir.

Elles constituent des références essentielles pour comprendre le fonctionnement des écosystèmes forestiers lorsqu’ils sont faiblement transformés par les activités humaines.

Cette définition est conservée ici dans le contexte historique de l’étude citée.

Dans la doctrine forestière actuelle développée autour de la Déclaration universelle des droits de l’Arbre, l’analyse d’une forêt ne repose pas sur une opposition binaire entre forêt « primaire » et forêt « non primaire ». Elle tient compte notamment de son origine, de sa naturalité, de son intégrité écologique, de sa structure, de la continuité de ses sols et de ses processus, de sa biodiversité, de sa connectivité, de ses capacités de régénération et de sa trajectoire dans le temps.

TROIS CONSTATS MAJEURS

D’après l’étude européenne évoquée dans l’article, les forêts primaires d’Europe se trouvaient dans un état critique.

Les auteurs mettaient notamment en évidence plusieurs messages essentiels :

  • elles étaient insuffisamment protégées ;
  • elles étaient très inégalement réparties sur le territoire européen ;
  • il apparaissait nécessaire de restaurer les conditions permettant le retour progressif de caractéristiques propres aux forêts primaires là où celles-ci avaient disparu, sans assimiler pour autant une forêt restaurée à une forêt primaire.

Cette dernière orientation faisait alors écho au projet porté par Francis Hallé en faveur de la renaissance d’une forêt primaire en Europe occidentale.

EN FRANCE : DES FORÊTS À FORTE NATURALITÉ

En France, la terminologie renvoie plus souvent à des forêts dites « à caractère naturel » ou à forte naturalité.

Ces espaces jouent néanmoins un rôle essentiel dans la conservation de la biodiversité forestière et dans la connaissance des dynamiques naturelles des écosystèmes boisés.

Le réseau des Réserves Naturelles de France indiquait alors héberger environ 7 500 hectares de ces forêts remarquables.

L’article évoquait également, dans le contexte des politiques de protection alors en discussion, la perspective d’aires bénéficiant d’un haut niveau de naturalité.

DOCUMENT SOURCE

Réserves Naturelles de France — communiqué de presse

Consulter le communiqué de presse

LIEN AVEC LA DÉCLARATION UNIVERSELLE DES DROITS DE L’ARBRE

La protection des forêts anciennes, primaires ou à forte naturalité rejoint une question centrale : reconnaître que la forêt ne peut être réduite à une simple surface boisée ou à un stock de biomasse.

Principe de non-substitution

La destruction ou la dégradation d’une forêt primaire ou d’une forêt naturelle à haute intégrité ne peut être considérée comme écologiquement compensée par la création d’une plantation, d’un boisement de production ou même d’une forêt restaurée récente.

Ces catégories ne sont pas interchangeables. Elles doivent être distinguées selon leur origine, leur ancienneté, leur naturalité, leur intégrité écologique, leur structure, leurs sols, leur biodiversité, leur fonctionnement et leur trajectoire.

Leur suivi doit donc faire l’objet d’une comptabilité séparée, afin qu’une augmentation de surfaces plantées ou restaurées ne masque pas la disparition de forêts naturelles anciennes ou à haute intégrité.

La restauration doit être comprise comme une trajectoire écologique de long terme. Une forêt secondaire ou restaurée peut progressivement retrouver davantage de naturalité, de complexité, d’intégrité et d’autonomie de régénération, mais son histoire écologique ne doit pas être effacée par une requalification immédiate en « forêt primaire ».

La Déclaration universelle des droits de l’Arbre repose sur trois articles fondateurs :

Article I
L’Arbre, être vivant sensible, source de Vie, est un bien commun de l’humanité.

Article II
De l’existence de l’Arbre dépend la Vie sur la planète.

Article III
L’Homme, doué de raison et de conscience, doit agir avec l’Arbre dans un esprit de fraternité et de solidarité.

La Déclaration ne confère pas, par elle-même, de personnalité juridique aux arbres, de capacité processuelle autonome ni de transfert de compétence.

PROTECTION DE L’ARBRE ET PROJET DE CONVENTION

L’ancienne formulation selon laquelle « tant que l’Arbre n’aura pas de statut juridique il ne sera pas protégé » ne correspond pas au Cadre officiel actuel.

La protection de l’Arbre ne dépend pas de l’attribution d’une personnalité juridique.

Le droit peut protéger les arbres, les forêts et les écosystèmes par de nombreux mécanismes juridiques sans leur attribuer une personnalité juridique autonome.

Dans le prolongement de la Déclaration est développé le projet de Convention internationale des droits de l’Arbre. Il s’agit d’un projet d’instrument juridique international en cours d’élaboration et de réflexion ; ce n’est pas, à ce jour, un traité international en vigueur.

Signer la pétition pour la Déclaration universelle des droits de l’Arbre

Découvrir le projet de Convention internationale des droits de l’Arbre

Consulter le Cadre officiel de la Déclaration universelle des droits de l’Arbre

Parce que l’Arbre, c’est la Vie.

Mise à jour doctrinale, institutionnelle et forestière : 13 août 2026