Après les incendies en Gironde : restaurer l’eau pour renforcer la résilience des Landes de Gascogne

Vue aérienne d’un paysage forestier après un incendie, avec une zone de pins brûlés, une craste centrale et, à droite, des milieux humides et une végétation en régénération.

Article de fond — Forêts, eau, incendies et droit

Replanter ne suffira pas : comprendre l’histoire du drainage pour préparer l’avenir du massif

Les incendies de juillet 2026 imposent de dépasser la seule gestion de l’urgence. Sans condamner le pin maritime ni la sylviculture, cet article examine l’histoire de la transformation des Landes de Gascogne, les effets différenciés du drainage, les possibilités de restauration hydrologique et les conditions scientifiques, opérationnelles, économiques et juridiques d’une reconstruction plus résiliente.

Situation arrêtée au lundi 27 juillet 2026 à 21 h 15

Dernières données officielles disponibles

  • 42 000 ha — surface parcourue par le feu
  • 220 000 — personnes évacuées préventivement dans 23 communes
  • 88 — sapeurs-pompiers blessés depuis le début de l’événement
  • 0 — victime parmi la population
  • 240 — habitations détruites selon le bilan provisoire

À 21 h 15, le dernier bilan chiffré officiel rendu public par la préfecture de la Gironde demeurait celui de 14 heures. Le feu était alors présenté comme stabilisé, mais non fixé ; la situation restait défavorable et les reconnaissances en cours étaient susceptibles de faire évoluer le bilan matériel. Selon Bordeaux Gazette, dans un article mis à jour le lundi 27 juillet 2026 à 20 h 45, l’incendie avait parcouru environ 42 000 hectares, entraîné l’évacuation préventive de 220 000 personnes dans 23 communes et impacté 240 habitations, dont 183 avaient brûlé. Aucun décès n’était alors signalé dans le cadre de l’incendie parti de Saumos.

I. Les incendies obligent à penser l’après

L’incendie parti de Saumos a provoqué des évacuations d’une ampleur exceptionnelle, détruit des habitations, blessé des sapeurs-pompiers et parcouru des dizaines de milliers d’hectares. L’urgence demeure la protection des personnes, des secours, des animaux, des bâtiments et des infrastructures. Mais l’ampleur de la catastrophe oblige déjà à poser une seconde question : que reconstruire lorsque le feu sera fixé puis éteint ?

Une reconstitution limitée au rétablissement rapide d’un volume de bois risquerait de reproduire certaines vulnérabilités antérieures. À l’inverse, présenter l’incendie comme la preuve qu’il faudrait supprimer le pin maritime ou renoncer à la production forestière serait scientifiquement, historiquement et économiquement infondé.

L’enjeu est plus exigeant : déterminer où la régénération naturelle doit être accompagnée, où la plantation demeure nécessaire, où les peuplements et les lisières peuvent être diversifiés, où les sols doivent être protégés et où le fonctionnement hydrologique peut être restauré sans compromettre les habitations, les routes, les parcelles voisines ou les moyens de lutte contre l’incendie.

II. Ce que montre — et ne montre pas — la carte de 1790–1793

La carte ancienne devenue le point de départ du débat est souvent appelée « carte de la Gironde de 1790 ». Son identification complète est plus précise : Carte du département de la Gironde, dressée entre 1790 et 1793 par François d’Houdan, Pierre Dumez et Pierre-Gilles Chanlaire, dans l’Atlas national de France. Cette gravure en couleur, à l’échelle approximative de 1:267 000, est conservée aux Archives nationales sous la cote CP/NN//246/1. L’œuvre relève du domaine public. Consulter la notice et le fichier numérisé.

La carte représente les limites administratives, les chefs-lieux, les principaux cours d’eau, les secteurs boisés et de vastes espaces désignés comme landes. Elle permet de mesurer la différence entre le paysage de la fin du XVIIIe siècle et le massif sylvicole contemporain.

Elle ne constitue cependant ni une carte pédologique ni un relevé des nappes. Le mot « lande » ne désigne pas un état hydrologique unique. Le territoire associait des landes sèches, mésophiles et humides, des marais, des lagunes, des tourbières, des boisements, des dunes, des pâturages et des cultures. La carte ouvre donc une interrogation historique ; elle ne suffit pas à prouver que l’ensemble du territoire était humide ni qu’il devrait être remis en eau.

Carte ancienne du département de la Gironde montrant les districts, les cantons, les cours d’eau, les forêts et les vastes espaces de landes à la fin du XVIIIᵉ siècle.

Carte du département de la Gironde, issue de l’Atlas national de France, 1790–1793. La carte représente l’organisation administrative du nouveau département ainsi que les principaux cours d’eau, boisements et espaces de landes. Elle constitue un document historique et cartographique, mais non un relevé hydrologique exhaustif. Gravure de François d’Houdan ; publication par Pierre-Gilles Chanlaire et Dumez. Source : Archives nationales de France. Domaine public.

III. La transformation historique des Landes de Gascogne

Le récit d’un territoire entièrement marécageux qui aurait été couvert de pins importés au XIXe siècle est inexact. Le pin maritime était déjà présent dans le Sud-Ouest, notamment sur les dunes littorales et dans plusieurs secteurs de l’intérieur. L’INRAE le décrit comme une essence locale adaptée aux sols sableux, à l’engorgement hivernal et au déficit hydrique estival. Consulter l’état des lieux prospectif de l’INRAE.

Avant la généralisation de la sylviculture, le territoire était exploité par des communautés rurales qui utilisaient les landes pour le pastoralisme, la récolte de végétaux, la production de fumure et différents usages collectifs. Des pinèdes, des forêts feuillues et des milieux humides existaient déjà, mais leur distribution et leur continuité différaient profondément de celles du massif actuel.

La loi du 19 juin 1857 relative à l’assainissement et à la mise en culture des Landes de Gascogne a accéléré la transformation. Elle a imposé aux communes l’assainissement de terrains communaux, puis leur mise en culture ou leur boisement, et favorisé les voies d’exploitation ainsi que les mutations foncières. Le développement du gemmage, puis de la production de bois et de papier, a renforcé la spécialisation du territoire. Consulter le rapport public consacré au massif landais.

Cette transformation ne s’est pas accomplie en une seule date. Les travaux d’assainissement ont commencé avant 1857 et se sont poursuivis longtemps après ; la DFCI indique que la plus grande partie du réseau de drainage actuel date du XXe siècle. Le massif contemporain résulte ainsi de la présence naturelle du pin, de la fixation des dunes, des politiques publiques, de l’extension du drainage, de la privatisation de nombreux communaux, des progrès sylvicoles et des débouchés industriels.



IV. Ce que Rémy Petit a effectivement écrit

Rémy Petit est généticien et écologue, directeur de recherche à l’INRAE, rattaché au Centre INRAE Nouvelle-Aquitaine-Bordeaux et au centre de recherches forestières de Pierroton. Ses travaux portent notamment sur la diversité, l’histoire évolutive et la conservation des arbres et des forêts. Consulter sa présentation institutionnelle.

Dans une publication LinkedIn mise en ligne le 26 juillet 2026, il relie les incendies en cours à l’histoire du boisement et du drainage, rappelle la catastrophe de 1949 et formule la proposition suivante :

« Il est plus que temps de commencer à dédrainer, ce qu’essaye d’encourager le Parc Naturel des landes de Gascogne, sans être trop soutenu jusqu’ici. »

Il rappelle également que l’incendie de 1949 a parcouru 52 000 hectares et causé la mort de 82 personnes, particulièrement dans le secteur de Cestas, Saucats, Marcheprime, Mios et La Brède. Il souligne que le renforcement de la défense contre l’incendie n’a pas été accompagné, selon lui, d’une remise en question hydrologique d’ampleur comparable.

Ces propos doivent être rapportés sans extension abusive. Cette publication ne condamne pas toute sylviculture, ne demande pas la suppression de chaque fossé et ne vaut pas soutien à la Déclaration universelle des droits de l’Arbre. Elle ouvre une question scientifique et territoriale que le présent article examine à partir d’autres sources.

V. Ce que le drainage a changé

Dans les Landes de Gascogne, les fossés de drainage sont souvent appelés crastes ou barades. Ils ne forment pas un réseau uniforme : leur profondeur, leur ancienneté, leur entretien, leur connexion aux cours d’eau et leur fonction varient fortement.

La nappe superficielle du Sable des Landes se trouve, selon les secteurs et les saisons, à faible profondeur. Les cours d’eau, les étangs côtiers et le réseau dense de fossés la drainent. Lorsqu’un fossé est suffisamment profond et connecté à un exutoire, il accélère l’évacuation de l’eau et peut abaisser localement le niveau de cette nappe. Le BRGM souligne aussi que la densité des crastes et des noues augmente la part des écoulements rapides. Consulter le rapport hydrogéologique du BRGM.

Dans les secteurs humides, cette accélération peut raccourcir la durée d’engorgement des sols, modifier la végétation et réduire les fonctions de stockage temporaire de l’eau. Elle peut contribuer à la régression de certaines landes humides, lagunes, tourbières ou ripisylves lorsque celles-ci dépendent étroitement du niveau saisonnier de la nappe.

Il serait cependant faux d’attribuer le même effet à tous les fossés. La topographie, l’alios, la perméabilité des sols, la profondeur de la nappe, la saison et la distance à l’exutoire modifient fortement leur influence. Les études piézométriques ne démontrent pas une baisse générale et continue de toute la nappe landaise sur plusieurs décennies.

Certains ouvrages assurent en outre des fonctions de sécurité : assainissement de routes, protection de bâtiments, maintien de pistes praticables dans les zones humides et accès des véhicules de secours. Le réseau DFCI comprend aussi des franchissements et des points d’alimentation en eau. Toute restauration hydrologique doit donc distinguer les drains écologiquement problématiques des ouvrages indispensables à la protection de la forêt et des populations. Consulter la typologie des travaux de la DFCI Aquitaine.


VI. Les facteurs réels de vulnérabilité aux incendies

Le drainage peut participer à l’assèchement de certains milieux, mais il ne constitue jamais une explication unique du feu. Un incendie de grande ampleur résulte de la rencontre entre un départ de feu, des combustibles disponibles, une météorologie favorable à la propagation et un paysage dans lequel le front peut se déplacer.

La sécheresse prolongée, les températures extrêmes, le vent, la faible humidité des végétaux, la continuité horizontale et verticale des combustibles, l’état des sous-bois, l’urbanisation des interfaces habitat-forêt, l’accessibilité et la rapidité de l’intervention déterminent ensemble la dynamique du sinistre. Le changement climatique augmente la fréquence des conditions propices aux feux sévères. Consulter la synthèse du ministère de la Transition écologique.

En France, la majorité des départs de feu est liée aux activités humaines, accidentelles, imprudentes ou intentionnelles. Le pin maritime ne peut donc être présenté comme le « responsable » des incendies. Son inflammabilité et la présence de résine influencent le comportement du combustible, mais une essence ne déclenche pas elle-même le feu.

L’organisation du paysage demeure néanmoins essentielle. Des peuplements de même âge, de grandes continuités de végétation combustible, des lisières simplifiées ou des sous-bois très secs peuvent favoriser la propagation. La prévention doit donc agir simultanément sur les causes de départ, les obligations de débroussaillement, les coupures de combustible, la gestion des peuplements, l’eau, l’urbanisme et les moyens de secours.

VII. Ce que signifie réellement « dédrainer »

Dédrainer ne signifie pas supprimer tous les fossés, remettre en eau l’ensemble du massif, provoquer des inondations ou abandonner la sylviculture. Il s’agit de ralentir, réduire ou réorienter l’évacuation de l’eau dans des secteurs précisément identifiés, lorsque cette action peut restaurer un fonctionnement hydrologique utile.

Selon les sites, l’intervention peut consister à obturer partiellement un drain secondaire, réduire sa profondeur, poser des seuils, reconnecter une dépression humide, restaurer une lagune, une tourbière ou une ripisylve, protéger une zone d’expansion des eaux ou modifier l’entretien du réseau.

Le diagnostic préalable doit décrire la topographie, le niveau saisonnier de la nappe, la nature des sols, le fonctionnement du fossé, les habitats, les espèces, les parcelles voisines, les bâtiments, les routes et les exigences de la DFCI. Les travaux doivent ensuite être suivis par des mesures piézométriques, écologiques et opérationnelles afin de vérifier leurs effets et de les corriger si nécessaire.

Le Parc naturel régional des Landes de Gascogne conduit déjà des actions de préservation des cours d’eau, des lagunes et des zones humides et anime plusieurs sites Natura 2000. Ces démarches fournissent une base institutionnelle pour des expérimentations de restauration hydrologique, sans préjuger d’une solution uniforme pour l’ensemble du massif. Consulter les actions Natura 2000 du Parc.

VIII. Restaurer des paysages plus diversifiés

La diversification ne consiste pas à remplacer tous les pins par des feuillus. Elle doit être pensée à plusieurs échelles : arbre, parcelle, lisière, bassin versant et paysage. Elle peut associer le maintien des feuillus spontanés, la protection des îlots anciens, la restauration des ripisylves, la conservation des lagunes, la diversification des âges et la création de lisières plus complexes.

La diversité génétique du pin maritime constitue elle-même un levier d’adaptation. L’avenir du massif ne peut reposer sur une seule recette : plusieurs provenances, plusieurs structures de peuplement et plusieurs itinéraires sylvicoles doivent être expérimentés selon les sols et la disponibilité future en eau.

Des zones humides, des feuillus, des espaces agricoles, des clairières ou des coupures entretenues peuvent créer des discontinuités dans le paysage. Leur utilité doit être évaluée conjointement pour la biodiversité, la production, l’eau, les secours et le comportement du feu.

IX. Que faire après l’incendie ?

Un espace brûlé n’est pas nécessairement un espace écologiquement mort. La réponse dépend de la sévérité du feu, de l’état du sol, des arbres survivants, des semenciers, de la végétation restante, des risques sanitaires et des impératifs de sécurité.

Selon les secteurs, plusieurs options peuvent être combinées : laisser se développer une régénération naturelle, l’accompagner, replanter partiellement, conserver des arbres survivants, protéger les sols, retirer les arbres dangereux, maintenir une part de bois mort ou restaurer des corridors et des zones humides.

Les interventions mécaniques immédiates peuvent compacter les sols, aggraver l’érosion ou détruire une régénération déjà présente. Elles peuvent aussi être nécessaires pour sécuriser les routes ou traiter des risques précis. Il faut donc observer avant de généraliser. Après les incendies de 2022, l’Office national des forêts a conduit des inventaires pour suivre la régénération naturelle du pin maritime et adapter ses décisions. Consulter l’exemple de suivi de l’ONF.

X. Transformer le massif avec la filière bois, non contre elle

Le massif des Landes de Gascogne est un territoire de production majeur. Il fait vivre des propriétaires, des salariés, des entreprises forestières, des scieries, des papeteries, des industries, des transporteurs et de nombreuses communes. Les incendies détruisent des peuplements, fragilisent les exploitations et rompent les approvisionnements.

Une transition qui ignorerait cette réalité économique échouerait. La restauration hydrologique et la diversification doivent être accompagnées par des financements publics, un appui technique, des mécanismes d’indemnisation, la rémunération de services écologiques, des dispositifs assurantiels et des débouchés adaptés à une plus grande diversité de bois.

La critique doit porter sur les limites éventuelles de paysages excessivement homogènes, non sur la légitimité de toute production forestière. Les propriétaires ne peuvent supporter seuls le coût de fonctions hydrologiques, climatiques et écologiques dont bénéficie l’ensemble de la société.

XI. Responsabilités publiques et gouvernance territoriale

La transformation du massif implique l’État, la Région, les départements, les communes, les établissements chargés de l’eau, les services d’incendie et de secours, les associations syndicales de DFCI, le Parc naturel régional, le Centre national de la propriété forestière, l’Office national des forêts pour les forêts publiques, les propriétaires, la filière, l’INRAE, le BRGM, les universités, les associations et les habitants.

Une stratégie crédible devrait comprendre :

  1. une cartographie fonctionnelle des fossés distinguant les ouvrages de sécurité, de voirie, de sylviculture et les drains historiques devenus inutiles ;
  2. un inventaire actualisé des lagunes, tourbières, landes humides, ripisylves et corridors ;
  3. l’identification des secteurs où le ralentissement de l’eau est techniquement possible ;
  4. des projets pilotes de petite échelle suivis par des piézomètres et des indicateurs écologiques ;
  5. une évaluation conjointe des effets sur l’eau, la biodiversité, la production, le risque d’incendie et les propriétés voisines ;
  6. des mécanismes de compensation pour les propriétaires ;
  7. la publication transparente des résultats, y compris lorsque les effets attendus ne sont pas obtenus.

Le dédrainage ne doit pas devenir un mot d’ordre uniforme remplaçant l’ancien impératif d’assainissement. Il doit rester un outil parmi d’autres, mobilisé lorsque le diagnostic démontre son utilité et sa compatibilité avec les autres intérêts du territoire.

XII. IOTA, Natura 2000, espèces protégées et propriétés voisines

Une restauration hydrologique n’est pas juridiquement libre par principe, mais elle n’est pas davantage interdite. Son régime dépend de la nature des travaux, de leur superficie, du statut du fossé ou du cours d’eau, des milieux concernés et de leurs effets.

Régime Situation susceptible de le déclencher Conséquence pratique
IOTA — loi sur l’eau Travaux affectant une zone humide, un cours d’eau, un lit mineur, un plan d’eau ou les écoulements. Déclaration ou autorisation selon la rubrique et les seuils ; prescriptions hydrologiques et écologiques.
Natura 2000 Projet susceptible d’affecter significativement un site, y compris depuis l’extérieur ou par effets cumulés. Évaluation des incidences portant sur les habitats et espèces ayant justifié la désignation.
Espèces protégées Risque de destruction, de perturbation ou de dégradation de spécimens, sites de reproduction ou aires de repos. Inventaires, évitement, réduction, calendrier adapté et, si nécessaire, dérogation.
Droit civil Modification des écoulements susceptible d’aggraver la situation d’une propriété voisine ou de causer un dommage. Étude des effets hors site, accord ou procédure foncière appropriée et responsabilité possible en cas de faute dommageable.

1. La nomenclature IOTA

L’article R. 214-1 du Code de l’environnement soumet à autorisation ou à déclaration différentes opérations affectant l’eau. La rubrique 3.3.1.0 vise l’assèchement, la mise en eau, l’imperméabilisation ou le remblaiement de zones humides ou de marais : autorisation à partir de 1 hectare et déclaration au-delà de 0,1 hectare et en dessous de 1 hectare.

La rubrique 3.3.5.0 prévoit en outre un régime déclaratif spécifique pour les travaux ayant uniquement pour objet la restauration des fonctionnalités naturelles des milieux aquatiques, notamment la restauration de zones humides ou de marais et des zones naturelles d’expansion des crues. Cette rubrique est exclusive des autres rubriques IOTA lorsqu’elle est applicable. Une fermeture de fossé peut cependant relever d’autres rubriques si elle intervient sur un cours d’eau, crée un obstacle, modifie un lit ou produit d’autres effets réglementés. Consulter l’article R. 214-1.

2. L’évaluation des incidences Natura 2000

L’article L. 414-4 impose une évaluation lorsqu’un projet figurant sur les listes applicables ou soumis à un autre régime administratif est susceptible d’affecter significativement un site Natura 2000. L’analyse doit porter sur les objectifs de conservation et peut être requise même lorsque les travaux sont situés hors du périmètre. Consulter l’article L. 414-4.

Une restauration de l’eau peut être favorable à long terme, mais elle doit vérifier ses effets sur les forêts alluviales, les tourbières, les végétations aquatiques et les espèces dépendant d’un régime hydrologique précis.

3. Les espèces protégées

L’article L. 411-1 protège les spécimens de certaines espèces et, selon les arrêtés applicables, leurs sites de reproduction et aires de repos. Les milieux humides du massif peuvent accueillir notamment la Loutre d’Europe, la Cistude d’Europe, le Fadet des laîches, des Leucorrhines, le Faux-cresson de Thore, le Flûteau nageant et plusieurs amphibiens. Consulter les espèces d’intérêt communautaire des vallées de la Leyre.

Un projet favorable à l’écosystème peut néanmoins détruire une ponte ou perturber un animal pendant le chantier. Les inventaires, le calendrier, les techniques d’intervention et les zones d’exclusion sont donc essentiels. Si un risque résiduel suffisamment caractérisé subsiste, une dérogation au titre de l’article L. 411-2 peut être nécessaire ; elle suppose notamment l’absence de solution alternative satisfaisante, un motif prévu par la loi et le maintien des populations dans un état de conservation favorable. Consulter l’article L. 411-1 et l’article L. 411-2.

4. Les écoulements et les propriétés voisines

L’article 640 du Code civil impose aux fonds inférieurs de recevoir les eaux qui s’écoulent naturellement depuis les fonds supérieurs, mais interdit au propriétaire supérieur d’aggraver cette servitude. Une remise en eau qui modifierait artificiellement les écoulements ou causerait un dommage peut engager la responsabilité de son auteur. Consulter l’article 640 du Code civil.

XIII. Agir avec l’Arbre

La Déclaration universelle des droits de l’Arbre ne doit pas être ajoutée artificiellement à cette réflexion. Elle permet de relier l’Arbre à son sol, à l’eau, aux autres espèces et aux décisions humaines qui déterminent son avenir.

Article I

« L’Arbre, être vivant sensible, source de Vie, est un bien commun de l’humanité. »

Article II

« De l’existence de l’Arbre dépend la Vie sur la planète. »

Article III

« L’Homme doit agir avec l’Arbre dans un esprit de fraternité et de solidarité. »

Dans les Landes de Gascogne, agir avec l’Arbre signifie tenir compte du sol dans lequel il s’enracine, préserver l’eau dont dépend son existence, respecter les relations entre les espèces, protéger les continuités du vivant et penser les décisions sur plusieurs générations.

Cela signifie ne pas réduire l’Arbre à une unité de production, sans nier les usages du bois ni la place de la sylviculture. La fraternité et la solidarité imposent de concilier la continuité du vivant, la sécurité des populations, les réalités économiques et la responsabilité envers les générations futures.

La Déclaration ne détermine pas quelle craste doit être fermée, quelle parcelle doit être replantée ou quelle essence doit être choisie. Les solutions opérationnelles relèvent des diagnostics, des autorités compétentes, des propriétaires, des scientifiques et des procédures juridiques applicables.

La Déclaration ne confère pas la personnalité juridique aux arbres ; la personnalité juridique n’est pas prévue par son texte.

Elle constitue un cadre éthique, scientifique, juridique, culturel, démocratique et éducatif pour orienter la décision. Consulter le Cadre officiel de la Déclaration universelle des droits de l’Arbre.

Conclusion — Restaurer un territoire vivant

Après les incendies, la priorité ne peut pas être seulement de reconstruire rapidement un volume de bois. Elle doit être de restaurer un territoire vivant, capable de conserver davantage d’eau là où cela est possible, de protéger ses sols, d’accueillir une diversité d’espèces et de maintenir une activité sylvicole durable.

Il ne s’agit ni de supprimer le pin maritime, ni de démanteler la défense contre l’incendie, ni de recréer artificiellement le paysage de 1790. Il s’agit de comprendre la fonction de chaque milieu, de chaque fossé, de chaque peuplement et de chaque infrastructure.

Cette transformation suppose d’expérimenter avant de généraliser, de mesurer avant de promettre, d’indemniser plutôt que d’imposer et d’associer durablement les propriétaires, la filière, les scientifiques, les services de secours, les institutions et les habitants.

Références principales

  1. Préfecture de la Gironde — Incendie de Saumos : point de situation à 14 h, lundi 27 juillet 2026.
  2. Rémy Petit — publication LinkedIn du 26 juillet 2026.
  3. Université de Bordeaux — notice institutionnelle de Rémy Petit.
  4. Carte du département de la Gironde, 1790–1793 — Archives nationales, domaine public.
  5. INRAE — état des lieux prospectif du massif des Landes de Gascogne.
  6. Conseil général de l’agriculture — rapport sur le massif landais et la loi de 1857.
  7. BRGM — fonctionnement hydrogéologique du Mio-Plio-Quaternaire et drainage du massif.
  8. DFCI Aquitaine — typologie des travaux de défense des forêts contre l’incendie.
  9. Parc naturel régional des Landes de Gascogne — Natura 2000 et préservation des milieux.
  10. Ministère de la Transition écologique — prévention des feux de forêt.
  11. Office national des forêts — suivi de la régénération naturelle après incendie.
  12. Code de l’environnement, article R. 214-1 — nomenclature IOTA.
  13. Code de l’environnement, article L. 414-4 — Natura 2000.
  14. Code de l’environnement, article L. 411-1 — espèces protégées.
  15. Code de l’environnement, article L. 411-2 — dérogations relatives aux espèces protégées.
  16. Code civil, article 640 — servitude naturelle d’écoulement des eaux.
  17. Cadre officiel de la Déclaration universelle des droits de l’Arbre.
Article publié par La Compagnie des Papillons Bleus
Organisation fondatrice et officiellement porteuse de la Déclaration universelle des droits de l’Arbre.

Site officiel : www.declarationuniverselledesdroitsdelarbre.org