DE L’EXISTENCE DE L’ARBRE DÉPEND LA VIE SUR LA PLANÈTE

Illustration trilingue de l’article II : un arbre et ses racines relient le climat, l’eau, les sols et la biodiversité, avec le logo officiel DUDA/UDTR.

Synthèse scientifique et doctrinale — Article II · Sciences du système Terre · Écologie

Climat, eau, sols, biodiversité et habitabilité : les fondements scientifiques de l’article II de la Déclaration universelle des droits de l’Arbre

EN — Climate, water, soils, biodiversity and habitability: the scientific foundations of Article II of the Universal Declaration of Tree Rights

ES — Clima, agua, suelos, biodiversidad y habitabilidad: los fundamentos científicos del artículo II de la Declaración Universal de los Derechos del Árbol

Que signifie scientifiquement l’énoncé : « De l’existence de l’Arbre dépend la Vie sur la planète » ?

L’article II de la Déclaration universelle des droits de l’Arbre formule une proposition forte. Pour être scientifiquement robuste, cette proposition doit être examinée dans toute sa portée, mais également dans ses limites. Les arbres participent aux cycles du carbone et de l’eau, modifient les échanges d’énergie entre les surfaces terrestres et l’atmosphère, structurent des sols, créent des habitats, entretiennent des microclimats et contribuent au fonctionnement de très nombreux écosystèmes terrestres. Ces fonctions ne sont ni uniformes, ni interchangeables, ni indépendantes du contexte écologique.

La proposition centrale de cet article est donc précise : l’article II ne doit pas être lu comme l’affirmation que toute forme de vie dépend directement de chaque arbre pris individuellement. Il exprime une réalité systémique : les arbres, les populations d’arbres et les écosystèmes arborés contribuent, à différentes échelles, au maintien de conditions physiques, biologiques et climatiques dont dépend une part majeure de la vie terrestre contemporaine, dont l’humanité.

L’objectif n’est pas de faire dire à la science davantage qu’elle ne permet d’affirmer. Il est de déterminer, mécanisme par mécanisme, ce qu’elle établit effectivement et comment ces connaissances peuvent éclairer la portée de l’article II.

Publication : 15 août 2026 · Synthèse scientifique et doctrinale · Article II · Version 1.0 · Édition française.

La littérature scientifique est citée afin d’établir les éléments de preuve et de rendre le raisonnement vérifiable et critiquable. La citation d’un chercheur ou d’une institution n’implique pas son adhésion à cet article, à la Déclaration universelle des droits de l’Arbre ni aux positions de La Compagnie des Papillons Bleus.

I. Objet et méthode : établir ce qui est démontré, ce qui est probable et ce qui reste contextuel

L’objet de cet article n’est pas de dresser un inventaire exhaustif de toutes les fonctions attribuées aux arbres. Il est de tester la solidité scientifique de l’article II en examinant plusieurs mécanismes centraux pour lesquels existe une littérature empirique abondante : cycles du carbone et de l’eau, interactions avec les sols, structuration des habitats, effets microclimatiques et conséquences de la perte ou de la restauration des systèmes arborés.

La méthode repose sur quatre exigences. Premièrement, distinguer l’arbre individuel du peuplement, de la forêt et du paysage. Deuxièmement, distinguer stock, flux et processus : stocker du carbone n’est pas la même chose qu’en séquestrer chaque année ; intercepter une pluie n’est pas la même chose que modifier le bilan hydrologique annuel d’un bassin versant. Troisièmement, distinguer observation, mécanisme et extrapolation. Quatrièmement, conserver le contexte écologique : un résultat obtenu dans une forêt tropicale humide ne peut être automatiquement transposé à une steppe, une savane, une forêt boréale ou une ville méditerranéenne.

Le corpus privilégié comprend les publications évaluées par les pairs, les grandes synthèses scientifiques et les évaluations institutionnelles internationales lorsque leur fonction est d’intégrer de nombreuses études. Les résultats sont présentés de manière à faire apparaître non seulement ce qu’ils soutiennent, mais aussi les limites de leur généralisation.

II. Que signifie exactement « De l’existence de l’Arbre dépend la Vie sur la planète » ?

Trois termes doivent être interprétés avec précision : l’Arbre, dépend et la Vie sur la planète.

1. « L’Arbre » : une portée générique, non l’individu isolé

Dans l’article II, le singulier « l’Arbre » fonctionne comme une catégorie générique. Scientifiquement, les effets considérés peuvent se manifester à l’échelle d’un individu — ombre, habitat, enracinement, transpiration — mais aussi à l’échelle de populations, de haies, de ripisylves, de forêts, de mosaïques agroforestières ou de grands ensembles forestiers. La portée de l’article ne peut donc être réduite à une relation individuelle du type « un arbre = une fonction ».

2. « Dépend » : une relation fonctionnelle et systémique

Le terme « dépend » ne doit pas être compris comme l’affirmation que l’absence de tout arbre entraînerait instantanément la disparition de toute vie. Il renvoie à des relations de dépendance directe, indirecte et réciproque : espèces qui utilisent un arbre comme habitat ou ressource ; cycles de l’eau et du carbone affectés par des couverts arborés ; sols dont la structure et les apports organiques sont modifiés par la végétation ; microclimats qui conditionnent la persistance de communautés biologiques ; sociétés humaines dépendantes de l’eau, des sols, des productions et des régulations assurées par des écosystèmes arborés.

3. « La Vie sur la planète » : la continuité contemporaine du vivant, non son origine

La Vie est apparue bien avant les arbres. L’article II n’est donc pas une proposition sur l’origine historique du vivant. Il concerne les conditions contemporaines de son fonctionnement et de sa continuité, particulièrement dans les écosystèmes terrestres. Il ne faut pas davantage prétendre que toute vie marine ou microbienne dépend directement des arbres. En revanche, la biosphère fonctionne par couplages : atmosphère, continents, océans, eau, carbone, nutriments et biodiversité interagissent à des échelles qui dépassent l’arbre individuel.

Lecture scientifique de l’article II : portée correcte et contresens à éviter.
Expression Lecture scientifiquement défendable Contresens à éviter
L’Arbre L’arbre individuel et, selon l’échelle étudiée, les populations et systèmes arborés dont il est constitutif. Attribuer à chaque arbre toutes les fonctions observées à l’échelle d’une forêt ou d’un continent.
Dépend Interdépendances directes et indirectes, contribution à des conditions écologiques nécessaires ou déterminantes. Affirmer une causalité unique, absolue et identique pour toutes les formes de vie.
La Vie sur la planète La continuité et l’habitabilité de la biosphère contemporaine, avec une importance majeure dans les systèmes terrestres. Présenter les arbres comme l’origine historique de la Vie ou l’unique condition de toute vie terrestre et marine.

Principe d’interprétation

L’article II énonce une interdépendance écologique générale. Il ne formule pas une dépendance biologique absolue de tout organisme envers tout arbre.

III. L’Arbre, interface entre atmosphère, eau, sol et vivant

L’un des moyens les plus rigoureux de comprendre la place écologique de l’Arbre consiste à ne pas l’isoler. Un arbre est un organisme qui relie plusieurs compartiments du système terrestre. Ses feuilles échangent du carbone, de l’eau et de l’énergie avec l’atmosphère. Son tronc et ses branches accumulent de la biomasse et créent une structure tridimensionnelle. Ses racines explorent le sol, absorbent de l’eau et des éléments minéraux, modifient la porosité et entrent en interaction avec une diversité d’organismes. Sa litière et ses tissus morts alimentent les processus de décomposition et les cycles biogéochimiques.

Cette position d’interface explique pourquoi la disparition ou l’altération des arbres peut produire des effets simultanés dans plusieurs dimensions : carbone, température, eau, sols, habitat et connectivité. Elle explique également pourquoi l’addition d’un simple nombre d’arbres ne suffit pas à reconstruire un fonctionnement écologique : la fonction dépend de l’âge, de l’espèce, de l’état physiologique, du sol, du climat, de la communauté biologique et du paysage.

Cinq interfaces écologiques à distinguer sans les isoler les unes des autres.
Interface Processus principaux Échelle pertinente Précaution
Atmosphère Photosynthèse, respiration, transpiration, échanges d’énergie. Feuille → arbre → couvert → région. Les effets climatiques varient selon le biome et l’échelle.
Eau Interception, absorption, transpiration, infiltration, redistribution. Arbre → bassin versant → circulation atmosphérique. Il n’existe pas un effet hydrologique universel identique.
Sol Racines, apports organiques, symbioses, structure, nutriments. Rhizosphère → profil de sol → écosystème. Le sol est un système vivant et physique, non un simple support de plantation.
Biodiversité Habitat, nourriture, microhabitats, connectivité, niches. Arbre → peuplement → paysage. La valeur dépend des espèces, de l’âge, de la structure et du contexte.
Habitabilité Ombre, température, humidité, protection des sols et de l’eau, ressources. Parcelle → ville → territoire → biome. Les bénéfices doivent être évalués avec les risques et arbitrages locaux.

IV. Arbres, carbone et système climatique

Les arbres interviennent dans le cycle du carbone par la photosynthèse, la respiration, la production de biomasse, la mortalité et les transferts vers les sols. Une partie du carbone assimilé est incorporée dans les feuilles, le bois, les branches et les racines ; une autre retourne plus rapidement vers l’atmosphère ou transite par les organismes du sol. À l’échelle d’une forêt, le bilan résulte de la croissance, de la mortalité, de la décomposition, des perturbations, des prélèvements et de la dynamique des sols.

Les observations à long terme confirment que les forêts constituent un élément majeur du bilan carbone terrestre, mais elles montrent également que ce rôle n’est ni fixe ni garanti. Une synthèse mondiale publiée dans Nature en 2024 a estimé que le puits de carbone forestier global s’est maintenu sur trois décennies, tout en révélant des évolutions contrastées selon les biomes et une forte érosion du bénéfice climatique du puits par la déforestation tropicale. Consulter Pan et al. (2024).

À l’échelle de l’individu, une analyse portant sur 403 espèces tropicales et tempérées a montré que, pour la plupart des espèces étudiées, le taux absolu d’accumulation de masse augmente avec la taille de l’arbre. Cela signifie qu’un grand arbre ancien ne doit pas être décrit comme un simple réservoir inerte : il peut continuer à accumuler des quantités importantes de carbone. Consulter Stephenson et al. (2014).

Stock et flux ne sont pas la même chose

Un écosystème peut contenir un stock de carbone très élevé tout en ayant, une année donnée, un flux net de séquestration relativement faible ; inversement, un jeune peuplement en croissance rapide peut présenter un flux annuel important tout en contenant encore un stock beaucoup plus faible qu’une forêt ancienne. Confondre ces deux notions conduit à des raisonnements de compensation trompeurs.

Le rôle climatique des forêts n’est par ailleurs pas seulement biogéochimique. La couverture arborée modifie aussi les échanges d’énergie et d’eau avec l’atmosphère. Une étude observationnelle mondiale a montré que les pertes de couvert forestier augmentaient les températures moyennes et maximales de surface et modifiaient l’amplitude thermique diurne. Le GIEC rappelle que ces effets biophysiques — évapotranspiration, albédo, rugosité, composés volatils — varient fortement selon les régions bioclimatiques et les modes de gestion. Consulter Alkama & Cescatti (2016) ; consulter le chapitre 7 du GIEC AR6 WGIII.

V. Arbres, eau et circulation de l’humidité

L’eau traverse l’arbre. Elle est absorbée par les racines, transportée dans les tissus conducteurs puis restituée en partie à l’atmosphère par transpiration. À l’échelle du couvert, s’ajoutent l’interception des précipitations, l’évaporation de l’eau retenue par les feuilles et les effets de la végétation sur la structure du sol. Ces processus influencent les bilans d’eau du sol, de la plante, du bassin versant et de l’atmosphère.

1. De la transpiration au recyclage de l’humidité atmosphérique

Dans les régions tropicales, des travaux combinant observations satellitaires et trajectoires atmosphériques ont montré que les masses d’air ayant circulé au-dessus d’une végétation étendue étaient associées à davantage de précipitations que celles ayant circulé au-dessus de surfaces moins végétalisées. Le mécanisme proposé est cohérent avec le maintien de l’humidité atmosphérique par évapotranspiration. Consulter Spracklen, Arnold & Taylor (2012).

Ce résultat est important mais ne doit pas être transformé en slogan universel du type « les arbres font pleuvoir ». La relation entre végétation, convection, circulation atmosphérique et précipitations dépend de l’échelle, de la région, des saisons et des dynamiques météorologiques. Ce que la science soutient solidement est que la végétation, et particulièrement les grands ensembles forestiers dans certaines régions, participe au recyclage continental de l’eau et peut influencer les précipitations sous le vent.

2. Infiltration, ruissellement et bassins versants

Les effets des arbres sur les crues et les débits ne peuvent pas être résumés à une règle simple. Ils dépendent de la profondeur et de la perméabilité des sols, de l’état de saturation, du relief, de l’intensité des pluies, des usages du sol et de la structure de la végétation. Dans une région de forêt tropicale montagnarde humide du Mexique, la comparaison de bassins voisins a montré que la conversion en pâture modifiait les processus de génération du ruissellement lors de fortes pluies, tandis qu’une forêt en régénération naturelle depuis vingt ans présentait des caractéristiques hydrologiques proches de la forêt mature dans ce contexte. Consulter Muñoz-Villers & McDonnell (2013).

3. Racines et stabilité physique

Les racines peuvent aussi renforcer mécaniquement des sols ou des berges. Des mesures réalisées dans des rivières restaurées des Alpes italiennes ont montré que les systèmes racinaires d’espèces riveraines contribuaient à la cohésion et à la résistance des sédiments, avec des effets variant selon les espèces, la profondeur et le contexte sédimentaire. Consulter Andreoli et al. (2020).

VI. Arbres, sols et cycles biogéochimiques

La partie visible de l’arbre peut donner l’illusion que l’essentiel de son fonctionnement se déroule au-dessus du sol. Pourtant, une part déterminante de ses échanges se joue sous terre. Les racines absorbent eau et nutriments, libèrent des composés carbonés, meurent et se renouvellent ; elles interagissent avec les bactéries, champignons et autres organismes de la rhizosphère. La litière alimente elle aussi la décomposition et les cycles des éléments.

Une synthèse publiée en 2025 dans Nature Geoscience, portant sur des données de terrain concernant les racines fines absorbantes de plantes ligneuses mycorhizées dans de grands types de forêts de l’hémisphère Nord, a montré que le renouvellement et la décomposition relativement lente de ces racines peuvent contribuer substantiellement à l’accumulation de carbone dans les sols sur plusieurs décennies. Les auteurs montrent aussi que la contribution varie avec le type de mycorhize et les traits racinaires. Consulter Ma et al. (2025).

L’intérêt de ce résultat dépasse le seul carbone. Il rappelle que le sol forestier est le produit d’interactions à long terme entre matière minérale, organismes, racines, matière organique, eau et perturbations. Supprimer un arbre ou un couvert arboré ne fait pas disparaître instantanément toutes ces structures ; inversement, planter un jeune arbre ne les reconstitue pas instantanément.

L’arbre et le sol se construisent mutuellement

Les racines peuvent créer ou maintenir des macropores, influencer l’agrégation, redistribuer l’eau et les éléments minéraux, tandis que la nature du sol conditionne profondément la croissance de l’arbre. Il s’agit d’une relation réciproque. C’est pourquoi une politique qui ne mesure que le nombre de tiges plantées sans suivre les sols, leur compaction, leur hydrologie et leur activité biologique ne mesure qu’une fraction de la réalité écologique.

Principe souterrain

Protéger l’Arbre sans protéger les conditions physiques et biologiques de son sol revient à protéger une partie seulement du système qui permet son existence.

VII. L’Arbre comme architecture du vivant

L’Arbre n’est pas seulement un producteur de biomasse. Par sa forme et par le temps, il crée de l’espace écologique. Racines, écorce, branches, feuillage, fleurs, fruits, cavités, bois sénescent et bois mort constituent autant de substrats, d’abris, de ressources et de microclimats. À l’échelle de la forêt, la superposition des strates, les trouées, les diamètres, les hauteurs et le bois mort produisent une architecture tridimensionnelle qui multiplie les niches.

Une cartographie quasi mondiale réalisée à partir du lidar spatial GEDI a confirmé que la complexité structurelle tridimensionnelle est une caractéristique majeure du fonctionnement des forêts : elle affecte les environnements lumineux, le cycle des nutriments, la biodiversité et la qualité des habitats. Les auteurs soulignent également que cette complexité varie fortement selon les biomes et ne peut être résumée par la seule hauteur ou le seul couvert. Consulter de Conto, Armston & Dubayah (2024).

À une autre échelle, les arbres vétérans montrent pourquoi l’âge et la structure ne sont pas de simples variables esthétiques. Des travaux réalisés sur de vieux chênes en Europe du Nord les décrivent comme des structures-clés pour la biodiversité et montrent qu’ils hébergent des communautés et fonctions qui diffèrent de celles associées aux arbres jeunes. Consulter Wetherbee, Birkemoe & Sverdrup-Thygeson (2020).

La biodiversité n’est pas un supplément décoratif à la forêt

Une analyse mondiale de centaines de milliers de placettes forestières a trouvé qu’une relation positive entre diversité des arbres et productivité forestière prédominait à l’échelle globale, tout en montrant l’importance du contexte biogéographique. Cela ne signifie pas que « plus d’espèces » produit mécaniquement « plus de tout ». Cela signifie que biodiversité, productivité, stabilité et fonctionnement ne peuvent être traités comme des dimensions étrangères les unes aux autres. Consulter Liang et al. (2016).

VIII. Microclimats, températures extrêmes et habitabilité

L’influence des arbres sur la température ne se réduit pas à l’ombre. Le couvert modifie le rayonnement reçu par les surfaces, la vitesse du vent, l’humidité et les flux de chaleur sensible et latente. L’évapotranspiration transforme une partie de l’énergie disponible en flux latent plutôt qu’en échauffement direct de la surface et de l’air. La combinaison de ces mécanismes peut créer des microclimats sensiblement différents de ceux d’espaces ouverts ou fortement minéralisés.

En ville, ces effets sont particulièrement visibles. Une étude de terrain menée à Madison, dans le Wisconsin, a montré que le couvert arboré et les surfaces imperméables interagissaient pour déterminer la température de l’air estivale, avec un effet de refroidissement diurne du couvert dépendant de l’échelle spatiale analysée. Les auteurs insistent précisément sur cette dépendance à l’échelle, ce qui interdit de transformer un pourcentage unique de canopée en seuil universel applicable à toutes les villes. Consulter Ziter et al. (2019).

Dans les forêts, la canopée joue également un rôle de tampon : elle modifie le rayonnement, les températures maximales, l’humidité et les conditions vécues par les organismes du sous-bois. La disparition du couvert peut donc exposer brutalement des communautés adaptées à un régime microclimatique plus stable.

Pour les sociétés humaines, l’habitabilité doit être comprise plus largement encore. Ombre, refroidissement diurne, protection des sols, régulation de certains écoulements, qualité d’habitat, ressources alimentaires ou ligneuses et confort bioclimatique peuvent se combiner. Aucun de ces bénéfices ne justifie cependant de planter n’importe quelle espèce, n’importe où et à n’importe quelle densité. Le choix de l’espèce, le volume de sol, l’accès à l’eau, les risques allergènes, la sécurité, les infrastructures et le climat futur font partie de la décision.

Habitabilité

L’Arbre ne « refroidit pas la planète » de manière uniforme. Il modifie des bilans d’énergie et d’eau dont les effets dépendent de l’échelle et du biome. Cette complexité n’affaiblit pas son rôle ; elle oblige à le décrire correctement.

IX. Un même mot, plusieurs échelles : arbre, haie, ripisylve, agroforesterie, forêt

L’article II parle de l’Arbre, non de la seule forêt. Cette distinction est importante. Un arbre isolé peut constituer un habitat, fournir de l’ombre, produire des graines, connecter deux fragments de paysage ou protéger localement un sol. Une haie peut modifier le vent, le ruissellement, la circulation d’organismes et la structure d’une parcelle agricole. Une ripisylve intervient à l’interface entre cours d’eau et milieu terrestre. Un système agroforestier combine production et fonctions écologiques. Une forêt ajoute des propriétés émergentes liées à la continuité, à la densité, à la diversité, aux sols, aux strates et à la dynamique du peuplement.

Ces systèmes ne doivent pas être hiérarchisés selon un principe simpliste où « plus d’arbres » signifierait toujours « meilleur état écologique ». Leur fonction dépend de l’écosystème de référence. Une savane naturelle, une prairie ancienne, une tourbière ouverte ou certains milieux semi-ouverts peuvent perdre de la biodiversité et des fonctions lorsqu’ils sont artificiellement boisés.

Une étude conduite dans des prairies semi-naturelles d’Estonie a, par exemple, observé que l’afforestation et l’abandon conduisant à l’embroussaillement étaient associés à des pertes de biodiversité et à une diminution de plusieurs services écosystémiques dans ce contexte. Le résultat ne permet pas de condamner l’afforestation en général ; il démontre que la restauration d’un écosystème ouvert peut exiger de conserver son caractère ouvert. Le GIEC souligne plus largement les risques que peuvent créer des plantations forestières dans des savanes, prairies naturelles ou tourbières tempérées qui ne supporteraient pas naturellement une forêt, notamment pour la biodiversité, l’eau et le risque d’incendie. Consulter Prangel et al. (2023) ; consulter le chapitre 2 du GIEC AR6 WGII.

X. Ce qu’un arbre planté ne remplace pas : le principe de non-substitution

Le comptage des arbres est utile pour décrire une action ; il est insuffisant pour décrire un état écologique. Deux systèmes comptant le même nombre de tiges peuvent différer radicalement par la taille des arbres, leur âge, leurs espèces, leur structure, leurs sols, leur hydrologie, leur continuité historique, la présence de cavités ou de bois mort, leur connectivité et leur capacité de régénération.

Une synthèse mondiale publiée dans Science en 2022 a comparé différentes approches de restauration forestière à partir de milliers de comparaisons issues de centaines d’études. Les forêts indigènes ont, en moyenne, fourni de meilleurs résultats que les plantations d’arbres pour la biodiversité et plusieurs services écosystémiques examinés, notamment le stockage de carbone au-dessus du sol et le contrôle de l’érosion, tandis que les plantations présentaient des avantages pour la production de bois. La conclusion correcte n’est donc pas que « les plantations sont inutiles », mais qu’elles ne sont pas écologiquement interchangeables avec les forêts indigènes. Consulter Hua et al. (2022).

Ce qu’une unité comptable identique peut masquer écologiquement.
Comparaison Ce qui peut être recréé relativement vite Ce qui exige du temps ou une continuité écologique
Jeune arbre / arbre mature Présence d’une tige, premières feuilles, croissance future potentielle. Grand volume de biomasse, architecture, cavités, gros bois, production de graines, microhabitats, microclimat développé.
Plantation / forêt indigène Couvert, production ligneuse, certaines fonctions de carbone et de sol selon le contexte. Composition écologique, réseaux d’espèces, structure complexe, continuité des sols, régénération autonome, héritages biologiques.
Couvert arboré / intégrité écologique Une métrique spatiale visible par inventaire ou télédétection. Origine, structure, composition, fonctionnement, connectivité et trajectoire du système.

Le principe de non-substitution doit également s’appliquer au climat : planter ailleurs ne transforme pas automatiquement la destruction d’un stock ancien en opération neutre. Le temps nécessaire à l’accumulation de carbone, la permanence du nouveau stock et les différences de biodiversité doivent être comptabilisés séparément.

Non-substitution

La plantation est un outil. Elle ne doit pas devenir une unité comptable permettant d’effacer la perte d’un arbre mature, d’une forêt ancienne ou d’un écosystème naturellement ouvert.

XI. Ce que la science permet d’affirmer — et ce qu’elle ne permet pas d’affirmer

La crédibilité scientifique de l’article II dépend de sa capacité à distinguer les propositions robustes des formulations excessives. Le tableau suivant constitue donc le cœur de la prudence méthodologique de cet article.

Distinction entre constats scientifiquement soutenus et extrapolations à éviter.
La science permet d’affirmer La science ne permet pas d’affirmer
Les arbres et les forêts jouent un rôle majeur dans le cycle terrestre du carbone. Que planter des arbres peut compenser indistinctement et sans limite les émissions fossiles.
La végétation arborée modifie les flux d’eau et d’énergie entre sol et atmosphère. Que les arbres augmentent partout les précipitations ou diminuent partout les crues selon une règle unique.
Les racines et les apports organiques participent à la structure, aux cycles et au carbone de nombreux sols forestiers. Que tout sol s’améliore nécessairement dès qu’un arbre y est planté.
Les arbres créent des habitats et une structure tridimensionnelle essentielle à de nombreuses communautés biologiques. Que toute espèce d’arbre, quel que soit son âge ou son contexte, possède la même valeur de biodiversité.
Les arbres peuvent atténuer certains extrêmes thermiques et créer des microclimats. Qu’un pourcentage unique de canopée garantit partout le même refroidissement.
Les forêts indigènes et les plantations peuvent remplir des fonctions différentes et non interchangeables. Qu’une plantation récente est l’équivalent instantané d’une forêt ancienne.
Les systèmes arborés contribuent de manière majeure à l’habitabilité de nombreuses régions terrestres. Que toute forme de vie sur Terre dépend directement de chaque arbre ou que les arbres sont l’unique source de l’oxygène planétaire.
La protection et la restauration des arbres doivent être calibrées à l’écosystème de référence. Que tous les espaces terrestres devraient être boisés ou densifiés en arbres.

XII. De l’interdépendance écologique à l’article II : ce que la science fonde et ce qu’elle ne décide pas

Une distinction doit rester constante : un fait scientifique n’est pas, par lui-même, une norme juridique. La science peut démontrer qu’une forêt contient un stock de carbone, qu’une canopée modifie la température, qu’un arbre vétéran héberge des microhabitats rares ou qu’une transformation du couvert modifie des flux d’eau. Elle peut aussi mesurer les conséquences probables de la destruction ou de la restauration d’un système.

Elle ne décide pas, à elle seule, que l’Arbre possède un droit, qu’une obligation doit être imposée à un propriétaire, qu’une collectivité doit protéger tel individu ou qu’un juge doit reconnaître une qualité pour agir. Ces décisions relèvent de choix normatifs et d’ordres juridiques compétents.

C’est précisément à cet endroit que se situe la fonction de l’article II. Il ne transforme pas automatiquement une donnée écologique en droit positif. Il fournit un fondement objectif à la normativité proposée par la Déclaration : si les arbres participent matériellement aux conditions de continuité et d’habitabilité du vivant, leur traitement ne peut raisonnablement être pensé comme si leur existence était écologiquement indifférente.

La Déclaration elle-même n’est pas, par sa seule existence, une norme directement contraignante. Sa force obligatoire et son opposabilité dépendent de sa réception ou de sa mise en œuvre par les autorités, textes ou instruments compétents. Cette distinction entre réalité scientifique, proposition normative et effet juridique positif doit être conservée sans ambiguïté.

Science et droit

La science ne prouve pas un droit. Elle établit les réalités, les interdépendances et les risques à partir desquels une société peut décider de construire du droit.

XIII. Article I → Article II → Article III : qualifier, justifier, obliger

Les trois articles de la Déclaration prennent toute leur cohérence lorsqu’ils sont lus comme une progression. L’article I répond à une question de qualification : qu’est l’Arbre et quelle valeur lui reconnaît-on ? L’article II répond à une question de justification : sur quel fondement objectif son existence n’est-elle pas écologiquement indifférente à la continuité du vivant ? L’article III introduit la conséquence normative : quelle responsabilité l’être humain doit-il assumer à partir de cette connaissance ?

Article I — Qualifier

Réalité biologique et qualification normative.
L’Arbre est reconnu comme être vivant sensible, source de Vie et bien commun de l’humanité.

Article II — Justifier

Interdépendance écologique et fondement scientifique.
L’existence des arbres et systèmes arborés participe aux conditions de continuité et d’habitabilité de la Vie terrestre contemporaine.

Article III — Obliger

Responsabilité humaine et conséquence normative.
La raison et la conscience fondent l’exigence d’agir avec l’Arbre dans un esprit de fraternité et de solidarité.

Cette architecture évite deux réductions opposées. La première consisterait à faire de la Déclaration une simple affirmation morale détachée des réalités biologiques. La seconde consisterait à prétendre que la science dicte directement une solution juridique déterminée. Entre les deux, la Déclaration propose une méthode : reconnaître une réalité, en établir le fondement, puis formuler une responsabilité dont la traduction juridique appartient aux institutions compétentes.

XIV. Conclusion — L’interdépendance comme fondement

L’article II de la Déclaration universelle des droits de l’Arbre ne doit être ni diminué en formule symbolique ni gonflé en proposition scientifique absolue. Sa portée la plus solide est systémique.

Les connaissances contemporaines montrent que les arbres et les systèmes arborés interviennent dans des processus majeurs du fonctionnement terrestre : assimilation et stockage du carbone, échanges d’énergie avec l’atmosphère, évapotranspiration et recyclage de l’humidité, fonctionnement hydrologique des bassins versants, dynamique des sols, habitats et complexité structurelle, microclimats et conditions locales d’habitabilité. Ces fonctions se répondent. Leur importance dépend des espèces, de l’âge, du biome, du sol, du climat, de l’échelle et de la trajectoire écologique.

La même science impose des limites. Elle interdit de confondre arbre et forêt, plantation et restauration, flux et stock, couvert arboré et intégrité écologique. Elle interdit de prétendre que toute vie dépend directement de tout arbre. Elle impose de protéger aussi les écosystèmes naturellement ouverts. Elle rappelle que la biosphère ne se résume pas aux arbres et que la restauration du vivant ne peut être réduite à un objectif numérique de plantation.

Mais ces précautions ne réduisent pas l’importance de l’Arbre. Elles la rendent plus exacte. L’Arbre apparaît alors non comme une solution universelle isolée, mais comme l’un des grands organismes structurants des systèmes terrestres, relié au climat, à l’eau, au sol et à d’innombrables formes de vie.

Conclusion scientifique et doctrinale

« De l’existence de l’Arbre dépend la Vie sur la planète » doit être compris comme l’énoncé d’une interdépendance écologique fondamentale, et non comme celui d’une dépendance individuelle absolue.

La science décrit cette interdépendance. La Déclaration lui donne une portée normative. Les ordres juridiques compétents décident de sa traduction en droit positif.

Article I : qualifier.
Article II : justifier.
Article III : obliger.

Références institutionnelles et doctrinales

Les références suivantes situent l’article II dans le corpus officiel de la Déclaration universelle des droits de l’Arbre. Elles remplissent une fonction distincte des publications scientifiques citées ensuite.

  1. Site officiel de la Déclaration universelle des droits de l’Arbre — texte fondateur et corpus de référence ; le texte français demeure le texte de référence.
  2. Les fondements juridiques de la Déclaration universelle des droits de l’Arbre — qualification juridique, fondement scientifique et conséquence normative.
  3. Cadre officiel de la Déclaration universelle des droits de l’Arbre — portage institutionnel, statut et articulation des instruments.
  4. What a Forest Is — and What It Is Not — in Light of the Universal Declaration of Tree Rights — doctrine écologique sur l’identité forestière, l’intégrité, la restauration et la non-substitution.

Références scientifiques

Sélection des principales sources utilisées pour établir les mécanismes et les précautions exposés dans cet article. Cette liste n’est pas une revue systématique exhaustive.

  1. Pan, Y. et al. (2024). The enduring world forest carbon sink. Nature, 631, 563–569. DOI: 10.1038/s41586-024-07602-x. Source.
  2. Stephenson, N. L. et al. (2014). Rate of tree carbon accumulation increases continuously with tree size. Nature, 507, 90–93. DOI: 10.1038/nature12914. Source.
  3. Alkama, R. & Cescatti, A. (2016). Biophysical climate impacts of recent changes in global forest cover. Science, 351, 600–604. DOI: 10.1126/science.aac8083. Source.
  4. IPCC (2022). Climate Change 2022: Mitigation of Climate Change — Chapter 7: Agriculture, Forestry and Other Land Uses. Source officielle.
  5. IPCC (2022). Climate Change 2022: Impacts, Adaptation and Vulnerability — Chapter 2: Terrestrial and Freshwater Ecosystems and Their Services. Source officielle.
  6. Spracklen, D. V., Arnold, S. R. & Taylor, C. M. (2012). Observations of increased tropical rainfall preceded by air passage over forests. Nature, 489, 282–285. DOI: 10.1038/nature11390. Source. Corrigendum de clarification : DOI 10.1038/nature11904.
  7. Muñoz-Villers, L. E. & McDonnell, J. J. (2013). Land use change effects on runoff generation in a humid tropical montane cloud forest region. Hydrology and Earth System Sciences, 17, 3543–3560. DOI: 10.5194/hess-17-3543-2013. Source.
  8. Andreoli, A. et al. (2020). Roots reinforcement by riparian trees in restored rivers. Geomorphology, 370, 107389. DOI: 10.1016/j.geomorph.2020.107389. Source.
  9. Ma, N. et al. (2025). Substantial forest soil carbon accrual from absorptive fine roots over decadal timescales. Nature Geoscience, 18, 1020–1026. DOI: 10.1038/s41561-025-01790-5. Source.
  10. de Conto, T., Armston, J. & Dubayah, R. (2024). Characterizing the structural complexity of the Earth’s forests with spaceborne lidar. Nature Communications, 15, 8116. DOI: 10.1038/s41467-024-52468-2. Source.
  11. Liang, J. et al. (2016). Positive biodiversity-productivity relationship predominant in global forests. Science, 354, aaf8957. DOI: 10.1126/science.aaf8957. Source.
  12. Wetherbee, R., Birkemoe, T. & Sverdrup-Thygeson, A. (2020). Veteran trees are a source of natural enemies. Scientific Reports, 10, 18485. DOI: 10.1038/s41598-020-75723-0. Source.
  13. Ziter, C. D. et al. (2019). Scale-dependent interactions between tree canopy cover and impervious surfaces reduce daytime urban heat during summer. Proceedings of the National Academy of Sciences, 116, 7575–7580. DOI: 10.1073/pnas.1817561116. Source.
  14. Hua, F. et al. (2022). The biodiversity and ecosystem service contributions and trade-offs of forest restoration approaches. Science, 376, 839–844. DOI: 10.1126/science.abl4649. Source.
  15. Prangel, E. et al. (2023). Afforestation and abandonment of semi-natural grasslands lead to biodiversity loss and a decline in ecosystem services and functions. Journal of Applied Ecology, 60. DOI: 10.1111/1365-2664.14375. Source.

Transparence scientifique

Cet article est une synthèse scientifique et doctrinale. Il ne constitue ni une revue systématique exhaustive ni une publication de recherche originale. Les études citées ont été choisies pour documenter des mécanismes centraux, des différences d’échelle et des limites nécessaires à l’interprétation de l’article II.

Les résultats d’une étude locale ne sont pas présentés comme une règle planétaire. Les études sur l’Amazonie sont utilisées pour documenter des mécanismes propres ou particulièrement importants aux tropiques ; les études hydrologiques de bassin versant sont présentées avec leur contexte ; les études urbaines ne sont pas transformées en seuils universels de canopée ; les travaux sur les prairies semi-naturelles servent à démontrer qu’une politique de boisement peut être inappropriée dans un écosystème ouvert, et non à contester le rôle des arbres dans les écosystèmes où ils sont constitutifs.

La citation des auteurs et institutions mentionnés n’implique aucun soutien de leur part à la Déclaration universelle des droits de l’Arbre. Leur travail est cité précisément afin que les propositions de cet article puissent être vérifiées, discutées, critiquées, corrigées ou complétées.

Par Ricardo Rey
Auteur et fondateur de la Déclaration universelle des droits de l’Arbre
Président de La Compagnie des Papillons Bleus

Préparé et publié dans le cadre des travaux de La Compagnie des Papillons Bleus, organisation assurant le portage institutionnel officiel de la Déclaration universelle des droits de l’Arbre.

Site officiel : www.declarationuniverselledesdroitsdelarbre.org.

Scientific and Doctrinal Synthesis — Article II · Earth System Science · Ecology

Climate, water, soils, biodiversity and habitability: the scientific foundations of Article II of the Universal Declaration of Tree Rights

FR — Climat, eau, sols, biodiversité et habitabilité : les fondements scientifiques de l’article II de la Déclaration universelle des droits de l’Arbre

ES — Clima, agua, suelos, biodiversidad y habitabilidad: los fundamentos científicos del artículo II de la Declaración Universal de los Derechos del Árbol

What does the statement “Life on Earth depends upon the existence of the Tree” mean scientifically?

Article II of the Universal Declaration of Tree Rights advances a strong proposition. To be scientifically robust, that proposition must be examined in its full scope, but also within its limits. Trees participate in the carbon and water cycles, alter energy exchanges between land surfaces and the atmosphere, structure soils, create habitats, maintain microclimates and contribute to the functioning of a great many terrestrial ecosystems. These functions are neither uniform nor interchangeable, nor are they independent of ecological context.

The central proposition of this article is therefore precise: Article II must not be read as asserting that every form of life depends directly on each individual tree. It expresses a systemic reality: at different scales, trees, tree populations and tree-based ecosystems contribute to maintaining physical, biological and climatic conditions on which a major share of contemporary terrestrial life, including humanity, depends.

The objective is not to make science say more than it can support. It is to determine, mechanism by mechanism, what science actually establishes and how that knowledge can illuminate the scope of Article II.

Published: August 15, 2026 · Scientific and doctrinal synthesis · Article II · Version 1.0 · English edition.

Scientific literature is cited to establish the evidence and to make the reasoning verifiable and open to criticism. Citation of a researcher or institution does not imply endorsement of this article, of the Universal Declaration of Tree Rights or of the positions of La Compagnie des Papillons Bleus.

I. Purpose and Method: Establishing What Is Demonstrated, What Is Probable and What Remains Context-Dependent

The purpose of this article is not to compile an exhaustive inventory of every function attributed to trees. It is to test the scientific robustness of Article II by examining several central mechanisms for which there is an extensive empirical literature: the carbon and water cycles, interactions with soils, the structuring of habitats, microclimatic effects, and the consequences of losing or restoring tree-based systems.

The method rests on four requirements. First, distinguish the individual tree from the stand, the forest and the landscape. Second, distinguish stocks, fluxes and processes: storing carbon is not the same as sequestering it each year; intercepting rainfall is not the same as altering the annual water balance of a catchment. Third, distinguish observation, mechanism and extrapolation. Fourth, retain the ecological context: a result obtained in a tropical rainforest cannot automatically be transposed to a steppe, a savanna, a boreal forest or a Mediterranean city.

The preferred evidence base comprises peer-reviewed publications, major scientific syntheses and international institutional assessments where their purpose is to integrate numerous studies. Results are presented so as to show not only what they support, but also the limits of their generalisation.

II. What Exactly Does “Life on Earth Depends upon the Existence of the Tree” Mean?

Three terms must be interpreted precisely: the Tree, depends and Life on Earth.

1. “The Tree”: Generic Scope, Not the Isolated Individual

In Article II, the singular “the Tree” functions as a generic category. Scientifically, the effects considered may occur at the scale of an individual — shade, habitat, rooting, transpiration — but also at the scale of populations, hedgerows, riparian woodlands, forests, agroforestry mosaics or large forest complexes. The scope of the article therefore cannot be reduced to an individual relationship of the type “one tree = one function”.

2. “Depends”: A Functional and Systemic Relationship

The term “depends” must not be understood as asserting that the absence of all trees would instantaneously cause all life to disappear. It refers to direct, indirect and reciprocal relationships of dependence: species that use a tree as habitat or resource; water and carbon cycles affected by tree cover; soils whose structure and organic inputs are altered by vegetation; microclimates that condition the persistence of biological communities; and human societies dependent on water, soils, production and regulation supplied by tree-based ecosystems.

3. “Life on Earth”: the Contemporary Continuity of Living Systems, Not Their Origin

Life appeared long before trees. Article II is therefore not a proposition about the historical origin of living systems. It concerns the contemporary conditions of their functioning and continuity, particularly in terrestrial ecosystems. Nor should it be claimed that all marine or microbial life depends directly on trees. The biosphere nevertheless operates through couplings: atmosphere, continents, oceans, water, carbon, nutrients and biodiversity interact at scales extending beyond the individual tree.

Scientific reading of Article II: correct scope and misconceptions to avoid.
Expression Scientifically Defensible Reading Misconception to Avoid
The Tree The individual tree and, depending on the scale examined, the populations and tree-based systems of which it is a constituent. Attributing to every tree all functions observed at the scale of a forest or a continent.
Depends Direct and indirect interdependencies; contribution to necessary or determining ecological conditions. Asserting a single, absolute and identical causal relationship for all forms of life.
Life on Earth The continuity and habitability of the contemporary biosphere, with major importance in terrestrial systems. Presenting trees as the historical origin of Life or as the sole condition of all terrestrial and marine life.

Interpretive Principle

Article II states a general ecological interdependence. It does not formulate absolute biological dependence of every organism on every tree.

III. The Tree as an Interface Between Atmosphere, Water, Soil and Living Systems

One of the most rigorous ways to understand the ecological place of the Tree is not to isolate it. A tree is an organism connecting several compartments of the Earth system. Its leaves exchange carbon, water and energy with the atmosphere. Its trunk and branches accumulate biomass and create a three-dimensional structure. Its roots explore the soil, absorb water and mineral elements, alter porosity and interact with a diversity of organisms. Its litter and dead tissues feed decomposition processes and biogeochemical cycles.

This interface position explains why the disappearance or alteration of trees can produce simultaneous effects across several dimensions: carbon, temperature, water, soils, habitat and connectivity. It also explains why adding a simple number of trees is insufficient to reconstruct ecological functioning: function depends on age, species, physiological condition, soil, climate, the biological community and the landscape.

Five ecological interfaces that must be distinguished without being isolated from one another.
Interface Principal Processes Relevant Scale Precaution
Atmosphere Photosynthesis, respiration, transpiration, energy exchanges. Leaf → tree → canopy → region. Climatic effects vary with biome and scale.
Water Interception, absorption, transpiration, infiltration, redistribution. Tree → catchment → atmospheric circulation. There is no single universal hydrological effect.
Soil Roots, organic inputs, symbioses, structure, nutrients. Rhizosphere → soil profile → ecosystem. Soil is a living and physical system, not merely a planting substrate.
Biodiversity Habitat, food, microhabitats, connectivity, niches. Tree → stand → landscape. Value depends on species, age, structure and context.
Habitability Shade, temperature, humidity, protection of soils and water, resources. Plot → city → territory → biome. Benefits must be assessed alongside local risks and trade-offs.

IV. Trees, Carbon and the Climate System

Trees participate in the carbon cycle through photosynthesis, respiration, biomass production, mortality and transfers to soils. Part of the assimilated carbon is incorporated into leaves, wood, branches and roots; another part returns more rapidly to the atmosphere or passes through soil organisms. At the scale of a forest, the balance results from growth, mortality, decomposition, disturbance, removals and soil dynamics.

Long-term observations confirm that forests are a major component of the terrestrial carbon balance, but they also show that this role is neither fixed nor guaranteed. A global synthesis published in Nature in 2024 estimated that the global forest carbon sink had remained broadly stable over three decades, while revealing contrasting trends among biomes and a substantial erosion of the sink’s climate benefit through tropical deforestation. Consult Pan et al. (2024).

At the scale of the individual, an analysis covering 403 tropical and temperate species showed that, for most species studied, the absolute rate of mass accumulation increases with tree size. This means that a large old tree should not be described as a merely inert reservoir: it can continue to accumulate substantial quantities of carbon. Consult Stephenson et al. (2014).

Stock and Flux Are Not the Same Thing

An ecosystem may contain a very large carbon stock while having, in a given year, a relatively small net sequestration flux; conversely, a rapidly growing young stand may display a substantial annual flux while still containing a much smaller stock than an old forest. Confusing these two concepts leads to misleading compensation reasoning.

The climatic role of forests is not solely biogeochemical. Tree cover also alters exchanges of energy and water with the atmosphere. A global observational study showed that forest-cover losses increased mean and maximum land-surface temperatures and altered the diurnal temperature range. The IPCC notes that these biophysical effects — evapotranspiration, albedo, roughness and volatile compounds — vary greatly among bioclimatic regions and management systems. Consult Alkama & Cescatti (2016); consult IPCC AR6 WGIII Chapter 7.

V. Trees, Water and the Circulation of Moisture

Water passes through the tree. It is absorbed by the roots, transported through conducting tissues and then partly returned to the atmosphere through transpiration. At canopy scale, interception of precipitation, evaporation of water retained by leaves and the effects of vegetation on soil structure must also be considered. These processes influence the water balances of soil, plant, catchment and atmosphere.

1. From Transpiration to Atmospheric Moisture Recycling

In tropical regions, studies combining satellite observations and atmospheric trajectories have shown that air masses that travelled over extensive vegetation were associated with more precipitation than those that travelled over less vegetated surfaces. The proposed mechanism is consistent with the maintenance of atmospheric moisture through evapotranspiration. Consult Spracklen, Arnold & Taylor (2012).

This result is important, but it must not be turned into a universal slogan such as “trees make rain”. The relationship among vegetation, convection, atmospheric circulation and precipitation depends on scale, region, season and meteorological dynamics. What science robustly supports is that vegetation — and particularly large forest complexes in certain regions — participates in continental water recycling and can influence downwind precipitation.

2. Infiltration, Runoff and Catchments

The effects of trees on floods and streamflow cannot be reduced to a simple rule. They depend on soil depth and permeability, saturation status, relief, rainfall intensity, land use and vegetation structure. In a humid tropical montane forest region of Mexico, comparison of neighbouring catchments showed that conversion to pasture altered runoff-generation processes during heavy rainfall, while a forest undergoing natural regeneration for twenty years displayed hydrological characteristics close to those of mature forest in that context. Consult Muñoz-Villers & McDonnell (2013).

3. Roots and Physical Stability

Roots can also mechanically reinforce soils or riverbanks. Measurements in restored rivers in the Italian Alps showed that the root systems of riparian species contributed to the cohesion and resistance of sediments, with effects varying by species, depth and sedimentary context. Consult Andreoli et al. (2020).

VI. Trees, Soils and Biogeochemical Cycles

The visible part of a tree can create the impression that most of its functioning occurs above ground. Yet a decisive share of its exchanges takes place below ground. Roots absorb water and nutrients, release carbon compounds, die and renew themselves; they interact with bacteria, fungi and other organisms in the rhizosphere. Litter also feeds decomposition and elemental cycles.

A synthesis published in 2025 in Nature Geoscience, drawing on field data concerning the fine absorptive roots of mycorrhizal woody plants across major forest types in the Northern Hemisphere, showed that the turnover and relatively slow decomposition of these roots can make a substantial contribution to soil-carbon accumulation over several decades. The authors also show that this contribution varies with mycorrhizal type and root traits. Consult Ma et al. (2025).

The significance of this result extends beyond carbon alone. It recalls that forest soil is the product of long-term interactions among mineral matter, organisms, roots, organic matter, water and disturbance. Removing a tree or tree cover does not instantly erase all these structures; conversely, planting a young tree does not instantly recreate them.

Tree and Soil Build One Another

Roots can create or maintain macropores, influence aggregation and redistribute water and mineral elements, while the nature of the soil profoundly conditions tree growth. This is a reciprocal relationship. A policy that measures only the number of stems planted, without monitoring soils, compaction, hydrology and biological activity, therefore measures only a fraction of ecological reality.

Below-Ground Principle

Protecting the Tree without protecting the physical and biological conditions of its soil means protecting only part of the system that makes its existence possible.

VII. The Tree as an Architecture of Living Systems

The Tree is not merely a producer of biomass. Through its form and through time, it creates ecological space. Roots, bark, branches, foliage, flowers, fruits, cavities, senescent wood and deadwood provide substrates, shelter, resources and microclimates. At forest scale, the superimposition of layers, gaps, diameters, heights and deadwood produces a three-dimensional architecture that multiplies ecological niches.

Near-global mapping using GEDI spaceborne lidar confirmed that three-dimensional structural complexity is a major characteristic of forest functioning: it affects light environments, nutrient cycling, biodiversity and habitat quality. The authors also emphasise that this complexity varies greatly among biomes and cannot be reduced to height or canopy cover alone. Consult de Conto, Armston & Dubayah (2024).

At another scale, veteran trees show why age and structure are not merely aesthetic variables. Research on old oaks in Northern Europe describes them as keystone structures for biodiversity and shows that they host communities and functions differing from those associated with young trees. Consult Wetherbee, Birkemoe & Sverdrup-Thygeson (2020).

Biodiversity Is Not a Decorative Add-On to the Forest

A global analysis of hundreds of thousands of forest plots found that a positive relationship between tree diversity and forest productivity predominated globally, while also demonstrating the importance of biogeographic context. This does not mean that “more species” mechanically produces “more of everything”. It means that biodiversity, productivity, stability and functioning cannot be treated as unrelated dimensions. Consult Liang et al. (2016).

VIII. Microclimates, Temperature Extremes and Habitability

The influence of trees on temperature is not limited to shade. Canopy cover alters the radiation received by surfaces, wind speed, humidity and sensible and latent heat fluxes. Evapotranspiration converts part of the available energy into latent heat flux rather than direct warming of the surface and air. Together, these mechanisms can create microclimates markedly different from those of open or highly mineralised spaces.

In cities, these effects are particularly visible. A field study conducted in Madison, Wisconsin, showed that tree canopy and impervious surfaces interacted in determining summer air temperature, with the daytime cooling effect of canopy depending on the spatial scale examined. The authors emphasise this scale dependence, which precludes turning a single canopy percentage into a universal threshold applicable to every city. Consult Ziter et al. (2019).

In forests, the canopy also acts as a buffer: it alters radiation, maximum temperatures, humidity and the conditions experienced by understorey organisms. Canopy loss can therefore abruptly expose communities adapted to a more stable microclimatic regime.

For human societies, habitability must be understood more broadly still. Shade, daytime cooling, soil protection, regulation of certain flows, habitat quality, food or timber resources and bioclimatic comfort may combine. None of these benefits, however, justifies planting any species, anywhere and at any density. Species choice, soil volume, access to water, allergenic risks, safety, infrastructure and the future climate all form part of the decision.

Habitability

The Tree does not “cool the planet” uniformly. It alters energy and water balances whose effects depend on scale and biome. This complexity does not weaken its role; it requires that role to be described accurately.

IX. One Word, Several Scales: Tree, Hedgerow, Riparian Woodland, Agroforestry and Forest

Article II speaks of the Tree, not only of the forest. This distinction matters. An isolated tree can provide habitat, shade, seeds, connectivity between landscape fragments or local soil protection. A hedgerow can alter wind, runoff, organism movement and the structure of an agricultural parcel. Riparian woodland operates at the interface between watercourses and terrestrial environments. An agroforestry system combines production and ecological functions. A forest adds emergent properties related to continuity, density, diversity, soils, vertical layers and stand dynamics.

These systems must not be ranked according to a simplistic principle under which “more trees” would always mean a “better ecological condition”. Their function depends on the reference ecosystem. A natural savanna, an ancient grassland, an open peatland or certain semi-open habitats can lose biodiversity and functions when they are artificially afforested.

A study conducted in semi-natural grasslands in Estonia found, for example, that afforestation and abandonment leading to shrub encroachment were associated with biodiversity losses and declines in several ecosystem services in that context. The result does not justify condemning afforestation in general; it demonstrates that restoring an open ecosystem may require preserving its openness. More broadly, the IPCC highlights the risks that forest plantations can create in savannas, natural grasslands or temperate peatlands that would not naturally support forest, particularly for biodiversity, water and fire risk. Consult Prangel et al. (2023); consult IPCC AR6 WGII Chapter 2.

X. What a Planted Tree Does Not Replace: the Principle of Non-Substitution

Counting trees is useful for describing an action; it is insufficient for describing an ecological condition. Two systems containing the same number of stems may differ radically in tree size, age, species, structure, soils, hydrology, historical continuity, cavities or deadwood, connectivity and regenerative capacity.

A global synthesis published in Science in 2022 compared different forest-restoration approaches using thousands of comparisons drawn from hundreds of studies. Native forests, on average, produced better outcomes than tree plantations for biodiversity and several ecosystem services examined, including above-ground carbon storage and erosion control, while plantations offered advantages for wood production. The correct conclusion is therefore not that “plantations are useless”, but that they are not ecologically interchangeable with native forests. Consult Hua et al. (2022).

What an Identical Accounting Unit Can Conceal Ecologically.
Comparison What Can Be Recreated Relatively Quickly What Requires Time or Ecological Continuity
Young Tree / Mature Tree Presence of a stem, first leaves, future growth potential. Large biomass volume, architecture, cavities, large-diameter wood, seed production, microhabitats, developed microclimate.
Plantation / Native Forest Canopy cover, wood production, and certain carbon and soil functions depending on context. Ecological composition, species networks, complex structure, soil continuity, autonomous regeneration, biological legacies.
Tree Cover / Ecological Integrity A spatial metric visible through inventories or remote sensing. Origin, structure, composition, functioning, connectivity and system trajectory.

The principle of non-substitution must also apply to climate: planting elsewhere does not automatically turn the destruction of an old carbon stock into a neutral operation. The time required for carbon accumulation, the permanence of the new stock and differences in biodiversity must be accounted for separately.

Non-Substitution

Planting is a tool. It must not become an accounting unit used to erase the loss of a mature tree, an old forest or a naturally open ecosystem.

XI. What Science Supports — and What It Does Not Support

The scientific credibility of Article II depends on its capacity to distinguish robust propositions from excessive formulations. The following table therefore lies at the heart of the methodological caution adopted in this article.

Distinction Between Scientifically Supported Findings and Extrapolations to Avoid.
Science Supports the Following Statements Science Does Not Support the Following Statements
Trees and forests play a major role in the terrestrial carbon cycle. That planting trees can compensate indiscriminately and without limit for fossil-fuel emissions.
Tree-dominated vegetation alters water and energy fluxes between land and atmosphere. That trees increase precipitation everywhere or reduce floods everywhere according to a single rule.
Roots and organic inputs contribute to the structure, cycling and carbon of many forest soils. That every soil necessarily improves as soon as a tree is planted.
Trees create habitats and three-dimensional structure essential to many biological communities. That every tree species, whatever its age or context, has the same biodiversity value.
Trees can moderate certain temperature extremes and create microclimates. That a single canopy-cover percentage guarantees the same cooling everywhere.
Native forests and plantations can perform different and non-interchangeable functions. That a recent plantation is the instantaneous equivalent of an old forest.
Tree-based systems make a major contribution to the habitability of many terrestrial regions. That all life on Earth depends directly on every tree, or that trees are the sole source of planetary oxygen.
Tree protection and restoration must be calibrated to the reference ecosystem. That all terrestrial areas should be afforested or planted more densely with trees.

XII. From Ecological Interdependence to Article II: What Science Grounds and What It Does Not Decide

One distinction must remain constant: a scientific fact is not, by itself, a legal norm. Science can demonstrate that a forest contains a carbon stock, that a canopy alters temperature, that a veteran tree hosts rare microhabitats or that a change in cover modifies water fluxes. It can also measure the probable consequences of destroying or restoring a system.

It does not, by itself, decide that the Tree holds a right, that an obligation must be imposed on an owner, that a local authority must protect a particular individual tree or that a court must recognise standing. Those decisions belong to normative choices and competent legal orders.

This is precisely where the function of Article II lies. It does not automatically transform ecological data into positive law. It provides an objective foundation for the normativity proposed by the Declaration: if trees materially contribute to the conditions of continuity and habitability of living systems, they cannot reasonably be treated as though their existence were ecologically irrelevant.

The Declaration itself is not, merely by existing, a directly binding norm. Its binding force and enforceability depend on its reception or implementation by competent authorities, legal texts or instruments. This distinction between scientific reality, normative proposition and positive legal effect must be maintained without ambiguity.

Science and Law

Science does not prove a right. It establishes realities, interdependencies and risks on the basis of which a society may decide to develop law.

XIII. Article I → Article II → Article III: Qualify, Justify, Oblige

The three articles of the Declaration acquire their full coherence when read as a progression. Article I answers a question of qualification: what is the Tree, and what value do we recognise in it? Article II answers a question of justification: on what objective basis is its existence not ecologically irrelevant to the continuity of living systems? Article III introduces the normative consequence: what responsibility must human beings assume on the basis of this knowledge?

Article I — Qualify

Biological Reality and Normative Qualification.
The Tree is recognised as a living, sensitive being, a source of Life and a common good of humanity.

Article II — Justify

Ecological Interdependence and Scientific Foundation.
The existence of trees and tree-based systems contributes to the conditions required for the continuity and habitability of contemporary terrestrial Life.

Article III — Oblige

Human Responsibility and Normative Consequence.
Reason and conscience ground the requirement to act with the Tree in a spirit of fraternity and solidarity.

This architecture avoids two opposite reductions. The first would reduce the Declaration to a moral assertion detached from biological realities. The second would claim that science directly dictates a particular legal solution. Between the two, the Declaration proposes a method: recognise a reality, establish its foundation, and then formulate a responsibility whose legal translation belongs to the competent institutions.

XIV. Conclusion — Interdependence as a Foundation

Article II of the Universal Declaration of Tree Rights must be neither reduced to a symbolic formula nor inflated into an absolute scientific proposition. Its most robust scope is systemic.

Contemporary knowledge shows that trees and tree-based systems participate in major processes of terrestrial functioning: carbon assimilation and storage, energy exchanges with the atmosphere, evapotranspiration and moisture recycling, catchment hydrology, soil dynamics, habitats and structural complexity, microclimates and local conditions of habitability. These functions interact. Their importance depends on species, age, biome, soil, climate, scale and ecological trajectory.

The same science also sets limits. It rules out conflating a tree with a forest, planting with restoration, flux with stock, and tree cover with ecological integrity. It rules out claiming that all life depends directly on every tree. It also requires the protection of naturally open ecosystems. It reminds us that the biosphere is not reducible to trees and that restoring living systems cannot be reduced to a numerical planting target.

These precautions do not diminish the importance of the Tree. They make it more accurate. The Tree then appears not as an isolated universal solution, but as one of the great structuring organisms of terrestrial systems, connected to climate, water, soil and innumerable forms of life.

Scientific and Doctrinal Conclusion

“Life on Earth depends upon the existence of the Tree” must be understood as the statement of a fundamental ecological interdependence, not of absolute individual dependence.

Science describes this interdependence. The Declaration gives it normative scope. Competent legal orders determine its translation into positive law.

Article I: qualify.
Article II: justify.
Article III: oblige.

Institutional and Doctrinal References

The following references situate Article II within the official corpus of the Universal Declaration of Tree Rights. They perform a function distinct from that of the scientific publications cited below.

  1. Official Website of the Universal Declaration of Tree Rights — foundational text and reference corpus; the French text remains the reference text.
  2. The Legal Foundations of the Universal Declaration of Tree Rights — legal qualification, scientific foundation and normative consequence.
  3. Official Framework of the Universal Declaration of Tree Rights — institutional stewardship, status and articulation of the instruments.
  4. What a Forest Is — and What It Is Not — in Light of the Universal Declaration of Tree Rights — ecological doctrine on forest identity, integrity, restoration and non-substitution.

Scientific References

Selection of the principal sources used to establish the mechanisms and precautions set out in this article. This list is not an exhaustive systematic review.

  1. Pan, Y. et al. (2024). The enduring world forest carbon sink. Nature, 631, 563–569. DOI: 10.1038/s41586-024-07602-x. Source.
  2. Stephenson, N. L. et al. (2014). Rate of tree carbon accumulation increases continuously with tree size. Nature, 507, 90–93. DOI: 10.1038/nature12914. Source.
  3. Alkama, R. & Cescatti, A. (2016). Biophysical climate impacts of recent changes in global forest cover. Science, 351, 600–604. DOI: 10.1126/science.aac8083. Source.
  4. IPCC (2022). Climate Change 2022: Mitigation of Climate Change — Chapter 7: Agriculture, Forestry and Other Land Uses. Official source.
  5. IPCC (2022). Climate Change 2022: Impacts, Adaptation and Vulnerability — Chapter 2: Terrestrial and Freshwater Ecosystems and Their Services. Official source.
  6. Spracklen, D. V., Arnold, S. R. & Taylor, C. M. (2012). Observations of increased tropical rainfall preceded by air passage over forests. Nature, 489, 282–285. DOI: 10.1038/nature11390. Source. Clarifying corrigendum: DOI 10.1038/nature11904.
  7. Muñoz-Villers, L. E. & McDonnell, J. J. (2013). Land use change effects on runoff generation in a humid tropical montane cloud forest region. Hydrology and Earth System Sciences, 17, 3543–3560. DOI: 10.5194/hess-17-3543-2013. Source.
  8. Andreoli, A. et al. (2020). Roots reinforcement by riparian trees in restored rivers. Geomorphology, 370, 107389. DOI: 10.1016/j.geomorph.2020.107389. Source.
  9. Ma, N. et al. (2025). Substantial forest soil carbon accrual from absorptive fine roots over decadal timescales. Nature Geoscience, 18, 1020–1026. DOI: 10.1038/s41561-025-01790-5. Source.
  10. de Conto, T., Armston, J. & Dubayah, R. (2024). Characterizing the structural complexity of the Earth’s forests with spaceborne lidar. Nature Communications, 15, 8116. DOI: 10.1038/s41467-024-52468-2. Source.
  11. Liang, J. et al. (2016). Positive biodiversity-productivity relationship predominant in global forests. Science, 354, aaf8957. DOI: 10.1126/science.aaf8957. Source.
  12. Wetherbee, R., Birkemoe, T. & Sverdrup-Thygeson, A. (2020). Veteran trees are a source of natural enemies. Scientific Reports, 10, 18485. DOI: 10.1038/s41598-020-75723-0. Source.
  13. Ziter, C. D. et al. (2019). Scale-dependent interactions between tree canopy cover and impervious surfaces reduce daytime urban heat during summer. Proceedings of the National Academy of Sciences, 116, 7575–7580. DOI: 10.1073/pnas.1817561116. Source.
  14. Hua, F. et al. (2022). The biodiversity and ecosystem service contributions and trade-offs of forest restoration approaches. Science, 376, 839–844. DOI: 10.1126/science.abl4649. Source.
  15. Prangel, E. et al. (2023). Afforestation and abandonment of semi-natural grasslands lead to biodiversity loss and a decline in ecosystem services and functions. Journal of Applied Ecology, 60. DOI: 10.1111/1365-2664.14375. Source.

Scientific Transparency

This article is a scientific and doctrinal synthesis. It is neither an exhaustive systematic review nor an original research publication. The studies cited were selected to document central mechanisms, differences of scale and the limits necessary to interpret Article II.

Results from a local study are not presented as a planetary rule. Studies on the Amazon are used to document mechanisms specific or particularly important to the tropics; catchment-hydrology studies are presented within their context; urban studies are not converted into universal canopy thresholds; and research on semi-natural grasslands is used to demonstrate that an afforestation policy may be inappropriate in an open ecosystem, not to dispute the role of trees in ecosystems of which they are constitutive.

Citation of the authors and institutions mentioned does not imply their support for the Universal Declaration of Tree Rights. Their work is cited precisely so that the propositions in this article can be verified, discussed, criticised, corrected or supplemented.

By Ricardo Rey
Author and Founder of the Universal Declaration of Tree Rights
President of La Compagnie des Papillons Bleus

Prepared and published within the framework of the work of La Compagnie des Papillons Bleus, the organisation responsible for the official institutional stewardship of the Universal Declaration of Tree Rights.

Official website: www.declarationuniverselledesdroitsdelarbre.org.

Síntesis científica y doctrinal — Artículo II · Ciencias del sistema Tierra · Ecología

Clima, agua, suelos, biodiversidad y habitabilidad: los fundamentos científicos del artículo II de la Declaración Universal de los Derechos del Árbol

FR — Climat, eau, sols, biodiversité et habitabilité : les fondements scientifiques de l’article II de la Déclaration universelle des droits de l’Arbre

EN — Climate, water, soils, biodiversity and habitability: the scientific foundations of Article II of the Universal Declaration of Tree Rights

¿Qué significa científicamente el enunciado «De la existencia del Árbol depende la Vida en el planeta»?

El artículo II de la Declaración Universal de los Derechos del Árbol formula una proposición de gran alcance. Para ser científicamente sólida, esta proposición debe examinarse en toda su extensión, pero también dentro de sus límites. Los árboles participan en los ciclos del carbono y del agua, modifican los intercambios de energía entre las superficies terrestres y la atmósfera, estructuran los suelos, crean hábitats, mantienen microclimas y contribuyen al funcionamiento de numerosos ecosistemas terrestres. Estas funciones no son uniformes ni intercambiables, ni independientes del contexto ecológico.

La proposición central de este artículo es, por tanto, precisa: el artículo II no debe interpretarse como la afirmación de que toda forma de vida depende directamente de cada árbol considerado individualmente. Expresa una realidad sistémica: a distintas escalas, los árboles, las poblaciones de árboles y los ecosistemas arbolados contribuyen al mantenimiento de condiciones físicas, biológicas y climáticas de las que depende una parte fundamental de la vida terrestre contemporánea, incluida la humanidad.

El objetivo no es hacer decir a la ciencia más de lo que permite afirmar. Consiste en determinar, mecanismo por mecanismo, qué establece efectivamente y cómo esos conocimientos pueden esclarecer el alcance del artículo II.

Publicación: 15 de agosto de 2026 · Síntesis científica y doctrinal · Artículo II · Versión 1.0 · Edición española.

La literatura científica se cita para establecer los elementos de prueba y hacer que el razonamiento sea verificable y susceptible de crítica. La cita de un investigador o de una institución no implica su adhesión a este artículo, a la Declaración Universal de los Derechos del Árbol ni a las posiciones de La Compagnie des Papillons Bleus.

I. Objeto y método: establecer lo demostrado, lo probable y lo que sigue dependiendo del contexto

El objeto de este artículo no es elaborar un inventario exhaustivo de todas las funciones atribuidas a los árboles. Consiste en poner a prueba la solidez científica del artículo II mediante el examen de varios mecanismos centrales para los que existe una amplia literatura empírica: los ciclos del carbono y del agua, las interacciones con los suelos, la estructuración de los hábitats, los efectos microclimáticos y las consecuencias de la pérdida o la restauración de los sistemas arbolados.

El método se apoya en cuatro exigencias. En primer lugar, distinguir el árbol individual del rodal, el bosque y el paisaje. En segundo lugar, distinguir reservas, flujos y procesos: almacenar carbono no equivale a secuestrarlo cada año; interceptar la lluvia no equivale a modificar el balance hídrico anual de una cuenca. En tercer lugar, distinguir observación, mecanismo y extrapolación. En cuarto lugar, conservar el contexto ecológico: un resultado obtenido en un bosque tropical húmedo no puede trasladarse automáticamente a una estepa, una sabana, un bosque boreal o una ciudad mediterránea.

El corpus privilegiado comprende publicaciones revisadas por pares, grandes síntesis científicas y evaluaciones institucionales internacionales cuando su función consiste en integrar numerosos estudios. Los resultados se presentan de manera que muestren no solo lo que sustentan, sino también los límites de su generalización.

II. ¿Qué significa exactamente «De la existencia del Árbol depende la Vida en el planeta»?

Tres términos deben interpretarse con precisión: el Árbol, depende y la Vida en el planeta.

1. «El Árbol»: alcance genérico, no el individuo aislado

En el artículo II, el singular «el Árbol» funciona como una categoría genérica. Desde el punto de vista científico, los efectos considerados pueden manifestarse a escala individual —sombra, hábitat, enraizamiento, transpiración—, pero también a escala de poblaciones, setos, bosques de ribera, bosques, mosaicos agroforestales o grandes complejos forestales. Por tanto, el alcance del artículo no puede reducirse a una relación individual del tipo «un árbol = una función».

2. «Depende»: una relación funcional y sistémica

El término «depende» no debe entenderse como la afirmación de que la ausencia de todos los árboles provocaría instantáneamente la desaparición de toda vida. Remite a relaciones de dependencia directas, indirectas y recíprocas: especies que utilizan un árbol como hábitat o recurso; ciclos del agua y del carbono afectados por la cubierta arbórea; suelos cuya estructura y aportes orgánicos son modificados por la vegetación; microclimas que condicionan la persistencia de comunidades biológicas; y sociedades humanas dependientes del agua, los suelos, las producciones y las regulaciones proporcionadas por ecosistemas arbolados.

3. «La Vida en el planeta»: la continuidad contemporánea de los sistemas vivos, no su origen

La Vida apareció mucho antes que los árboles. El artículo II no es, por tanto, una proposición sobre el origen histórico de los sistemas vivos. Se refiere a las condiciones contemporáneas de su funcionamiento y continuidad, especialmente en los ecosistemas terrestres. Tampoco debe afirmarse que toda la vida marina o microbiana dependa directamente de los árboles. Sin embargo, la biosfera funciona mediante acoplamientos: atmósfera, continentes, océanos, agua, carbono, nutrientes y biodiversidad interactúan a escalas que superan al árbol individual.

Lectura científica del artículo II: alcance correcto y errores de interpretación que deben evitarse.
Expresión Lectura científicamente defendible Error de interpretación que debe evitarse
El Árbol El árbol individual y, según la escala estudiada, las poblaciones y los sistemas arbolados de los que forma parte. Atribuir a cada árbol todas las funciones observadas a escala de un bosque o de un continente.
Depende Interdependencias directas e indirectas; contribución a condiciones ecológicas necesarias o determinantes. Afirmar una relación causal única, absoluta e idéntica para todas las formas de vida.
La Vida en el planeta La continuidad y habitabilidad de la biosfera contemporánea, con una importancia fundamental en los sistemas terrestres. Presentar los árboles como el origen histórico de la Vida o como la única condición de toda vida terrestre y marina.

Principio de interpretación

El artículo II enuncia una interdependencia ecológica general. No formula una dependencia biológica absoluta de todo organismo respecto de todo árbol.

III. El Árbol como interfaz entre la atmósfera, el agua, el suelo y los sistemas vivos

Una de las formas más rigurosas de comprender el lugar ecológico del Árbol consiste en no aislarlo. Un árbol es un organismo que conecta varios compartimentos del sistema Tierra. Sus hojas intercambian carbono, agua y energía con la atmósfera. Su tronco y sus ramas acumulan biomasa y crean una estructura tridimensional. Sus raíces exploran el suelo, absorben agua y elementos minerales, modifican la porosidad e interactúan con una diversidad de organismos. Su hojarasca y sus tejidos muertos alimentan los procesos de descomposición y los ciclos biogeoquímicos.

Esta posición de interfaz explica por qué la desaparición o alteración de los árboles puede producir efectos simultáneos en varias dimensiones: carbono, temperatura, agua, suelos, hábitat y conectividad. También explica por qué la simple adición de un determinado número de árboles no basta para reconstruir un funcionamiento ecológico: la función depende de la edad, la especie, el estado fisiológico, el suelo, el clima, la comunidad biológica y el paisaje.

Cinco interfaces ecológicas que deben distinguirse sin aislarse unas de otras.
Interfaz Procesos principales Escala pertinente Precaución
Atmósfera Fotosíntesis, respiración, transpiración, intercambios de energía. Hoja → árbol → dosel → región. Los efectos climáticos varían según el bioma y la escala.
Agua Intercepción, absorción, transpiración, infiltración, redistribución. Árbol → cuenca → circulación atmosférica. No existe un único efecto hidrológico universal.
Suelo Raíces, aportes orgánicos, simbiosis, estructura, nutrientes. Rizosfera → perfil del suelo → ecosistema. El suelo es un sistema vivo y físico, no un simple sustrato de plantación.
Biodiversidad Hábitat, alimento, microhábitats, conectividad, nichos. Árbol → rodal → paisaje. El valor depende de las especies, la edad, la estructura y el contexto.
Habitabilidad Sombra, temperatura, humedad, protección de los suelos y del agua, recursos. Parcela → ciudad → territorio → bioma. Los beneficios deben evaluarse junto con los riesgos y las compensaciones locales.

IV. Árboles, carbono y sistema climático

Los árboles intervienen en el ciclo del carbono mediante la fotosíntesis, la respiración, la producción de biomasa, la mortalidad y las transferencias hacia los suelos. Una parte del carbono asimilado se incorpora a las hojas, la madera, las ramas y las raíces; otra vuelve más rápidamente a la atmósfera o transita por los organismos del suelo. A escala forestal, el balance resulta del crecimiento, la mortalidad, la descomposición, las perturbaciones, las extracciones y la dinámica de los suelos.

Las observaciones a largo plazo confirman que los bosques constituyen un componente fundamental del balance terrestre del carbono, pero también muestran que esta función no es fija ni está garantizada. Una síntesis mundial publicada en Nature en 2024 estimó que el sumidero mundial de carbono forestal se había mantenido globalmente estable durante tres décadas, al tiempo que reveló evoluciones contrastadas según los biomas y una importante erosión del beneficio climático del sumidero debido a la deforestación tropical. Consultar Pan et al. (2024).

A escala individual, un análisis de 403 especies tropicales y templadas mostró que, para la mayoría de las especies estudiadas, la tasa absoluta de acumulación de masa aumenta con el tamaño del árbol. Esto significa que un gran árbol antiguo no debe describirse como un simple reservorio inerte: puede seguir acumulando cantidades considerables de carbono. Consultar Stephenson et al. (2014).

Reserva y flujo no son lo mismo

Un ecosistema puede contener una reserva de carbono muy elevada y presentar, en un año determinado, un flujo neto de secuestro relativamente bajo; a la inversa, un rodal joven de rápido crecimiento puede mostrar un flujo anual importante y contener todavía una reserva muy inferior a la de un bosque antiguo. Confundir ambos conceptos conduce a razonamientos engañosos de compensación.

La función climática de los bosques no es únicamente biogeoquímica. La cubierta arbórea también modifica los intercambios de energía y agua con la atmósfera. Un estudio observacional mundial mostró que las pérdidas de cubierta forestal aumentaban las temperaturas medias y máximas de la superficie terrestre y modificaban la amplitud térmica diurna. El IPCC recuerda que estos efectos biofísicos —evapotranspiración, albedo, rugosidad y compuestos volátiles— varían considerablemente según las regiones bioclimáticas y los sistemas de gestión. Consultar Alkama & Cescatti (2016); consultar el capítulo 7 del IPCC AR6 WGIII.

V. Árboles, agua y circulación de la humedad

El agua atraviesa el árbol. Es absorbida por las raíces, transportada por los tejidos conductores y devuelta parcialmente a la atmósfera mediante la transpiración. A escala del dosel se añaden la intercepción de las precipitaciones, la evaporación del agua retenida por las hojas y los efectos de la vegetación sobre la estructura del suelo. Estos procesos influyen en los balances hídricos del suelo, de la planta, de la cuenca y de la atmósfera.

1. De la transpiración al reciclaje de la humedad atmosférica

En las regiones tropicales, trabajos que combinan observaciones por satélite y trayectorias atmosféricas han mostrado que las masas de aire que habían circulado sobre una vegetación extensa se asociaban con mayores precipitaciones que las que habían circulado sobre superficies menos vegetadas. El mecanismo propuesto es coherente con el mantenimiento de la humedad atmosférica mediante la evapotranspiración. Consultar Spracklen, Arnold & Taylor (2012).

Este resultado es importante, pero no debe transformarse en un eslogan universal del tipo «los árboles hacen llover». La relación entre vegetación, convección, circulación atmosférica y precipitaciones depende de la escala, la región, la estación y las dinámicas meteorológicas. Lo que la ciencia sustenta con solidez es que la vegetación —y especialmente los grandes complejos forestales de determinadas regiones— participa en el reciclaje continental del agua y puede influir en las precipitaciones a sotavento.

2. Infiltración, escorrentía y cuencas

Los efectos de los árboles sobre las inundaciones y los caudales no pueden resumirse en una regla simple. Dependen de la profundidad y permeabilidad de los suelos, del estado de saturación, del relieve, de la intensidad de las lluvias, de los usos del suelo y de la estructura de la vegetación. En una región de bosque tropical húmedo montano de México, la comparación de cuencas vecinas mostró que la conversión en pastizal modificaba los procesos de generación de escorrentía durante lluvias intensas, mientras que un bosque en regeneración natural desde hacía veinte años presentaba, en ese contexto, características hidrológicas próximas a las del bosque maduro. Consultar Muñoz-Villers & McDonnell (2013).

3. Raíces y estabilidad física

Las raíces también pueden reforzar mecánicamente los suelos o las riberas. Mediciones realizadas en ríos restaurados de los Alpes italianos mostraron que los sistemas radicales de especies ribereñas contribuían a la cohesión y resistencia de los sedimentos, con efectos variables según las especies, la profundidad y el contexto sedimentario. Consultar Andreoli et al. (2020).

VI. Árboles, suelos y ciclos biogeoquímicos

La parte visible del árbol puede dar la impresión de que la mayor parte de su funcionamiento se desarrolla sobre el suelo. Sin embargo, una parte determinante de sus intercambios tiene lugar bajo tierra. Las raíces absorben agua y nutrientes, liberan compuestos carbonados, mueren y se renuevan; interactúan con bacterias, hongos y otros organismos de la rizosfera. La hojarasca también alimenta la descomposición y los ciclos de los elementos.

Una síntesis publicada en 2025 en Nature Geoscience, basada en datos de campo relativos a las raíces finas absorbentes de plantas leñosas micorrizadas en grandes tipos de bosques del hemisferio norte, mostró que la renovación y la descomposición relativamente lenta de estas raíces pueden contribuir sustancialmente a la acumulación de carbono en los suelos durante varias décadas. Los autores muestran asimismo que esta contribución varía según el tipo de micorriza y los rasgos radicales. Consultar Ma et al. (2025).

La importancia de este resultado va más allá del carbono. Recuerda que el suelo forestal es producto de interacciones a largo plazo entre materia mineral, organismos, raíces, materia orgánica, agua y perturbaciones. Eliminar un árbol o una cubierta arbórea no borra instantáneamente todas estas estructuras; a la inversa, plantar un árbol joven no las reconstituye de inmediato.

El árbol y el suelo se construyen mutuamente

Las raíces pueden crear o mantener macroporos, influir en la agregación y redistribuir el agua y los elementos minerales, mientras que la naturaleza del suelo condiciona profundamente el crecimiento del árbol. Se trata de una relación recíproca. Por ello, una política que solo mida el número de tallos plantados, sin seguir los suelos, su compactación, su hidrología y su actividad biológica, solo mide una fracción de la realidad ecológica.

Principio subterráneo

Proteger el Árbol sin proteger las condiciones físicas y biológicas de su suelo equivale a proteger únicamente una parte del sistema que hace posible su existencia.

VII. El Árbol como arquitectura de los sistemas vivos

El Árbol no es únicamente un productor de biomasa. Mediante su forma y a lo largo del tiempo, crea espacio ecológico. Raíces, corteza, ramas, follaje, flores, frutos, cavidades, madera senescente y madera muerta proporcionan sustratos, refugios, recursos y microclimas. A escala forestal, la superposición de estratos, claros, diámetros, alturas y madera muerta produce una arquitectura tridimensional que multiplica los nichos ecológicos.

Una cartografía casi mundial realizada mediante el lidar espacial GEDI confirmó que la complejidad estructural tridimensional constituye una característica fundamental del funcionamiento forestal: afecta a los entornos lumínicos, al ciclo de los nutrientes, a la biodiversidad y a la calidad de los hábitats. Los autores subrayan asimismo que esta complejidad varía considerablemente entre biomas y no puede reducirse únicamente a la altura o a la cubierta del dosel. Consultar de Conto, Armston & Dubayah (2024).

A otra escala, los árboles veteranos muestran por qué la edad y la estructura no son simples variables estéticas. Trabajos realizados sobre robles antiguos del norte de Europa los describen como estructuras clave para la biodiversidad y muestran que albergan comunidades y funciones diferentes de las asociadas a los árboles jóvenes. Consultar Wetherbee, Birkemoe & Sverdrup-Thygeson (2020).

La biodiversidad no es un complemento decorativo del bosque

Un análisis mundial de cientos de miles de parcelas forestales constató que una relación positiva entre la diversidad de árboles y la productividad forestal predominaba a escala global, al tiempo que mostraba la importancia del contexto biogeográfico. Esto no significa que «más especies» produzca mecánicamente «más de todo». Significa que la biodiversidad, la productividad, la estabilidad y el funcionamiento no pueden tratarse como dimensiones ajenas entre sí. Consultar Liang et al. (2016).

VIII. Microclimas, temperaturas extremas y habitabilidad

La influencia de los árboles sobre la temperatura no se limita a la sombra. El dosel modifica la radiación recibida por las superficies, la velocidad del viento, la humedad y los flujos de calor sensible y latente. La evapotranspiración transforma una parte de la energía disponible en flujo de calor latente, en lugar de producir un calentamiento directo de la superficie y del aire. La combinación de estos mecanismos puede crear microclimas sensiblemente distintos de los espacios abiertos o fuertemente mineralizados.

En las ciudades, estos efectos son especialmente visibles. Un estudio de campo realizado en Madison, Wisconsin, mostró que la cubierta arbórea y las superficies impermeables interactuaban para determinar la temperatura estival del aire, y que el efecto de enfriamiento diurno del dosel dependía de la escala espacial analizada. Los autores insisten precisamente en esta dependencia de la escala, que impide convertir un único porcentaje de cubierta arbórea en un umbral universal aplicable a todas las ciudades. Consultar Ziter et al. (2019).

En los bosques, el dosel también actúa como amortiguador: modifica la radiación, las temperaturas máximas, la humedad y las condiciones experimentadas por los organismos del sotobosque. La pérdida del dosel puede exponer bruscamente a comunidades adaptadas a un régimen microclimático más estable.

Para las sociedades humanas, la habitabilidad debe entenderse de manera aún más amplia. La sombra, el enfriamiento diurno, la protección de los suelos, la regulación de determinados flujos, la calidad del hábitat, los recursos alimentarios o madereros y el confort bioclimático pueden combinarse. Sin embargo, ninguno de estos beneficios justifica plantar cualquier especie, en cualquier lugar y con cualquier densidad. La elección de las especies, el volumen de suelo, el acceso al agua, los riesgos alergénicos, la seguridad, las infraestructuras y el clima futuro forman parte de la decisión.

Habitabilidad

El Árbol no «enfría el planeta» de manera uniforme. Modifica balances de energía y agua cuyos efectos dependen de la escala y del bioma. Esta complejidad no debilita su función; obliga a describirla correctamente.

IX. Una misma palabra, varias escalas: árbol, seto, bosque de ribera, agroforestería y bosque

El artículo II habla del Árbol, no únicamente del bosque. Esta distinción es importante. Un árbol aislado puede constituir un hábitat, proporcionar sombra, producir semillas, conectar dos fragmentos del paisaje o proteger localmente un suelo. Un seto puede modificar el viento, la escorrentía, el desplazamiento de organismos y la estructura de una parcela agrícola. Un bosque de ribera actúa en la interfaz entre el curso de agua y el medio terrestre. Un sistema agroforestal combina producción y funciones ecológicas. Un bosque añade propiedades emergentes relacionadas con la continuidad, la densidad, la diversidad, los suelos, los estratos y la dinámica del rodal.

Estos sistemas no deben jerarquizarse conforme a un principio simplista según el cual «más árboles» significaría siempre «mejor estado ecológico». Su función depende del ecosistema de referencia. Una sabana natural, un pastizal antiguo, una turbera abierta o determinados hábitats semiabiertos pueden perder biodiversidad y funciones cuando se forestan artificialmente.

Un estudio realizado en pastizales seminaturales de Estonia observó, por ejemplo, que la forestación y el abandono que conduce a la expansión de matorrales se asociaban, en ese contexto, con pérdidas de biodiversidad y una disminución de varios servicios ecosistémicos. El resultado no permite condenar la forestación en general; demuestra que la restauración de un ecosistema abierto puede exigir conservar su carácter abierto. De manera más amplia, el IPCC señala los riesgos que pueden generar las plantaciones forestales en sabanas, pastizales naturales o turberas templadas que no albergarían naturalmente un bosque, en particular para la biodiversidad, el agua y el riesgo de incendio. Consultar Prangel et al. (2023); consultar el capítulo 2 del IPCC AR6 WGII.

X. Lo que un árbol plantado no sustituye: el principio de no sustitución

Contar árboles es útil para describir una acción, pero resulta insuficiente para describir un estado ecológico. Dos sistemas con el mismo número de tallos pueden diferir radicalmente por el tamaño, la edad y las especies de los árboles, su estructura, sus suelos, su hidrología, su continuidad histórica, la presencia de cavidades o madera muerta, su conectividad y su capacidad de regeneración.

Una síntesis mundial publicada en Science en 2022 comparó distintos enfoques de restauración forestal a partir de miles de comparaciones procedentes de cientos de estudios. Por término medio, los bosques nativos ofrecieron mejores resultados que las plantaciones de árboles para la biodiversidad y varios servicios ecosistémicos examinados, entre ellos el almacenamiento de carbono sobre el suelo y el control de la erosión, mientras que las plantaciones presentaban ventajas para la producción de madera. La conclusión correcta no es, por tanto, que «las plantaciones son inútiles», sino que no son ecológicamente intercambiables con los bosques nativos. Consultar Hua et al. (2022).

Lo que una unidad contable idéntica puede ocultar desde el punto de vista ecológico.
Comparación Lo que puede recrearse con relativa rapidez Lo que exige tiempo o continuidad ecológica
Árbol joven / árbol maduro Presencia de un tallo, primeras hojas, potencial de crecimiento futuro. Gran volumen de biomasa, arquitectura, cavidades, madera de gran diámetro, producción de semillas, microhábitats, microclima desarrollado.
Plantación / bosque nativo Cubierta, producción de madera y determinadas funciones relativas al carbono y al suelo según el contexto. Composición ecológica, redes de especies, estructura compleja, continuidad de los suelos, regeneración autónoma, legados biológicos.
Cubierta arbórea / integridad ecológica Una métrica espacial visible mediante inventarios o teledetección. Origen, estructura, composición, funcionamiento, conectividad y trayectoria del sistema.

El principio de no sustitución también debe aplicarse al clima: plantar en otro lugar no convierte automáticamente la destrucción de una reserva antigua de carbono en una operación neutra. El tiempo necesario para acumular carbono, la permanencia de la nueva reserva y las diferencias de biodiversidad deben contabilizarse por separado.

No sustitución

La plantación es una herramienta. No debe convertirse en una unidad contable que permita borrar la pérdida de un árbol maduro, un bosque antiguo o un ecosistema naturalmente abierto.

XI. Lo que la ciencia permite afirmar —y lo que no permite afirmar—

La credibilidad científica del artículo II depende de su capacidad para distinguir las proposiciones sólidas de las formulaciones excesivas. Por ello, el cuadro siguiente constituye el núcleo de la prudencia metodológica de este artículo.

Distinción entre constataciones científicamente sustentadas y extrapolaciones que deben evitarse.
La ciencia permite afirmar La ciencia no permite afirmar
Los árboles y los bosques desempeñan una función fundamental en el ciclo terrestre del carbono. Que plantar árboles puede compensar indiscriminadamente y sin límite las emisiones procedentes de combustibles fósiles.
La vegetación arbórea modifica los flujos de agua y energía entre la tierra y la atmósfera. Que los árboles aumentan las precipitaciones en todas partes o reducen las inundaciones en todas partes conforme a una única regla.
Las raíces y los aportes orgánicos contribuyen a la estructura, los ciclos y el carbono de numerosos suelos forestales. Que todo suelo mejora necesariamente en cuanto se planta un árbol.
Los árboles crean hábitats y una estructura tridimensional esencial para numerosas comunidades biológicas. Que toda especie de árbol, con independencia de su edad o contexto, posee el mismo valor para la biodiversidad.
Los árboles pueden moderar determinados extremos térmicos y crear microclimas. Que un único porcentaje de cubierta arbórea garantiza el mismo enfriamiento en todas partes.
Los bosques nativos y las plantaciones pueden cumplir funciones diferentes y no intercambiables. Que una plantación reciente equivale instantáneamente a un bosque antiguo.
Los sistemas arbolados contribuyen de manera fundamental a la habitabilidad de numerosas regiones terrestres. Que toda la vida en la Tierra depende directamente de cada árbol o que los árboles son la única fuente del oxígeno planetario.
La protección y la restauración de los árboles deben ajustarse al ecosistema de referencia. Que todos los espacios terrestres deberían forestarse o densificarse con árboles.

XII. De la interdependencia ecológica al artículo II: lo que la ciencia fundamenta y lo que no decide

Debe mantenerse una distinción constante: un hecho científico no es, por sí mismo, una norma jurídica. La ciencia puede demostrar que un bosque contiene una reserva de carbono, que un dosel modifica la temperatura, que un árbol veterano alberga microhábitats raros o que una transformación de la cubierta modifica los flujos de agua. También puede medir las consecuencias probables de la destrucción o la restauración de un sistema.

No decide, por sí sola, que el Árbol sea titular de un derecho, que deba imponerse una obligación a un propietario, que una entidad local deba proteger a un árbol individual determinado o que un tribunal deba reconocer legitimación activa. Tales decisiones corresponden a opciones normativas y a los ordenamientos jurídicos competentes.

Es precisamente aquí donde se sitúa la función del artículo II. No transforma automáticamente un dato ecológico en derecho positivo. Proporciona un fundamento objetivo a la normatividad propuesta por la Declaración: si los árboles contribuyen materialmente a las condiciones de continuidad y habitabilidad de los sistemas vivos, no se los puede tratar razonablemente como si su existencia fuera ecológicamente indiferente.

La propia Declaración no es, por el mero hecho de existir, una norma directamente vinculante. Su fuerza obligatoria y su oponibilidad dependen de su recepción o aplicación por las autoridades, los textos o los instrumentos competentes. Esta distinción entre realidad científica, proposición normativa y efecto jurídico positivo debe mantenerse sin ambigüedad.

Ciencia y derecho

La ciencia no prueba un derecho. Establece realidades, interdependencias y riesgos a partir de los cuales una sociedad puede decidir desarrollar el derecho.

XIII. Artículo I → Artículo II → Artículo III: calificar, justificar, obligar

Los tres artículos de la Declaración adquieren toda su coherencia cuando se leen como una progresión. El artículo I responde a una cuestión de calificación: ¿qué es el Árbol y qué valor le reconocemos? El artículo II responde a una cuestión de justificación: ¿sobre qué fundamento objetivo su existencia no es ecológicamente indiferente para la continuidad de los sistemas vivos? El artículo III introduce la consecuencia normativa: ¿qué responsabilidad deben asumir los seres humanos a partir de este conocimiento?

Artículo I — Calificar

Realidad biológica y calificación normativa.
El Árbol es reconocido como ser vivo sensible, fuente de Vida y bien común de la humanidad.

Artículo II — Justificar

Interdependencia ecológica y fundamento científico.
La existencia de los árboles y de los sistemas arbolados contribuye a las condiciones necesarias para la continuidad y habitabilidad de la Vida terrestre contemporánea.

Artículo III — Obligar

Responsabilidad humana y consecuencia normativa.
La razón y la conciencia fundamentan la exigencia de actuar con el Árbol en un espíritu de fraternidad y solidaridad.

Esta arquitectura evita dos reducciones opuestas. La primera consistiría en convertir la Declaración en una simple afirmación moral desligada de las realidades biológicas. La segunda consistiría en sostener que la ciencia dicta directamente una solución jurídica determinada. Entre ambas, la Declaración propone un método: reconocer una realidad, establecer su fundamento y formular después una responsabilidad cuya traducción jurídica corresponde a las instituciones competentes.

XIV. Conclusión — La interdependencia como fundamento

El artículo II de la Declaración Universal de los Derechos del Árbol no debe reducirse a una fórmula simbólica ni inflarse hasta convertirse en una proposición científica absoluta. Su alcance más sólido es sistémico.

Los conocimientos contemporáneos muestran que los árboles y los sistemas arbolados intervienen en grandes procesos del funcionamiento terrestre: asimilación y almacenamiento de carbono, intercambios de energía con la atmósfera, evapotranspiración y reciclaje de la humedad, hidrología de las cuencas, dinámica de los suelos, hábitats y complejidad estructural, microclimas y condiciones locales de habitabilidad. Estas funciones interactúan. Su importancia depende de las especies, la edad, el bioma, el suelo, el clima, la escala y la trayectoria ecológica.

La misma ciencia también establece límites. Impide confundir árbol y bosque, plantación y restauración, flujo y reserva, cubierta arbórea e integridad ecológica. Impide afirmar que toda la vida depende directamente de todo árbol. Exige asimismo proteger los ecosistemas naturalmente abiertos. Recuerda que la biosfera no se reduce a los árboles y que la restauración de los sistemas vivos no puede reducirse a un objetivo numérico de plantación.

Estas precauciones no disminuyen la importancia del Árbol. La hacen más exacta. El Árbol aparece entonces no como una solución universal aislada, sino como uno de los grandes organismos estructurantes de los sistemas terrestres, conectado con el clima, el agua, el suelo e innumerables formas de vida.

Conclusión científica y doctrinal

«De la existencia del Árbol depende la Vida en el planeta» debe entenderse como el enunciado de una interdependencia ecológica fundamental, y no como el de una dependencia individual absoluta.

La ciencia describe esta interdependencia. La Declaración le confiere un alcance normativo. Los ordenamientos jurídicos competentes deciden su traducción al derecho positivo.

Artículo I: calificar.
Artículo II: justificar.
Artículo III: obligar.

Referencias institucionales y doctrinales

Las referencias siguientes sitúan el artículo II en el corpus oficial de la Declaración Universal de los Derechos del Árbol. Cumplen una función distinta de la de las publicaciones científicas citadas a continuación.

  1. Sitio oficial de la Declaración Universal de los Derechos del Árbol — texto fundacional y corpus de referencia; el texto francés sigue siendo el texto de referencia.
  2. Los fundamentos jurídicos de la Declaración Universal de los Derechos del Árbol — calificación jurídica, fundamento científico y consecuencia normativa.
  3. Marco oficial de la Declaración Universal de los Derechos del Árbol — custodia institucional, estatuto y articulación de los instrumentos.
  4. What a Forest Is — and What It Is Not — in Light of the Universal Declaration of Tree Rights — doctrina ecológica sobre la identidad forestal, la integridad, la restauración y la no sustitución.

Referencias científicas

Selección de las principales fuentes utilizadas para establecer los mecanismos y las precauciones expuestos en este artículo. Esta lista no constituye una revisión sistemática exhaustiva.

  1. Pan, Y. et al. (2024). The enduring world forest carbon sink. Nature, 631, 563–569. DOI: 10.1038/s41586-024-07602-x. Fuente.
  2. Stephenson, N. L. et al. (2014). Rate of tree carbon accumulation increases continuously with tree size. Nature, 507, 90–93. DOI: 10.1038/nature12914. Fuente.
  3. Alkama, R. & Cescatti, A. (2016). Biophysical climate impacts of recent changes in global forest cover. Science, 351, 600–604. DOI: 10.1126/science.aac8083. Fuente.
  4. IPCC (2022). Climate Change 2022: Mitigation of Climate Change — Chapter 7: Agriculture, Forestry and Other Land Uses. Fuente oficial.
  5. IPCC (2022). Climate Change 2022: Impacts, Adaptation and Vulnerability — Chapter 2: Terrestrial and Freshwater Ecosystems and Their Services. Fuente oficial.
  6. Spracklen, D. V., Arnold, S. R. & Taylor, C. M. (2012). Observations of increased tropical rainfall preceded by air passage over forests. Nature, 489, 282–285. DOI: 10.1038/nature11390. Fuente. Fe de erratas aclaratoria: DOI 10.1038/nature11904.
  7. Muñoz-Villers, L. E. & McDonnell, J. J. (2013). Land use change effects on runoff generation in a humid tropical montane cloud forest region. Hydrology and Earth System Sciences, 17, 3543–3560. DOI: 10.5194/hess-17-3543-2013. Fuente.
  8. Andreoli, A. et al. (2020). Roots reinforcement by riparian trees in restored rivers. Geomorphology, 370, 107389. DOI: 10.1016/j.geomorph.2020.107389. Fuente.
  9. Ma, N. et al. (2025). Substantial forest soil carbon accrual from absorptive fine roots over decadal timescales. Nature Geoscience, 18, 1020–1026. DOI: 10.1038/s41561-025-01790-5. Fuente.
  10. de Conto, T., Armston, J. & Dubayah, R. (2024). Characterizing the structural complexity of the Earth’s forests with spaceborne lidar. Nature Communications, 15, 8116. DOI: 10.1038/s41467-024-52468-2. Fuente.
  11. Liang, J. et al. (2016). Positive biodiversity-productivity relationship predominant in global forests. Science, 354, aaf8957. DOI: 10.1126/science.aaf8957. Fuente.
  12. Wetherbee, R., Birkemoe, T. & Sverdrup-Thygeson, A. (2020). Veteran trees are a source of natural enemies. Scientific Reports, 10, 18485. DOI: 10.1038/s41598-020-75723-0. Fuente.
  13. Ziter, C. D. et al. (2019). Scale-dependent interactions between tree canopy cover and impervious surfaces reduce daytime urban heat during summer. Proceedings of the National Academy of Sciences, 116, 7575–7580. DOI: 10.1073/pnas.1817561116. Fuente.
  14. Hua, F. et al. (2022). The biodiversity and ecosystem service contributions and trade-offs of forest restoration approaches. Science, 376, 839–844. DOI: 10.1126/science.abl4649. Fuente.
  15. Prangel, E. et al. (2023). Afforestation and abandonment of semi-natural grasslands lead to biodiversity loss and a decline in ecosystem services and functions. Journal of Applied Ecology, 60. DOI: 10.1111/1365-2664.14375. Fuente.

Transparencia científica

Este artículo es una síntesis científica y doctrinal. No constituye una revisión sistemática exhaustiva ni una publicación de investigación original. Los estudios citados se seleccionaron para documentar mecanismos centrales, diferencias de escala y los límites necesarios para interpretar el artículo II.

Los resultados de un estudio local no se presentan como una regla planetaria. Los estudios sobre la Amazonia se utilizan para documentar mecanismos propios o especialmente importantes de los trópicos; los estudios hidrológicos de cuenca se presentan dentro de su contexto; los estudios urbanos no se convierten en umbrales universales de cubierta arbórea; y los trabajos sobre pastizales seminaturales se utilizan para demostrar que una política de forestación puede ser inadecuada en un ecosistema abierto, no para cuestionar la función de los árboles en los ecosistemas de los que son constitutivos.

La cita de los autores y de las instituciones mencionadas no implica que apoyen la Declaración Universal de los Derechos del Árbol. Sus trabajos se citan precisamente para que las proposiciones de este artículo puedan verificarse, debatirse, criticarse, corregirse o completarse.

Por Ricardo Rey
Autor y fundador de la Declaración Universal de los Derechos del Árbol
Presidente de La Compagnie des Papillons Bleus

Preparado y publicado en el marco de los trabajos de La Compagnie des Papillons Bleus, organización responsable de la custodia institucional oficial de la Declaración Universal de los Derechos del Árbol.

Sitio oficial: www.declarationuniverselledesdroitsdelarbre.org.