L’Arbre, être vivant sensible : ce que la science permet d’affirmer — et ce qu’elle ne permet pas d’affirmer

Illustration trilingue d’un arbre montrant la perception de la lumière et de l’eau, la signalisation calcique et les composés volatils, avec le logo de la Déclaration universelle des droits de l’Arbre.

The Tree, a Sentient Living Being: What Science Allows Us to State — and What It Does Not

El Árbol, ser vivo sensible: lo que la ciencia permite afirmar — y lo que no permite afirmar

Perception, signalisation, adaptation et interactions : les fondements scientifiques de l’article I de la Déclaration universelle des droits de l’Arbre

Perception, signalling, adaptation and interactions: the scientific foundations of Article I of the Universal Declaration of Tree Rights

Percepción, señalización, adaptación e interacciones: los fundamentos científicos del artículo I de la Declaración Universal de los Derechos del Árbol

Pour replacer cette analyse scientifique dans le cadre général de la démarche, consultez le Cadre officiel de la Déclaration universelle des droits de l’Arbre et les Fondements juridiques de la Déclaration universelle des droits de l’Arbre.

For the institutional and legal context of this scientific analysis, see the Official Framework of the Universal Declaration of Tree Rights and the Legal Foundations of the Universal Declaration of Tree Rights.

Para situar este análisis científico en el marco general de la iniciativa, consulte el Marco oficial de la Declaración Universal de los Derechos del Árbol y los Fundamentos jurídicos de la Declaración Universal de los Derechos del Árbol.

1. OBJET ET MÉTHODE

PURPOSE AND METHOD

OBJETO Y MÉTODO

Français

Le présent article examine le socle scientifique sur lequel peut être comprise la première qualification de l’article I de la Déclaration universelle des droits de l’Arbre : l’Arbre comme « être vivant sensible ».

Il ne s’agit ni d’anthropomorphiser l’arbre, ni de rechercher dans le monde végétal l’équivalent exact des organes, des mécanismes ou des expériences propres au monde animal. Il s’agit d’examiner ce que la biologie végétale établit effectivement : la capacité d’un organisme à détecter certaines modifications de son environnement, à les convertir en signaux biologiques, à transmettre ces signaux, à produire des réponses différenciées et à ajuster son fonctionnement.

La méthode retenue repose sur quatre précautions :

  • privilégier les travaux expérimentaux publiés dans des revues scientifiques à comité de lecture et, autant que possible, les études primaires permettant d’identifier un mécanisme ;
  • distinguer les résultats obtenus sur des plantes modèles, notamment Arabidopsis thaliana, des observations réalisées directement sur des arbres ou des végétaux ligneux ;
  • distinguer la circulation d’un signal ou d’une information biologique de toute affirmation d’intention, de langage ou de conscience ;
  • distinguer enfin le fait scientifique de la qualification éthique, juridique ou normative qui peut être construite à partir de ce fait.

Une expérience réalisée sur Arabidopsis thaliana ne constitue donc pas, à elle seule, la démonstration que chaque mécanisme observé existe sous une forme identique chez toutes les espèces d’arbres. Les plantes modèles permettent d’identifier avec une grande précision certains mécanismes fondamentaux ; les études conduites sur les arbres permettent ensuite d’établir directement certaines réponses chez les organismes ligneux auxquels la Déclaration est consacrée.

Le présent texte est une synthèse scientifique et doctrinale institutionnelle fondée sur une sélection de publications primaires. Il ne constitue ni une revue systématique ou exhaustive de la littérature, ni un article de recherche original évalué par les pairs. Les publications citées demeurent les sources scientifiques de référence pour leurs protocoles, résultats, limites et interprétations.

English

This article examines the scientific foundation upon which the first characterisation in Article I of the Universal Declaration of Tree Rights may be understood: the Tree as a “sentient living being”.

The purpose is neither to anthropomorphise trees nor to search in plants for exact equivalents of organs, mechanisms or experiences specific to animals. The purpose is to examine what plant biology actually establishes: an organism’s capacity to detect certain changes in its environment, convert them into biological signals, transmit those signals, produce differentiated responses and adjust its functioning.

The method adopted rests upon four safeguards:

  • priority is given to experimental research published in peer-reviewed scientific journals and, wherever possible, to primary studies identifying mechanisms;
  • results obtained in model plants, particularly Arabidopsis thaliana, are distinguished from observations made directly in trees or other woody plants;
  • the transmission of a biological signal or information is distinguished from any claim concerning intention, language or consciousness;
  • scientific facts are finally distinguished from the ethical, legal or normative characterisations that may be constructed on their basis.

An experiment conducted in Arabidopsis thaliana therefore does not, by itself, demonstrate that every mechanism observed exists in an identical form in every tree species. Model plants make it possible to identify fundamental mechanisms with exceptional precision; studies conducted on trees then provide direct evidence for particular responses in the woody organisms to which the Declaration is devoted.

This text is an institutional scientific and doctrinal synthesis based on a selection of primary publications. It is neither a systematic or exhaustive review of the literature nor an original peer-reviewed research article. The cited publications remain the primary scientific sources for their protocols, results, limitations and interpretations.

Español

El presente artículo tiene por objeto examinar la base científica sobre la que puede entenderse la primera calificación del artículo I de la Declaración Universal de los Derechos del Árbol: el Árbol como «ser vivo sensible».

No se trata ni de antropomorfizar al árbol ni de buscar en el mundo vegetal equivalentes exactos de los órganos, mecanismos o experiencias propios del mundo animal. Se trata de examinar lo que la biología vegetal establece efectivamente: la capacidad de un organismo para detectar determinadas modificaciones de su entorno, transformarlas en señales biológicas, transmitir dichas señales, producir respuestas diferenciadas y ajustar su funcionamiento.

El método adoptado se basa en cuatro precauciones:

  • dar prioridad a investigaciones experimentales publicadas en revistas científicas sometidas a revisión por pares y, siempre que sea posible, a estudios primarios que permitan identificar mecanismos;
  • distinguir los resultados obtenidos en plantas modelo, especialmente Arabidopsis thaliana, de las observaciones realizadas directamente en árboles u otras plantas leñosas;
  • distinguir la transmisión de una señal o de una información biológica de cualquier afirmación relativa a intención, lenguaje o conciencia;
  • distinguir, por último, el hecho científico de la calificación ética, jurídica o normativa que pueda construirse a partir de dicho hecho.

Por consiguiente, un experimento realizado en Arabidopsis thaliana no demuestra por sí solo que cada mecanismo observado exista de forma idéntica en todas las especies de árboles. Las plantas modelo permiten identificar con gran precisión determinados mecanismos fundamentales; los estudios realizados en árboles permiten después establecer directamente ciertas respuestas en los organismos leñosos a los que se dedica la Declaración.

El presente texto es una síntesis científica y doctrinal institucional basada en una selección de publicaciones primarias. No constituye una revisión sistemática o exhaustiva de la literatura ni un artículo de investigación original sometido a revisión por pares. Las publicaciones citadas siguen siendo las fuentes científicas de referencia para sus protocolos, resultados, límites e interpretaciones.

2. QUE SIGNIFIE « ÊTRE VIVANT SENSIBLE » ?

WHAT DOES “SENTIENT LIVING BEING” MEAN HERE?

¿QUÉ SIGNIFICA « SER VIVO SENSIBLE »?

Français

L’article I de la Déclaration énonce : « L’Arbre, être vivant sensible, source de Vie, est un bien commun de l’humanité. »

Dans la présente analyse, le noyau scientifique de la notion de « sensible » est entendu dans un sens biologique, opérationnel et vérifiable : la capacité d’un organisme vivant à détecter des variations pertinentes de son environnement interne ou externe, à les transduire en signaux biologiques et à modifier son fonctionnement en conséquence.

Cette définition ne suppose ni cerveau, ni neurones, ni système nerveux. Chez les végétaux, la détection et la transmission de l’information reposent sur d’autres architectures biologiques : photorécepteurs, protéines membranaires, canaux ioniques, flux de calcium, variations du potentiel électrique, hormones, métabolites et réseaux de signalisation moléculaire.

Sur le plan juridique, la qualification d’« être vivant sensible », propre à la Déclaration, ne constitue ni une reprise ni une extension du statut reconnu aux animaux par l’article 515-14 du Code civil français, qui les qualifie d’« êtres vivants doués de sensibilité ». Elle ne confère, par elle-même, à l’Arbre ni personnalité juridique, ni qualité de sujet de droit, ni régime juridique déterminé ; de tels effets ne peuvent résulter que d’une norme ou d’une décision compétente dans l’ordre juridique concerné.

English

Article I of the Declaration states: “The Tree, a sentient living being and source of Life, is a common good of humanity.”

For the purposes of this analysis, the scientific core underlying this characterisation is understood in an operational and testable biological sense: the capacity of a living organism to detect relevant changes in its internal or external environment, transduce them into biological signals and modify its functioning accordingly.

This definition requires neither a brain, neurons nor a nervous system. In plants, detection and information transmission rely upon different biological architectures, including photoreceptors, membrane proteins, ion channels, calcium fluxes, changes in electrical potential, hormones, metabolites and molecular signalling networks.

As a matter of law, the expression “sentient living being”, as used by the Declaration, neither reproduces nor extends the legal status accorded to animals by Article 515-14 of the French Civil Code, which uses the French expression « êtres vivants doués de sensibilité ». It does not, by itself, confer legal personhood, the status of a legal subject or any predetermined legal regime upon the Tree; any such legal effects can arise only from a competent rule or decision within the relevant legal order.

Español

El artículo I de la Declaración establece: « El Árbol, ser vivo sensible, fuente de Vida, es un bien común de la humanidad. »

En el presente análisis, el núcleo científico de la noción de «sensible» se entiende en un sentido biológico, operativo y verificable: la capacidad de un organismo vivo para detectar variaciones pertinentes de su entorno interno o externo, transformarlas en señales biológicas y modificar su funcionamiento en consecuencia.

Esta definición no presupone cerebro, neuronas ni sistema nervioso. En las plantas, la detección y la transmisión de información se basan en otras arquitecturas biológicas: fotorreceptores, proteínas de membrana, canales iónicos, flujos de calcio, variaciones del potencial eléctrico, hormonas, metabolitos y redes de señalización molecular.

Desde el punto de vista jurídico, la calificación de «ser vivo sensible», propia de la Declaración, no constituye ni una reproducción ni una extensión del estatuto reconocido a los animales por el artículo 515-14 del Código Civil francés, que utiliza la expresión francesa « êtres vivants doués de sensibilité ». No confiere, por sí sola, al Árbol personalidad jurídica, condición de sujeto de derecho ni un régimen jurídico determinado; tales efectos jurídicos solo pueden resultar de una norma o decisión competente en el ordenamiento jurídico de que se trate.

3. PERCEVOIR L’ENVIRONNEMENT

PERCEIVING THE ENVIRONMENT

PERCIBIR EL ENTORNO

Français

Un végétal est continuellement soumis à des variations de lumière, de gravité, d’humidité, de température, de pression mécanique, de composition chimique et à la présence d’autres organismes. Sa survie suppose qu’une partie de ces variations puisse être détectée et transformée en réponses biologiques appropriées.

La lumière

La lumière n’est pas seulement une source d’énergie pour la photosynthèse : sa direction constitue également une information. Nawkar et collaborateurs ont précisé en 2023 le mécanisme physique par lequel les tissus d’Arabidopsis thaliana génèrent un signal optique directionnel permettant le phototropisme. Des photorécepteurs de la famille des phototropines participent à cette détection et à l’orientation de la croissance vers la lumière.[5]

La gravité

Les racines et les organes aériens orientent leur croissance en fonction du champ gravitationnel. Nishimura et collaborateurs ont montré en 2023 comment le déplacement des statolithes cellulaires peut conduire à la relocalisation de protéines LZY vers la membrane plasmique et participer à l’établissement d’une polarité cellulaire permettant la réponse gravitropique.[6]

L’eau

Les racines sont également capables d’orienter leur croissance en fonction de la disponibilité en eau. Shkolnik et collaborateurs ont identifié, chez Arabidopsis, un signal calcique lent transmis à longue distance par le phloème et dépendant notamment de MIZ1, nécessaire au suivi des gradients hydriques par les racines.[3]

Les forces mécaniques

Le toucher, la flexion, l’impact d’une goutte de pluie ou l’action d’un herbivore peuvent constituer des stimuli biologiquement pertinents. En 2022, Matsumura et collaborateurs ont montré que des trichomes d’Arabidopsis thaliana fonctionnent comme cellules mécanoréceptrices : leur stimulation déclenche des vagues intercellulaires de calcium et active des voies de défense immunitaire. Dans les conditions de l’expérience, dix gouttes simulant la pluie suffisaient à provoquer, quinze minutes plus tard, l’induction significative de plus d’un millier de gènes.[4]

Pris séparément, aucun de ces mécanismes ne définit à lui seul la « sensibilité » d’un végétal. Ensemble, ils établissent cependant un point essentiel : la plante n’est pas un support passif sur lequel l’environnement agit sans médiation biologique.

English

A plant is continuously exposed to variations in light, gravity, moisture, temperature, mechanical pressure and chemical composition, as well as to the presence of other organisms. Survival requires that at least some of these variations be detected and converted into appropriate biological responses.

Light

Light is not merely an energy source for photosynthesis: its direction also provides information. In 2023, Nawkar and colleagues clarified the physical mechanism through which tissues of Arabidopsis thaliana generate a directional optical signal enabling phototropism. Phototropin-family photoreceptors participate in this detection and in the orientation of growth towards light.[5]

Gravity

Roots and aerial organs orient their growth according to the gravitational field. In 2023, Nishimura and colleagues showed how the displacement of cellular statoliths can cause LZY proteins to relocate to the plasma membrane and contribute to the establishment of the cellular polarity required for gravitropic responses.[6]

Water

Roots can also orient growth according to water availability. In Arabidopsis, Shkolnik and colleagues identified a slow, long-distance calcium signal transmitted through the phloem and dependent in particular on MIZ1, which is required for root tracking of water gradients.[3]

Mechanical forces

Touch, bending, the impact of a raindrop or the action of an herbivore may constitute biologically relevant stimuli. In 2022, Matsumura and colleagues showed that trichomes in Arabidopsis thaliana function as mechanosensory cells: stimulation triggers intercellular calcium waves and activates immune defence pathways. Under the experimental conditions, ten simulated raindrops were sufficient to cause significant induction of more than one thousand genes fifteen minutes later.[4]

No single one of these mechanisms, taken in isolation, defines plant “sensitivity”. Together, however, they establish an essential point: a plant is not a passive substrate upon which its environment acts without biological mediation.

Español

Una planta está continuamente sometida a variaciones de luz, gravedad, humedad, temperatura, presión mecánica y composición química, así como a la presencia de otros organismos. Su supervivencia exige que al menos una parte de estas variaciones pueda ser detectada y transformada en respuestas biológicas apropiadas.

La luz

La luz no es únicamente una fuente de energía para la fotosíntesis: su dirección constituye también una información. En 2023, Nawkar y colaboradores precisaron el mecanismo físico mediante el cual los tejidos de Arabidopsis thaliana generan una señal óptica direccional que permite el fototropismo. Fotorreceptores de la familia de las fototropinas participan en esta detección y en la orientación del crecimiento hacia la luz.[5]

La gravedad

Las raíces y los órganos aéreos orientan su crecimiento en función del campo gravitatorio. En 2023, Nishimura y colaboradores demostraron cómo el desplazamiento de los estatolitos celulares puede provocar la relocalización de proteínas LZY hacia la membrana plasmática y contribuir al establecimiento de una polaridad celular necesaria para la respuesta gravitrópica.[6]

El agua

Las raíces también pueden orientar su crecimiento en función de la disponibilidad de agua. En Arabidopsis, Shkolnik y colaboradores identificaron una señal cálcica lenta transmitida a larga distancia por el floema y dependiente, entre otros factores, de MIZ1, necesaria para que las raíces sigan los gradientes hídricos.[3]

Las fuerzas mecánicas

El contacto, la flexión, el impacto de una gota de lluvia o la acción de un herbívoro pueden constituir estímulos biológicamente pertinentes. En 2022, Matsumura y colaboradores demostraron que los tricomas de Arabidopsis thaliana funcionan como células mecanosensoriales: su estimulación desencadena ondas intercelulares de calcio y activa vías de defensa inmunitaria. En las condiciones experimentales, diez gotas que simulaban la lluvia bastaron para provocar, quince minutos después, la inducción significativa de más de mil genes.[4]

Ninguno de estos mecanismos, considerado aisladamente, define por sí solo la «sensibilidad» de una planta. En conjunto, sin embargo, establecen un punto esencial: la planta no es un soporte pasivo sobre el que actúa el entorno sin mediación biológica.

4. TRANSFORMER ET TRANSMETTRE UN SIGNAL BIOLOGIQUE

CONVERTING AND TRANSMITTING A BIOLOGICAL SIGNAL

TRANSFORMAR Y TRANSMITIR UNA SEÑAL BIOLÓGICA

Français

Détecter une modification de l’environnement ne constitue que la première étape. Pour qu’elle produise une réponse coordonnée, l’information doit être transformée et, dans certains cas, transmise à d’autres cellules, tissus ou organes.

En 2013, Mousavi et collaborateurs ont montré que la blessure d’une feuille d’Arabidopsis provoque des variations électriques se propageant vers des feuilles éloignées et que plusieurs protéines de type GLUTAMATE RECEPTOR-LIKE (GLR) jouent un rôle important dans cette signalisation de feuille à feuille et dans l’activation de réponses associées au jasmonate.[1]

En 2018, Toyota et collaborateurs ont visualisé en temps réel la propagation de signaux calciques à longue distance après une blessure. Le glutamate libéré au niveau des tissus lésés participe au déclenchement de cette signalisation, qui atteint des organes non directement endommagés et contribue à l’activation des défenses.[2]

En 2025, Li et collaborateurs ont identifié le glutathion comme une molécule importante de la signalisation consécutive à une blessure. Leurs résultats montrent qu’il peut déclencher une propagation calcique à longue distance dépendante notamment de GLR3.3 et contribuer à l’expression de gènes de défense dans des feuilles éloignées.[9]

En 2026, Gaikwad et collaborateurs, dans un modèle d’immunité systémique acquise déclenchée chez Arabidopsis par la reconnaissance d’effecteurs pathogènes, ont mis en évidence une signalisation systémique précoce dépendante du calcium et du jasmonate ainsi que des potentiels électriques de surface systémiques dépendant notamment de récepteurs de type glutamate. Cette étude montre que des composantes calciques, hormonales et électriques peuvent s’articuler dans l’établissement d’une réponse systémique de défense ; elle ne doit pas être extrapolée à toute stimulation ni à toute espèce végétale.[10]

Toujours en 2026, Wang et collaborateurs ont montré qu’une blessure locale d’une feuille ou d’une racine de plantules d’Arabidopsis thaliana provoque une augmentation transitoire de l’ATP extracellulaire dans des tissus distants non lésés avant l’élévation systémique du calcium cytosolique. La mutation des récepteurs P2K de l’ATP extracellulaire atténuait cette réponse calcique distante, ce qui implique la voie eATP/P2K dans la signalisation systémique consécutive à la blessure.[11]

Le fait que certains signaux végétaux soient électriques ne signifie pas que les plantes possèdent des neurones ou un système nerveux. Il signifie qu’une variation de potentiel électrique constitue, parmi d’autres mécanismes, un mode de circulation de l’information biologique dans les tissus végétaux.

English

Detecting an environmental change is only the first stage. For it to produce a coordinated response, information must be converted and, in certain cases, transmitted to other cells, tissues or organs.

In 2013, Mousavi and colleagues showed that wounding an Arabidopsis leaf produces electrical changes that propagate towards distant leaves and that several GLUTAMATE RECEPTOR-LIKE (GLR) proteins play an important role in leaf-to-leaf signalling and the activation of jasmonate-associated responses.[1]

In 2018, Toyota and colleagues visualised in real time the propagation of long-distance calcium signals following wounding. Glutamate released at injured tissues participates in triggering this signalling, which reaches organs that have not themselves been damaged and contributes to defence activation.[2]

In 2025, Li and colleagues identified glutathione as an important signalling molecule following injury. Their results show that it can trigger long-distance calcium propagation dependent in particular upon GLR3.3 and contribute to defence-gene expression in distant leaves.[9]

In 2026, Gaikwad and colleagues, using an Arabidopsis model of systemic acquired immunity triggered by pathogen-effector recognition, identified early systemic signalling dependent on calcium and jasmonate together with systemic surface electrical potentials that depended in part on glutamate receptor-like proteins. The study shows that calcium, hormonal and electrical components can interact in the establishment of a systemic defence response; it should not be extrapolated to every stimulus or plant species.[10]

Also in 2026, Wang and colleagues showed that local wounding of a leaf or root in Arabidopsis thaliana seedlings triggers a transient increase in extracellular ATP in distant unwounded tissues before the systemic rise in cytosolic calcium. Mutations affecting the P2K extracellular-ATP receptors weakened this distant calcium response, implicating the eATP/P2K pathway in systemic signalling following injury.[11]

The fact that some plant signals are electrical does not mean that plants possess neurons or a nervous system. It means that changes in electrical potential constitute, among other mechanisms, one means by which biological information circulates through plant tissues.

Español

Detectar una modificación del entorno constituye únicamente la primera etapa. Para producir una respuesta coordinada, la información debe ser transformada y, en determinados casos, transmitida a otras células, tejidos u órganos.

En 2013, Mousavi y colaboradores demostraron que una lesión en una hoja de Arabidopsis provoca variaciones eléctricas que se propagan hacia hojas alejadas y que varias proteínas de tipo GLUTAMATE RECEPTOR-LIKE (GLR) desempeñan un papel importante en esta señalización de hoja a hoja y en la activación de respuestas asociadas al jasmonato.[1]

En 2018, Toyota y colaboradores visualizaron en tiempo real la propagación de señales cálcicas a larga distancia después de una lesión. El glutamato liberado en los tejidos lesionados participa en el desencadenamiento de esta señalización, que alcanza órganos no dañados directamente y contribuye a la activación de las defensas.[2]

En 2025, Li y colaboradores identificaron el glutatión como una molécula importante en la señalización posterior a una lesión. Sus resultados muestran que puede desencadenar una propagación cálcica a larga distancia dependiente, entre otros factores, de GLR3.3 y contribuir a la expresión de genes de defensa en hojas alejadas.[9]

En 2026, Gaikwad y colaboradores, utilizando un modelo de inmunidad sistémica adquirida en Arabidopsis desencadenada por el reconocimiento de efectores patógenos, pusieron de manifiesto una señalización sistémica temprana dependiente del calcio y del jasmonato, así como potenciales eléctricos sistémicos de superficie dependientes, en parte, de receptores de tipo glutamato. El estudio muestra que componentes cálcicos, hormonales y eléctricos pueden articularse en el establecimiento de una respuesta sistémica de defensa; no debe extrapolarse a todo estímulo ni a toda especie vegetal.[10]

También en 2026, Wang y colaboradores demostraron que una lesión local en una hoja o una raíz de plántulas de Arabidopsis thaliana provoca un aumento transitorio del ATP extracelular en tejidos distantes no lesionados antes del incremento sistémico del calcio citosólico. Las mutaciones que afectan a los receptores P2K del ATP extracelular atenuaron esta respuesta cálcica distante, implicando la vía eATP/P2K en la señalización sistémica posterior a la lesión.[11]

El hecho de que algunas señales vegetales sean eléctricas no significa que las plantas posean neuronas o un sistema nervioso. Significa que una variación del potencial eléctrico constituye, entre otros mecanismos, una vía de circulación de información biológica en los tejidos vegetales.

5. RÉPONDRE ET ADAPTER SON FONCTIONNEMENT

RESPONDING AND ADAPTING BIOLOGICAL FUNCTION

RESPONDER Y ADAPTAR SU FUNCIONAMIENTO

Français

La perception biologique ne s’arrête pas à la production d’un signal. Celui-ci peut entraîner des modifications mesurables du fonctionnement de l’organisme : activation ou répression de gènes, synthèse de molécules de défense, production ou modification de phytohormones, changement de croissance, transformation métabolique ou préparation à une agression ultérieure.

L’étude de Matsumura et collaborateurs fournit un exemple particulièrement clair de cette chaîne causale : une stimulation mécanique localisée est détectée au niveau de trichomes, une signalisation calcique se propage, des voies moléculaires sont activées et une réponse immunitaire est déclenchée.[4]

De même, les travaux sur la signalisation systémique après blessure montrent qu’une atteinte locale peut modifier l’expression de gènes et les défenses de feuilles éloignées qui n’ont pas été directement lésées.[2] [9]

Dans ce contexte, le terme « adaptation » désigne ici l’ajustement physiologique ou développemental d’un organisme vivant à une information ou à une contrainte. Il ne signifie pas nécessairement apprentissage, mémoire consciente ou adaptation évolutive au sens génétique du terme.

Une notion particulièrement importante est celle d’amorçage ou priming : après réception d’un stimulus, un végétal peut se trouver dans un état lui permettant de répondre plus rapidement ou plus fortement à une agression ultérieure. Ce phénomène a notamment été observé chez le peuplier hybride après exposition à certains composés volatils.[13]

English

Biological perception does not end with signal production. A signal may generate measurable changes in the functioning of the organism: activation or repression of genes, synthesis of defensive molecules, production or alteration of phytohormones, changes in growth, metabolic transformation, or preparation for a subsequent challenge.

The study by Matsumura and colleagues provides a particularly clear example of this causal sequence: a localised mechanical stimulus is detected at trichomes, calcium signalling propagates, molecular pathways are activated and an immune response is initiated.[4]

Likewise, studies of systemic wound signalling show that local injury may alter gene expression and defence in distant leaves that were not directly damaged.[2] [9]

In this context, “adaptation” refers to a physiological or developmental adjustment by a living organism to information or constraint. It does not necessarily imply learning, conscious memory or evolutionary adaptation in the genetic sense.

A particularly important concept is priming: after receiving a stimulus, a plant may enter a state enabling it to respond more rapidly or more strongly to a subsequent challenge. This phenomenon has notably been observed in hybrid poplar following exposure to certain volatile compounds.[13]

Español

La percepción biológica no termina con la producción de una señal. Esta puede provocar modificaciones mensurables del funcionamiento del organismo: activación o represión de genes, síntesis de moléculas de defensa, producción o modificación de fitohormonas, cambios en el crecimiento, transformaciones metabólicas o preparación para una agresión posterior.

El estudio de Matsumura y colaboradores ofrece un ejemplo especialmente claro de esta cadena causal: un estímulo mecánico localizado es detectado en los tricomas, se propaga una señal cálcica, se activan vías moleculares y se desencadena una respuesta inmunitaria.[4]

Del mismo modo, los trabajos sobre señalización sistémica posterior a una lesión demuestran que un daño local puede modificar la expresión de genes y las defensas de hojas alejadas que no han sido lesionadas directamente.[2] [9]

En este contexto, «adaptación» designa aquí el ajuste fisiológico o del desarrollo de un organismo vivo ante una información o una limitación. No implica necesariamente aprendizaje, memoria consciente ni adaptación evolutiva en el sentido genético.

Una noción especialmente importante es la de priming o preparación: después de recibir un estímulo, una planta puede quedar en un estado que le permita responder de manera más rápida o intensa a una agresión posterior. Este fenómeno se ha observado, entre otros casos, en álamos híbridos expuestos a determinados compuestos volátiles.[13]

6. ÉCHANGER DES INFORMATIONS BIOLOGIQUES

EXCHANGING BIOLOGICAL INFORMATION

INTERCAMBIAR INFORMACIÓN BIOLÓGICA

Français

Les végétaux ne répondent pas seulement à des paramètres physiques tels que la lumière, la gravité ou l’eau. Ils sont également capables de détecter des molécules produites par d’autres organismes, y compris par d’autres végétaux.

Lorsqu’une feuille est blessée ou attaquée par un herbivore, elle peut libérer dans l’air différents composés organiques volatils. Ces molécules peuvent jouer plusieurs rôles écologiques et certaines peuvent être utilisées comme information par des tissus de la même plante ou par des plantes voisines.

En 2023, Aratani et collaborateurs ont visualisé en temps réel, chez des plantes réceptrices d’Arabidopsis, une augmentation du calcium cytosolique après exposition aux composés volatils provenant de plantes endommagées. Les auteurs ont identifié notamment deux aldéhydes volatils de feuille verte capables de provoquer des signatures calciques rapides et d’activer l’expression de gènes associés au stress.[7]

En 2024, Stirling et collaborateurs ont apporté un niveau mécanistique supplémentaire en montrant, chez le pétunia, le rôle d’une voie de signalisation dépendante de récepteurs KAI2 dans la perception et la réponse à certains composés organiques volatils.[8]

Le terme « communication végétale » est utilisé dans la littérature scientifique pour décrire certaines de ces interactions. Il convient néanmoins de le manier avec précision. En biologie, une molécule peut transmettre une information utilisable par un autre organisme sans que cela démontre une intention consciente de « parler », d’« avertir » ou d’« envoyer un message ».

English

Plants respond not only to physical parameters such as light, gravity or water. They can also detect molecules produced by other organisms, including other plants.

When a leaf is wounded or attacked by an herbivore, it may release different volatile organic compounds into the air. These molecules may fulfil several ecological functions, and some can be used as information by tissues of the same plant or by neighbouring plants.

In 2023, Aratani and colleagues visualised in real time, in receiver Arabidopsis plants, an increase in cytosolic calcium following exposure to volatiles released by damaged plants. The authors identified, among other compounds, two green-leaf volatile aldehydes capable of eliciting rapid calcium signatures and activating the expression of stress-responsive genes.[7]

In 2024, Stirling and colleagues provided a further mechanistic level by demonstrating, in petunia, the role of a KAI2 receptor-dependent signalling pathway in the perception of and response to certain volatile organic compounds.[8]

The term “plant communication” is used in the scientific literature to describe some of these interactions. It must nevertheless be handled precisely. In biology, a molecule may convey information that another organism can use without this demonstrating a conscious intention to “speak”, “warn” or “send a message”.

Español

Las plantas no responden únicamente a parámetros físicos como la luz, la gravedad o el agua. También son capaces de detectar moléculas producidas por otros organismos, incluidas otras plantas.

Cuando una hoja resulta lesionada o atacada por un herbívoro, puede liberar al aire distintos compuestos orgánicos volátiles. Estas moléculas pueden desempeñar varias funciones ecológicas y algunas pueden ser utilizadas como información por tejidos de la misma planta o por plantas vecinas.

En 2023, Aratani y colaboradores visualizaron en tiempo real, en plantas receptoras de Arabidopsis, un aumento del calcio citosólico después de la exposición a compuestos volátiles procedentes de plantas dañadas. Los autores identificaron, entre otros, dos aldehídos volátiles de hoja verde capaces de provocar firmas cálcicas rápidas y activar la expresión de genes asociados al estrés.[7]

En 2024, Stirling y colaboradores añadieron un nivel mecanístico adicional al demostrar, en petunias, el papel de una vía de señalización dependiente de receptores KAI2 en la percepción y respuesta a determinados compuestos orgánicos volátiles.[8]

El término «comunicación vegetal» se utiliza en la literatura científica para describir algunas de estas interacciones. Sin embargo, debe manejarse con precisión. En biología, una molécula puede transmitir información utilizable por otro organismo sin que ello demuestre una intención consciente de «hablar», «avisar» o «enviar un mensaje».

7. CE QUI EST DÉMONTRÉ DIRECTEMENT CHEZ LES ARBRES

WHAT HAS BEEN DEMONSTRATED DIRECTLY IN TREES

LO DEMOSTRADO DIRECTAMENTE EN LOS ÁRBOLES

Français

Une démonstration destinée à éclairer la Déclaration universelle des droits de l’Arbre ne peut pas se contenter de transposer sans précaution aux arbres les résultats obtenus sur une plante modèle. La recherche menée directement sur des espèces ligneuses apporte ici des éléments essentiels.

Une blessure locale peut provoquer une réponse à distance chez le peuplier

Dès 1991, Davis, Gordon et Smit ont montré chez de jeunes peupliers qu’une blessure mécanique appliquée à une feuille pouvait provoquer l’expression de gènes associés à la blessure dans des parties non lésées de la plante. La localisation de ces réponses distantes suivait l’organisation des flux d’assimilats et les connexions vasculaires.[12]

Le peuplier peut être préparé à une attaque par un composé volatil

En 2008, Frost et collaborateurs ont exposé des peupliers hybrides à des concentrations écologiquement pertinentes de cis-3-hexenyl acetate, un composé volatil de feuille verte associé aux lésions des tissus. Cette exposition a modifié l’état de préparation des défenses et affecté notamment l’expression de gènes, les phytohormones et certains métabolites lors d’une attaque ultérieure.[13]

Des arbres adultes réagissent à l’herbivorie dans leur milieu

En 2019, Clavijo McCormick et collaborateurs ont travaillé sur de vieux peupliers noirs (Populus nigra) en conditions de terrain. Une herbivorie expérimentale a modifié l’émission de composés volatils dans les feuilles attaquées et s’est accompagnée de changements concernant des gènes et des phytohormones liés à la défense.[14]

Cette étude est également précieuse par ce qu’elle ne montre pas : dans les conditions expérimentales retenues, les chercheurs n’ont pas observé la même induction dans les feuilles voisines non endommagées. Toutes les réponses ne sont ni universelles, ni automatiques, ni identiques d’une espèce, d’un tissu ou d’une situation écologique à l’autre.

Des indices volatils peuvent modifier la résistance de végétaux ligneux voisins

En 2024, Sakurai et Ishizaki ont étudié en conditions naturelles Camellia japonica et Camellia rusticana. Des branches exposées aux composés volatils provenant de feuilles endommagées de plantes voisines ont ensuite subi moins de dommages que les témoins. Une expérience de transfert d’air a renforcé l’interprétation selon laquelle des composés volatils constituaient les indices responsables de cet effet.[15]

Un arbre peut être la source d’un signal volatil ayant un effet mesurable sur un végétal voisin

En 2025, Zhu et collaborateurs ont conduit pendant deux années une expérience de terrain avec des bouleaux verruqueux (Betula pendula) sauvages et transgéniques présentant différents niveaux d’émission d’isoprène. Des plantes d’Arabidopsis thaliana placées à proximité des bouleaux à émissions d’isoprène plus élevées ont présenté une résistance accrue à Pseudomonas syringae, selon une voie dépendante de LLP1 et indépendante de la signalisation par le jasmonate. Cette expérience établit qu’un arbre peut, dans un environnement de terrain complexe, être la source de composés aéroportés ayant un effet immunitaire mesurable sur une plante voisine. Elle ne démontre pas, à elle seule, une communication d’arbre à arbre.[16]

La blessure reprogramme les émissions volatiles chez de nombreuses espèces d’arbres

En 2026, Yuan et collaborateurs ont analysé les composés volatils de feuille verte de 45 espèces d’arbres — 19 feuillues caduques et 26 persistantes — avant et après blessure mécanique. La blessure a multiplié les émissions totales par environ 5 à 200 selon les espèces et plus de 80 % des composés observés après blessure étaient nouvellement induits dans les conditions de l’étude. Les réponses différaient fortement entre espèces et stratégies écologiques. Cette étude élargit considérablement la base comparative disponible chez les arbres : elle démontre une reconfiguration des émissions volatiles consécutive à la blessure, sans constituer à elle seule une preuve de réception ou de communication interindividuelle.[17]

English

An analysis intended to inform the Universal Declaration of Tree Rights cannot simply transfer findings from a model plant to trees without qualification. Research conducted directly on woody species therefore provides essential evidence.

Local injury can induce a distant response in poplar

As early as 1991, Davis, Gordon and Smit showed in young poplar trees that mechanical wounding of one leaf could induce the expression of wound-associated genes in uninjured parts of the plant. The distribution of these distant responses followed assimilate movement and vascular connections.[12]

A volatile compound can prime poplar for subsequent attack

In 2008, Frost and colleagues exposed hybrid poplar to ecologically relevant concentrations of cis-3-hexenyl acetate, a green-leaf volatile associated with tissue damage. Exposure altered the state of defence preparedness and affected gene expression, phytohormones and certain metabolites during a subsequent attack.[13]

Mature trees respond to herbivory under field conditions

In 2019, Clavijo McCormick and colleagues studied old-growth black poplar (Populus nigra) under field conditions. Experimental herbivory altered volatile emissions from attacked leaves and was accompanied by changes involving defence-related genes and phytohormones.[14]

This study is also valuable for what it did not show: under the experimental conditions used, the researchers did not observe the same induction in neighbouring undamaged foliage. Responses are not necessarily universal, automatic or identical across species, tissues or ecological situations.

Volatile cues can alter resistance in neighbouring woody plants

In 2024, Sakurai and Ishizaki studied Camellia japonica and Camellia rusticana under natural conditions. Branches exposed to volatiles from damaged leaves of neighbouring plants subsequently suffered less damage than controls. An air-transfer experiment strengthened the interpretation that volatile compounds were the cues responsible for this effect.[15]

A tree can be the source of an airborne signal with a measurable effect on a neighbouring plant

In 2025, Zhu and colleagues conducted a two-year field experiment using wild-type and transgenic silver birch (Betula pendula) with different levels of isoprene emission. Arabidopsis thaliana plants placed near birches with higher isoprene emissions showed increased resistance to Pseudomonas syringae through an LLP1-dependent pathway that was independent of jasmonate signalling. The experiment establishes that, in a complex field environment, a tree can be the source of airborne compounds with a measurable immune effect on a neighbouring plant. It does not, by itself, demonstrate tree-to-tree communication.[16]

Wounding reprogrammes volatile emissions across many tree species

In 2026, Yuan and colleagues analysed green-leaf volatile compounds in 45 tree species — 19 deciduous and 26 evergreen — before and after mechanical wounding. Total emissions increased by approximately 5- to 200-fold depending on species, and more than 80% of the compounds observed after wounding were newly induced under the study conditions. Responses differed markedly across species and ecological strategies. This study substantially broadens the comparative evidence available for trees: it demonstrates wound-induced reconfiguration of volatile emissions, without by itself establishing reception or communication between individuals.[17]

Español

Un análisis destinado a fundamentar la Declaración Universal de los Derechos del Árbol no puede limitarse a trasladar sin precauciones a los árboles los resultados obtenidos en una planta modelo. La investigación realizada directamente en especies leñosas aporta por ello elementos esenciales.

Una lesión local puede provocar una respuesta a distancia en el álamo

Ya en 1991, Davis, Gordon y Smit demostraron en álamos jóvenes que una lesión mecánica aplicada a una hoja podía provocar la expresión de genes asociados a la herida en partes no lesionadas de la planta. La localización de estas respuestas distantes seguía el movimiento de los asimilados y las conexiones vasculares.[12]

Un compuesto volátil puede preparar al álamo para una agresión posterior

En 2008, Frost y colaboradores expusieron álamos híbridos a concentraciones ecológicamente pertinentes de cis-3-hexenyl acetate, un compuesto volátil de hoja verde asociado al daño de los tejidos. La exposición modificó el estado de preparación de las defensas y afectó a la expresión de genes, las fitohormonas y determinados metabolitos durante un ataque posterior.[13]

Los árboles adultos responden a la herbivoría en condiciones de campo

En 2019, Clavijo McCormick y colaboradores estudiaron viejos álamos negros (Populus nigra) en condiciones de campo. Una herbivoría experimental modificó la emisión de compuestos volátiles de las hojas atacadas y se acompañó de cambios relacionados con genes y fitohormonas implicados en la defensa.[14]

Este estudio es también valioso por lo que no mostró: en las condiciones experimentales empleadas, los investigadores no observaron la misma inducción en el follaje vecino no dañado. Las respuestas no son necesariamente universales, automáticas ni idénticas entre especies, tejidos o situaciones ecológicas.

Los indicios volátiles pueden modificar la resistencia de plantas leñosas vecinas

En 2024, Sakurai e Ishizaki estudiaron Camellia japonica y Camellia rusticana en condiciones naturales. Las ramas expuestas a compuestos volátiles procedentes de hojas dañadas de plantas vecinas sufrieron posteriormente menos daños que los controles. Un experimento de transferencia de aire reforzó la interpretación de que los compuestos volátiles constituían los indicios responsables de este efecto.[15]

Un árbol puede ser la fuente de una señal aérea con un efecto mensurable sobre una planta vecina

En 2025, Zhu y colaboradores realizaron durante dos años un experimento de campo con abedules plateados (Betula pendula) silvestres y transgénicos que presentaban distintos niveles de emisión de isopreno. Plantas de Arabidopsis thaliana situadas cerca de los abedules con mayores emisiones de isopreno mostraron una mayor resistencia a Pseudomonas syringae, mediante una vía dependiente de LLP1 e independiente de la señalización por jasmonato. El experimento establece que, en un entorno de campo complejo, un árbol puede ser la fuente de compuestos transportados por el aire con un efecto inmunitario mensurable sobre una planta vecina. No demuestra, por sí solo, una comunicación de árbol a árbol.[16]

La lesión reprograma las emisiones volátiles en numerosas especies de árboles

En 2026, Yuan y colaboradores analizaron los compuestos volátiles de hoja verde de 45 especies de árboles — 19 caducifolias y 26 perennifolias — antes y después de una lesión mecánica. Las emisiones totales aumentaron aproximadamente entre 5 y 200 veces según la especie, y más del 80 % de los compuestos observados después de la lesión fueron inducidos de novo en las condiciones del estudio. Las respuestas variaron notablemente entre especies y estrategias ecológicas. Este trabajo amplía considerablemente la base comparativa disponible en árboles: demuestra una reconfiguración de las emisiones volátiles inducida por la lesión, sin constituir por sí solo una prueba de recepción o comunicación entre individuos.[17]

8. CE QUE LA SCIENCE NE PERMET PAS D’AFFIRMER

WHAT SCIENCE DOES NOT ALLOW US TO ASSERT

LO QUE LA CIENCIA NO PERMITE AFIRMAR

Français

La force scientifique d’une affirmation dépend autant de ce qu’elle établit que des limites qu’elle reconnaît.

Les travaux présentés dans cet article établissent l’existence de mécanismes de détection, de transduction, de signalisation, de coordination physiologique, de réponse et, dans certaines situations, d’échange d’informations biologiquement pertinentes. Ils ne peuvent cependant pas être invoqués, à eux seuls, comme preuve :

  • d’une conscience phénoménale ;
  • d’une expérience subjective comparable à celle des animaux ;
  • d’une douleur végétale assimilable à la nociception et à l’expérience douloureuse animales ;
  • d’émotions au sens psychologique du terme ;
  • d’une intention consciente de communiquer ;
  • d’un cerveau ou d’un système nerveux végétal analogue à celui des animaux ;
  • d’une pensée au sens humain du terme.

Cette limite n’affaiblit pas la démonstration. Elle la protège.

La Déclaration universelle des droits de l’Arbre n’a aucun besoin de fonder sa qualification d’« être vivant sensible » sur des affirmations sensationnalistes telles que « les arbres pensent comme nous », « ressentent la douleur comme nous » ou « parlent comme nous ». La réalité scientifique, exposée avec précision, est déjà suffisamment forte.

English

The scientific strength of a proposition depends as much upon what it establishes as upon the limits it acknowledges.

The studies presented in this article establish mechanisms of detection, transduction, signalling, physiological coordination, response and, in certain situations, the exchange of biologically relevant information. They cannot, however, be invoked by themselves as proof of:

  • phenomenal consciousness;
  • subjective experience comparable to that of animals;
  • plant pain equivalent to animal nociception and painful experience;
  • emotions in the psychological sense;
  • a conscious intention to communicate;
  • a plant brain or nervous system analogous to that of animals;
  • thought in the human sense.

This limitation does not weaken the argument. It protects its scientific integrity.

The Universal Declaration of Tree Rights therefore does not need to base its characterisation of the Tree as a “sentient living being” upon sensational claims that “trees think like us”, “feel pain like us” or “talk like us”. The scientific reality, stated precisely, is already sufficiently significant.

Español

La solidez científica de una afirmación depende tanto de lo que establece como de los límites que reconoce.

Los estudios presentados en este artículo establecen la existencia de mecanismos de detección, transducción, señalización, coordinación fisiológica, respuesta y, en determinadas situaciones, intercambio de información biológicamente pertinente. Sin embargo, no pueden invocarse por sí solos como prueba de:

  • una conciencia fenoménica;
  • una experiencia subjetiva comparable a la de los animales;
  • un dolor vegetal asimilable a la nocicepción y a la experiencia dolorosa animales;
  • emociones en el sentido psicológico del término;
  • una intención consciente de comunicarse;
  • un cerebro o sistema nervioso vegetal análogo al de los animales;
  • un pensamiento en el sentido humano del término.

Este límite no debilita la demostración. Protege su rigor científico.

La Declaración Universal de los Derechos del Árbol no necesita fundamentar la calificación de «ser vivo sensible» en afirmaciones sensacionalistas como «los árboles piensan como nosotros», «sienten dolor como nosotros» o «hablan como nosotros». La realidad científica, expuesta con precisión, es ya suficientemente significativa.

9. DE LA RÉALITÉ BIOLOGIQUE À L’ARTICLE I DE LA DÉCLARATION

FROM BIOLOGICAL REALITY TO ARTICLE I OF THE DECLARATION

DE LA REALIDAD BIOLÓGICA AL ARTÍCULO I DE LA DECLARACIÓN

Français

La science et la norme n’exercent pas la même fonction. Une expérience peut montrer qu’un arbre réagit à une blessure, qu’une information biologique est transmise à distance, qu’un composé volatil modifie l’état de défense d’un autre végétal ou qu’une racine oriente sa croissance selon un gradient environnemental. Aucun de ces résultats ne produit mécaniquement, à lui seul, un droit juridique.

1. Le fait scientifique

Les végétaux sont des organismes vivants capables de détecter de multiples paramètres de leur environnement, de transduire des stimuli, de transmettre certains signaux, de coordonner des réponses physiologiques et de modifier leur fonctionnement. Chez les arbres, plusieurs de ces propriétés ont été directement mises en évidence.

2. La qualification portée par la Déclaration

La Déclaration universelle des droits de l’Arbre rassemble cette réalité biologique sous une formulation synthétique et normative : l’Arbre est reconnu comme un « être vivant sensible ». Cette qualification ne prétend pas constituer une nouvelle catégorie taxonomique ou une définition scientifique universelle de la sentience. Elle exprime, dans le langage propre de la Déclaration, le refus de considérer l’Arbre comme un simple objet matériel biologiquement passif ou exclusivement réductible à son utilité pour l’être humain.

3. La conséquence normative

La Déclaration franchit ensuite un seuil qui relève de l’éthique, du droit et du choix collectif : elle considère que la réalité propre de l’Arbre, son rôle dans la continuité de la Vie et la dépendance des sociétés humaines à l’égard des systèmes vivants justifient une relation fondée sur la considération, la responsabilité, la fraternité et la solidarité.

La science documente et établit empiriquement des phénomènes observables. La Déclaration leur donne une qualification et assume la portée normative qu’elle entend en tirer.

English

Science and normativity do not perform the same function. An experiment may show that a tree responds to injury, that biological information is transmitted over distance, that a volatile compound modifies the defensive state of another plant, or that a root redirects growth according to an environmental gradient. None of these results mechanically generates a legal right by itself.

1. Scientific fact

Plants are living organisms capable of detecting multiple environmental parameters, transducing stimuli, transmitting certain signals, coordinating physiological responses and modifying their functioning. Several of these properties have been demonstrated directly in trees.

2. The characterisation made by the Declaration

The Universal Declaration of Tree Rights brings this biological reality together within a synthetic and normative formulation: the Tree is recognised as a “sentient living being”. This characterisation does not purport to create a new taxonomic category or a universal scientific definition of sentience. In the language of the Declaration, it expresses a refusal to regard the Tree merely as a materially passive object or as something reducible exclusively to its usefulness to human beings.

3. The normative consequence

The Declaration then crosses a threshold belonging to ethics, law and collective choice: it considers that the Tree’s own biological reality, its role in the continuity of Life and the dependence of human societies upon living systems justify a relationship founded upon consideration, responsibility, fraternity and solidarity.

Science documents and empirically establishes observable phenomena. The Declaration gives them a characterisation and assumes the normative significance it seeks to draw from them.

Español

La ciencia y la norma no desempeñan la misma función. Un experimento puede demostrar que un árbol responde a una lesión, que una información biológica se transmite a distancia, que un compuesto volátil modifica el estado defensivo de otra planta o que una raíz reorienta su crecimiento en función de un gradiente ambiental. Ninguno de estos resultados produce mecánicamente, por sí solo, un derecho jurídico.

1. El hecho científico

Las plantas son organismos vivos capaces de detectar múltiples parámetros de su entorno, transducir estímulos, transmitir determinadas señales, coordinar respuestas fisiológicas y modificar su funcionamiento. Varias de estas propiedades han sido demostradas directamente en árboles.

2. La calificación formulada por la Declaración

La Declaración Universal de los Derechos del Árbol reúne esta realidad biológica en una formulación sintética y normativa: el Árbol es reconocido como «ser vivo sensible». Esta calificación no pretende constituir una nueva categoría taxonómica ni una definición científica universal de la sentiencia. Expresa, en el lenguaje propio de la Declaración, el rechazo a considerar al Árbol como un simple objeto material biológicamente pasivo o exclusivamente reducible a su utilidad para el ser humano.

3. La consecuencia normativa

La Declaración cruza después un umbral que pertenece a la ética, al derecho y a la elección colectiva: considera que la realidad propia del Árbol, su papel en la continuidad de la Vida y la dependencia de las sociedades humanas respecto de los sistemas vivos justifican una relación basada en la consideración, la responsabilidad, la fraternidad y la solidaridad.

La ciencia documenta y establece empíricamente fenómenos observables. La Declaración los califica y asume el alcance normativo que pretende extraer de ellos.

10. CONCLUSION

CONCLUSION

CONCLUSIÓN

Français

La connaissance contemporaine du végétal impose de dépasser l’image d’un organisme immobile et passif.

Les plantes détectent la lumière et sa direction, la gravité, la disponibilité en eau, des contraintes mécaniques et de multiples composés chimiques. Elles transforment des stimuli en signaux. Des variations électriques, des vagues calciques, des hormones et des molécules de signalisation participent à des communications internes à courte ou longue distance. Des tissus éloignés peuvent modifier leurs défenses après une atteinte locale. Des composés volatils peuvent modifier l’état physiologique de végétaux voisins. Chez plusieurs espèces d’arbres et de végétaux ligneux, certaines de ces capacités ont été directement observées.

Les données examinées ici ne justifient pas de décrire ces phénomènes comme une pensée humaine, une émotion ou une douleur animale. Elles justifient en revanche de les considérer pour ce qu’ils sont : des propriétés mesurables d’organismes vivants dont le fonctionnement repose sur une interaction permanente, organisée et dynamique avec leur environnement.

La qualification d’« être vivant sensible » retenue par l’article I de la Déclaration universelle des droits de l’Arbre peut ainsi être comprise à partir d’un faisceau convergent de réalités biologiques : percevoir, transduire, signaler, répondre, ajuster et interagir.

Elle ne repose pas sur l’idée que l’arbre serait un animal immobile ou un être humain végétal. Elle affirme au contraire que l’Arbre doit être reconnu dans sa propre manière d’être vivant.

English

Contemporary knowledge of plant biology requires us to move beyond the image of a stationary and passive organism.

Plants detect light and its direction, gravity, water availability, mechanical constraints and multiple chemical compounds. They convert stimuli into signals. Electrical changes, calcium waves, hormones and signalling molecules participate in short- and long-distance internal communication. Distant tissues may alter their defences following local injury. Volatile compounds may modify the physiological state of neighbouring plants. In several tree and woody-plant species, some of these capacities have been observed directly.

The evidence reviewed here does not justify describing these phenomena as human thought, emotion or animal pain. It does justify treating them for what they are: measurable properties of living organisms whose functioning depends upon continuous, organised and dynamic interaction with their environment.

The characterisation of the Tree as a “sentient living being” in Article I of the Universal Declaration of Tree Rights can therefore be understood through a converging body of biological realities: perceiving, transducing, signalling, responding, adjusting and interacting.

It is not founded upon the idea that a tree is an immobile animal or a vegetal human being. On the contrary, it affirms that the Tree must be recognised in its own mode of living existence.

Español

El conocimiento contemporáneo de la biología vegetal obliga a superar la imagen de un organismo inmóvil y pasivo.

Las plantas detectan la luz y su dirección, la gravedad, la disponibilidad de agua, las tensiones mecánicas y múltiples compuestos químicos. Transforman estímulos en señales. Variaciones eléctricas, ondas de calcio, hormonas y moléculas de señalización participan en comunicaciones internas a corta o larga distancia. Tejidos alejados pueden modificar sus defensas después de una lesión local. Los compuestos volátiles pueden modificar el estado fisiológico de plantas vecinas. En diversas especies de árboles y plantas leñosas, algunas de estas capacidades han sido observadas directamente.

Los datos examinados aquí no justifican describir estos fenómenos como pensamiento humano, emoción o dolor animal. Sí justifican, en cambio, considerarlos por lo que son: propiedades mensurables de organismos vivos cuyo funcionamiento se basa en una interacción permanente, organizada y dinámica con su entorno.

La calificación de «ser vivo sensible» recogida en el artículo I de la Declaración Universal de los Derechos del Árbol puede entenderse así a partir de un conjunto convergente de realidades biológicas: percibir, transducir, señalizar, responder, ajustar e interactuar.

No se fundamenta en la idea de que el árbol sea un animal inmóvil o un ser humano vegetal. Afirma, por el contrario, que el Árbol debe ser reconocido en su propia manera de existir como ser vivo.

11. RÉFÉRENCES SCIENTIFIQUES

SCIENTIFIC REFERENCES

REFERENCIAS CIENTÍFICAS

Les références sont présentées une seule fois dans leur forme bibliographique originale afin de préserver l’identification internationale des publications scientifiques.

References are presented once in their original bibliographic form in order to preserve the international identification of the scientific publications.

Las referencias se presentan una sola vez en su forma bibliográfica original para preservar la identificación internacional de las publicaciones científicas.

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  2. Toyota, M. et al. Glutamate triggers long-distance, calcium-based plant defense signaling. Science 361, 1112–1115 (2018). doi:10.1126/science.aat7744
  3. Shkolnik, D., Nuriel, R., Bonza, M.C., Costa, A. & Fromm, H. MIZ1 regulates ECA1 to generate a slow, long-distance phloem-transmitted Ca2+ signal essential for root water tracking in Arabidopsis. Proceedings of the National Academy of Sciences 115, 8031–8036 (2018). doi:10.1073/pnas.1804130115
  4. Matsumura, M. et al. Mechanosensory trichome cells evoke a mechanical stimuli-induced immune response in Arabidopsis thaliana. Nature Communications 13, 1216 (2022). doi:10.1038/s41467-022-28813-8
  5. Nawkar, G.M. et al. Air channels create a directional light signal to regulate hypocotyl phototropism. Science 382, 935–940 (2023). doi:10.1126/science.adh9384
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  8. Stirling, S.A. et al. Volatile communication in plants relies on a KAI2-mediated signaling pathway. Science 383, 1318–1325 (2024). doi:10.1126/science.adl4685
  9. Li, R. et al. Glutathione triggers leaf-to-leaf, calcium-based plant defense signaling. Nature Communications 16, 1915 (2025). doi:10.1038/s41467-025-57239-1
  10. Gaikwad, T. et al. Rapid local and systemic jasmonate signalling drives the initiation and establishment of plant systemic immunity. Nature Plants 12, 152–163 (2026). doi:10.1038/s41477-025-02178-4
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  12. Davis, J.M., Gordon, M.P. & Smit, B.A. Assimilate movement dictates remote sites of wound-induced gene expression in poplar leaves. Proceedings of the National Academy of Sciences 88, 2393–2396 (1991). doi:10.1073/pnas.88.6.2393
  13. Frost, C.J., Mescher, M.C., Dervinis, C., Davis, J.M., Carlson, J.E. & De Moraes, C.M. Priming defense genes and metabolites in hybrid poplar by the green leaf volatile cis-3-hexenyl acetate. New Phytologist 180, 722–734 (2008). doi:10.1111/j.1469-8137.2008.02599.x
  14. Clavijo McCormick, A. et al. Herbivore-induced volatile emission from old-growth black poplar trees under field conditions. Scientific Reports 9, 7714 (2019). doi:10.1038/s41598-019-43931-y
  15. Sakurai, Y. & Ishizaki, S. Plant–plant communication in Camellia japonica and C. rusticana via volatiles. Scientific Reports 14, 6284 (2024). doi:10.1038/s41598-024-56268-y
  16. Zhu, P. et al. Volatile-Mediated Plant Defense Networks: Field Evidence for Isoprene as a Short-Distance Immune Signal. Plant, Cell & Environment 48, 8616–8629 (2025). doi:10.1111/pce.70153
  17. Yuan, Y., Mao, Y., Zhou, G., Niinemets, Ü. & Sun, Z. Emission variations of GLVs from woody plants upon mechanical damage reflect trait-mediated physio-ecological adaptation strategies. Tree Physiology 46(5), tpag045 (2026). doi:10.1093/treephys/tpag045

Sélection de publications scientifiques primaires vérifiée au 12 août 2026. Cette synthèse ne constitue pas une revue systématique et ne prétend pas à l’exhaustivité.

Selection of primary scientific publications verified as of 12 August 2026. This synthesis is not a systematic review and does not claim to be exhaustive.

Selección de publicaciones científicas primarias verificada a 12 de agosto de 2026. Esta síntesis no constituye una revisión sistemática ni pretende ser exhaustiva.

Texte scientifique et doctrinal · Scientific and doctrinal text · Texto científico y doctrinal

Publié par La Compagnie des Papillons Bleus

Le présent article est publié dans le cadre des travaux scientifiques et doctrinaux de la Déclaration universelle des droits de l’Arbre. Il doit être lu en articulation avec le Cadre officiel et les Fondements juridiques de la Déclaration. Il constitue une synthèse institutionnelle : les publications scientifiques citées demeurent les sources primaires pour l’établissement et la discussion des résultats scientifiques.

This article is published as part of the scientific and doctrinal work of the Universal Declaration of Tree Rights. It should be read together with the Official Framework and the Legal Foundations of the Declaration. It is an institutional synthesis: the cited scientific publications remain the primary sources for establishing and discussing the scientific findings.

Este artículo se publica en el marco de los trabajos científicos y doctrinales de la Declaración Universal de los Derechos del Árbol. Debe leerse conjuntamente con el Marco oficial y los Fundamentos jurídicos de la Declaración. Constituye una síntesis institucional: las publicaciones científicas citadas siguen siendo las fuentes primarias para establecer y discutir los resultados científicos.