Plan national de restauration de la nature : ce que la France propose vraiment pour les forêts et les arbres

Illustration du Plan national de restauration de la nature montrant une forêt incendiée, une forêt en régénération, Paris en arrière-plan, des chiffres clés du plan français et le logo de la Déclaration universelle des droits de l’Arbre.

RESTAURATION DE LA NATURE · RÈGLEMENT (UE) 2024/1991 · FORÊTS · ARBRES · VILLES · INDICATEURS · FINANCEMENT · RAPPORTAGE · COLLECTIVITÉS

Cinq millions d’hectares annoncés, 105 641 hectares d’habitats forestiers dégradés à restaurer, un « zéro perte nette » urbain et des milliards d’arbres : derrière les grands chiffres, que mesure réellement le projet français ?

Publication : La Compagnie des Papillons Bleus ·
Date : 28 octobre 2026 ·
Version : 1.0

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1. CE QUE DEMANDE RÉELLEMENT LE RÈGLEMENT EUROPÉEN

Le règlement (UE) 2024/1991, entré en vigueur le 18 août 2024, impose aux États membres d’élaborer des plans nationaux de restauration de la nature (article 14).[3]

La restauration y est définie comme un processus consistant à aider activement ou passivement un écosystème à se rétablir afin d’améliorer sa structure et ses fonctions, sa biodiversité et sa résilience.

Pour les écosystèmes forestiers (article 12), le règlement impose une tendance à la hausse de l’indice des oiseaux communs des milieux forestiers et d’au moins six des sept indicateurs suivants :

  • le bois mort sur pied ;
  • le bois mort au sol ;
  • la part des forêts inéquiennes ;
  • la connectivité forestière ;
  • le stock de carbone organique ;
  • la part des forêts dominées par des essences indigènes ;
  • la diversité des essences d’arbres.

Cette architecture constitue un progrès majeur : la forêt n’est pas réduite à une simple surface couverte d’arbres.

Le règlement européen reconnaît implicitement qu’un écosystème forestier doit être apprécié à travers plusieurs dimensions de son fonctionnement.

Cette logique rejoint directement la doctrine développée dans le cadre de la Déclaration universelle des droits de l’Arbre : une forêt ne peut être définie exclusivement par sa superficie, son couvert ou son nombre de tiges.[5]

2. CINQ MILLIONS D’HECTARES : QUE RECOUVRE RÉELLEMENT CE CHIFFRE ?

Le projet français annonce :

Le chiffre est impressionnant.

Mais le document précise immédiatement qu’il s’agit d’une « cible chiffrée indicative », construite notamment à partir :

  • de la surface de forêt publique — forêts domaniales et forêts appartenant aux collectivités — bénéficiant de la mission d’intérêt général Biodiversité et Paysage de l’Office national des forêts ;
  • de la surface d’habitats d’intérêt communautaire relevant d’annexes vertes Natura 2000 renforcées.

Cette précision est essentielle.

Une surface forestière couverte par une politique, un dispositif, un document de gestion ou une mesure susceptible de contribuer à la restauration n’est pas nécessairement une surface écologiquement dégradée effectivement restaurée.

Il faut donc distinguer au moins trois réalités :

  1. la surface incluse dans un dispositif de restauration ou de gestion ;
  2. la surface sur laquelle une mesure concrète est effectivement réalisée ;
  3. la surface dont l’état écologique s’améliore effectivement à la suite de cette mesure.

Confondre ces trois niveaux conduirait à transformer un indicateur administratif de couverture en indicateur écologique de résultat.

Or les deux ne sont pas équivalents.

3. LE CHIFFRE BEAUCOUP PLUS INSTRUCTIF : 105 641 HECTARES

Lorsque l’on examine les habitats forestiers d’intérêt communautaire dont l’état est identifié comme dégradé, le projet français fixe, en application de l’article 4 du règlement, un objectif beaucoup plus précis :[3]

mettre en place des mesures de restauration sur au moins 30 % de leur surface dégradée d’ici 2030, soit 105 641 hectares.[1]

Il prévoit également la recréation de 30 % de la surface manquante par rapport à la surface de référence favorable, soit 53 hectares.

C’est pourquoi la communication publique doit les distinguer.

Dire que la France prévoit « de restaurer cinq millions d’hectares de forêts » peut laisser croire qu’il s’agit de cinq millions d’hectares de forêts dégradées devant retrouver un bon état écologique.

Le projet est plus prudent : il parle de mesures de restauration portant sur cinq millions d’hectares et qualifie lui-même cette valeur de cible indicative.

Compter une superficie concernée

n’est pas encore mesurer une restauration réussie.

La restauration ne devrait être considérée comme effective que lorsque l’évolution de l’écosystème peut être documentée : structure, composition, continuité, fonctions écologiques, sols, biodiversité, résilience et trajectoire.

4. LES FORÊTS FRANÇAISES : LE PLAN RECONNAÎT UNE CRISE RÉELLE

Le projet français ne minimise pas la dégradation des forêts.

Il rappelle que la mortalité annuelle moyenne des arbres en France hexagonale a atteint environ 15,2 millions de mètres cubes par an entre 2014 et 2022, contre 7,4 millions sur la période 2005-2013.[1]

Elle a donc approximativement doublé.

Sécheresses, températures élevées, crises sanitaires, scolytes, incendies et changement climatique exercent une pression croissante sur les écosystèmes forestiers.

Le projet retient trois grandes priorités.

4.1. Adapter les écosystèmes forestiers au changement climatique

Il prévoit notamment un renouvellement présenté comme adapté, diversifié et résilient, ainsi qu’un renforcement de la prévention des incendies et des autres risques naturels.

4.2. Encourager une gestion forestière durable

Le futur Programme national de la forêt et du bois doit notamment développer la notion de « forêt mosaïque » et diversifier les modes de gestion.

4.3. Réduire les pressions

Le plan entend préserver les fonctionnalités écologiques et renforcer la protection des massifs à forte valeur écologique, notamment en s’appuyant sur la stratégie nationale pour les aires protégées et sur les politiques relatives aux vieux bois et aux forêts subnaturelles.

Ces orientations vont dans le bon sens.

Mais leur efficacité dépendra de la manière dont seront définis et mesurés le renouvellement, l’adaptation et la restauration.

5. RENOUVELER UNE FORÊT N’EST PAS NÉCESSAIREMENT LA RESTAURER

C’est ici qu’apparaît l’une des questions les plus importantes du projet.

Le changement climatique impose parfois des interventions.

Certaines forêts ne pourront pas se maintenir sans adaptation. Dans certaines situations, la régénération naturelle peut être compromise et une restauration assistée peut devenir nécessaire.

Mais il existe une différence fondamentale entre :

  • accompagner la trajectoire écologique d’une forêt ;
  • restaurer ses fonctions ;
  • renouveler un peuplement productif ;
  • remplacer un peuplement ;
  • créer une plantation.

Ces opérations ne doivent pas être rendues artificiellement équivalentes par la comptabilité publique.

Une forêt ancienne, une forêt secondaire mature, une forêt naturellement régénérée après incendie, une monoculture récente et une plantation diversifiée peuvent toutes apparaître comme des surfaces boisées.

Elles n’ont pourtant ni la même origine, ni la même structure, ni la même biodiversité, ni la même continuité écologique, ni les mêmes sols, ni la même trajectoire.

6. « ZÉRO PERTE NETTE » EN VILLE : UNE PROTECTION NÉCESSAIRE, MAIS INSUFFISANTE

Le projet français identifie 4 212 communes, correspondant aux communes denses et de densité intermédiaire au sens de l’INSEE, comme concernées par les objectifs relatifs aux écosystèmes urbains.[1]

Elles représentent environ 62 742 km², soit 11 % du territoire métropolitain.

Le niveau de référence retenu comprend environ :

  • 37 974 km² d’espaces verts urbains ;
  • 19 859 km² de couvert arboré urbain.

Jusqu’à la fin de l’année 2030, l’article 8 du règlement repose sur l’absence de perte nette de l’espace vert urbain et du couvert arboré urbain, selon les niveaux territoriaux et modalités qu’il prévoit.[3]

Il faut toutefois comprendre exactement ce que mesure une telle règle.

6.1. Une stabilité statistique n’est pas une stabilité écologique

Le problème ne tient pas à ce que le règlement autoriserait expressément le remplacement d’arbres anciens par de jeunes arbres. Il tient à la nature même de l’indicateur : celui-ci agrège une surface de couvert, et non la valeur individuelle, écologique, patrimoniale ou fonctionnelle des arbres qui composent ce couvert.

Un territoire peut théoriquement maintenir une valeur agrégée de couvert arboré tout en connaissant, localement, la disparition d’arbres anciens, d’arbres à cavités ou d’arbres présentant une forte valeur écologique. L’indicateur surfacique ne permet pas, à lui seul, d’identifier cette perte qualitative.

Or un jeune arbre ne fournit pas immédiatement :

  • le volume de cavités d’un arbre ancien ;
  • sa quantité de bois mort ;
  • son architecture ;
  • son microhabitat ;
  • son stock de carbone ;
  • son ombrage ;
  • son évapotranspiration ;
  • son système racinaire ;
  • ses relations avec les organismes du sol ;
  • ni les décennies de continuité biologique dont dépend une partie de la biodiversité.

Une équivalence comptable

ne constitue donc pas nécessairement une équivalence écologique.

C’est ici que la Déclaration universelle des droits de l’Arbre introduit une exigence supplémentaire : considérer l’Arbre comme un être vivant et non uniquement comme une unité de couvert végétal.

7. APRÈS 2030 : UNE EXIGENCE EUROPÉENNE PLUS FORTE

Il faut néanmoins présenter exactement le droit européen.

Le règlement ne s’arrête pas au « zéro perte nette ».

À partir du 1er janvier 2031, l’article 8 prévoit une tendance à la hausse des espaces verts urbains au niveau national et une tendance à la hausse du couvert arboré dans chaque zone d’écosystème urbain, jusqu’à l’atteinte de niveaux satisfaisants.[3]

La critique ne consiste donc pas à prétendre que le règlement européen ignore l’augmentation du couvert.

Elle porte sur un autre point :

Deux hectares de couvert n’ont pas nécessairement la même valeur écologique que deux autres hectares.

Le nombre, la surface ou la projection des houppiers doivent être complétés par des informations relatives notamment :

  • à l’âge ;
  • à l’espèce ;
  • à l’origine ;
  • à l’état sanitaire ;
  • à la continuité historique ;
  • aux microhabitats ;
  • au volume de bois ;
  • aux sols ;
  • à la connectivité ;
  • à la trajectoire future.

8. TROIS MILLIARDS D’ARBRES : OBLIGATION EUROPÉENNE ET MÉTRIQUE FRANÇAISE

L’article 13 du règlement prévoit que les États membres contribuent à l’objectif de plantation d’au moins trois milliards d’arbres supplémentaires dans l’Union européenne d’ici 2030.[3]

Il serait inexact de présenter cet objectif comme une simple course au nombre. Le même article impose le respect de principes écologiques, notamment :

  • la diversité des essences ;
  • la diversité des classes d’âge ;
  • la priorité donnée aux essences indigènes ;
  • l’adaptation au contexte local ;
  • la contribution à la connectivité écologique ;
  • le recours à des formes durables de boisement, de reboisement et de plantation.

Ces garanties doivent être reconnues.

Le projet français indique en revanche que le premier rapportage, en 2028, présentera la contribution nationale à cet objectif notamment sous la forme du « nombre total d’arbres plantés au niveau national ».[1]

Un nombre d’arbres mesure un effort de plantation.

Il ne mesure pas à lui seul le résultat écologique de cet effort.

Il ne dit pas :

  • combien d’arbres survivront à cinq, dix ou trente ans ;
  • quels écosystèmes existaient avant la plantation ;
  • si les arbres ont été plantés dans un espace écologiquement approprié ;
  • si la plantation augmente ou réduit la diversité ;
  • si elle restaure une forêt ou crée simplement un peuplement arboré ;
  • si elle conserve les sols ;
  • si elle améliore la continuité écologique ;
  • ni quelle trajectoire suivra l’écosystème.

9. UN ARBRE PLANTÉ N’EST PAS NÉCESSAIREMENT UNE FORÊT RESTAURÉE

Cette distinction est au cœur de la doctrine forestière développée en 2026 dans le cadre de la Déclaration universelle des droits de l’Arbre.[5]

Une forêt n’est pas simplement une concentration d’arbres.

Elle est un écosystème possédant :

  • une origine ;
  • une histoire ;
  • une structure ;
  • une composition biologique ;
  • une continuité ;
  • un degré de naturalité ;
  • des sols ;
  • des relations trophiques ;
  • des perturbations ;
  • un mode de gestion ;
  • et une trajectoire.

C’est pourquoi une plantation ne doit jamais devenir, par simple convention statistique, l’équivalent automatique d’une forêt détruite ou dégradée.

Une plantation peut être utile.

Elle peut participer à une restauration.

Elle peut parfois constituer une étape indispensable.

Mais elle doit être décrite pour ce qu’elle est.

Restaurer exige de mesurer la trajectoire de l’écosystème, pas seulement le nombre d’arbres introduits.

10. LE PRINCIPE DE NON-SUBSTITUTION

La doctrine proposée dans le cadre de la Déclaration universelle des droits de l’Arbre repose sur une idée simple :[5]

un gain écologique ne doit pas permettre de rendre invisible une perte écologique distincte.

Planter cent arbres ne ressuscite pas un arbre ancien abattu.

Créer une plantation ne recrée pas instantanément une forêt mature.

Augmenter le couvert dans un quartier ne rétablit pas nécessairement les fonctions écologiques perdues dans un autre.

La conséquence méthodologique est importante :

Pertes et gains doivent être comptabilisés séparément.

Il faut pouvoir savoir :

  • ce qui a été détruit ;
  • ce qui a été dégradé ;
  • ce qui a été conservé ;
  • ce qui a été restauré ;
  • ce qui a été créé ;
  • ce qui a été planté ;
  • ce qui a survécu ;
  • et ce qui a effectivement retrouvé des fonctions écologiques.

Sans cette distinction, une politique publique peut produire un bilan statistiquement positif tout en enregistrant parallèlement la disparition d’écosystèmes ou d’arbres irremplaçables à l’échelle humaine.

11. POURQUOI LE GLOBAL FOREST ATLAS A ÉTÉ CONÇU

Cette difficulté est précisément l’une des raisons ayant conduit au développement de l’UDTR Global Forest Atlas — Atlas mondial des forêts.[5]

Son objectif n’est pas de produire une nouvelle carte de couvert arboré.

Il vise à organiser des preuves permettant de caractériser les systèmes forestiers selon plusieurs dimensions indépendantes.

La classification mondiale développée dans le cadre de la Déclaration prend notamment en considération :

  • l’origine écologique ;
  • la naturalité ;
  • l’intégrité ;
  • la continuité ;
  • la structure ;
  • les perturbations ;
  • la gestion ;
  • les risques ;
  • la trajectoire ;
  • et la provenance des preuves utilisées.

Cette approche permet d’éviter une erreur fondamentale :

considérer comme écologiquement équivalentes deux surfaces simplement parce qu’elles apparaissent toutes deux comme boisées sur une carte.

Le Global Forest Atlas doit ainsi permettre de suivre non seulement des états, mais des trajectoires.

Une forêt brûlée, par exemple, ne devient pas un terrain sans forêt.

Elle peut demeurer un écosystème forestier perturbé en cours de régénération.

Une coupe, une tempête, une sécheresse ou un incendie ne doivent donc pas être interprétés uniquement comme des changements instantanés de couvert, mais comme des événements inscrits dans une histoire écologique.

12. UNE GRILLE D’ÉVALUATION DE LA RESTAURATION EN SEPT CRITÈRES

Critiquer des indicateurs n’a de sens que si l’on propose une méthode pour les compléter.

Dans le prolongement de la doctrine forestière et des travaux du Global Forest Atlas, La Compagnie des Papillons Bleus propose une grille d’évaluation de la restauration fondée sur sept questions.[5] Elle ne remplace ni les indicateurs européens ni les dispositifs nationaux de suivi : elle permet de vérifier si une mesure comptabilisée correspond à une restauration écologique effective.

Critère Question posée Ce qu’un indicateur purement quantitatif ne dit pas
1. Origine Quel écosystème existait avant la perturbation ? Une surface boisée ne renseigne pas sur l’écosystème de référence.
2. Intégrité Quelles structures et fonctions sont maintenues ? Un couvert peut subsister alors que les fonctions écologiques sont dégradées.
3. Naturalité Quelle part relève de dynamiques écologiques spontanées ? Une plantation et une régénération naturelle peuvent apparaître identiques en surface.
4. Continuité Quelles continuités temporelles et spatiales subsistent ? Un gain de couvert ne rétablit pas la continuité biologique perdue.
5. Non-substitution La restauration recrée-t-elle le milieu ou le remplace-t-elle ? Une plantation peut être comptabilisée sans restaurer l’écosystème d’origine.
6. Trajectoire L’écosystème évolue-t-il vers une amélioration mesurable ? Un état ponctuel ne dit rien de l’évolution dans le temps.
7. Preuve Quelles données permettent de démontrer cette évolution ? Une surface couverte ou un nombre d’arbres ne constitue pas une preuve de résultat écologique.

13. LE FINANCEMENT : L’AUTRE FRAGILITÉ DU PROJET

Le plan reconnaît lui-même une difficulté majeure.[1]

Son coût annuel est évalué entre 4,6 et 5,2 milliards d’euros.

Les financements actuellement identifiés représentent environ 3,1 milliards d’euros.

Le projet fait donc apparaître un besoin de financements à combler évalué entre 1,5 et 2,1 milliards d’euros par an. Il ne s’agit ni d’une dette ni d’un crédit budgétaire déjà dû, mais d’un écart entre le coût estimé et les financements identifiés.

Le document précise également que la connaissance des financements actuellement mobilisés demeure imparfaite et que l’absence d’un cadre uniforme de rapportage rend difficile l’établissement d’un lien entre les investissements consentis et leur impact écologique.

Cette reconnaissance est importante.

Elle signifie que le problème n’est pas seulement de trouver des financements. Il faut également être capable de déterminer :

ce que chaque euro finance réellement

et quel résultat écologique il produit.

Financer une plantation, restaurer un sol forestier, protéger une vieille forêt, accompagner une régénération naturelle ou créer un espace vert ne constituent pas des opérations écologiquement interchangeables.

14. LE RAPPORTAGE : LE DÉCALAGE ENTRE LE TEMPS DES CHIFFRES ET LE TEMPS DES ÉCOSYSTÈMES

Conformément aux dispositions du règlement relatives au suivi et au rapportage, le projet prévoit un premier rapportage de mise en œuvre en 2028, puis tous les trois ans.[1][3]

Ce premier suivi sera principalement quantitatif. Il portera notamment sur :

  • les surfaces couvertes par les mesures de restauration ;
  • les obstacles supprimés sur les cours d’eau ;
  • la contribution à l’objectif européen de trois milliards d’arbres, exprimée notamment par le nombre d’arbres plantés.

Un second rapportage, plus qualitatif, doit commencer en 2030, puis être renouvelé tous les six ans.

Le document reconnaît par ailleurs que le suivi de certains indicateurs et l’estimation des surfaces restaurées sont encore en cours de structuration, et que le premier rapportage de 2028 reposera en partie sur des estimations et des informations partielles.

Les premières années de mise en œuvre risquent donc de privilégier les indicateurs les plus immédiatement disponibles :

  • hectares ;
  • arbres ;
  • surfaces ;
  • financements ;
  • projets.

Or les variables écologiquement les plus importantes sont souvent aussi les plus lentes à mesurer :

  • maturité ;
  • continuité ;
  • structure ;
  • régénération ;
  • biodiversité ;
  • sols ;
  • résilience ;
  • trajectoire.

Le problème du plan français n’est donc pas d’abord l’absence d’indicateurs.

C’est le décalage temporel entre la rapidité du rapportage quantitatif et la lenteur des phénomènes écologiques que ces indicateurs prétendent documenter.

15. LES COLLECTIVITÉS SERONT DÉTERMINANTES

Le plan français insiste à juste titre sur le rôle des collectivités territoriales.

En milieu urbain, il s’appuie notamment sur des instruments déjà disponibles :

  • les schémas de cohérence territoriale ;
  • les plans locaux d’urbanisme intercommunaux ;
  • les coefficients de biotope ;
  • les coefficients de pleine terre ;
  • les orientations de renaturation ;
  • les espaces boisés classés ;
  • les dispositifs du Fonds vert.

Le projet reconnaît cependant qu’il s’agit principalement de renforcer l’utilisation des instruments existants sans en modifier nécessairement la portée prescriptive.[1]

Cette observation est essentielle.

Un plan national ne protège matériellement aucun arbre tant que ses orientations ne sont pas traduites dans :

  • des règles d’urbanisme ;
  • des budgets ;
  • des décisions de gestion ;
  • des marchés publics ;
  • des protections locales ;
  • des inventaires ;
  • des procédures d’autorisation ;
  • et des dispositifs de suivi.

La restauration de la nature se joue donc aussi dans les délibérations municipales, les documents d’urbanisme et les décisions quotidiennes des collectivités.

16. LA CONTRIBUTION PROPRE DE LA DÉCLARATION UNIVERSELLE DES DROITS DE L’ARBRE

La Déclaration universelle des droits de l’Arbre ne cherche pas à remplacer le droit européen ou les politiques publiques existantes.

Elle propose un cadre complémentaire.

Ses trois articles placent l’Arbre dans une perspective qui n’est pas seulement quantitative. Ils conduisent à considérer :

  • l’Arbre comme être vivant et bien commun ;
  • sa contribution à la Vie ;
  • la responsabilité humaine fondée sur la fraternité et la solidarité.

La Déclaration ne confère pas la personnalité juridique aux arbres ; la personnalité juridique n’est pas prévue par son texte.

Pour les collectivités qui souhaitent l’adopter officiellement, ce socle est accompagné des Quinze Engagements des collectivités locales et régionales, destinés précisément à éviter qu’une adoption demeure une proclamation symbolique.[4]

L’objectif est de traduire progressivement les principes dans :

  • la connaissance du patrimoine arboré ;
  • sa protection ;
  • la planification ;
  • la gestion ;
  • l’éducation ;
  • les décisions d’aménagement ;
  • la restauration écologique ;
  • et le suivi dans le temps.

Cette action locale s’inscrit dans une architecture plus large qui conduit jusqu’au projet de Convention internationale des droits de l’Arbre, destiné à explorer un futur niveau conventionnel entre États.[6]

17. CE QUE LA FRANCE POURRAIT RENFORCER AVANT 2027

Le projet français n’est pas définitif. Il peut encore évoluer.

Plusieurs améliorations permettraient de mieux distinguer l’action administrative de la restauration écologique effectivement obtenue.

17.1. Séparer systématiquement les surfaces couvertes par une mesure des surfaces dont l’état écologique s’améliore réellement

Les deux données sont utiles, mais elles ne doivent pas être confondues.

17.2. Publier séparément les pertes et les gains

Une destruction ne devrait pas disparaître statistiquement derrière une restauration réalisée ailleurs.

17.3. Différencier les arbres selon leur valeur écologique

Un arbre ancien, un jeune plant, un arbre mort sur pied et un arbre remarquable ne constituent pas des unités interchangeables.

17.4. Suivre la survie des plantations

Le nombre d’arbres mis en terre devrait être complété par leur survie à cinq, dix puis vingt ans.

17.5. Distinguer clairement plantations et forêts

Toute augmentation de couvert arboré ne doit pas être qualifiée de restauration forestière.

17.6. Mesurer les sols

La restauration d’une forêt ne peut être évaluée exclusivement au-dessus du sol. Le carbone organique, la structure, l’humidité, la vie microbienne et l’intégrité physique des sols constituent des composantes essentielles.

17.7. Documenter les trajectoires

L’objectif ne doit pas seulement être de savoir ce qui existe aujourd’hui, mais dans quelle direction évolue l’écosystème.

18. COMPTER EST NÉCESSAIRE. COMPRENDRE CE QUE L’ON COMPTE L’EST DAVANTAGE.

Le projet français « Agir pour restaurer la nature » constitue une étape importante.

Il introduit des objectifs nationaux, des indicateurs, une programmation, des mécanismes de financement et des obligations de rapportage qui peuvent permettre un changement d’échelle réel.

Mais la réussite du plan dépendra moins de la taille des chiffres annoncés que de leur signification écologique.

Cinq millions d’hectares couverts par des mesures ne signifient pas nécessairement cinq millions d’hectares écologiquement restaurés.

Un couvert arboré stable ne signifie pas qu’aucun arbre de grande valeur n’a été perdu.

Des milliards d’arbres plantés ne constituent pas des milliards d’arbres adultes.

Une plantation n’est pas nécessairement une forêt.

Et un écosystème ne peut être réduit à la seule variable qui est la plus facile à compter.

La restauration de la nature exige donc une comptabilité plus exigeante : une comptabilité capable de conserver la mémoire des pertes, d’identifier la qualité des gains et de suivre les trajectoires sur plusieurs décennies.

C’est à cette condition que l’ambition du règlement européen pourra devenir une restauration écologique véritable.

19. DOCUMENTS ET SOURCES

État documentaire vérifié au 28 octobre 2026.

[2] Ministère de la Transition écologique — Présentation du projet transmis à la Commission européenne

https://www.ecologie.gouv.fr/presse/preservation-biodiversite-france-remis-commission-europeenne-son-projet-plan-national

[3] Règlement (UE) 2024/1991 du Parlement européen et du Conseil du 24 juin 2024 relatif à la restauration de la nature — notamment articles 4, 8, 12, 13 et 14

https://eur-lex.europa.eu/legal-content/FR/TXT/?uri=CELEX:32024R1991

[5] Ce qu’est une forêt — et ce qui ne l’est pas : doctrine et classification mondiale des écosystèmes forestiers

https://www.declarationuniverselledesdroitsdelarbre.org/ce-qu-est-une-foret-doctrine-classification-mondiale-ecosystemes-forestiers/

[6] Projet de Convention internationale des droits de l’Arbre

https://www.declarationuniverselledesdroitsdelarbre.org/convention-internationale-droits-arbre/

Publication · 28 octobre 2026 · Version 1.0

La Compagnie des Papillons Bleus

Article d’analyse préparé et publié dans le cadre des travaux de La Compagnie des Papillons Bleus.

Direction éditoriale : Ricardo Rey, président de La Compagnie des Papillons Bleus.

Auteur et initiateur de la Déclaration universelle des droits de l’Arbre · Fondateur de l’Assemblée de l’Arbre.

ENGLISH VERSION · NATURE RESTORATION · REGULATION (EU) 2024/1991 · FORESTS · TREES · CITIES · INDICATORS · FUNDING · REPORTING · LOCAL AUTHORITIES

National Nature Restoration Plan: what France is really proposing for forests and trees

Five million hectares announced, 105,641 hectares of degraded forest habitats to restore, “no net loss” in cities and billions of trees: behind the headline figures, what does the French draft actually measure?

Publisher: La Compagnie des Papillons Bleus ·
Date: 28 October 2026 ·
Version: 1.0

VERSION FRANÇAISE ↑

1. WHAT THE EUROPEAN REGULATION ACTUALLY REQUIRES

Regulation (EU) 2024/1991, which entered into force on 18 August 2024, requires Member States to draw up national restoration plans (Article 14).[3]

It defines restoration as the process of actively or passively assisting the recovery of an ecosystem in order to improve its structure and functions, its biodiversity and its resilience.

For forest ecosystems (Article 12), the regulation requires an increasing trend in the common forest bird index and in at least six of the following seven indicators:

  • standing deadwood;
  • lying deadwood;
  • the share of forests with an uneven-aged structure;
  • forest connectivity;
  • the stock of organic carbon;
  • the share of forests dominated by native tree species;
  • tree species diversity.

This architecture represents major progress: a forest is not reduced to a mere area covered by trees.

The European regulation implicitly recognises that a forest ecosystem must be assessed through several dimensions of its functioning.

This approach directly echoes the doctrine developed within the framework of the Universal Declaration of Tree Rights: a forest cannot be defined solely by its area, its canopy cover or its number of stems.[5]

2. FIVE MILLION HECTARES: WHAT DOES THIS FIGURE ACTUALLY COVER?

The French draft announces:

The figure is impressive.

But the document immediately specifies that it is an “indicative numerical target”, built in particular from:

  • the area of public forest — state forests and forests owned by local authorities — covered by the National Forests Office’s (ONF) public-interest mission on Biodiversity and Landscape;
  • the area of habitats of Community interest falling under reinforced Natura 2000 “green annexes”.

This clarification is essential.

A forest area covered by a policy, a scheme, a management document or a measure likely to contribute to restoration is not necessarily an ecologically degraded area that has actually been restored.

At least three realities must therefore be distinguished:

  1. the area included in a restoration or management scheme;
  2. the area on which a concrete measure is actually carried out;
  3. the area whose ecological condition actually improves as a result of that measure.

Confusing these three levels would turn an administrative coverage indicator into an ecological outcome indicator.

Yet the two are not equivalent.

3. THE FAR MORE REVEALING FIGURE: 105,641 HECTARES

When looking at forest habitats of Community interest whose condition is identified as degraded, the French draft sets, pursuant to Article 4 of the regulation, a far more precise objective:[3]

to put restoration measures in place on at least 30% of their degraded area by 2030, i.e. 105,641 hectares.[1]

It also provides for the re-establishment of 30% of the missing area compared with the favourable reference area, i.e. 53 hectares.

This is why public communication must keep them apart.

Saying that France plans “to restore five million hectares of forest” may suggest that five million hectares of degraded forest are to return to good ecological condition.

The draft is more cautious: it refers to restoration measures covering five million hectares and itself describes this value as an indicative target.

Counting the area concerned

is not yet measuring a successful restoration.

Restoration should only be considered effective once the evolution of the ecosystem can be documented: structure, composition, continuity, ecological functions, soils, biodiversity, resilience and trajectory.

4. FRENCH FORESTS: THE PLAN ACKNOWLEDGES A REAL CRISIS

The French draft does not downplay forest degradation.

It points out that average annual tree mortality in mainland France reached around 15.2 million cubic metres per year between 2014 and 2022, compared with 7.4 million over the 2005–2013 period.[1]

It has therefore roughly doubled.

Droughts, high temperatures, health crises, bark beetles, wildfires and climate change are putting growing pressure on forest ecosystems.

The draft sets out three main priorities.

4.1. Adapting forest ecosystems to climate change

It provides in particular for a renewal presented as adapted, diversified and resilient, together with stronger prevention of wildfires and other natural hazards.

4.2. Encouraging sustainable forest management

The future National Forest and Wood Programme is expected in particular to develop the notion of a “mosaic forest” and to diversify management methods.

4.3. Reducing pressures

The plan aims to preserve ecological functions and to strengthen the protection of forests of high ecological value, drawing in particular on the national protected areas strategy and on policies relating to old-growth wood and near-natural forests.

These orientations point in the right direction.

But their effectiveness will depend on how renewal, adaptation and restoration are defined and measured.

5. RENEWING A FOREST DOES NOT NECESSARILY MEAN RESTORING IT

This is where one of the most important questions raised by the draft appears.

Climate change sometimes makes intervention necessary.

Some forests will not be able to persist without adaptation. In some situations, natural regeneration may be compromised and assisted restoration may become necessary.

But there is a fundamental difference between:

  • supporting the ecological trajectory of a forest;
  • restoring its functions;
  • renewing a productive stand;
  • replacing a stand;
  • creating a plantation.

Public accounting must not make these operations artificially equivalent.

An ancient forest, a mature secondary forest, a forest naturally regenerated after fire, a recent monoculture and a diversified plantation may all appear as wooded areas.

Yet they do not share the same origin, structure, biodiversity, ecological continuity, soils or trajectory.

6. “NO NET LOSS” IN CITIES: NECESSARY, BUT NOT SUFFICIENT

The French draft identifies 4,212 municipalities, corresponding to densely and intermediately populated municipalities as defined by INSEE, the French national statistics institute, as subject to the objectives for urban ecosystems.[1]

They cover around 62,742 km², i.e. 11% of mainland French territory.

The baseline adopted comprises around:

  • 37,974 km² of urban green space;
  • 19,859 km² of urban tree canopy cover.

Until the end of 2030, Article 8 of the regulation is based on no net loss of urban green space and urban tree canopy cover, according to the territorial levels and arrangements it sets out.[3]

It is, however, important to understand exactly what such a rule measures.

6.1. Statistical stability is not ecological stability

The problem is not that the regulation would expressly authorise the replacement of old trees by young ones. It lies in the very nature of the indicator: it aggregates an area of canopy cover, not the individual, ecological, heritage or functional value of the trees that make up that cover.

A territory could, in theory, maintain an aggregate value of tree canopy cover while locally losing old trees, cavity-bearing trees or trees of high ecological value. The area-based indicator cannot, on its own, identify this qualitative loss.

Yet a young tree does not immediately provide:

  • the cavity volume of an old tree;
  • its quantity of deadwood;
  • its architecture;
  • its microhabitats;
  • its carbon stock;
  • its shade;
  • its evapotranspiration;
  • its root system;
  • its relationships with soil organisms;
  • nor the decades of biological continuity on which part of biodiversity depends.

An accounting equivalence

is therefore not necessarily an ecological equivalence.

This is where the Universal Declaration of Tree Rights introduces an additional requirement: to consider the Tree as a living being, and not merely as a unit of vegetation cover.

7. AFTER 2030: A STRONGER EUROPEAN REQUIREMENT

European law must nevertheless be presented accurately.

The regulation does not stop at “no net loss”.

From 1 January 2031, Article 8 provides for an increasing trend in urban green space at national level and an increasing trend in tree canopy cover in each urban ecosystem area, until satisfactory levels are reached.[3]

The criticism therefore does not claim that the European regulation ignores the growth of canopy cover.

It concerns another point:

Two hectares of canopy cover do not necessarily have the same ecological value as two other hectares.

The number of trees, their area or the projection of their crowns must be supplemented by information relating in particular to:

  • age;
  • species;
  • origin;
  • health;
  • historical continuity;
  • microhabitats;
  • wood volume;
  • soils;
  • connectivity;
  • future trajectory.

8. THREE BILLION TREES: EUROPEAN OBLIGATION AND FRENCH METRIC

Article 13 of the regulation provides that Member States contribute to the commitment of planting at least three billion additional trees in the European Union by 2030.[3]

It would be inaccurate to present this objective as a mere numbers race. The same article requires compliance with ecological principles, including:

  • species diversity;
  • diversity of age classes;
  • priority given to native species;
  • adaptation to the local context;
  • contribution to ecological connectivity;
  • the use of sustainable forms of afforestation, reforestation and tree planting.

These safeguards must be acknowledged.

The French draft, however, states that the first report, in 2028, will present the national contribution to this objective notably in the form of the “total number of trees planted at national level”.[1]

A number of trees measures a planting effort.

It does not, on its own, measure the ecological outcome of that effort.

It does not tell us:

  • how many trees will survive after five, ten or thirty years;
  • which ecosystems existed before planting;
  • whether the trees were planted in an ecologically appropriate place;
  • whether the planting increases or reduces diversity;
  • whether it restores a forest or simply creates a tree stand;
  • whether it conserves soils;
  • whether it improves ecological continuity;
  • nor what trajectory the ecosystem will follow.

9. A PLANTED TREE IS NOT NECESSARILY A RESTORED FOREST

This distinction lies at the heart of the forest doctrine developed in 2026 within the framework of the Universal Declaration of Tree Rights.[5]

A forest is not simply a concentration of trees.

It is an ecosystem with:

  • an origin;
  • a history;
  • a structure;
  • a biological composition;
  • continuity;
  • a degree of naturalness;
  • soils;
  • trophic relationships;
  • disturbances;
  • a management regime;
  • and a trajectory.

This is why a plantation must never become, through mere statistical convention, the automatic equivalent of a destroyed or degraded forest.

A plantation can be useful.

It can contribute to restoration.

It can sometimes be an indispensable step.

But it must be described for what it is.

Restoring requires measuring the trajectory of the ecosystem, not only the number of trees introduced.

10. THE PRINCIPLE OF NON-SUBSTITUTION

The doctrine proposed within the framework of the Universal Declaration of Tree Rights rests on a simple idea:[5]

an ecological gain must not make a separate ecological loss invisible.

Planting a hundred trees does not bring a felled old tree back to life.

Creating a plantation does not instantly recreate a mature forest.

Increasing canopy cover in one neighbourhood does not necessarily restore the ecological functions lost in another.

The methodological consequence is significant:

Losses and gains must be accounted for separately.

It must be possible to know:

  • what has been destroyed;
  • what has been degraded;
  • what has been conserved;
  • what has been restored;
  • what has been created;
  • what has been planted;
  • what has survived;
  • and what has actually recovered ecological functions.

Without this distinction, a public policy can produce a statistically positive balance sheet while simultaneously recording the disappearance of ecosystems or trees that are irreplaceable on a human timescale.

11. WHY THE GLOBAL FOREST ATLAS WAS DESIGNED

This difficulty is precisely one of the reasons that led to the development of the UDTR Global Forest Atlas.[5]

Its purpose is not to produce yet another map of tree canopy cover.

It aims to organise evidence that makes it possible to characterise forest systems along several independent dimensions.

The global classification developed within the framework of the Declaration takes into account, in particular:

  • ecological origin;
  • naturalness;
  • integrity;
  • continuity;
  • structure;
  • disturbances;
  • management;
  • risks;
  • trajectory;
  • and the provenance of the evidence used.

This approach avoids a fundamental error:

treating two areas as ecologically equivalent simply because both appear as wooded on a map.

The Global Forest Atlas is thus intended to track not only states, but trajectories.

A burned forest, for example, does not become land without forest.

It may remain a disturbed forest ecosystem undergoing regeneration.

A felling, a storm, a drought or a fire should therefore not be interpreted solely as instantaneous changes in cover, but as events inscribed in an ecological history.

12. A SEVEN-CRITERIA GRID FOR ASSESSING RESTORATION

Criticising indicators only makes sense if a method is proposed to complement them.

Building on the forest doctrine and on the work of the Global Forest Atlas, La Compagnie des Papillons Bleus proposes a restoration assessment grid based on seven questions.[5] It does not replace the European indicators or national monitoring systems: it makes it possible to check whether a measure that has been counted corresponds to an actual ecological restoration.

Criterion Question asked What a purely quantitative indicator does not tell us
1. Origin Which ecosystem existed before the disturbance? A wooded area says nothing about the reference ecosystem.
2. Integrity Which structures and functions are maintained? Canopy cover may persist while ecological functions are degraded.
3. Naturalness What share results from spontaneous ecological dynamics? A plantation and natural regeneration may look identical in terms of area.
4. Continuity Which temporal and spatial continuities remain? A gain in canopy cover does not restore lost biological continuity.
5. Non-substitution Does restoration recreate the habitat or replace it? A plantation may be counted without restoring the original ecosystem.
6. Trajectory Is the ecosystem moving towards a measurable improvement? A one-off snapshot says nothing about change over time.
7. Evidence Which data make it possible to demonstrate this change? An area covered or a number of trees is not evidence of an ecological outcome.

13. FUNDING: THE OTHER WEAKNESS OF THE DRAFT

The plan itself acknowledges a major difficulty.[1]

Its annual cost is estimated at between €4.6 and 5.2 billion.

The funding currently identified amounts to around €3.1 billion.

The draft therefore reveals a funding gap to be filled estimated at between €1.5 and 2.1 billion per year. This is neither a debt nor a budget appropriation already due, but a gap between the estimated cost and the funding identified.

The document also states that knowledge of the funding currently mobilised remains incomplete, and that the absence of a uniform reporting framework makes it difficult to link the investments made to their ecological impact.

This acknowledgement is important.

It means that the problem is not only one of finding funding. It is also necessary to be able to determine:

what each euro actually funds

and what ecological outcome it produces.

Funding a plantation, restoring a forest soil, protecting an old-growth forest, supporting natural regeneration or creating a green space are not ecologically interchangeable operations.

14. REPORTING: THE GAP BETWEEN THE TIME OF FIGURES AND THE TIME OF ECOSYSTEMS

In line with the regulation’s provisions on monitoring and reporting, the draft provides for a first implementation report in 2028, and every three years thereafter.[1][3]

This first report will be mainly quantitative. It will cover in particular:

  • the areas covered by restoration measures;
  • the barriers removed from watercourses;
  • the contribution to the European objective of three billion trees, expressed notably as the number of trees planted.

A second, more qualitative report is due to begin in 2030, and to be renewed every six years.

The document also acknowledges that the monitoring of certain indicators and the estimation of restored areas are still being structured, and that the first report in 2028 will rely partly on estimates and partial information.

The first years of implementation are therefore likely to favour the most readily available indicators:

  • hectares;
  • trees;
  • areas;
  • funding;
  • projects.

Yet the most ecologically important variables are often also the slowest to measure:

  • maturity;
  • continuity;
  • structure;
  • regeneration;
  • biodiversity;
  • soils;
  • resilience;
  • trajectory.

The problem with the French plan is therefore not primarily a lack of indicators.

It is the time lag between the speed of quantitative reporting and the slowness of the ecological processes these indicators claim to document.

15. LOCAL AUTHORITIES WILL BE DECISIVE

The French plan rightly emphasises the role of local and regional authorities.

In urban areas, it relies in particular on instruments that already exist:

  • territorial coherence schemes (SCoT);
  • intermunicipal local urban plans (PLUi);
  • biotope coefficients;
  • open-ground (permeable soil) coefficients;
  • renaturation guidelines;
  • classified woodland areas (EBC);
  • Green Fund schemes.

The draft acknowledges, however, that this is mainly a matter of making greater use of existing instruments without necessarily changing their prescriptive force.[1]

This observation is essential.

A national plan does not materially protect a single tree until its orientations are translated into:

  • planning rules;
  • budgets;
  • management decisions;
  • public procurement;
  • local protections;
  • inventories;
  • authorisation procedures;
  • and monitoring systems.

Nature restoration is therefore also decided in municipal council decisions, planning documents and the everyday choices of local authorities.

16. THE SPECIFIC CONTRIBUTION OF THE UNIVERSAL DECLARATION OF TREE RIGHTS

The Universal Declaration of Tree Rights does not seek to replace European law or existing public policies.

It offers a complementary framework.

Its three articles place the Tree in a perspective that is not merely quantitative. They lead us to consider:

  • the Tree as a living being and a common good;
  • its contribution to Life;
  • human responsibility founded on fraternity and solidarity.

The Declaration does not confer legal personhood on trees; legal personhood is not provided for in its text.

For local authorities wishing to adopt it officially, this foundation is accompanied by the Fifteen Commitments of Local and Regional Authorities, designed precisely to prevent adoption from remaining a symbolic proclamation.[4]

The aim is to translate the principles progressively into:

  • knowledge of the tree heritage;
  • its protection;
  • planning;
  • management;
  • education;
  • development decisions;
  • ecological restoration;
  • and monitoring over time.

This local action is part of a wider architecture leading up to the draft International Convention on Tree Rights, intended to explore a future treaty level between States.[6]

17. WHAT FRANCE COULD STRENGTHEN BEFORE 2027

The French draft is not final. It can still evolve.

Several improvements would make it possible to distinguish more clearly between administrative action and the ecological restoration actually achieved.

17.1. Systematically separate areas covered by a measure from areas whose ecological condition actually improves

Both sets of data are useful, but they must not be confused.

17.2. Publish losses and gains separately

A destruction should not disappear statistically behind a restoration carried out elsewhere.

17.3. Differentiate trees according to their ecological value

An old tree, a young seedling, a standing dead tree and a remarkable tree are not interchangeable units.

17.4. Monitor plantation survival

The number of trees planted should be supplemented by their survival after five, ten and then twenty years.

17.5. Clearly distinguish plantations from forests

Not every increase in tree canopy cover should be described as forest restoration.

17.6. Measure soils

The restoration of a forest cannot be assessed solely above ground. Organic carbon, structure, moisture, microbial life and the physical integrity of soils are essential components.

17.7. Document trajectories

The aim should not only be to know what exists today, but in which direction the ecosystem is evolving.

18. COUNTING IS NECESSARY. UNDERSTANDING WHAT WE COUNT IS MORE SO.

The French draft “Agir pour restaurer la nature” is an important step.

It introduces national objectives, indicators, programming, funding mechanisms and reporting obligations that can enable a genuine change of scale.

But the success of the plan will depend less on the size of the figures announced than on their ecological meaning.

Five million hectares covered by measures do not necessarily mean five million hectares ecologically restored.

Stable tree canopy cover does not mean that no tree of great value has been lost.

Billions of trees planted are not billions of mature trees.

A plantation is not necessarily a forest.

And an ecosystem cannot be reduced to the single variable that is easiest to count.

Nature restoration therefore calls for more demanding accounting: accounting capable of keeping a record of losses, identifying the quality of gains and tracking trajectories over several decades.

Only on this condition can the ambition of the European regulation become genuine ecological restoration.

19. DOCUMENTS AND SOURCES

Documentary status verified as of 28 October 2026.

[1] French draft — National Plan “Agir pour restaurer la nature”, October 2026 (in French)

https://www.nature-en-ville.com/sites/nature-en-ville/files/document/2026-10/14.10.20265_MTE_Plan_national_Restauration_de_la_nature%5B1%5D.pdf

[2] French Ministry of Ecological Transition — Presentation of the draft submitted to the European Commission (in French)

https://www.ecologie.gouv.fr/presse/preservation-biodiversite-france-remis-commission-europeenne-son-projet-plan-national

[3] Regulation (EU) 2024/1991 of the European Parliament and of the Council of 24 June 2024 on nature restoration — in particular Articles 4, 8, 12, 13 and 14

https://eur-lex.europa.eu/legal-content/EN/TXT/?uri=CELEX:32024R1991

[5] What a forest is — and what it is not: doctrine and global classification of forest ecosystems (in French)

https://www.declarationuniverselledesdroitsdelarbre.org/ce-qu-est-une-foret-doctrine-classification-mondiale-ecosystemes-forestiers/

[6] Draft International Convention on Tree Rights (in French)

https://www.declarationuniverselledesdroitsdelarbre.org/convention-internationale-droits-arbre/

Published · 28 October 2026 · Version 1.0

La Compagnie des Papillons Bleus

Analysis prepared and published as part of the work of La Compagnie des Papillons Bleus.

Editorial direction: Ricardo Rey, President of La Compagnie des Papillons Bleus.

Author and initiator of the Universal Declaration of Tree Rights · Founder of the Assemblée de l’Arbre (Tree Assembly).