’Arbre commence sous terre — Référentiel municipal pour les fosses continues, les sols structuraux et l’espace racinaire des arbres urbains

Schéma technique comparant une fosse individuelle à une fosse continue avec sol structural pour le développement racinaire des arbres urbains.

FRANCE · ARBRE URBAIN · SOL · EAU · VOIRIE · DROIT · COMMANDE PUBLIQUE

Fosses continues, sols structuraux et gestion des eaux pluviales — référentiel technique, juridique et opérationnel à l’usage des collectivités

Publication : La Compagnie des Papillons Bleus · Date : 20 septembre 2026 · Version : 1.1 — version définitive

1. POURQUOI L’ARBRE COMMENCE SOUS TERRE

Les politiques de plantation comptent volontiers des sujets : cent arbres, mille arbres, cent mille arbres. Cette métrique est utile pour décrire un effort, mais elle ne dit presque rien de la capacité de ces arbres à devenir adultes. Un jeune arbre de rue peut être parfaitement planté au jour de l’inauguration et pourtant avoir déjà reçu, sous le revêtement, les conditions de son futur dépérissement.

Le facteur limitant est rarement le seul diamètre du trou visible. Il réside dans la combinaison du volume racinaire réellement colonisable, de la porosité, de l’oxygénation, de la disponibilité hydrique, de la qualité physique et chimique du sol, de la température du milieu, de la continuité entre volumes, de la concurrence, de la présence des réseaux et de la capacité de la structure de voirie à supporter ses charges sans compacter le milieu de vie.

La Charte de l’Arbre de Paris illustre le problème : pour un arbre de grand développement, elle conseille une fosse de 12 m³, avec l’exemple d’une géométrie de 3 m × 3 m × 1,40 m. Ce chiffre constitue une recommandation parisienne de conception, non une norme nationale ni une preuve que 12 m³ suffisent à tous les arbres et à toutes les durées de vie.[4]

À l’inverse, les travaux sur le besoin hydrique des arbres urbains montrent depuis longtemps qu’un dimensionnement pertinent du sol ne peut être séparé de la taille adulte recherchée, du climat et de la capacité de stockage de l’eau. Les modèles scientifiques historiques reliant volume de sol et projection de couronne sont utiles pour raisonner ; ils ne doivent pas être transformés en seuils juridiques universels.[15]

Le projet municipal doit donc être renversé : on ne choisit pas d’abord l’arbre puis le petit espace qu’on lui concède. On définit d’abord le milieu souterrain que la rue peut durablement offrir, puis on choisit la combinaison arbre–sol–eau–structure capable d’y fonctionner.

2. DÉFINIR L’OUVRAGE AVANT DE LE DESSINER

La première source d’erreur est lexicale. Des projets différents sont regroupés sous les mots « fosse », « terre-pierre » ou « Stockholm », ce qui rend les marchés imprécis et les retours d’expérience difficiles à comparer.

Terme Définition opérationnelle proposée Point de vigilance
Fosse individuelle Volume de plantation centré sur un arbre, distinct des autres volumes de plantation. Elle peut fonctionner si le volume est suffisant ou si les racines peuvent accéder à des sols voisins de qualité. « Individuelle » ne signifie pas nécessairement « hermétique ».
Fosse continue Volume racinaire connecté entre plusieurs arbres ou le long d’un linéaire. La continuité doit être réelle : un long volume interrompu par des fondations, matériaux hostiles ou cloisons racinaires n’est pas fonctionnellement continu.
Sol de plantation Sol ou substrat principalement destiné aux fonctions biologiques et racinaires. Il ne doit pas être compacté comme une couche de chaussée.
Sol structural / squelette minéral Système dans lequel un squelette de granulats reprend les charges tandis que les vides restent partiellement disponibles pour substrat, air, eau et racines. Le volume brut ne correspond pas au volume de terre meuble. Les performances mécaniques et horticoles doivent être vérifiées ensemble.
Mélange terre-pierre Famille de matériaux combinant granulats et fraction terreuse selon une formulation donnée. La granulométrie, le rapport pierre/sol, la mise en œuvre et la portance déterminent le fonctionnement ; le nom seul ne suffit pas.
Système de Stockholm Famille de lits de plantation développés par la Ville de Stockholm, utilisant notamment une structure minérale très poreuse, des dispositifs d’aération et, dans les versions récentes, biochar et compost, avec intégration fréquente des eaux pluviales. Il existe plusieurs détails et générations. La transposition française doit être recalculée et contractualisée.
Chaussée suspendue / cellule de sol Structure porteuse indépendante du sol qui reprend les charges du revêtement et protège dessous un volume de sol relativement peu compacté. Excellent potentiel de sol horticole, mais interfaces structurelles, réseaux, accès futur et coût doivent être étudiés.
Arbre de pluie Arbre dont le dispositif de plantation est conçu pour recevoir, stocker, infiltrer, évapotranspirer ou traiter une partie des eaux de ruissellement. La fonction hydraulique doit être calculée ; l’arbre n’est pas un avaloir sans limite.

La Ville de Stockholm publie d’ailleurs un manuel de lits de plantation assorti de schémas de principe et de descriptions d’exécution, précisément pour éviter que l’expression générale « Stockholm » remplace le détail constructif.[7]

3. CE QUE LE DROIT DIT — ET CE QU’IL NE DIT PAS

Le droit français ne contient pas un « code de la fosse d’arbre ». Le régime applicable résulte d’un faisceau de normes : protection de certains alignements, droit de la voirie et du domaine public, réglementation des travaux à proximité des réseaux, droit de l’eau, urbanisme et patrimoine selon les sites, protection des espèces, règles de sécurité, documents locaux et commande publique.

Cette pluralité a une conséquence majeure : une bonne pratique technique n’est pas automatiquement une obligation juridique ; inversement, une obligation juridique ne suffit pas à définir une bonne fosse. Le rôle de la collectivité est de transformer un objectif biologique en exigences techniques contractuelles juridiquement sûres.

La norme NF P98-332, relative aux distances entre réseaux enterrés et aux règles de voisinage entre réseaux et végétaux, demeure publiée par AFNOR dans sa version de février 2005. Au 20 septembre 2026, un projet de révision PR NF P98-332 est en enquête publique jusqu’au 28 septembre 2026. Ce projet n’est pas encore la norme en vigueur : un maître d’ouvrage doit vérifier la version applicable au jour du marché et ne jamais citer un projet comme s’il avait force normative acquise.[18][19]

Il faut en outre distinguer norme publiée et règle juridiquement obligatoire. AFNOR rappelle que les normes sont, par principe, d’application volontaire ; elles peuvent toutefois devenir obligatoires lorsqu’un texte réglementaire leur confère cet effet, servir de référence à une réglementation, ou acquérir une portée contractuelle lorsque le marché les vise. En commande publique, lorsqu’une spécification est formulée par référence à une norme, le Code de la commande publique encadre cette référence et les solutions équivalentes. La collectivité doit donc identifier, pour chaque exigence, sa source exacte : loi ou règlement, norme volontaire, règlement de voirie, prescription d’exploitant ou clause contractuelle.[39][30]

4. PREMIÈRE RÈGLE : PRÉSERVER L’EXISTANT AVANT DE REPLANTER

Avant de chercher une solution pour planter, la collectivité doit déterminer si le projet menace des arbres déjà établis. Un grand arbre existant concentre une histoire biologique, un système racinaire développé, une canopée immédiatement fonctionnelle et des habitats qui ne se reconstituent pas à l’échelle d’un chantier.

Les allées et alignements d’arbres bordant les voies ouvertes à la circulation publique bénéficient, lorsqu’ils entrent dans le champ de l’article L. 350-3 du Code de l’environnement, d’une protection spécifique. Le texte interdit notamment d’abattre, de porter atteinte ou de compromettre la conservation des arbres concernés, sous réserve des régimes et procédures prévus par la loi.[20]

Cette protection doit être instruite avec ses dispositions réglementaires d’application. Les articles R. 350-20 à R. 350-31 précisent notamment le contenu du dossier de déclaration ou de demande d’autorisation, les pièces relatives au motif de l’intervention, les plans et documents permettant d’apprécier l’effet paysager, les mesures de compensation, les délais d’instruction et les sanctions. Ils permettent également au gestionnaire de voies qui dispose d’un plan de gestion fixant les principes de conservation et de renouvellement de déposer, pour les opérations relevant du régime de déclaration, une déclaration préalable unique couvrant les opérations prévues par ce plan sur une durée pouvant aller jusqu’à cinq ans.[40]

La conception d’une fosse continue ne saurait donc commencer par une excavation agressive au droit des racines existantes. La priorité est d’établir un diagnostic arboricole et racinaire, de localiser les zones de contrainte, d’examiner si une rénovation du milieu existant — décompaction, apport de matière, amélioration hydrique, ouverture de surface, réfection progressive — peut obtenir un meilleur résultat que le remplacement de l’arbre.

Un projet de plantation qui détruit un arbre mature pour installer un dispositif « plus moderne » doit être présumé écologiquement incohérent jusqu’à démonstration contraire.

5. LE DIAGNOSTIC MUNICIPAL AVANT TOUT PROJET

La bonne séquence n’est pas « dessin – appel d’offres – découverte des réseaux ». Elle est l’inverse. Un dossier d’opportunité sérieux doit réunir, avant le choix du système, une cartographie du sous-sol et des contraintes de surface.

Diagnostic minimal

  • Arbres existants : état sanitaire et mécanique, valeur patrimoniale, systèmes racinaires supposés, houppiers, habitats potentiels, historique de taille et de travaux.
  • Réseaux : électricité, gaz, eau, assainissement, chaleur/froid, télécoms, éclairage, signalisation, ouvrages abandonnés, branchements, chambres, accessibilité pour maintenance.
  • Sol : horizons, profondeur, texture, compaction, cailloux/remblais, matière organique, pH, salinité/conductivité, infiltration, nappe, contamination selon l’historique du site.
  • Hydrologie : surfaces contributives, pentes, points bas, avaloirs, surverses possibles, épisodes de pluie, risques de ruissellement pollué et stratégie locale de gestion des eaux pluviales.
  • Structure de voirie : classes de trafic, revêtement, couches de forme, charges, bordures, besoins de réfection, vibrations, stationnement, balayage et déneigement le cas échéant.
  • Usages : cheminements piétons et PMR, cycles, livraisons, transport public, terrasses, marchés, secours, collecte, accès façades, mobilier, événementiel.
  • Droit : propriété et affectation du sol, gestionnaire de voirie, protections patrimoniales, PLU, servitudes, eau, espèces protégées, documents locaux, régime des travaux et marchés.
  • Climat futur : exposition solaire, îlot de chaleur, vent, sécheresse, pluies intenses, besoin d’ombre, disponibilité réelle en eau.

Pour les réseaux, le Code de l’environnement impose au responsable de projet, au stade de l’élaboration, la consultation du guichet unique et, lorsque les conditions sont réunies, l’envoi des déclarations de projet de travaux aux exploitants concernés. L’exécutant procède ensuite à la consultation et à la DICT selon le régime applicable. Ce n’est pas une formalité de dernière minute : la connaissance des réseaux est un intrant de conception.[21][22]

Si le diagnostic montre que la rue ne peut offrir ni volume racinaire suffisant, ni eau soutenable, ni accès technique compatible, le bon choix peut être de déplacer la plantation, de réduire la taille adulte recherchée ou de reconfigurer la voirie. La plantation n’est pas une obligation de produire un arbre condamné.

6. DIMENSIONNER LE VOLUME DE SOL FONCTIONNEL

Le dimensionnement doit cesser de confondre trois quantités : le volume excavé, le volume de matériau mis en œuvre et le volume racinaire fonctionnel.

Grandeur Ce qu’elle mesure Pourquoi elle ne suffit pas seule
Volume géométrique excavé Longueur × largeur × profondeur de la fouille. Il inclut parfois couches drainantes, granulats porteurs, ouvrages, volumes inaccessibles ou durablement saturés.
Volume de substrat horticole Quantité de sol ou substrat réellement destinée au développement racinaire. Sa qualité, sa compaction, sa continuité et l’eau disponible conditionnent son utilité.
Volume racinaire fonctionnel Ensemble connecté que les racines peuvent raisonnablement coloniser et exploiter. Il dépend du vivant et du site ; il ne se déduit pas d’une simple cote géométrique.
Volume hydraulique de stockage Vides et espaces capables de stocker temporairement l’eau. Il ne doit pas être additionné comme s’il s’agissait automatiquement de sol nourricier.

La méthode proposée comporte six étapes : (1) fixer la taille adulte et le service de canopée recherchés ; (2) caractériser le climat et la demande hydrique ; (3) mesurer les sols existants accessibles ; (4) identifier les volumes que le projet peut réellement connecter ; (5) choisir un système porteur compatible ; (6) vérifier que l’eau et l’oxygène restent disponibles pendant le cycle de vie.

Une littérature scientifique ancienne mais structurante a proposé de relier le volume de sol aux besoins en eau et à la projection de couronne. Des travaux plus récents montrent que l’imperméabilisation et le volume racinaire influencent fortement les périodes de déficit hydrique en ville. Ces travaux justifient une approche par performance ; ils ne fondent pas un nombre universel applicable à toutes les essences françaises.[15][16]

7. LA FOSSE INDIVIDUELLE : QUAND ELLE SUFFIT, QUAND ELLE ÉCHOUE

La fosse individuelle n’est pas, par nature, une mauvaise solution. Elle peut être parfaitement adaptée à un arbre de développement compatible lorsque les sols environnants sont accessibles, lorsque le volume est suffisant ou lorsque la fosse s’ouvre sur une bande plantée, une noue, un parc ou une pleine terre véritable.

Elle devient problématique lorsque sa géométrie nominale masque une réalité hostile : parois compactées, dalle continue, remblai de mauvaise qualité, couches porteuses impénétrables, réseau dense, assèchement chronique, défaut d’oxygène ou engorgement prolongé. Dans ces situations, la fosse agit comme un îlot de sol biologiquement isolé.

L’erreur consiste alors à raisonner uniquement sur le trou initial : si un arbre est destiné à porter à terme une large canopée, il faut examiner le volume qu’il pourra exploiter dans dix, vingt ou trente ans, et pas seulement le cube de terre mis en œuvre le jour de la plantation.

Le Cerema insiste sur la nécessité de libérer de l’espace racinaire et recommande, lorsque le contexte s’y prête, les fosses continues afin de restaurer davantage de continuité sous les surfaces urbaines.[5][6]

8. LA FOSSE CONTINUE : CRÉER DE LA CONTINUITÉ, PAS SEULEMENT DU VOLUME

La fosse continue transforme l’échelle de conception : au lieu de traiter chaque arbre comme une unité isolée, elle conçoit le linéaire comme un milieu racinaire partagé. Cette continuité peut être ouverte — bande plantée ou sol désimperméabilisé — ou située sous une surface circulée lorsque la structure de voirie le permet.

Son intérêt n’est pas seulement d’additionner des mètres cubes. Elle permet aux racines d’explorer différentes zones selon l’eau, l’oxygène et les nutriments disponibles ; elle peut faciliter le transfert d’eau le long du linéaire et réduire les ruptures biologiques liées aux bordures et aux micro-fosses.

Mais un volume partagé n’est pas un volume « gratuit ». Les arbres se partagent aussi la ressource et peuvent entrer en concurrence. Le dimensionnement doit donc être réalisé à l’échelle du système entier, en tenant compte du nombre d’arbres, de leur développement cible, des apports hydriques et de la capacité réelle du sol.

Le Cerema documente en France des opérations où les fosses continues ont été privilégiées pour donner davantage d’espace aux racines, notamment dans des projets de désimperméabilisation et de renaturation.[6]

9. LES SOLS STRUCTURAUX : PORTER LA VILLE SANS ÉCRASER LE VIVANT

Le conflit central de la voirie est mécanique : un trottoir ou une chaussée demande une assise stable et compactée ; une racine demande de la porosité, de l’air, de l’eau et une résistance mécanique compatible avec sa croissance. Le sol structural cherche à dissocier les fonctions : la pierre reprend les charges ; les vides restent disponibles pour le vivant.

Les systèmes développés à Cornell reposent sur une matrice de pierres anguleuses en contact pierre-à-pierre, dont les vides reçoivent une fraction de sol et demeurent accessibles à l’air, à l’eau et aux racines. Ces systèmes peuvent être compactés à un niveau compatible avec la portance du revêtement tout en conservant un environnement racinaire bien supérieur à un remblai urbain compacté conventionnel.[12]

Des suivis à long terme ont montré que des racines colonisent effectivement ces profils sous revêtement et que, dans certains contextes, la croissance de rue peut rester comparable à celle observée en bande engazonnée. Les résultats ne signifient pas que tout sol structural équivaut à de la pleine terre : formulation, eau, espèce, profondeur et entretien restent déterminants.[13][14]

Conséquence pour les marchés : il est insuffisant d’écrire « mélange terre-pierre ». Le CCTP doit décrire ou faire justifier la granulométrie du squelette, la nature du substrat, le protocole de mélange, la teneur en fines, la stabilité, la portance cible, la porosité utile, le comportement hydrique et les contrôles de réception.

Le choix des granulats influence également le pH et le fonctionnement chimique. Une formulation doit donc être compatible avec la palette botanique et l’eau réellement disponible, et pas seulement avec la résistance mécanique.

10. LE SYSTÈME DE STOCKHOLM : CE QU’IL EST RÉELLEMENT

Stockholm n’a pas inventé l’idée générale d’offrir davantage de sol aux arbres, mais la ville a systématisé une approche particulièrement influente : construire des lits de plantation sous espace urbain dur en utilisant une structure minérale poreuse, des entrées d’eau, des couches d’aération et des matériaux organiques adaptés.

La page officielle de la Ville présente son manuel comme un outil pour planifier, construire et gérer les environnements arborés et publie, en plus du manuel 2017, des schémas de principe actualisés en 2024 et des descriptions d’exécution. Cela confirme qu’il s’agit d’un système de conception et de chantier, pas d’un simple « mélange » à commander au mètre cube.[7]

Dans les versions récentes décrites par Stockholm et par la Swedish University of Agricultural Sciences, le macadam constitue le squelette ; biochar et compost participent à la rétention d’eau et de nutriments. Björn Embrén est un ancien spécialiste des arbres de la Ville de Stockholm devenu consultant, nommé docteur honoris causa en sciences agricoles par la SLU en 2023 — et non un « professeur suédois » au sens universitaire classique.[10]

Le manuel 2017 précise aussi que le biochar ne doit pas être traité comme un engrais en soi et encadre sa qualité. Pour une collectivité française, le bon enseignement n’est pas de copier chaque matériau, mais d’imposer une chaîne de fonctions : portance, porosité, oxygène, stockage hydrique, entrée et trop-plein d’eau, qualité des matériaux, inspection et maintenance.[8]

Le Cerema a documenté en France le principe de la « tranchée de Stockholm » avec mélange terre-pierre, notamment place de Francfort à Lyon, en soulignant l’intérêt d’un milieu résistant au tassement laissant aux racines accès à l’eau et à l’aération. Cette documentation constitue un retour d’expérience et une diffusion technique ; elle ne vaut pas « certification Cerema » d’une recette unique.[11]

La leçon de Stockholm n’est pas : « mettre des cailloux sous les arbres ».
La leçon est : faire du sous-sol un ouvrage commun de voirie, d’eau et de vivant.

11. CHAUSSÉES SUSPENDUES ET CELLULES DE SOL

Une autre famille de solutions consiste à faire porter le revêtement par une structure distincte du sol horticole. Des modules, poutres, dalles ou cellules transmettent les charges tandis qu’un volume de sol moins compacté reste disponible sous la surface.

Le principal avantage est horticole : une part plus importante du volume enterré peut être constituée de sol utilisable par les racines. Des travaux expérimentaux ont montré que les systèmes de chaussée suspendue peuvent également être mobilisés pour la gestion et le traitement des eaux pluviales, sous réserve d’un dimensionnement hydraulique approprié.[17]

Leur contrepartie est une exigence accrue de conception : portance, interfaces avec les bordures, accès aux réseaux, reprise des efforts, inspection, remplissage homogène, prévention des vides et réparabilité du dispositif doivent être définis. Une solution offrant beaucoup de sol mais rendant un réseau inaccessible pendant quarante ans n’est pas une bonne infrastructure urbaine.

La collectivité doit donc choisir la famille technique selon la hiérarchie suivante : pleine terre réellement ouverte lorsqu’elle est possible ; sol continu non compacté lorsque la surface peut être végétalisée ; structure suspendue lorsque la voirie doit passer au-dessus d’un sol horticole ; sol structural lorsque la portance doit être assurée par le matériau racinaire lui-même ; solution hybride lorsque plusieurs contraintes se superposent.

12. CHOISIR LA BONNE FAMILLE DE SOLUTION

Aucune technologie ne doit devenir un réflexe de prescription. La question n’est pas : « voulons-nous une fosse de Stockholm ? » Elle est : quel système offre au site la meilleure combinaison de sol, eau, portance, continuité, maintenance et coût de cycle de vie ?

Famille Situation favorable Atout principal Vigilance principale
Pleine terre ouverte Parcs, bandes plantées, grands pieds d’arbres, désimperméabilisation possible. Fonction biologique maximale, simplicité, réparabilité. Protection contre le tassement, piétinement, stationnement et sel.
Fosse continue en sol de plantation Alignements où une bande sous-jacente peut être réservée au vivant. Continuité racinaire et hydrique. Portance et interface avec les zones circulées.
Sol structural / terre-pierre Trottoirs et espaces chargés où le sol doit contribuer à la portance. Compatibilité entre charge et colonisation racinaire. Part réelle de substrat, eau, granulométrie, pH, mise en œuvre.
Stockholm / macadam-biochar Projet intégré arbre–voirie–eaux pluviales avec ingénierie dédiée. Porosité, aération, stockage et acheminement de l’eau. Copie simplifiée d’une coupe sans recalcul local.
Chaussée suspendue / cellules Fort besoin de sol horticole sous un revêtement circulé. Grande proportion de sol non compacté. Structure, interfaces, réseaux, coût et accès futur.
Arbre de pluie / noue arborée Rue où le ruissellement peut être dirigé vers le végétal. Couplage canopée–gestion pluviale. Pollution, engorgement, trop-plein, sels, sécheresse et droit de l’eau.

13. L’EAU : CONCEVOIR UN SYSTÈME HYDRIQUE, PAS UN ARROSAGE

Une fosse performante sans eau disponible reste une fosse déficitaire. À l’inverse, conduire sans contrôle tout le ruissellement d’une chaussée vers un arbre peut provoquer engorgement, apports de sels, hydrocarbures, métaux, particules fines ou colmatage. Le projet doit donc comporter un schéma hydraulique complet.

Les huit questions hydrauliques obligatoires

  1. D’où vient l’eau ? Pluie directe, ruissellement de trottoir, chaussée, toiture, irrigation, eau récupérée ou autre ressource.
  2. Quelle surface contribue ? La surface captée doit être cartographiée, avec ses pentes et ses coefficients de ruissellement.
  3. Quelle qualité d’eau ? Trafic, sels de déneigement, pollutions accidentelles, matériaux de toiture et usages du site déterminent le besoin de prétraitement ou d’exclusion.
  4. Combien peut-on stocker ? Le stockage dépend de la porosité effectivement mobilisable du dispositif, de la réserve du sol et d’une éventuelle dépression de surface.
  5. À quelle vitesse l’eau s’infiltre-t-elle ? Le sol en place, la nappe et les horizons sous-jacents doivent être caractérisés.
  6. Que se passe-t-il quand le système est plein ? Un trop-plein sûr est indispensable ; aucune fosse ne doit devenir un piège hydraulique.
  7. Que se passe-t-il pendant six semaines sans pluie ? La stratégie de sécheresse doit être prévue avant la plantation.
  8. Comment maintient-on les entrées d’eau ? Grilles, avaloirs, décantation, regards et conduites doivent rester accessibles et nettoyables.

Les systèmes stockholmois illustrent cette articulation : le squelette poreux reçoit l’eau et favorise les échanges gazeux ; les eaux excédentaires peuvent être dirigées vers un réseau ou un autre exutoire. Des projets français d’« arbres de pluie » recherchent également cette multifonctionnalité.[9][34]

Le dimensionnement ne doit pas promettre un rafraîchissement automatique en degrés Celsius. L’ombre, la transpiration et le confort dépendent de la taille du houppier, de l’espèce, du climat, de l’eau disponible et de la géométrie urbaine. Le service recherché doit être formulé en termes de canopée durable et de fonctionnement hydrique, pas en slogan thermique.

Principe : la pluie doit être considérée comme une ressource potentielle avant d’être considérée comme un déchet à évacuer — mais seulement lorsque sa qualité, le sol, la nappe et le contexte réglementaire permettent son infiltration ou son stockage.

14. LE SOL : SPÉCIFIER DES PERFORMANCES MESURABLES

Le mot « terre végétale » ne constitue pas une spécification suffisante. Deux matériaux portant le même nom commercial peuvent avoir des textures, pH, teneurs en matière organique, salinités, capacités de rétention et comportements au tassement très différents.

Le dossier de consultation doit définir les propriétés attendues et le protocole permettant de les vérifier. Les valeurs numériques doivent être adaptées au système, aux essences et aux normes ou guides retenus par le maître d’œuvre ; le présent référentiel n’invente pas de seuil universel.

Famille de contrôle Paramètres à documenter Moment du contrôle
Physique Texture ou granulométrie, densité apparente, compaction, porosité, stabilité structurale, présence de matériaux indésirables. Avant approvisionnement, à la livraison, après mise en œuvre selon le matériau.
Hydrique Capacité d’infiltration, drainage, réserve utile ou propriétés de rétention pertinentes, risque d’engorgement. Diagnostic initial et essais du système réalisé.
Chimique pH, conductivité/salinité, matière organique, éléments nutritifs pertinents, éventuels contaminants selon l’historique du site. Validation des matériaux et contrôle des terres réemployées.
Biologique Qualité organique, absence de conditions incompatibles avec l’activité racinaire ; stratégie de paillage et restitution de matière. Conception et suivi d’exploitation.
Mécanique Portance et résistance à la déformation pour les matériaux assurant une fonction de chaussée. Planche d’essai si nécessaire, chantier, réception.
Traçabilité Origine, formulation, lots, résultats de laboratoire, conditions de stockage et de mélange. Avant et pendant le chantier.

Le biochar, lorsqu’il est utilisé, doit lui aussi être spécifié. Stockholm demande dans son propre manuel une qualité certifiée selon l’European Biochar Certificate ou présentant des propriétés équivalentes. Ce choix municipal suédois n’est pas une obligation française, mais il illustre la bonne méthode : ne jamais acheter un matériau fonctionnel sans critères de qualité vérifiables.[8]

Les terres excavées du site peuvent parfois être réemployées après caractérisation et amélioration ; le réemploi doit être décidé sur la base de leur aptitude, et non par principe. Une terre contaminée, saline, anoxique ou structurellement dégradée ne devient pas un sol de plantation parce qu’elle est « locale ».

Le devenir des terres doit en outre être qualifié juridiquement avant leur évacuation ou leur valorisation. Les articles R. 541-42 à R. 541-48 du Code de l’environnement organisent la traçabilité des déchets, terres excavées et sédiments. L’article R. 541-43-1 prévoit notamment un registre chronologique et, pour les personnes qui y sont soumises, une transmission au registre national ; il prévoit aussi des exemptions, notamment pour les producteurs de terres excavées issues d’une opération d’aménagement ou de construction produisant un volume total inférieur à 500 m³ et pour certaines opérations de valorisation inférieures à 500 m³, sans préjudice des autres obligations éventuellement applicables. Le CCTP et le plan de gestion des terres doivent donc préciser volumes, caractérisation, destination, statut, preuves de traçabilité et responsabilité de chaque intervenant.[42]

15. RACINES ET RÉSEAUX : SORTIR DE LA GUERRE DU SOUS-SOL

Les réseaux ne constituent pas une anomalie de la rue : ils en sont une fonction structurante. L’arbre ne doit donc pas être conçu « malgré » eux, mais dans une géométrie qui organise la coexistence et la maintenance future.

La réglementation DT-DICT impose une connaissance et un dialogue préalables avec les exploitants. La norme NF P98-332 traite spécifiquement du voisinage entre réseaux et végétaux ; sa version applicable doit être vérifiée au moment du projet. Les prescriptions propres aux concessionnaires, le règlement de voirie et les servitudes complètent ce cadre.[18][21][22]

Une bonne coupe de principe doit distinguer au moins : corridor racinaire, corridor technique, points de croisement, accès aux chambres, zones interdites aux racines, protections mécaniques, profondeurs et possibilités de remplacement d’un réseau sans destruction complète du système racinaire.

Les barrières anti-racines ne doivent pas devenir une ceinture aveugle autour de l’arbre. Elles servent à orienter localement les racines lorsqu’un ouvrage doit être protégé ; posées sans échappatoire vers un sol fonctionnel, elles recréent précisément le confinement que la fosse continue cherche à éviter.

16. TRAVAUX À PROXIMITÉ D’ARBRES EXISTANTS

Une fosse nouvelle peut être techniquement excellente et pourtant dégrader les arbres voisins pendant son chantier. Les dommages racinaires, la compaction par les engins, les variations brutales de niveau, la modification des écoulements, le stockage de matériaux au pied des arbres et les blessures du tronc doivent être traités comme des risques de chantier à part entière.

La zone de protection ne doit pas être fixée par une distance arbitraire unique. Elle doit être déterminée en fonction de l’arbre, de son diamètre, de son architecture, du sol, du type de travaux et des prescriptions locales. Lorsque des racines sont susceptibles d’être rencontrées, la méthode d’excavation doit être définie à l’avance et une compétence arboricole doit pouvoir intervenir.

L’article L. 350-3 du Code de l’environnement impose une vigilance supplémentaire pour les alignements protégés. Par ailleurs, la présence d’espèces protégées, de nids ou d’habitats protégés peut relever de l’article L. 411-1 et de ses textes d’application : il n’existe pas de « saison nationale de taille » qui dispenserait d’examiner les espèces réellement présentes.[20][28]

La réception du chantier doit documenter les incidents racinaires survenus, les mesures correctives et, lorsque nécessaire, un suivi renforcé des arbres conservés.

17. CHOISIR L’ESSENCE À PARTIR DU SITE FUTUR

Le bon ordre est : site → sol → eau → volume → usages → essence. Choisir un grand arbre pour son image puis chercher comment le faire tenir dans un sous-sol incapable de le nourrir revient à transformer la biologie en problème d’entretien.

La palette doit intégrer la taille adulte, la forme du houppier, l’adaptation au climat actuel et futur, la tolérance aux fortes chaleurs et à la sécheresse, la sensibilité à l’engorgement, au calcaire ou aux sels, la vigueur racinaire, les allergies, fruits ou épines, la biodiversité associée, les risques sanitaires et la diversité globale du patrimoine.

L’outil Sésame du Cerema constitue une aide à la décision destinée aux collectivités. Il croise services attendus, contraintes et caractéristiques d’espèces et intègre désormais des méthodologies portant notamment sur l’adaptation au climat actuel, urbain et futur. Il doit compléter, non remplacer, l’expertise locale et le diagnostic de site.[35]

La fosse continue permet la coopération spatiale entre arbres ; elle ne justifie pas la monoculture. Une rue entière reposant sur un seul taxon peut amplifier les conséquences d’un ravageur ou d’une maladie. La diversification doit être pensée à plusieurs échelles : rue, quartier, ville et territoire.

La palette végétale doit faire l’objet d’un contrôle réglementaire avant prescription et avant commande. Les articles L. 411-5 à L. 411-7 du Code de l’environnement organisent la prévention de l’introduction et de la propagation des espèces exotiques envahissantes ; les listes et interdictions applicables doivent être vérifiées dans leur version en vigueur au jour du projet. Une base de données horticole ou un ancien bordereau de plantation ne peut se substituer à cette vérification réglementaire.[43]

La taille adulte recherchée doit être réaliste. Si le site ne peut fournir l’eau et le sol nécessaires à un grand développement, il vaut mieux choisir une architecture plus adaptée que programmer un arbre qu’il faudra réduire toute sa vie par la taille.

18. SURFACE, VOIRIE, ACCESSIBILITÉ ET RÉPARABILITÉ

Le bon sous-sol peut être ruiné par une mauvaise surface. Revêtement, bordures, ouverture au pied, compactage, ruissellement et usages déterminent ce que l’arbre recevra réellement.

La conception doit assurer simultanément : continuité des cheminements accessibles ; absence de ressaut dangereux ; résistance du revêtement ; possibilité de croissance du tronc ; entrée d’eau là où elle est souhaitée ; exclusion des pollutions lorsqu’elles sont incompatibles ; ventilation éventuelle ; protection contre le stationnement et le tassement ; accès aux ouvrages de maintenance.

Dans le champ de l’arrêté du 15 janvier 2007 relatif à l’accessibilité de la voirie et des espaces publics, les ressauts des cheminements et passages pour piétons sont limités à 2 cm, avec possibilité d’atteindre 4 cm lorsqu’ils sont aménagés en chanfrein « à un pour trois » ; les trous ou fentes résultant de grilles ou autres équipements ont une largeur ou un diamètre inférieurs à 2 cm. Ces prescriptions doivent être intégrées à la conception des grilles d’arbres, entourages, dispositifs d’entrée d’eau et raccords de revêtement : un détail hydraulique efficace ne peut créer une rupture d’accessibilité.[41]

Les revêtements perméables peuvent être utiles, mais leur simple présence ne garantit ni un débit d’infiltration durable ni un apport hydrique suffisant : colmatage, pente, structure de chaussée et entretien doivent être intégrés. Inversement, un revêtement imperméable peut être compatible avec un arbre lorsque l’eau est acheminée ailleurs vers un grand volume de sol accessible.

La réparabilité doit être dessinée dès le PRO. Lorsqu’un pavé, une dalle, une conduite ou un regard doit être remplacé, le chantier futur ne doit pas imposer de sectionner systématiquement les racines charpentières. Des bandes démontables, réservations, dalles indépendantes et corridors techniques peuvent devenir des outils de protection du patrimoine arboré.

Le gestionnaire de voirie conserve ses impératifs de sécurité et de circulation ; l’aménagement du sous-sol vivant doit rester compatible avec l’affectation du domaine public et avec l’exercice des pouvoirs de police. Le Code général des collectivités territoriales rattache notamment à la police municipale la sûreté et la commodité du passage dans les rues, quais, places et voies publiques ; la police de la circulation s’exerce en outre dans le cadre de l’article L. 2213-1.[25][38][27]

19. INSTRUCTION JURIDIQUE : LA CHECKLIST DE LA COLLECTIVITÉ

Le dossier juridique doit être proportionné au projet, mais il doit être écrit. Une « fosse technique » peut croiser plusieurs régimes sans qu’aucun texte ne porte ce nom. La matrice suivante constitue un minimum d’instruction.

Question Fondement / document à vérifier Action de la collectivité
Des arbres existants protégés sont-ils concernés ? Code de l’environnement L. 350-3 et R. 350-20 à R. 350-31 pour les allées et alignements dans leur champ. Qualifier le régime de déclaration ou d’autorisation ; constituer les pièces requises ; documenter les atteintes et la compensation ; vérifier l’intérêt d’un plan de gestion pluriannuel.
Des espèces ou habitats protégés peuvent-ils être affectés ? Code de l’environnement L. 411-1 et textes relatifs aux espèces concernées. Diagnostic écologique proportionné ; éviter les atteintes ; instruire toute dérogation éventuellement nécessaire.
La palette comporte-t-elle une espèce réglementée comme exotique envahissante ? Code de l’environnement L. 411-5 à L. 411-7 et listes réglementaires en vigueur. Vérifier la liste applicable avant le DCE et avant fourniture ; exclure toute prescription incompatible avec le régime en vigueur.
Quels réseaux sont présents ? Code de l’environnement R. 554-20 et suivants ; DT-DICT ; NF P98-332 dans sa version applicable ; prescriptions concessionnaires. Guichet unique, DT, investigations complémentaires lorsque requises, localisation et coordination, DICT par l’exécutant.
Le projet reçoit ou rejette des eaux pluviales ? Code de l’environnement R. 214-1 ; zonage pluvial ; règlement d’assainissement ; SDAGE/SAGE et prescriptions locales le cas échéant. Calculer surface du projet et bassin intercepté ; vérifier seuils et règles locales ; définir infiltration, trop-plein et qualité de l’eau.
Que deviennent les terres excavées ? Code de l’environnement R. 541-42 à R. 541-48, notamment R. 541-43-1 ; règles relatives aux déchets, terres excavées et sédiments. Caractériser les terres ; déterminer leur aptitude au réemploi, leur statut et leur destination ; vérifier les obligations de registre/transmission et les exemptions applicables ; conserver les justificatifs.
Le détail de surface respecte-t-il l’accessibilité ? Arrêté du 15 janvier 2007 et prescriptions locales applicables à la voirie et aux espaces publics. Vérifier cheminement, ressauts, grilles, fentes, pentes et raccords avant validation du PRO puis à la réception.
Qui maîtrise la voirie et le domaine ? CGPPP L. 2121-1 et L. 2122-1 ; Code de la voirie routière L. 113-2 ; règlement de voirie. Pour un tiers, vérifier titre/permission requis ; pour la collectivité gestionnaire, formaliser la compatibilité avec l’affectation et la coordination de voirie.
Le site est-il patrimonial ou soumis à des règles d’urbanisme particulières ? PLU(i), sites patrimoniaux, abords de monuments historiques, sites classés, règlement local. Qualifier le projet avant le DCE et associer le service instructeur/ABF lorsque nécessaire.
Comment le marché traduit-il l’objectif ? Code de la commande publique L. 2111-1, R. 2111-4, L./R. 2152-7, R. 2152-9 et R. 2152-10. Définir le besoin, les performances, les critères environnementaux, les preuves et le coût de cycle de vie.

L’article L. 2122-1 du Code général de la propriété des personnes publiques prévoit qu’un tiers ne peut occuper le domaine public au-delà du droit d’usage commun sans titre. Cette règle ne doit pas être transposée mécaniquement à une commune qui réalise elle-même un aménagement sur son propre domaine : dans ce cas, la question porte d’abord sur la compétence, l’affectation, la voirie et les procédures internes. Lorsque l’occupation est réalisée par un tiers, les autorisations domaniales et, sur le domaine public routier, la permission de voirie ou le permis de stationnement selon les cas redeviennent centrales.[25][26]

La vérification patrimoniale et urbanistique doit être conduite avant le DCE. Dans les sites patrimoniaux remarquables, les abords des monuments historiques, les sites classés ou en instance de classement et les réserves naturelles, l’article R. 421-25 du Code de l’urbanisme soumet notamment à déclaration préalable, sous les exceptions qu’il prévoit, les modifications des voies ou espaces publics ainsi que les plantations effectuées sur ces voies ou espaces. Dans les abords d’un monument historique, l’article L. 621-32 du Code du patrimoine soumet à autorisation préalable les travaux susceptibles de modifier l’aspect extérieur d’un immeuble, bâti ou non bâti, protégé au titre des abords. Ces régimes doivent être articulés avec la nature exacte du projet, le PLU(i) et les autres protections applicables.[36][37]

La sécurité juridique vient de la qualification exacte de chaque projet, non d’un catalogue de slogans réglementaires.

20. EAUX PLUVIALES : LE RÉGIME JURIDIQUE ET HYDRAULIQUE

L’intégration des eaux pluviales dans les fosses d’arbres est l’un des apports majeurs des systèmes contemporains. Elle ne doit cependant pas conduire à supposer que toute infiltration est automatiquement libre.

La rubrique 2.1.5.0 de la nomenclature « loi sur l’eau » vise certains rejets d’eaux pluviales dans les eaux douces superficielles, sur le sol ou dans le sous-sol. Les seuils sont appréciés à partir de la surface totale du projet augmentée de la partie du bassin naturel dont les écoulements sont interceptés : autorisation à partir de 20 ha ; déclaration au-delà de 1 ha et en dessous de 20 ha.[23]

Cette disposition ne signifie évidemment pas qu’une petite fosse d’arbre déclenche seule une procédure « loi sur l’eau ». Elle signifie qu’une opération de voirie plus vaste ne doit pas fragmenter artificiellement son analyse hydraulique. Le périmètre du projet et le bassin intercepté comptent.

Les communes et EPCI délimitent par ailleurs, dans le cadre de l’article L. 2224-10 du CGCT, des zones où des mesures doivent être prises pour limiter l’imperméabilisation et assurer la maîtrise des débits, de l’écoulement et, lorsque nécessaire, le stockage ou le traitement des eaux pluviales et de ruissellement.[24]

Au-delà de ces textes, un projet doit vérifier le règlement d’assainissement, le zonage pluvial, les prescriptions de la collectivité compétente, les documents de bassin et les risques liés au site : nappe haute, sous-sols pollués, fondations sensibles, carrières, gypse, infrastructures souterraines ou eaux de chaussée fortement contaminées.

21. COMMANDE PUBLIQUE : ACHETER UNE PERFORMANCE VIVANTE

Le point décisif se situe souvent avant le chantier : qu’est-ce que la collectivité achète réellement ? Si le marché achète seulement une excavation, des tonnes de pierre et des arbres d’une certaine circonférence, il peut être parfaitement exécuté et biologiquement médiocre.

L’article L. 2111-1 du Code de la commande publique impose à l’acheteur de déterminer avec précision la nature et l’étendue de ses besoins avant la consultation, en prenant en compte les objectifs de développement durable dans leurs dimensions économique, sociale et environnementale. L’article R. 2111-4 permet de définir les caractéristiques requises des travaux et de se référer à certains processus ou stades du cycle de vie, lorsqu’ils sont liés à l’objet et proportionnés.[29][30]

Depuis août 2026, le régime d’attribution impose qu’au moins un critère prenne en compte les caractéristiques environnementales de l’offre ; le coût peut par ailleurs être apprécié dans une approche globale fondée sur le cycle de vie. Les articles R. 2152-9 et R. 2152-10 permettent d’intégrer, lorsque pertinent, acquisition, utilisation des ressources, maintenance, fin de vie et certaines externalités environnementales selon une méthode objective et vérifiable.[31][32]

Pour une infrastructure racinaire, les critères pertinents peuvent porter sur : justification du volume racinaire fonctionnel ; qualité et traçabilité des matériaux ; performance hydraulique ; portance ; réduction du tassement ; réparabilité ; plan de maintenance ; consommation d’eau ; empreinte des matériaux ; dispositif de suivi ; expérience de l’équipe sur des ouvrages comparables.

Le marché doit en revanche éviter les obligations biologiques impossibles à garantir, par exemple promettre un diamètre précis de tronc à une date indépendamment du climat. La commande publique doit exiger ce que l’entreprise maîtrise : qualité du milieu, conformité de la plantation, installation, contrôle, arrosage contractuel, maintenance, remplacement, mesures et actions correctives.

22. CHANTIER : LES POINTS D’ARRÊT QUI ÉVITENT L’ÉCHEC

Une fosse sophistiquée peut être détruite en quelques heures par un engin qui circule sur un sol non protégé, par un matériau livré hors spécification ou par une couche mise en œuvre à la mauvaise cote. La qualité doit donc être organisée par des points d’arrêt contradictoires avant recouvrement.

Point d’arrêt Ce qui doit être vérifié Preuve à conserver
PA-01 — Fond de fouille Cotes, réseaux, état du fond, portance, absence d’eau anormale, racines rencontrées, pollution ou matériaux inattendus. Photos géolocalisées, relevé, visa MOE, fiche d’incident si nécessaire.
PA-02 — Matériaux Lots, granulométrie, analyses du sol, formulation, biochar/compost si utilisés, conformité des granulats. Bons de livraison, analyses, certificats, échantillons témoins.
PA-03 — Drainage / hydraulique Pentes, drains, trop-plein, regards, entrée d’eau, prétraitement, éventuelle étanchéité ou protection. Plan de récolement partiel, essais d’écoulement.
PA-04 — Structure racinaire Épaisseurs, contacts pierre-à-pierre ou structure porteuse, continuité, absence de colmatage, compaction conforme au système. Contrôles chantier, mesures de compactage/portance appropriées, photos.
PA-05 — Sol horticole Épaisseur, absence de tassement excessif, continuité, humidité, mélange et mise en œuvre. Analyses, fiches de contrôle, densité ou indicateur adapté.
PA-06 — Avant fermeture Accessibilité des regards, ventilation, conduites, protections de réseaux, barrières racinaires localisées. Récolement 3D/plan coté et reportage photographique.
PA-07 — Plantation Qualité des sujets, motte/racines, collet, stabilité, tuteurage, cuvette, paillage, premier arrosage. Fiche individuelle ou par lot de plantation.
PA-08 — Réception fonctionnelle Entrée de l’eau, trop-plein, stabilité des surfaces, accessibilité, état des arbres, propreté des ouvrages. PV d’essais et plan de récolement définitif.

Le stockage de terre ou de matériaux sur la zone racinaire des arbres conservés doit être interdit. Les circulations d’engins doivent être organisées. Les ouvrages hydrauliques et les ventilations doivent être protégés contre l’introduction de fines pendant le chantier.

Le plus grand défaut des infrastructures enterrées est qu’une fois recouvertes, leurs erreurs deviennent invisibles. La photographie et le récolement avant fermeture font partie de l’ouvrage, pas de sa communication.

23. RÉCEPTION, INSTALLATION, ENTRETIEN ET GESTION DE CRISE

La réception des travaux n’est pas la réception d’un arbre adulte. Elle marque le début d’une période d’installation au cours de laquelle l’arbre reste particulièrement dépendant de l’eau, de la qualité du suivi et de la protection contre les agressions.

La Ville de Paris rappelle notamment l’importance d’un arrosage régulier pendant les premières années des jeunes arbres. La durée et la quantité ne doivent toutefois pas être copiées mécaniquement d’une ville à l’autre : elles se pilotent selon l’essence, la saison, le sol, les pluies et le développement racinaire.[33]

Plan d’entretien minimal

  • arrosage d’installation piloté par les conditions réelles et enregistré ;
  • contrôle du paillage et de la concurrence herbacée ;
  • surveillance du collet, du tuteurage et des blessures ;
  • nettoyage des entrées d’eau, décanteurs, regards et trop-pleins ;
  • contrôle de l’engorgement et des stagnations anormales ;
  • surveillance du tassement, de l’affaissement ou du soulèvement des surfaces ;
  • inspection des réseaux d’irrigation et de drainage s’ils existent ;
  • suivi phytosanitaire et remplacement documenté des sujets morts ;
  • plan sécheresse avec priorités d’arrosage et ressources mobilisables ;
  • contrôle après chantier voisin, fuite de réseau ou événement climatique majeur.

Matrice de contrôle et de réception

Le marché doit identifier qui contrôle, quand, comment et avec quelle conséquence. Le tableau suivant constitue un canevas minimal à adapter à l’organisation de la collectivité.

Objet Responsable de contrôle proposé Moment Méthode / preuve Conséquence en cas de non-conformité
Fond de fouille et réseaux Maîtrise d’œuvre ; gestionnaire de réseau lorsque requis ; arboriste si racines rencontrées. Avant toute couche irréversible. Relevé coté, photos, visas, fiche d’incident. Point d’arrêt maintenu ; adaptation validée avant reprise.
Matériaux de sol et structurels Maîtrise d’œuvre et, selon le marché, laboratoire ou contrôle extérieur. Avant approvisionnement puis par lot à la livraison. Analyses, granulométrie, certificats, échantillons témoins. Refus du lot, mise à l’écart ou essais complémentaires.
Portance et mise en œuvre Maîtrise d’œuvre / voirie ; laboratoire lorsque le niveau de risque le justifie. À la planche d’essai, pendant exécution et avant fermeture. Essais adaptés au système, contrôle d’épaisseur et de compaction. Reprise de couche ou justification technique contradictoire.
Hydraulique Maîtrise d’œuvre avec service eau/assainissement ou gestionnaire concerné. Avant fermeture puis à la réception. Essai d’écoulement, contrôle pentes, entrée d’eau, trop-plein et regards. Correction avant réception ; réserve formelle si fonction non démontrée.
Plantation et qualité des arbres Service espaces verts/arboriste et maîtrise d’œuvre. À la livraison, à la plantation et à la fin de la période d’installation. Fiches de lot, inspection racinaire, collet, stabilité, état sanitaire. Refus du sujet, reprise de plantation ou remplacement.
Surface et accessibilité Voirie / maîtrise d’œuvre ; référent accessibilité si nécessaire. Avant réception. Mesures de pentes, ressauts, fentes/grilles, stabilité et cheminement. Réserve ou refus de réception de la zone concernée.
Récolement et dossier de vie Maîtrise d’ouvrage assistée de la maîtrise d’œuvre. Avant levée des dernières réserves. Plans finaux, photographies avant fermeture, analyses, lots, notices, responsabilités. Réserves non levées tant que le dossier n’est pas exploitable.

L’eau d’arrosage doit elle-même être juridiquement et techniquement qualifiée selon sa source. Une ressource alternative ne peut pas être utilisée sur la seule base de son intérêt environnemental : son régime sanitaire, sa qualité, son stockage et son mode de distribution doivent être vérifiés.

Une collectivité qui finance la construction sans financer la phase d’installation transforme un investissement durable en loterie biologique. Le budget d’exploitation doit être arrêté avant l’ordre de service de plantation.

24. MESURER LA PERFORMANCE

Une ville doit pouvoir savoir, cinq ou dix ans après les travaux, si le dispositif fonctionne réellement. Le suivi n’a pas besoin d’être universitaire pour chaque rue ; il doit être suffisamment homogène pour comparer les projets et corriger les erreurs.

Famille d’indicateurs Indicateurs utiles Utilité
Survie Taux de reprise, mortalité, nombre et cause des remplacements. Évaluer la réussite de l’installation.
Croissance Diamètre du tronc à point fixe, hauteur ou largeur de houppier lorsque pertinent, densité de couronne, allongements. Vérifier que l’arbre ne se contente pas de survivre.
Eau Volumes d’arrosage, humidité du sol sur sites pilotes, durée de stagnation, fréquence des trop-pleins, incidents. Dimensionner et ajuster la stratégie hydrique.
Sol Infiltration, signes de compaction, affaissement, salinité ou pH sur sites à risque. Détecter la dégradation du milieu racinaire.
Voirie Déformations, reprises de revêtement, conflits racines–ouvrages, interventions réseaux. Mesurer la compatibilité arbre–infrastructure.
Canopée Surface de couronne ou ombre à des échéances comparables ; éventuellement télédétection à l’échelle du patrimoine. Relier le sous-sol au service climatique réel.
Coût CAPEX, arrosage, entretien, réparations, remplacement, interventions de voirie. Évaluer le coût réel du cycle de vie.

Les données de suivi doivent être rattachées au plan de récolement et à l’identifiant patrimonial de l’arbre. Pour les projets pilotes, il est souhaitable de disposer d’un site témoin ou d’une situation comparable afin d’éviter d’attribuer automatiquement toute différence à la seule technologie de fosse.

L’objectif n’est pas de prouver qu’une technique « gagne ». Il est de construire une mémoire municipale de ce qui fonctionne, où, pour quelles essences, avec quelle eau, quel coût et quelle maintenance.

25. COÛT DU CYCLE DE VIE : SORTIR DU PRIX PAR ARBRE

Il n’existe pas de prix universel fiable d’une fosse continue « par arbre ». Le coût dépend des terrassements, réseaux, classe de trafic, matériaux, géologie, gestion des eaux, nombre d’arbres, phasage, contraintes patrimoniales et marché local. Présenter une fourchette générique comme un tarif national serait trompeur.

La bonne unité économique est le cycle de vie du linéaire. L’analyse doit distinguer :

  • CAPEX : études, investigations réseaux, terrassement, déplacement éventuel de réseaux, matériaux, hydraulique, revêtement, arbres, contrôles et récolement ;
  • OPEX biologique : eau, taille de formation, paillage, surveillance, remplacement ;
  • OPEX technique : curage, regards, drains, revêtement, capteurs éventuels, réparations ;
  • coûts évités ou déplacés : certaines réparations de trottoir, gestion d’une partie du ruissellement, remplacement prématuré d’arbres ;
  • fin de vie : réfection, renouvellement du végétal, démolition ou adaptation du dispositif, recyclage des matériaux.

Les services écosystémiques — ombre, évapotranspiration, biodiversité, paysage, carbone, qualité de l’air ou gestion de l’eau — peuvent être documentés, mais leur monétarisation doit rester méthodologiquement explicite. Elle ne doit pas servir à fabriquer artificiellement un retour sur investissement prédéterminé.

Le Code de la commande publique permet précisément une approche par coût du cycle de vie. Comparer le prix de deux fosses sans comparer leur durée de service, leur maintenance et leurs effets sur la voirie revient à comparer deux ouvrages différents comme s’ils étaient identiques.[32]

26. PROCÉDURE MUNICIPALE EN DIX PORTES : GO / NO-GO

Pour qu’un référentiel devienne un mode d’emploi, il doit permettre de décider. La présente doctrine propose dix portes successives. Une porte non franchie impose une étude complémentaire, une modification du projet ou son abandon.

  1. Porte 1 — Existant. Les arbres existants peuvent-ils être conservés et leur milieu amélioré ? Si oui, cette option est examinée avant toute substitution.
  2. Porte 2 — Objectif. Quelle taille adulte, quelle canopée et quels services sont recherchés ? L’objectif est-il compatible avec le site ?
  3. Porte 3 — Sous-sol. Les réseaux, fondations, nappe, sols, pollution et ouvrages sont-ils suffisamment connus ?
  4. Porte 4 — Volume racinaire. Un volume fonctionnel connecté et durable peut-il être créé sans rendre la voirie ou les réseaux ingérables ?
  5. Porte 5 — Eau. Le système dispose-t-il d’une ressource hydrique soutenable, d’un trop-plein et d’une stratégie de sécheresse ?
  6. Porte 6 — Technique. La famille choisie est-elle justifiée : pleine terre, fosse continue, sol structural, Stockholm, cellules ou combinaison ?
  7. Porte 7 — Droit. Les régimes arbres, réseaux, eau, voirie, domaine, patrimoine, biodiversité et urbanisme ont-ils été qualifiés ?
  8. Porte 8 — Marché. Le CCTP décrit-il des performances mesurables, des preuves, des points d’arrêt et la maintenance ?
  9. Porte 9 — Exploitation. Qui arrose, inspecte, cure, répare, mesure et finance pendant les années d’installation puis à long terme ?
  10. Porte 10 — Mémoire. Le récolement, les analyses, matériaux, plans, interventions et indicateurs seront-ils conservés dans le patrimoine de données de la collectivité ?
Décision Condition Conséquence
GO Les dix portes sont documentées ; les points critiques sont maîtrisés. Passage en conception détaillée puis marché.
GO sous réserves Certains points sont résolubles par investigation, prescription ou adaptation. Les réserves deviennent des exigences écrites avant le DCE ou avant exécution.
NO-GO Absence durable de sol ou d’eau ; réseau incompatible ; risque hydraulique ou structurel non maîtrisé ; atteinte juridique non régularisable ; entretien non financé. Déplacement, redimensionnement, autre essence, autre famille technique ou abandon de la plantation à cet emplacement.

Matrice des responsabilités : aucun angle mort institutionnel

La procédure n’est complète que si chaque fonction possède un pilote identifié. La matrice suivante est un modèle de répartition à adapter à l’organigramme local ; elle ne se substitue ni aux délégations de compétence ni aux responsabilités contractuelles.

Acteur / fonction Responsabilités minimales à attribuer explicitement
Maîtrise d’ouvrage / direction de projet Objectifs, arbitrages, budget CAPEX/OPEX, validation des portes GO/NO-GO, autorisations, réception et patrimoine de données.
Maîtrise d’œuvre Synthèse sol–eau–voirie–réseaux–arbre, dimensionnement, CCTP, points d’arrêt, visas, récolement et coordination technique.
Service espaces verts / arboriste Diagnostic des arbres existants, choix végétal, qualité des plants, prescriptions racinaires, plantation, installation et suivi biologique.
Service voirie / espace public Portance, revêtements, accessibilité, circulation, maintenance, réparabilité et compatibilité avec l’affectation de la voie.
Service eau / assainissement Surfaces contributives, qualité des eaux, infiltration, stockage, trop-plein, raccordements, maintenance hydraulique et règles locales.
Exploitants de réseaux Localisation, prescriptions de voisinage, accès futur, protections, croisements et conditions d’intervention.
Écologue / biodiversité Espèces et habitats protégés lorsque le risque le justifie, contrôle des espèces exotiques envahissantes et séquençage écologique des travaux.
Juridique / domaine / urbanisme / patrimoine Qualification des régimes, titres et autorisations, protection des alignements, patrimoine, commande publique et traçabilité des terres.
Entreprise(s) Méthode d’exécution, protection du vivant, traçabilité des matériaux et terres, autocontrôles, signalement des écarts et DOE.
Laboratoire / contrôle extérieur, lorsque requis Essais indépendants de sol, matériaux, portance ou hydraulique définis par le marché et restitution exploitable des résultats.

27. CAHIER DES CHARGES : LES CLAUSES MINIMALES À EXIGER

Le tableau suivant ne constitue pas un CCTP prêt à signer ; il définit le socle minimal de contenu qu’un marché sérieux devrait adapter au projet.

Clause Exigence minimale proposée
Objet fonctionnel Décrire la taille adulte recherchée, la fonction de canopée, les contraintes de voirie et la fonction hydraulique éventuelle.
Volumes Distinguer volume excavé, volume total du dispositif, volume de substrat horticole et volume racinaire connecté ; plans et coupes cotés obligatoires.
Matériaux Origine, granulométrie, formulation, propriétés physiques/chimiques, critères d’acceptation, essais et traçabilité.
Terres excavées Volumes prévisionnels, caractérisation, aptitude au réemploi, statut, destination, responsabilités, registres/transmissions réglementaires lorsqu’ils sont requis et preuves de traçabilité.
Portance Définir les exigences compatibles avec la classe d’usage de la surface ; préciser méthode de vérification.
Hydraulique Surface contributive, chemin de l’eau, prétraitement, stockage, infiltration ou drainage, trop-plein, accès et maintenance.
Réseaux Plans consolidés, protections, accès futur, croisements, distances et prescriptions applicables.
Arbres Espèces/cultivars, provenance et qualité selon prescriptions retenues, dimensions, système racinaire, transport, stockage et mise en plantation.
Exécution Méthode, séquençage, protection des arbres existants, interdiction de compacter les sols horticoles, points d’arrêt et visas.
Plan de contrôle Pour chaque exigence critique : responsable du contrôle, stade, méthode, preuve, critère d’acceptation et traitement de la non-conformité.
Responsabilités Matrice nominative ou fonctionnelle identifiant maîtrise d’ouvrage, maîtrise d’œuvre, voirie, espaces verts, eau, réseaux, écologie, juridique, entreprises et contrôles extérieurs.
Récolement Plans finaux, profondeurs, volumes réels, réseaux, ouvrages hydrauliques, lots de matériaux, analyses et photographies avant fermeture.
Installation Arrosage, paillage, taille de formation si nécessaire, surveillance, remplacement, responsabilités et durée.
Indicateurs Survie, croissance, eau, fonctionnement hydraulique, incidents de voirie et coûts selon le niveau de suivi retenu.
Cycle de vie Accès pour maintenance, modalités de réparation, remplacement partiel et fin de vie des composants.

Lorsque la collectivité cite une norme volontaire, elle doit respecter les règles de la commande publique relatives aux spécifications techniques et aux solutions équivalentes. Les documents de consultation doivent distinguer clairement ce qui est une exigence réglementaire, une norme contractuellement référencée et une performance propre au projet.[30]

Une phrase interdite dans un bon CCTP : « Réaliser une fosse de Stockholm conforme aux règles de l’art » sans coupe, performance, matériau, contrôle ou protocole. Cette formulation transfère au chantier une décision qui appartient à la conception.

28. LES QUINZE PRINCIPES MUNICIPAUX DU SOUS-SOL VIVANT

Ces quinze principes synthétisent le référentiel en règles de décision directement mobilisables par une collectivité.

  1. Préserver avant de remplacer. L’arbre mature viable et son sol constituent un patrimoine prioritaire.
  2. Programmer l’arbre adulte. Le projet est dimensionné pour l’état futur recherché, non pour la motte livrée.
  3. Compter le volume fonctionnel. Les mètres cubes de fouille ne remplacent pas l’analyse du sol réellement accessible.
  4. Créer de la continuité. Lorsque le site le permet, connecter les volumes racinaires plutôt que multiplier les îlots confinés.
  5. Donner la priorité à la pleine terre. La technologie lourde intervient lorsque les usages de surface l’exigent réellement.
  6. Séparer les fonctions lorsque nécessaire. Portance, horticulture et hydraulique peuvent être assurées par des composants différents.
  7. Concevoir l’eau avec le sol. Aucun arbre urbain durable sans stratégie d’eau, d’excès et de sécheresse.
  8. Qualifier les matériaux. « Terre », « pierre » et « biochar » ne sont pas des spécifications.
  9. Partager le sous-sol avec les réseaux. Le vivant et les services urbains doivent rester maintenables.
  10. Choisir l’essence après le site. Climat futur, eau, sol et usages précèdent le catalogue.
  11. Contractualiser les preuves. Analyses, essais, points d’arrêt, photographies et récolement font partie de l’ouvrage.
  12. Financer l’installation. L’entretien des premières années est une phase de l’investissement, pas une option.
  13. Mesurer avant de généraliser. Une rue pilote n’est utile que si son retour d’expérience est conservé.
  14. Raisonner en cycle de vie. Coût initial, eau, maintenance, voirie, remplacement et fin de vie doivent être comparés ensemble.
  15. Vérifier le droit à la date du projet. Normes, procédures, textes et documents locaux évoluent ; aucun guide ne dispense d’une actualisation.

29. DE LA TECHNIQUE À L’EFFECTIVITÉ DE LA DUDA

La Déclaration universelle des droits de l’Arbre ne fixe ni diamètre de fosse, ni volume de sol, ni composition de substrat. Son article III affirme que l’Homme, doué de raison et de conscience, doit agir avec l’Arbre dans un esprit de fraternité et de solidarité. La doctrine officielle distingue cette normativité de la personnalité juridique et rappelle que la Déclaration ne constitue pas, par elle-même, une loi nationale directement applicable.[1][2]

C’est précisément pour cette raison que la technique du sous-sol devient juridiquement et éthiquement intéressante. Reconnaître la valeur de l’Arbre tout en concevant matériellement un environnement incapable d’accompagner son développement crée une contradiction entre l’intention publique et ses conditions d’effectivité.

Les Quinze Engagements des collectivités ont pour fonction de traduire progressivement les principes de la Déclaration dans les politiques publiques, notamment en matière de connaissance du patrimoine, sols et systèmes racinaires, planification, prévention, commande publique, évaluation et suivi. Le présent référentiel peut donc constituer un instrument opérationnel de cette mise en œuvre pour les collectivités qui choisissent d’inscrire leur action dans ce cadre.[3]

30. CONCLUSION — PLANTER MOINS MAL, FAIRE GRANDIR BEAUCOUP MIEUX

L’arbre urbain n’est pas un mobilier auquel on réserve un emplacement résiduel après les réseaux, la chaussée, le stationnement et les bordures. C’est un organisme vivant dont la partie la plus décisive pour l’aménagement est largement invisible.

Les fosses continues, sols structuraux, systèmes de Stockholm, chaussées suspendues et arbres de pluie ne sont pas des solutions concurrentes appelées à produire un vainqueur. Ce sont des outils permettant de résoudre, de manières différentes, le même conflit : comment donner aux racines de l’espace, de l’air et de l’eau sous une ville qui exige simultanément portance, réseaux, mobilité et maintenance ?

La bonne politique municipale ne consiste donc pas à imposer partout une technologie. Elle consiste à instituer une méthode : préserver l’existant ; connaître le sous-sol ; programmer l’arbre adulte ; dimensionner le volume fonctionnel ; organiser l’eau ; choisir le système le plus simple capable de tenir les performances ; sécuriser le droit ; acheter le cycle de vie ; contrôler le chantier ; financer l’installation ; mesurer le résultat.

Cette méthode conduit aussi à abandonner les promesses fragiles : aucun coefficient universel de longévité, aucun coût générique par arbre, aucun « zéro dégât de trottoir », aucun nombre magique de mètres cubes. Elle remplace ces slogans par des obligations beaucoup plus exigeantes : diagnostic, preuve, dimensionnement, contrôle et mémoire.

Le véritable changement de doctrine tient en une phrase : la plantation ne doit plus être évaluée le jour où l’arbre entre dans la rue, mais à la capacité du projet à lui permettre d’y devenir adulte.

La canopée se voit dans le ciel.
Mais sa possibilité se construit sous nos pieds.

31. SOURCES SCIENTIFIQUES, TECHNIQUES ET JURIDIQUES

Les 43 références ci-dessous correspondent aux appels numérotés du corps de l’article. État documentaire et état du droit vérifiés au 20 septembre 2026. Les textes juridiques, normes, documents locaux et spécifications des gestionnaires doivent être revérifiés à la date de chaque projet.

A. Déclaration universelle des droits de l’Arbre et collectivités

[1] La Compagnie des Papillons Bleus — Cadre officiel de la Déclaration universelle des droits de l’Arbre, version institutionnelle en vigueur

https://www.declarationuniverselledesdroitsdelarbre.org/cadre-officiel-de-la-declaration-universelle-des-droits-de-larbre/

[2] La Compagnie des Papillons Bleus — Article III : « Agir avec l’Arbre dans un esprit de fraternité et de solidarité » — doctrine officielle

https://www.declarationuniverselledesdroitsdelarbre.org/article-iii-agir-avec-arbre-fraternite-solidarite-duda-udtr/

[3] La Compagnie des Papillons Bleus — Mise en œuvre des Quinze Engagements par les collectivités territoriales françaises et leurs groupements — annexe opérationnelle nationale, septembre 2026

https://www.declarationuniverselledesdroitsdelarbre.org/?p=19746

B. France — conception des arbres urbains et sols

[4] Ville de Paris — Charte de l’Arbre de Paris — engagement 3 : bonnes conditions de plantation ; recommandation d’une fosse de 12 m³ pour le grand développement

https://cdn.paris.fr/paris/2024/04/22/charte-de-l-arbre-JEWn.pdf

[5] Cerema — « Planter sans se planter : 7 règles d’or pour bien végétaliser nos villes et les garder au frais »

https://www.cerema.fr/fr/actualites/planter-se-planter-7-regles-bien-vegetaliser-nos-villes

[6] Cerema — Désimperméabilisation et renaturation des sols — retour d’expérience de Bagneux : fosses de plantation communautaires/continues

https://doc.cerema.fr/default/digitalCollection/DigitalCollectionAttachmentDownloadHandler.ashx?documentId=18469&parentDocumentId=16090&skipCopyright=true&skipWatermark=true

C. Stockholm, sols structuraux et recherche

[7] Ville de Stockholm — Handbok om växtbäddar i Stockholms stad — manuel, schémas 2024 et descriptions d’exécution

https://leverantor.stockholm/entreprenad-i-stockholms-offentliga-miljoer/vaxtbaddshandboken/

[9] Ville de Stockholm — Skelettjord : description du principe, gestion des eaux pluviales et drainage

https://miljobarometern.stockholm.se/vatten/atgarder/skelettjord/activities/

[10] Swedish University of Agricultural Sciences (SLU) — Björn Embrén, docteur honoris causa en sciences agricoles, consultant et ancien spécialiste des arbres de la Ville de Stockholm

https://www.slu.se/en/about-slu/academic-ceremonies/honorary-doctors/honorary-doctors-2023/bjorn-embren/

[11] Cerema — Étude surchauffe urbaine — Place de Francfort, Lyon : mélange terre/pierre et principe de tranchée de Stockholm

https://doc.cerema.fr/digitalCollection/DigitalCollectionAttachmentDownloadHandler.ashx?documentId=599677&parentDocumentId=599676&skipCopyright=true&skipWatermark=true

[12] Cornell University — Urban Horticulture Institute — CU-Structural Soil™

https://blogs.cornell.edu/urbanhort/outreach/cu-structural-soil/

[13] Grabosky, J.; Bassuk, N. (2016) — “Seventeen years’ growth of street trees in structural soil compared with a tree lawn in New York City”, Urban Forestry & Urban Greening, 16, 103–109

https://www.sciencedirect.com/science/article/pii/S1618866716000157

[14] “The suitability of structural soil for the development of trees growing in urban areas” — revue scientifique en libre accès, 2026

https://pmc.ncbi.nlm.nih.gov/articles/PMC12927605/

[15] Lindsey, P.; Bassuk, N. (1991) — “Specifying Soil Volumes to Meet the Water Needs of Mature Urban Street Trees and Trees in Containers”, Arboriculture & Urban Forestry, 17(6)

https://joa.isa-arbor.com/article_detail.asp?ArticleID=2436&IssueID=6&JournalID=1&VolumeID=17

[16] “Influence of age, soil volume, and climate change on water availability at urban tree sites”, Sustainable Cities and Society, 113, 2024

https://www.sciencedirect.com/science/article/pii/S2210670724005055

[17] Page, J. L.; Winston, R. J.; Hunt, W. F. (2015) — “Soils beneath suspended pavements: An opportunity for stormwater control and treatment”, Ecological Engineering, 82, 40–48

https://www.sciencedirect.com/science/article/pii/S0925857415001706

D. Réseaux, arbres existants et domaine public

[18] AFNOR — NF P98-332, février 2005 — Chaussées et dépendances : distances entre réseaux enterrés et voisinage réseaux/végétaux — norme publiée en vigueur au 20 septembre 2026

https://www.boutique.afnor.org/fr-fr/norme/nf-p98332/chaussees-et-dependances-regles-de-distance-entre-les-reseaux-enterres-et-r/fa122303/665

[20] Code de l’environnement — article L. 350-3 — allées et alignements d’arbres bordant les voies ouvertes à la circulation publique

https://www.legifrance.gouv.fr/loda/article_lc/LEGIARTI000033031745/

[40] Code de l’environnement — articles R. 350-20 à R. 350-31 — dossiers, déclaration, autorisation, plan de gestion et sanctions concernant les allées et alignements d’arbres

https://www.legifrance.gouv.fr/codes/section_lc/LEGITEXT000006074220/LEGISCTA000047566295/

[21] Code de l’environnement — articles R. 554-20 à R. 554-23 — mesures lors de l’élaboration de projets de travaux à proximité des réseaux

https://www.legifrance.gouv.fr/codes/section_lc/LEGITEXT000006074220/LEGISCTA000024643866/

[22] Code de l’environnement — articles R. 554-24 à R. 554-27 — mesures préalables à l’exécution ; DICT de l’exécutant

https://www.legifrance.gouv.fr/codes/section_lc/LEGITEXT000006074220/LEGISCTA000024643876/

[25] Code général de la propriété des personnes publiques — articles L. 2121-1 et L. 2122-1 — conformité à l’affectation et titre d’occupation du domaine public

https://www.legifrance.gouv.fr/codes/article_lc/LEGIARTI000006361199

https://www.legifrance.gouv.fr/codes/id/LEGISCTA000006180817/

[26] Code de la voirie routière — article L. 113-2 — permission de voirie et permis de stationnement pour l’occupation du domaine public routier

https://www.legifrance.gouv.fr/codes/article_lc/LEGIARTI000017924078/

[27] Code général des collectivités territoriales — article L. 2213-1 — police de la circulation du maire dans son champ de compétence

https://www.legifrance.gouv.fr/loda/article_lc/LEGIARTI000041411328/

[28] Code de l’environnement — article L. 411-1 — protection de certaines espèces, sites, habitats et éléments biologiques, version en vigueur depuis août 2026

https://www.legifrance.gouv.fr/codes/id/LEGISCTA000022495757

E. Accessibilité et terres excavées

[41] Arrêté du 15 janvier 2007 — prescriptions techniques pour l’accessibilité de la voirie et des espaces publics : ressauts, grilles et équipements sur cheminement

https://www.legifrance.gouv.fr/loda/id/LEGITEXT000006055384

[42] Code de l’environnement — articles R. 541-42 à R. 541-48, notamment R. 541-43-1 — traçabilité des déchets, terres excavées et sédiments ; registres, transmission et exemptions

https://www.legifrance.gouv.fr/codes/section_lc/LEGITEXT000006074220/LEGISCTA000043307254/

F. Eaux pluviales

[23] Code de l’environnement — article R. 214-1 — nomenclature IOTA, rubrique 2.1.5.0 relative à certains rejets d’eaux pluviales

https://www.legifrance.gouv.fr/codes/id/LEGISCTA000006176823

[24] Code général des collectivités territoriales — article L. 2224-10 — zonage et maîtrise des eaux pluviales et de ruissellement

https://www.legifrance.gouv.fr/codes/article_lc/LEGIARTI000046783819

[34] Cerema — Retour d’expérience sur les « arbres de pluie » du Grand Lyon et leur suivi

https://www.cerema.fr/fr/actualites/retour-conference-technique-territoriale-adapter-sa

G. Commande publique

[29] Code de la commande publique — article L. 2111-1 — définition précise du besoin et objectifs de développement durable

https://www.legifrance.gouv.fr/codes/article_lc/LEGIARTI000052393960

[30] Code de la commande publique — articles R. 2111-4 à R. 2111-11 — contenu et formulation des spécifications techniques, référence aux normes et solutions équivalentes

https://www.legifrance.gouv.fr/codes/section_lc/LEGITEXT000037701019/LEGISCTA000037723650/

[31] Code de la commande publique — articles L. 2152-7 et R. 2152-7 — critères d’attribution et prise en compte des caractéristiques environnementales, régime en vigueur depuis août 2026

https://www.legifrance.gouv.fr/codes/article_lc/LEGIARTI000048246726

https://www.legifrance.gouv.fr/codes/article_lc/LEGIARTI000045739587/2026-08-21

[32] Code de la commande publique — articles R. 2152-9 et R. 2152-10 — coût du cycle de vie et méthode d’évaluation

https://www.legifrance.gouv.fr/codes/id/LEGISCTA000037730481

H. Gestion et choix des essences

[33] Ville de Paris — L’Arbre à Paris — conditions de plantation, espace racinaire et suivi des jeunes arbres

https://www.paris.fr/pages/l-arbre-a-paris-199

[35] Cerema — Sésame, outil d’aide à la décision pour intégrer l’arbre dans les projets de renaturation urbaine

https://sesame.cerema.fr/

[43] Code de l’environnement — articles L. 411-5 à L. 411-7 — prévention de l’introduction et de la propagation des espèces exotiques envahissantes

https://www.legifrance.gouv.fr/codes/id/LEGISCTA000033031228

I. Urbanisme, patrimoine, police municipale et statut des normes

[36] Code de l’urbanisme — article R. 421-25 — voies, espaces publics et plantations dans certains secteurs protégés

https://www.legifrance.gouv.fr/codes/section_lc/LEGITEXT000006074075/LEGISCTA000006188279/

[37] Code du patrimoine — article L. 621-32 — autorisation préalable des travaux susceptibles de modifier l’aspect extérieur d’un immeuble protégé au titre des abords

https://www.legifrance.gouv.fr/codes/article_lc/LEGIARTI000037667575

[38] Code général des collectivités territoriales — article L. 2212-2 — police municipale, sûreté et commodité du passage dans les voies publiques

https://www.legifrance.gouv.fr/codes/article_lc/LEGIARTI000029946370

[39] Groupe AFNOR — FAQ sur l’univers des normes — distinction entre réglementation et normalisation ; principe d’utilisation volontaire des normes

https://www.afnor.org/normes/faq/

Publication · 20 septembre 2026 · Version 1.1 — version définitive

La Compagnie des Papillons Bleus

Article doctrinal et opérationnel préparé et publié dans le cadre des travaux de La Compagnie des Papillons Bleus.

Direction éditoriale : Ricardo Rey, président de La Compagnie des Papillons Bleus.

Auteur et initiateur de la Déclaration universelle des droits de l’Arbre · Fondateur de l’Assemblée de l’Arbre.