Du retour de l’eau à la formation des nuages
Creuser une demi-lune dans un sol sahélien peut-il, à terme, modifier ce qui se passe plusieurs kilomètres plus haut, dans l’atmosphère ?
La question peut sembler disproportionnée. D’un côté, quelques mètres carrés de terre compactée que l’on travaille pour ralentir l’eau. De l’autre, la température, l’humidité atmosphérique, la convection, les nuages et, finalement, la pluie. Pourtant, entre ces deux échelles existe une chaîne physique continue.
Lorsqu’un sol extrêmement dégradé retrouve progressivement sa capacité à recevoir l’eau, à soutenir une végétation et à alimenter l’évapotranspiration, il ne se transforme pas seulement du point de vue agronomique. Il modifie également ses échanges d’eau et d’énergie avec l’atmosphère.
Fil directeur scientifiqueRuissellement → infiltration → humidité du sol → végétation → évapotranspiration → échanges d’énergie → température de surface → humidité atmosphérique → convection → formation nuageuse
Une limite demeure fondamentale : la science ne permet pas encore d’affirmer qu’une opération donnée de restauration produira automatiquement une augmentation déterminée des précipitations.
La restauration des terres peut agir sur le fonctionnement hydroclimatique d’un paysage. Elle ne permet pas encore de promettre la pluie.
État des connaissances : septembre 2026 · Publication : 28 septembre 2026 · Version 1.0.
Nature et portée du texteCette publication est une synthèse critique de littérature scientifique évaluée par les pairs et de sources institutionnelles. Elle ne constitue ni une étude de recherche originale, ni une revue systématique ou une méta-analyse, ni une expertise hydrologique ou climatique applicable à un site déterminé sans données locales. Les résultats cités conservent la portée spatiale, temporelle et méthodologique des études dont ils proviennent.
La citation d’auteurs, de revues, d’organismes scientifiques ou d’institutions n’implique ni leur participation à la Déclaration universelle des droits de l’Arbre, ni leur approbation de la présente publication, de ses conclusions ou de la démarche institutionnelle.
La version française constitue la version éditoriale de référence du présent article. La version anglaise est fournie pour son accessibilité internationale.
Sommaire
Du sol dégradé au fonctionnement de l’atmosphère
- I. Tout commence par un sol qui ne fonctionne plus normalement
- II. Premier geste : changer ce que devient la pluie
- III. Lorsque l’eau reste, la végétation peut revenir
- IV. Une surface végétalisée répartit autrement l’eau et l’énergie
- V. Restaurer peut refroidir la surface — mais pas partout, ni toujours
- VI. Les plantes renvoient l’eau vers l’atmosphère
- VII. Au Sahel, végétation et pluie peuvent entrer dans une rétroaction
- VIII. Et puis apparaissent les nuages
- IX. En 2026, une autre variable entre en scène : la géométrie du paysage
- X. Mais un nuage n’est pas une pluie
- XI. Le paradoxe du Niger
- XII. De quelques mètres carrés à des centaines de kilomètres
- XIII. Ce que nous savons — et ce que nous ne savons pas encore
- XIV. Restaurer plus que la fertilité
I. Tout commence par un sol qui ne fonctionne plus normalement
Parler de « sol sec » serait insuffisant.
La Convention des Nations Unies sur la lutte contre la désertification (CNULCD) définit la dégradation des terres, dans les zones arides, semi-arides et subhumides sèches, comme une réduction ou une perte de productivité biologique ou économique et de complexité résultant notamment de l’érosion, de la détérioration des propriétés physiques, chimiques ou biologiques des sols et de la perte durable de végétation naturelle.
Dans certaines régions sahéliennes, cette dégradation peut atteindre les fonctions mêmes du sol : disparition ou raréfaction du couvert végétal, diminution de la matière organique et des nutriments, érosion, tassement, désorganisation de la structure, formation d’une croûte superficielle, réduction de l’infiltration, augmentation du ruissellement et affaiblissement de l’activité biologique.
Certaines surfaces du Burkina Faso sont ainsi désignées sous le terme de zipellé : des terres fortement encroûtées, compactes et peu perméables, parfois devenues impropres à la culture.
Une étude de R. Zougmoré, Z. Zida et N. F. Kambou (2003) offre une image concrète de cet état de dégradation. Les chercheurs ont travaillé sur un Ferric Lixisol dont la profondeur exploitable par les racines n’était que d’environ 30 centimètres, avec environ 1,2 % de matière organique et de très faibles teneurs en azote et en phosphore disponible.
Le problème ne consiste donc pas seulement en un manque de pluie. Même lorsque l’eau arrive, une partie importante peut ne plus entrer efficacement dans le sol. Elle ruisselle, emporte des particules, accentue l’érosion et traverse le paysage sans nécessairement restaurer les conditions permettant à la végétation de revenir.
Point de départLa régénération commence par le rétablissement de fonctions physiques, hydrologiques et biologiques
Le mot « régénération » prend tout son sens lorsque le sol a perdu une partie de sa capacité à recevoir l’eau, à nourrir les racines et à soutenir une communauté végétale.
II. Premier geste : changer ce que devient la pluie
Les techniques de conservation des eaux et des sols — demi-lunes, zaï, cordons pierreux, diguettes — ne créent évidemment aucune eau. Elles modifient son devenir.
Avant / aprèsSol compacté ou encroûté : pluie → faible infiltration → ruissellement rapide → érosion → perte d’eau, de sédiments et de nutriments.
Après restauration : pluie → ralentissement du ruissellement → augmentation du temps de résidence de l’eau → infiltration → humidification de la zone racinaire.
Accroître le temps de résidence de l’eau à la surface et ralentir son ruissellement peut modifier sa répartition entre ruissellement, infiltration et évaporation.
Mais l’expérience de Zougmoré et de ses collègues rappelle immédiatement qu’il faut se méfier de tout raisonnement monocausal. Améliorer l’infiltration ne suffisait pas à retrouver une forte productivité du sorgho. Lorsque les chercheurs ajoutaient compost ou fumier, les rendements atteignaient environ 900 à 1 600 kg par hectare, soit 20 à 39 fois ceux obtenus avec les seules demi-lunes sans amendement nutritif.
Réparer le cycle de l’eau peut donc révéler un autre verrou : celui de la fertilité chimique et biologique.
Une régénération fonctionnelle associe ainsi, selon les contextes, structure du sol, eau, matière organique, nutriments, activité biologique et végétation.
III. Lorsque l’eau reste, la végétation peut revenir
Le passage de quelques ouvrages hydrologiques à une véritable transformation paysagère constitue la deuxième étape.
En 2023, V. Mishra et ses collègues ont étudié 18 sites du Programme alimentaire mondial dans le sud du Niger à partir de séries d’images Landsat acquises avant et après la création de demi-lunes.
Les chercheurs n’ont pas directement mesuré les rendements agricoles. Ils ont étudié le NDVI, un indicateur satellitaire de l’activité et de la couverture végétales.
Résultat satellitaireUne végétation mesurable revient à l’échelle du paysage
Après intervention, la verdure mesurée était près de 50 % supérieure à celle des années précédant les travaux.
Les zones traitées étaient également plus de 25 % plus vertes que les zones témoins environnantes.
Le résultat est important parce qu’il établit un changement observable à l’échelle du paysage. Lorsque l’eau demeure plus longtemps disponible et pénètre davantage dans la zone racinaire, les conditions deviennent plus favorables à l’augmentation et à la réinstallation du couvert végétal.
Et avec cette végétation commence une autre histoire : une histoire atmosphérique.
IV. Une surface végétalisée répartit autrement l’eau et l’énergie
L’énergie solaire reçue par le sol peut prendre plusieurs chemins.
- Chaleur sensible : une partie de l’énergie chauffe directement la surface et l’air.
- Chaleur latente : une partie de l’énergie est utilisée pour transformer l’eau liquide en vapeur par évaporation et transpiration.
- Flux dans le sol : une autre fraction est transférée vers les horizons du sol.
Une surface nue, sèche et encroûtée et un paysage végétalisé disposant d’eau n’effectuent pas le même partage entre ces différents flux.
Lorsqu’il existe suffisamment d’eau disponible et davantage de végétation, une part accrue de l’énergie peut alimenter l’évapotranspiration. L’eau quitte alors le sol et les plantes sous forme de vapeur.
La transformation est double : transfert d’eau vers l’atmosphère et transfert d’énergie. C’est l’un des mécanismes fondamentaux reliant directement l’état écologique d’un territoire à son microclimat.
V. Restaurer peut refroidir la surface — mais pas partout, ni toujours
En 2024, Jessica Ruijsch et ses collègues ont étudié, à partir de données MODIS couvrant le continent africain, les relations entre restauration, végétation, albédo et température de surface.
Leurs estimations suggèrent qu’une restauration à grande échelle pourrait produire en moyenne un refroidissement de la température de surface d’environ 0,2 kelvin à l’échelle africaine, avec de fortes différences géographiques. Il s’agit d’une estimation du potentiel biophysique fondée sur des relations observées entre végétation, albédo et température de surface, et non de la mesure directe d’un refroidissement moyen causé par un ensemble de chantiers de restauration achevés.
L’étude montre en outre que certaines des zones les plus arides, notamment dans le Sahel, peuvent présenter un léger potentiel de réchauffement. La moyenne continentale ne doit donc jamais être transposée mécaniquement à un territoire particulier.
Deux précautions indispensablesTempérature de surface ≠ température de l’air
Les satellites mesurent ici essentiellement la température radiative de la surface terrestre. L’étude ne démontre pas que restaurer les terres ferait baisser uniformément l’air ambiant de 0,2 °C.
Reverdir ne refroidit pas partout de la même manière
L’évapotranspiration tend à refroidir une surface, mais une végétation plus sombre peut réduire l’albédo, absorber davantage de rayonnement solaire et produire un effet antagoniste.
Le résultat dépend donc de l’aridité, de l’eau disponible, de la saison, de la végétation, de l’albédo, de la rugosité de la surface et de l’échelle temporelle considérée.
La restauration ne possède pas un « effet climatique » unique. Elle transforme un système physique complexe.
VI. Les plantes renvoient l’eau vers l’atmosphère
Une fois infiltrée, l’eau peut demeurer quelque temps dans les horizons du sol, descendre plus profondément, participer dans certaines situations à l’alimentation d’un aquifère, être prélevée par les racines ou retourner vers l’atmosphère.
Cette dernière voie est fondamentale. À travers leurs stomates, les plantes libèrent de la vapeur d’eau. La végétation constitue ainsi une interface active entre les réservoirs hydriques du sol et l’atmosphère.
Une étude de S. A. Te Wierik et de ses collègues publiée dans Water Resources Research a cherché à déterminer l’origine de l’humidité participant aux précipitations dans différents bassins africains.
Recyclage continental de l’humiditéSelon cette analyse fondée sur le suivi lagrangien du transport atmosphérique de l’humidité, près de 50 % des précipitations annuelles africaines sont attribuées en moyenne à de l’eau provenant de la transpiration végétale, avec une très forte variabilité entre bassins, d’environ 5 à 68 %.
Il serait faux d’en déduire que la moitié de la pluie tombant sur une forêt serait « fabriquée » par les arbres situés juste en dessous. L’humidité atmosphérique voyage sur des centaines, voire des milliers de kilomètres. Les auteurs précisent en outre que les métriques de recyclage dépendent de la superficie du bassin considéré et ne sont donc pas directement comparables entre bassins de tailles différentes.
Une partie des précipitations tombe sur les continents, pénètre dans les sols, est captée par la végétation puis restituée à l’atmosphère. Cette eau peut ensuite être transportée avant de participer à de nouvelles précipitations ailleurs.
La végétation n’est donc pas seulement consommatrice de pluie. Elle participe au recyclage de l’eau atmosphérique.
VII. Au Sahel, végétation et pluie peuvent entrer dans une rétroaction
En 2017, Y. Yu et ses collaborateurs ont identifié un feedback positif entre végétation et précipitations, dominé par un mécanisme de recyclage de l’humidité.
Rétroaction végétation–précipitationsAnomalie positive de végétation → évapotranspiration accrue → davantage d’eau précipitable → activité convective renforcée → précipitations favorisées, surtout en fin et après la mousson
Cette rétroaction semble notamment importante pendant certaines phases de la saison, autour de la période post-mousson. Mais l’étude fournit aussi une borne essentielle : sur la moyenne annuelle, les forçages terrestres expliquent environ 8 % de la variance des précipitations sahéliennes, contre environ 22 % pour les forçages océaniques ; l’influence terrestre atteint environ 18 % pendant les périodes de fin et de post-mousson. Les auteurs concluent ainsi que les forçages océaniques dominent généralement la variabilité pluviométrique sahélienne, sauf pendant cette fenêtre saisonnière.
Le changement conceptuel est majeur. La végétation n’est plus seulement considérée comme la conséquence de la pluie. Elle devient également l’un des éléments qui modifient l’environnement atmosphérique dans lequel cette pluie se forme.
VIII. Et puis apparaissent les nuages
En 2025, Jessica Ruijsch et ses collègues ont analysé environ vingt années d’observations Meteosat en Afrique de l’Ouest afin d’étudier les relations entre couverture végétale et nuages.
Ils constatent, dans certaines conditions, davantage de couverture nuageuse au-dessus des espaces plus végétalisés ainsi qu’un plus grand nombre d’initiations convectives. La relation apparaît particulièrement marquée au début et à la fin de la saison humide et devient plus nette dans les grandes zones protégées.
Ordres de grandeur observésEntre avril et septembre, la fréquence moyenne de couverture nuageuse était supérieure d’environ 0,02 en valeur absolue, soit 10,8 % relativement, dans les zones protégées par rapport aux espaces environnants.
En avril et en octobre, les différences relatives pouvaient atteindre environ 25 %.
L’échelle semble également jouer un rôle : l’effet statistique devenait particulièrement visible parmi les 20 % de zones étudiées les plus grandes, dépassant 121 km².
Une nuance méthodologique est essentielle : les chercheurs ne disposaient pas d’un inventaire complet de toutes les opérations de restauration. Ils ont notamment utilisé des aires protégées plus végétalisées comme proxy de paysages restaurés ou conservés. Il s’agit donc d’une comparaison observationnelle : elle ne permet pas d’attribuer à une opération de restauration identifiée, et à elle seule, la totalité de la différence nuageuse observée. Les auteurs notent également que l’écart de NDVI entre les aires protégées et leurs alentours augmente avec la taille des zones, ce qui peut contribuer à la relation d’échelle.
L’étude ne démontre donc pas que « les demi-lunes créent 25 % de nuages supplémentaires ». Elle montre qu’à l’échelle du paysage, des différences de couverture végétale sont associées à des différences mesurables dans la formation des nuages.
IX. En 2026, une autre variable entre en scène : la géométrie du paysage
Une étude publiée en janvier 2026 par Jessica Ruijsch, Adriaan Teuling, Christopher Taylor, Gert-Jan Steeneveld et Ronald Hutjes prolonge cette question avec des simulations atmosphériques.
Les chercheurs ont utilisé le modèle WRF pour tester 27 configurations différentes de restauration, variant à la fois la proportion de couverture forestière et son organisation spatiale.
Résultat majeurPlus de végétation ne signifie pas nécessairement plus de nuages.
Dans leur cas d’étude ouest-africain, les scénarios comportant une couverture intermédiaire — autour de 43 % — organisée en ensembles relativement regroupés favorisaient particulièrement la formation nuageuse. À l’inverse, une couverture très élevée — environ 85 % — ou certaines mosaïques très hétérogènes à petite échelle pouvaient réduire cet effet.
Limite de généralisationLes valeurs de 43 % et 85 % ne sont pas des seuils universels de restauration. L’étude porte sur un domaine d’environ 150 × 150 km au bord du complexe W-Arly-Pendjari ; trois journées à fort contraste nuageux ont servi à l’analyse mécaniste, et les 27 scénarios d’organisation spatiale ont été simulés pour une journée de cas. Les auteurs soulignent les limites computationnelles des simulations longues et appellent à poursuivre l’étude de l’effet à long terme des configurations spatiales.
L’atmosphère réagit aussi aux contrastes entre surfaces. Lorsque deux espaces voisins présentent des différences d’albédo, de température, de rugosité et d’évapotranspiration, ils peuvent générer des gradients thermiques et des circulations atmosphériques de méso-échelle.
La question ne devient donc plus seulement : combien d’hectares restaurer ? Elle devient également : où les restaurer, selon quelle continuité et selon quelle configuration spatiale ?
X. Mais un nuage n’est pas une pluie
C’est ici que la démonstration doit impérativement s’arrêter avant de devenir promesse.
Produire davantage de vapeur d’eau ou même observer davantage de nuages ne suffit pas à garantir davantage de précipitations.
Pour qu’une pluie se produise, plusieurs conditions doivent converger : quantité d’humidité suffisante, mécanismes de soulèvement de l’air, refroidissement, saturation, condensation, développement vertical du nuage, croissance des gouttelettes ou cristaux, puis précipitation.
Ligne rouge scientifiqueCe que l’on peut écrire
La restauration modifie plusieurs variables capables d’influencer la formation des nuages et certaines observations montrent davantage de couverture nuageuse au-dessus de paysages plus végétalisés.
Ce que l’on ne peut pas encore écrire
« Restaurer les sols fait revenir la pluie. »
Cette distinction n’affaiblit pas la portée des résultats. Elle en constitue au contraire la condition scientifique.
XI. Le paradoxe du Niger : pourquoi davantage d’eau n’est pas toujours une bonne nouvelle
Dans le sud-ouest du Niger, la nappe phréatique a gagné environ quatre mètres entre 1963 et 2007, alors même qu’un déficit pluviométrique d’environ 23 % avait été observé entre 1970 et 1998.
On pourrait intuitivement y voir le signe d’une amélioration écologique. Les travaux de G. Favreau et de ses collègues ont montré une réalité presque inverse.
Le défrichement de la savane et l’expansion des terres cultivées ont favorisé l’encroûtement. Une partie des surfaces s’est mise à infiltrer moins d’eau de manière diffuse, tandis que le ruissellement augmentait et concentrait l’eau dans certaines mares endoréiques.
Cette concentration a accru localement la recharge de l’aquifère. Les auteurs estiment que celle-ci serait passée d’environ 2 mm par an avant les grands défrichements à 25 ± 7 mm par an après transformation du paysage.
Leçon écologiqueDavantage d’eau souterraine ne signifie pas nécessairement un écosystème plus sain
On peut observer simultanément une végétation dégradée, davantage de ruissellement, davantage d’érosion et néanmoins une augmentation locale de la recharge d’une nappe.
Comprendre une restauration suppose donc de suivre conjointement le sol, la végétation, l’infiltration, le ruissellement, les eaux souterraines, l’évapotranspiration et l’atmosphère.
XII. De quelques mètres carrés à des centaines de kilomètres
Une demi-lune agit à l’échelle de quelques mètres. Un ensemble de parcelles restaurées agit à l’échelle d’une exploitation. Un bassin versant restauré peut modifier les écoulements et certains stocks hydriques. Mais les circulations atmosphériques de méso-échelle obéissent à des dimensions beaucoup plus vastes.
Les travaux de 2025 montrent déjà que la relation entre végétation et couverture nuageuse dépend de la superficie des zones considérées. Ceux de 2026 indiquent que leur organisation spatiale compte également.
Changement d’échelleUn million d’hectares répartis en dizaines de milliers de fragments et un million d’hectares organisés en grands ensembles continus peuvent présenter des comportements atmosphériques différents.
Cette question concerne directement la Grande Muraille Verte, la restauration des bassins versants, l’agroforesterie, la régénération naturelle assistée, la reforestation et, plus largement, la planification écologique à grande échelle.
Le 26 août 2026, l’ONU a reconnu l’Initiative intégrée de résilience au Sahel conduite par le Programme alimentaire mondial comme United Nations World Restoration Flagship. Le PAM indique que, depuis 2018, l’initiative travaille avec les gouvernements, les communautés locales et ses partenaires afin d’améliorer les moyens d’existence et la production alimentaire de plus de quatre millions de personnes, tout en ayant réhabilité plus de 335 000 hectares de terres dégradées au Burkina Faso, au Tchad, au Mali, en Mauritanie et au Niger.
Le changement d’échelle rend donc la question des effets cumulatifs scientifiquement légitime. Il ne constitue pas, à lui seul, la preuve d’un changement du régime des pluies.
XIII. Ce que nous savons — et ce que nous ne savons pas encore
La gradation ci-dessous constitue une synthèse éditoriale argumentée des travaux mobilisés dans cet article. Elle ne correspond pas à une procédure formelle de revue systématique, de méta-analyse ou de type GRADE.
| Niveau | État des connaissances | Ce que l’on peut affirmer |
|---|---|---|
| 1 | Très solidement établi | La restauration de certains sols fortement dégradés peut réduire le ruissellement local, améliorer l’infiltration, augmenter l’eau disponible dans la zone racinaire, favoriser le retour du couvert végétal et limiter certains processus érosifs. |
| 2 | Solidement documenté | Modifier la végétation change l’évapotranspiration, les échanges d’humidité avec l’atmosphère, l’albédo, la rugosité, la répartition entre chaleur sensible et chaleur latente et la température de surface. |
| 3 | Observé et désormais très crédible | Dans certaines conditions et à certaines échelles, les paysages plus végétalisés peuvent présenter davantage de couverture nuageuse, davantage d’initiations convectives et des circulations atmosphériques différentes. |
| 4 | Plausible et partiellement documenté | Ces transformations peuvent participer au recyclage continental de l’humidité et à des rétroactions entre végétation et précipitations. |
| 5 | Non encore démontré de manière généralisable | Il n’existe actuellement aucune équation universelle permettant d’écrire : X hectares restaurés = Y millimètres de pluie supplémentaire. |
C’est précisément l’une des frontières que les futures recherches devront explorer.
XIV. Restaurer plus que la fertilité
La découverte la plus importante n’est peut-être donc pas que l’on puisse « faire pleuvoir » en creusant des demi-lunes. Une telle formule spectaculaire réduirait un système extraordinairement complexe à une causalité qui n’est pas démontrée.
Ce que révèle progressivement la recherche est plus profond.
Un sol fortement dégradé ne perd pas uniquement sa fertilité. Il peut perdre une partie de sa capacité à absorber l’eau, à soutenir une végétation, à restituer cette eau vers l’atmosphère et à échanger énergie et humidité avec la couche d’air qui le surmonte.
Le continuum restauréL’eau ralentit ; elle pénètre davantage dans le sol ; les conditions deviennent plus favorables au retour de la végétation ; l’évapotranspiration augmente ; les flux d’énergie changent ; davantage de vapeur d’eau rejoint l’atmosphère ; les circulations locales peuvent être modifiées ; et, dans certaines configurations, les nuages deviennent plus fréquents.
Les sciences du sol, l’hydrologie, l’écologie végétale et la climatologie ont longtemps observé séparément différentes parties d’un même système. Elles commencent maintenant à le regarder dans sa continuité.
La question scientifique n’est donc plus de savoir si la surface terrestre interagit avec l’atmosphère. Elle le fait.
La question est désormais de déterminer jusqu’à quelle échelle, avec quelle intensité et dans quelles configurations nous pouvons restaurer ces interactions lorsqu’elles ont été profondément altérées.
La restauration des terres pourrait alors devoir être pensée non seulement comme une politique de conservation des sols, de biodiversité ou de production agricole, mais aussi, dans certains territoires et sous certaines conditions, comme une composante de l’adaptation hydroclimatique des paysages.
Cette perspective est considérable. Elle exige précisément de ne pas aller plus vite que les preuves.
Les nuages commencent à livrer leur réponse.
Pour la pluie, l’expérience continue.
Références scientifiques et sources institutionnelles principales
- Zougmoré R., Zida Z., Kambou N. F. (2003). Role of nutrient amendments in the success of half-moon soil and water conservation practice in semiarid Burkina Faso. Soil & Tillage Research, 71, 143–149. DOI.
- Yu Y. et al. (2017). Observed positive vegetation-rainfall feedbacks in the Sahel dominated by a moisture recycling mechanism. Nature Communications, 8, 1873. DOI.
- Favreau G. et al. (2009). Land clearing, climate variability, and water resources increase in semiarid southwest Niger: A review. Water Resources Research, 45. DOI.
- Te Wierik S. A. et al. (2022). The Contribution of Transpiration to Precipitation Over African Watersheds. Water Resources Research. DOI.
- Mishra V. et al. (2023). Assessing impact of agroecological interventions in Niger through remotely sensed changes in vegetation. Scientific Reports, 13, 360. DOI.
- Ruijsch J. et al. (2024). The local cooling potential of land restoration in Africa. Communications Earth & Environment, 5, 495. DOI.
- Ruijsch J. et al. (2025). Scale-dependent cloud enhancement from land restoration in West African drylands. Communications Earth & Environment, 6, 174. DOI.
- Ruijsch J., Teuling A. J., Taylor C. M., Steeneveld G. J., Hutjes R. W. A. (2026). Clustered Land Restoration Projects Increase Cloud Formation in West African Drylands. Journal of Geophysical Research: Atmospheres, 131, e2025JD044393. DOI.
- CNULCD / UNCCD. Article 1 — définition de la dégradation des terres. Source officielle.
- Programme alimentaire mondial (PAM), 26 août 2026. Reconnaissance de la Sahel Integrated Resilience Initiative comme United Nations World Restoration Flagship. Source officielle.
Le présent article est un contenu scientifique et éditorial publié sur le site officiel de la Déclaration universelle des droits de l’Arbre. Il n’ajoute aucun droit, engagement ou obligation au texte fondateur de la Déclaration ni à ses instruments institutionnels et ne constitue pas, par lui-même, une norme juridique, une décision publique ou une expertise opposable.
Pour la nature, la gouvernance et la portée juridique de la démarche, se reporter au Cadre officiel de la Déclaration universelle des droits de l’Arbre.
Can Regenerating Degraded Soils Alter Components of the Local Climate?
From the return of water to cloud formation
Can digging a half-moon basin in a Sahelian soil ultimately alter what happens several kilometres above it, in the atmosphere?
The question may appear disproportionate. On one side are a few square metres of compacted land reshaped to slow water down. On the other are temperature, atmospheric humidity, convection, clouds and, ultimately, rainfall. Yet a continuous physical chain links these scales.
When a severely degraded soil gradually regains its ability to receive water, sustain vegetation and feed evapotranspiration, the transformation is not merely agronomic. The exchanges of water and energy between the land surface and the atmosphere are also altered.
Scientific threadRunoff → infiltration → soil moisture → vegetation → evapotranspiration → energy exchanges → land-surface temperature → atmospheric humidity → convection → cloud formation
One fundamental limit remains: science does not yet allow us to state that a given restoration intervention will automatically produce a specified increase in rainfall.
Land restoration can influence the hydroclimatic functioning of a landscape. It cannot yet promise rain.
State of knowledge: September 2026 · Publication: 28 September 2026 · Version 1.0.
Nature and scope of this textThis publication is a critical synthesis of peer-reviewed scientific literature and institutional sources. It is neither original research, nor a systematic review or meta-analysis, nor a site-specific hydrological or climate assessment that can be applied without local data. Every cited result retains the spatial, temporal and methodological scope of the study from which it derives.
The citation of authors, journals, scientific bodies or institutions does not imply their participation in the Universal Declaration of Tree Rights, or their endorsement of this publication, its conclusions or the institutional initiative.
The French text is the editorial reference version of this article. The English version is provided for international accessibility.
Contents
From degraded soil to atmospheric functioning
- I. It begins with a soil that no longer functions normally
- II. The first intervention: changing what happens to rainfall
- III. When water remains, vegetation can return
- IV. A vegetated surface partitions water and energy differently
- V. Restoration can cool the land surface — but not everywhere, and not always
- VI. Plants return water to the atmosphere
- VII. In the Sahel, vegetation and rainfall can enter a feedback loop
- VIII. Then the clouds appear
- IX. In 2026, another variable enters the picture: landscape geometry
- X. But a cloud is not rainfall
- XI. The Niger paradox
- XII. From a few square metres to hundreds of kilometres
- XIII. What we know — and what we do not yet know
- XIV. Restoring more than fertility
I. It begins with a soil that no longer functions normally
Calling such land merely “dry soil” would be insufficient.
The United Nations Convention to Combat Desertification (UNCCD) defines land degradation in arid, semi-arid and dry sub-humid areas as a reduction or loss of biological or economic productivity and complexity resulting, among other processes, from soil erosion, deterioration of the physical, chemical or biological properties of soil, and long-term loss of natural vegetation.
In parts of the Sahel, such degradation can affect the soil’s fundamental functions: loss or scarcity of vegetation cover, decline in organic matter and nutrients, erosion, compaction, breakdown of structure, surface crusting, reduced infiltration, increased runoff and weakened biological activity.
In parts of Burkina Faso, some of these surfaces are known as zipellé: heavily crusted, compact and poorly permeable soils that may eventually be abandoned for cultivation.
A study by R. Zougmoré, Z. Zida and N. F. Kambou (2003) provides a concrete picture of this condition. The researchers worked on a Ferric Lixisol with a root-exploitable depth of only about 30 centimetres, roughly 1.2% organic matter, and very low nitrogen and available phosphorus.
The problem is therefore not simply lack of rainfall. Even when rain falls, a substantial fraction may no longer enter the soil efficiently. It runs off, carries particles away, intensifies erosion and moves through the landscape without necessarily restoring the conditions that allow vegetation to re-establish.
Starting pointRegeneration begins by restoring physical, hydrological and biological functions
The word “regeneration” becomes meaningful when the soil has lost part of its ability to receive water, support roots and sustain vegetation.
II. The first intervention: changing what happens to rainfall
Soil and water conservation techniques — half-moons, zaï pits, stone bunds and small dykes — obviously do not create water. They change what happens to the water that already falls.
Before / afterCompacted or crusted soil: rainfall → low infiltration → rapid runoff → erosion → loss of water, sediment and nutrients.
After intervention: rainfall → slower runoff → longer water residence time → infiltration → deeper wetting of the root zone.
Increasing the residence time of water at the surface and slowing runoff can alter how water is partitioned among runoff, infiltration and evaporation.
Yet the experiment by Zougmoré and colleagues is an immediate warning against monocausal reasoning. Better infiltration alone did not restore high sorghum productivity. With compost or manure added, yields reached about 900 to 1,600 kg per hectare — 20 to 39 times the yields obtained with half-moons alone and no nutrient amendment.
Repairing the water cycle can therefore reveal a second bottleneck: chemical and biological soil fertility.
Functional regeneration therefore combines, depending on context, soil structure, water, organic matter, nutrients, biological activity and vegetation.
III. When water remains, vegetation can return
The transition from individual water-harvesting structures to landscape transformation is the second step.
In 2023, V. Mishra and colleagues studied 18 World Food Programme sites in southern Niger using Landsat image series from before and after half-moon interventions.
The researchers did not directly measure crop yields. They analysed NDVI, a satellite indicator of vegetation cover and activity.
Satellite resultA measurable vegetation response emerges at landscape scale
After intervention, measured greenness was nearly 50% higher than during the pre-intervention years.
Treated areas were also more than 25% greener than nearby control areas.
This matters because it establishes an observable landscape-scale change. When water remains available for longer and penetrates more effectively into the root zone, conditions become more favourable to increased and re-established vegetation cover.
And with vegetation begins another story: an atmospheric one.
IV. A vegetated surface partitions water and energy differently
Solar energy reaching the land surface can follow several pathways.
- Sensible heat: part of the energy directly warms the surface and the air.
- Latent heat: part of the energy is used to transform liquid water into vapour through evaporation and transpiration.
- Ground heat flux: another fraction is transferred into the soil.
A bare, dry and crusted surface and a vegetated landscape with available water do not divide energy among these pathways in the same way.
Where water is available and vegetation increases, a larger share of energy can be used for evapotranspiration. Water then leaves soils and plants as vapour.
This produces two simultaneous transfers: water to the atmosphere and energy through phase change. It is one of the fundamental mechanisms linking ecological condition to microclimate.
V. Restoration can cool the land surface — but not everywhere, and not always
In 2024, Jessica Ruijsch and colleagues used MODIS data across Africa to examine relationships among restoration, vegetation, albedo and land-surface temperature.
Their estimates suggest that restoration could produce an average land-surface cooling of roughly 0.2 kelvin across Africa, with substantial geographical variation. This is an estimate of biophysical potential derived from observed relationships among vegetation, albedo and land-surface temperature, not a direct measurement of mean cooling caused by a set of completed restoration projects.
The study also shows a slight warming potential in some of the driest regions, including parts of the Sahel. The continental mean should therefore never be mechanically transferred to a particular territory.
Two essential precautionsLand-surface temperature ≠ air temperature
The satellite observations primarily concern radiative land-surface temperature. The study does not demonstrate a uniform 0.2°C reduction in near-surface air temperature.
Greening does not cool every place in the same way
Evapotranspiration tends to cool the surface, but darker vegetation may reduce albedo, absorb more solar radiation and produce an opposing warming effect.
The net effect therefore depends on aridity, actual water availability, season, vegetation type, albedo, surface roughness and the timescale considered.
Restoration does not have one universal “climate effect”. It transforms a complex physical system.
VI. Plants return water to the atmosphere
Once water has infiltrated, it may remain in soil horizons, move deeper, contribute in some settings to aquifer recharge, be taken up by roots or return to the atmosphere.
This last pathway is fundamental. Through their stomata, plants release water vapour. Vegetation is therefore an active interface between soil-water stores and the atmosphere.
A study by S. A. Te Wierik and colleagues in Water Resources Research investigated the origin of moisture contributing to precipitation across African watersheds.
Continental moisture recyclingIn that analysis, which uses Lagrangian tracking of atmospheric moisture transport, nearly 50% of annual African precipitation is attributed on average to water originating from plant transpiration, with very large variation among basins, from roughly 5% to 68%.
This does not mean that half of the rain falling over a forest is “made” by the trees directly underneath it. Atmospheric moisture can travel hundreds or thousands of kilometres. The authors also stress that moisture-recycling metrics depend on watershed area and are therefore not directly comparable across differently sized basins.
Part of continental rainfall enters soils, is taken up by plants and returns to the atmosphere. That water may then be transported before contributing to precipitation elsewhere.
Vegetation is therefore not merely a consumer of rainfall. It participates in the terrestrial recycling of atmospheric water.
VII. In the Sahel, vegetation and rainfall can enter a feedback loop
In 2017, Y. Yu and colleagues identified a positive vegetation–rainfall feedback in the Sahel, dominated by moisture recycling.
Vegetation–rainfall feedbackPositive vegetation anomaly → enhanced evapotranspiration → more precipitable water → stronger convective activity → rainfall favoured, especially during the late and post-monsoon periods
This feedback appears particularly relevant during certain phases of the seasonal cycle, including around the post-monsoon period. The study also provides an essential bound: on the annual mean, terrestrial forcings explain about 8% of Sahel rainfall variance, compared with about 22% for oceanic forcings; terrestrial influence rises to about 18% during the late and post-monsoon periods. The authors therefore find that oceanic forcings generally dominate Sahel rainfall variability outside that seasonal window.
The conceptual shift is important. Vegetation is not only a consequence of rainfall; it is also one of the factors that can modify the atmospheric environment in which rainfall develops.
VIII. Then the clouds appear
In 2025, Jessica Ruijsch and colleagues analysed about twenty years of Meteosat observations over West Africa to examine relationships between vegetation cover and clouds.
Under certain conditions, they found more cloud cover over more vegetated areas and more convective initiation. The relationship was especially marked at the beginning and end of the wet season and became clearer in larger protected areas.
Observed magnitudesFrom April to September, mean cloud-cover frequency was about 0.02 higher in absolute terms, corresponding to a 10.8% relative difference, inside protected areas compared with their surroundings.
In April and October, relative differences could reach about 25%.
Scale also appears to matter: the statistical effect became especially visible among the largest 20% of areas studied, which exceeded 121 km².
A methodological caution is essential. The researchers did not have a comprehensive inventory of all restoration operations. More vegetated protected areas were used in part as a proxy for restored or conserved landscapes. This is therefore an observational comparison: it cannot attribute the entire observed cloud difference to a specifically identified restoration intervention alone. The authors also note that the NDVI contrast between protected and reference areas increases with area size, which may contribute to the scale-dependent relationship.
The study therefore does not show that “half-moons create 25% more clouds”. It shows something more significant scientifically: at landscape scale, differences in vegetation cover are associated with measurable differences in cloud formation.
IX. In 2026, another variable enters the picture: landscape geometry
A January 2026 study by Jessica Ruijsch, Adriaan Teuling, Christopher Taylor, Gert-Jan Steeneveld and Ronald Hutjes pushed the question further through atmospheric modelling.
Using the WRF model, the researchers simulated 27 restoration configurations with different amounts and spatial arrangements of forest cover.
Major resultMore vegetation does not necessarily mean more clouds.
In their West African case study, scenarios with intermediate cover — around 43% — arranged in relatively clustered patterns were especially favourable to cloud formation. By contrast, very high cover — around 85% — or some highly heterogeneous fine-scale mosaics could reduce that effect.
Limit to generalisationThe 43% and 85% values are not universal restoration thresholds. The study concerns an approximately 150 × 150 km domain at the edge of the W-Arly-Pendjari Complex; three high-contrast cloud days were used for the mechanistic analysis, and the 27 spatial-configuration scenarios were simulated for one case-study day. The authors explicitly note the computational limits on longer simulations and call for further research on long-term effects of restoration patterns.
The atmosphere also responds to contrasts between neighbouring surfaces. Differences in albedo, temperature, roughness and evapotranspiration can create thermal gradients and mesoscale circulations.
The question therefore becomes not only how many hectares should be restored? but also where should they be restored, with what degree of continuity, and in what spatial configuration?
X. But a cloud is not rainfall
This is where the argument must stop before becoming a promise.
Producing more water vapour — or even observing more clouds — is not sufficient to guarantee more precipitation.
Rainfall requires several thermodynamic and dynamical conditions to converge: sufficient moisture, air uplift, cooling, saturation, condensation, adequate vertical cloud development, growth of droplets or ice crystals, and finally precipitation.
Scientific red lineWhat the evidence supports
Restoration modifies several variables capable of influencing cloud formation, and some observations do detect greater cloud cover over more vegetated landscapes.
What the evidence does not yet support
“Restoring soils brings the rain back.”
This distinction does not weaken the significance of the findings. It is what makes the argument scientifically credible.
XI. The Niger paradox: why more groundwater is not always good news
In south-western Niger, the water table rose by about four metres between 1963 and 2007, even though rainfall had been about 23% below earlier levels during 1970–1998.
At first glance, that might appear to indicate ecological improvement. Work by G. Favreau and colleagues showed an almost opposite mechanism.
Savanna clearing and cropland expansion promoted surface crusting. Diffuse infiltration declined across some surfaces, while runoff increased and concentrated water in endorheic ponds.
This concentration increased local aquifer recharge. The authors estimated that recharge rose from roughly 2 mm per year before large-scale clearing to 25 ± 7 mm per year afterwards.
Ecological lessonMore groundwater does not necessarily mean a healthier ecosystem
Vegetation loss, increased runoff, erosion and greater local aquifer recharge can occur at the same time.
Understanding restoration therefore requires simultaneous attention to soil, vegetation, infiltration, runoff, groundwater, evapotranspiration and the atmosphere.
XII. From a few square metres to hundreds of kilometres
A half-moon acts over a few metres. A group of restored plots acts at farm scale. A restored watershed may modify flows and water stores. Atmospheric mesoscale circulations, however, emerge over much larger dimensions.
The 2025 study already indicates that the vegetation–cloud relationship depends on the size of vegetated areas. The 2026 study shows that spatial configuration matters as well.
Scaling upOne million hectares scattered across tens of thousands of fragments and one million hectares arranged in large connected blocks may not behave as the same atmospheric system.
This question is directly relevant to the Great Green Wall, watershed restoration, agroforestry, assisted natural regeneration, reforestation and large-scale ecological planning.
On 26 August 2026, the United Nations recognised the World Food Programme-led Sahel Integrated Resilience Initiative as a United Nations World Restoration Flagship. WFP states that since 2018 the initiative has worked with governments, local communities and partners to improve livelihoods and food production for more than four million people, while rehabilitating more than 335,000 hectares of degraded land across Burkina Faso, Chad, Mali, Mauritania and Niger.
Scaling up therefore makes the question of cumulative landscape effects scientifically legitimate. It does not, by itself, prove that rainfall regimes have changed.
XIII. What we know — and what we do not yet know
The gradation below is an editorial synthesis based on the evidence mobilised in this article. It is not a formal systematic-review, meta-analytic or GRADE-style assessment.
| Level | State of knowledge | What can be stated |
|---|---|---|
| 1 | Very well established | Restoration of some severely degraded soils can reduce local runoff, improve infiltration, increase water available in the root zone, support vegetation recovery and reduce some erosive processes. |
| 2 | Well documented | Changes in vegetation modify evapotranspiration, atmospheric moisture exchange, albedo, roughness, the partitioning of sensible and latent heat, and land-surface temperature. |
| 3 | Observed and increasingly credible | At certain scales and under certain conditions, more vegetated landscapes can show more cloud cover, more convective initiation and different mesoscale atmospheric circulations. |
| 4 | Plausible and partly documented | These changes can contribute to continental moisture recycling and vegetation–precipitation feedbacks. |
| 5 | Not yet demonstrated in a generalisable way | There is no universal equation allowing us to write: X hectares restored = Y additional millimetres of rainfall. |
That is precisely one of the frontiers the next generation of research will have to resolve.
XIV. Restoring more than fertility
The most important discovery may not be that half-moons can “make it rain”. Such a spectacular formulation would compress an extraordinarily complex system into a causal claim that has not been demonstrated.
What the research is progressively revealing is more profound.
A severely degraded soil does not merely lose fertility. It may lose part of its capacity to absorb water, sustain vegetation, return water to the atmosphere and exchange energy and moisture with the air above it.
The restored continuumWater slows down; more of it infiltrates; conditions become more favourable to vegetation; evapotranspiration rises; surface energy fluxes change; more water vapour enters the atmosphere; local circulations may be modified; and, in some spatial configurations, clouds become more frequent.
Soil science, hydrology, plant ecology and climatology have long examined different parts of the same system separately. They are increasingly beginning to observe the continuum as a whole.
The scientific question is therefore no longer whether the land surface interacts with the atmosphere. It does.
The question is now at what scale, with what intensity and under which spatial configurations can these interactions be restored once they have been deeply degraded?
Land restoration may consequently need to be understood not only as a policy for soil conservation, biodiversity or agricultural production, but — in some regions and under some conditions — as one component of landscape-scale hydroclimatic adaptation.
That prospect is significant. It is also precisely why the argument must not run ahead of the evidence.
The clouds are beginning to provide an answer.
For rainfall, the experiment continues.
Main scientific references and institutional sources
- Zougmoré R., Zida Z., Kambou N. F. (2003). Role of nutrient amendments in the success of half-moon soil and water conservation practice in semiarid Burkina Faso. Soil & Tillage Research, 71, 143–149. DOI.
- Yu Y. et al. (2017). Observed positive vegetation-rainfall feedbacks in the Sahel dominated by a moisture recycling mechanism. Nature Communications, 8, 1873. DOI.
- Favreau G. et al. (2009). Land clearing, climate variability, and water resources increase in semiarid southwest Niger: A review. Water Resources Research, 45. DOI.
- Te Wierik S. A. et al. (2022). The Contribution of Transpiration to Precipitation Over African Watersheds. Water Resources Research. DOI.
- Mishra V. et al. (2023). Assessing impact of agroecological interventions in Niger through remotely sensed changes in vegetation. Scientific Reports, 13, 360. DOI.
- Ruijsch J. et al. (2024). The local cooling potential of land restoration in Africa. Communications Earth & Environment, 5, 495. DOI.
- Ruijsch J. et al. (2025). Scale-dependent cloud enhancement from land restoration in West African drylands. Communications Earth & Environment, 6, 174. DOI.
- Ruijsch J., Teuling A. J., Taylor C. M., Steeneveld G. J., Hutjes R. W. A. (2026). Clustered Land Restoration Projects Increase Cloud Formation in West African Drylands. Journal of Geophysical Research: Atmospheres, 131, e2025JD044393. DOI.
- UNCCD. Article 1 — definition of land degradation. Official source.
- World Food Programme (WFP), 26 August 2026. Recognition of the Sahel Integrated Resilience Initiative as a United Nations World Restoration Flagship. Official source.
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