Alienum phaedrum torquatos nec eu, vis detraxit periculis ex, nihil expetendis in mei. Mei an pericula euripidis, hinc partem.

Préface pour le livre de Christian Allié par Francis Hallé

« Mon témoignage sur la déforestation au Gabon » de Christian Allié

Comme il se doit, je commence par présenter l’auteur. Sensible et sincère, Christian Allié connaît admirablement l’Afrique et sa forêt ; il entretient des relations d’amitié avec ceux qui en sont originaires, souvent des Pygmées avec lesquels il travaille au quotidien. Ses descriptions de forêt sont saisissantes de réalisme ; les ambiances, les lumières, les sons, les odeurs et même le rythme très spécial de l’écoulement du temps, y figurent avec précision. Nicolas Bouvier à Sri-Lanka m’est revenu en mémoire en lisant la relation que fait Christian de sa maladie – la dengue – et des soins qu’il reçoit de Bernard le Pygmée, lequel refuse de dévoiler les secrets de ses décoctions végétales. Les dangers de la forêt sont clairement exposés : se perdre, recevoir une branche morte, être piqué par des insectes ou agressé par de gros animaux irascibles.

Ces années-ci, il est devenu rare que la lecture d’un livre consacré aux forêts tropicales me fasse plaisir car, s’agissant de ces écosystèmes prestigieux, nous sommes dans une période où les nouvelles sont alarmantes voire catastrophiques ; avec l’assentiment de tous les gouvernements concernés, on continue à les détruire bien qu’ils abritent la diversité biologique la plus riche de la planète.

Le livre de Christian Allié sur les forêts du Gabon a pour moi valeur d’exception : je l’ai lu avec plaisir et même avec jubilation et j’en recommande la lecture à celles et à ceux qui veulent comprendre – enfin ! – les raisons de la disparition des grandes forêts primaires d’Afrique tropicale en moins d’un demi-siècle.

Tout au long de l’époque coloniale et jusqu’à la fin du XXème siècle, la France soutenait de façon inconditionnelle l’exploitation des ressources forestières d’Afrique ; cette exploitation, soutenue par l’Agence Française de Développement (AFD), était vue comme une opération de développement économique, créant des emplois et ouvrant des routes dans des régions d’accès difficile.

Et qui sont les responsables de la déforestation ?

Pas nous, disaient les exploitants forestiers, nous n’y sommes pour rien vu que nous ne prélevons qu’un nombre minime d’arbres à l’hectare, et que la forêt tropicale repousse très vite ; les destructeurs sont les agriculteurs africains dont les méthodes de brûlis sont maladroites, primitives et inadaptées. De parfaits « boucs émissaires », voilà ce qu’étaient les agriculteurs locaux et, en Europe, nous avons vécu sur cette vision des choses sans réaliser qu’elle était fausse sur tous les plans.

On trouvera dans cet ouvrage une description impitoyable et sans concession des turpitudes des exploitants forestiers du Gabon, qu’ils soient européens, asiatiques ou africains ; et, pour la première fois, cette description est faite par quelqu’un qui a appartenu à ce milieu, et qui nous explique « de l’intérieur » comment il fonctionne.

Christian Allié réalise qu’il ne peut plus détruire la forêt à laquelle il est viscéralement attaché. Je laisse au lecteur cette surprise.

Les exploitants forestiers travaillant au Gabon apparaissent ici sous un jour peu flatteur, sans langue de bois et redoutablement objectif. La philanthropie n’entre dans aucun plan d’exploitation élaboré par les coupeurs de bois ; pour eux le développement durable est seulement celui de leurs bénéfices. Je n’ai rencontré, dit l’auteur, que de très rares exploitants sincèrement respectueux de la forêt et attachés au bien-être de leurs personnels ; certains exploitants détestent la forêt ou peut-être en ont-ils peur. Christian nous dit que ceux-là envoient travailler leurs équipes africaines et qu’ils restent dans leur voiture, attendant que les grumes s’empilent sur le « parc à bois », moteur au ralenti pour alimenter la climatisation, avec, à portée de mains, une caisse à glace bien garnie.

Christian a vu, nous dit-il, « le summum du désordre et de la gabegie dans la forêt tropicale ». Affairistes et politicards participent « aux ravages scandaleux que causent les exactions des trusts financiers », où la corruption généralisée et les actions violentes instaurent une ambiance mafieuse qui ne dit pas son nom mais qui, ajoutée à l’incompétence et à l’alcoolisme, se traduit par un honteux gaspillage de bois et de forêt : plusieurs centaines de milliers de mètres cubes de bois pourrissent au fond des cours d’eau ou sur les plages du Gabon, où l’on voit à perte de vue des grumes définitivement échouées.

Lorsque l’on sait que le mètre cube de Kévazingo, rendu en Chine, rapporte de 1 500 à 3 000 euros, on comprend pourquoi les exploitants forestiers sont si nombreux : Super Bois du Gabon (SBG), Tropical Timber Industry Board (TTIB), Industrie Forestière d’Export Gabonaise (IFEG), Bois Scierie Ogooué (BSO), Bois et scierie du Gabon (BSG), Rougier Gabon, Hua Peng Bois, Peng Xin, KIRG, SOLIGA, HSIBG, BORDAMUR, pour ne citer que les plus grosses entreprises. La forêt tropicale ? « Sur toute la planète [….], une sorte de terrain de jeu immense où les peuples de la forêt ne sont plus que des spectateurs désespérés et quasiment bâillonnés, les représentants de la sphère politique et de la finance étant les seuls à engranger des profits ». Et que font les paysans tropicaux, jadis considérés comme des « boucs émissaires » ? Ils inventent l’agroforesterie dont nous savons maintenant qu’elle est la meilleure solution aux problèmes qu’induit la déforestation tropicale.

Merci, Christian Allié, de nous avoir ainsi révélé les vrais responsables de la disparition des forêts tropicales d’Afrique. Du fond du cœur je souhaite à ton livre le très grand succès qu’il mérite.

Francis HALLÉ

Montpellier, Octobre 2018.

DÉCLARATION UNIVERSELLE DES DROITS DE L’ARBRE
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