Alienum phaedrum torquatos nec eu, vis detraxit periculis ex, nihil expetendis in mei. Mei an pericula euripidis, hinc partem.

Biomascarade : rebondissement en Guyane !

Communiqué de presse

 

Alors que l’Amazonie brûle, c’est au tour de l’Assemblée Nationale de vouloir incinérer la forêt primaire de Guyane pour faire de l’électricité (acte 2)

Un amendement déposé par M. Gabriel Serville, député de Guyane et par le groupe Gauche démocrate et républicaine dans le cadre du projet de loi d’accélération et de simplification de l’action publique (ASAP), prévoit de créer une dérogation guyanaise aux dispositions censées protéger les forêts de l’Etat. L’objectif est de passer de 150 ha à 5.000 ha de surface de forêt qui pourra être mise à disposition d’exploitants agricoles et forestiers pour, en réalité, développer le secteur de la biomasse industrielle.
Les organisations signataires de Guyane et de l’hexagone dénoncent des conséquences graves : accaparement des terres aux dépens des petits agriculteurs locaux, destruction de la forêt primaire, monoculture intensive d’arbres à des fins énergétiques, disparition de la biodiversité, accélération du changement climatique …
Fabriquer de l’énergie à base de forêts primaires, un projet qui met aujourd’hui en danger les écosystèmes guyanais. Alors que les scientifiques estiment que le couvert forestier de Guyane représente plus de 1.700 espèces d’arbres, la politique d’extension du secteur biomasse par la plantation de monoculture d’arbres à vocation énergétique pourrait bien être un tournant dramatique pour la protection du poumon vert amazonien.
L’amendement entend insérer un article supplémentaire dans les dispositions relatives aux concessions et cessions pour l’aménagement et la mise en valeur agricole des terres de l’Etat en Guyane. Contrairement aux dispositions applicables en métropole, cet article permettrait d’installer en Guyane, des projets de production agricole et forestière, non plus de 150 hectares maximum, mais d’une surface de 5.000 hectares.

Concrètement, quels sont les impacts de cet amendement ?

La Collectivité Territoriale de Guyane (CTG) et l’Etat français souhaite développer un “grand plan biomasse et agro-carburants” (*) (sous couvert de développer les énergies renouvelables) pour atteindre une autonomie énergétique à hauteur de 50% d’ici 2030 en Guyane. Mais pour rendre possible ce programme, il est nécessaire d’industrialiser la production de déchets dans le secteur agricole et forestier. Selon les projections de la Programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE), la biomasse devrait à terme générer 40 MégaWatt, ce qui nécessite des coupes rases dans la forêt primaire guyanaise pour permettre l’implantation de projets couplés avec des installations agricoles.

Si on ne peut que se féliciter des projets agricoles qui entendent permettre à la Guyane d’atteindre une autonomie alimentaire voir même d’exporter un grand nombre de ses ressources végétales (fruits et produits dérivés, wassaï, bois, artisanat…), nous soulignons que cet amendement, au contraire, a pour objectif d’installer des projets qui n’ont d’autres objectifs que de déforester des forêts anciennes, sous couvert de défriches agricoles, pour alimenter les (trop) nombreux projets de centrales à biomasse à vocation énergétique.
Plus de 700 scientifiques ont alerté la commission européenne sur les risques associés au développement des centrales à biomasse. La combustion de bois n’est pas neutre en carbone: elle entraîne, au contraire, l’émission de grandes quantités de gaz à effet de serre à court terme ce qui compromet l’atteinte des objectifs de l’Accord de Paris. Dans le cas d’une forêt primaire, la dette carbone ainsi générée peut-être supérieure à un siècle.

En effet, jusqu’ici les parcelles agricoles des exploitants locaux sont en général de 5 à 50 ha, et dépassent rarement les 100 ha étant donné la limite de 150 ha qui protège le territoire de l’implantation de projets démesurés. Cependant, le Président de la République, Emmanuel Macron a, pendant sa visite en Guyane en octobre 2017, affirmé son souhait d’accompagner le développement de la filière biomasse en Guyane. Dans cet objectif, il a annoncé réformer les contraintes applicables en France et au niveau de la réglementation européenne qui interdit la production d’énergie liée à la déforestation de forêts primaires. Ainsi, pour contourner la loi, il s’agit d’autoriser de fumeux projets agricoles sur d’immenses étendues afin d’alimenter les centrales biomasse, dont la production d’électricité subventionnée est donc très lucrative.

 

Cet amendement vient répondre à la demande de porteurs de projets de taille industrielle

 

Des demandes de bail agricole de grande taille ont déjà été déposées pour proposer, grâce à la déforestation de la forêt couplée à des projets de reboisement, par exemple, en Teck de Malaisie, ou d’autres espèces à croissance rapide, d’alimenter les centrales biomasse. La monoculture intensive d’arbres à des fins énergétiques a très souvent un impact dévastateur : rendement dérisoire, consommation d’eau, intrant de pesticides, disparition totale de la biodiversité etc…
Nous alertons sur le fait que cet amendement n’a pour finalité que d’asseoir les projets de monoculture intensive des grands industriels de la biomasse, en sacrifiant les demandes des petits agriculteurs locaux aux exploitations à taille humaine. Ce texte, s’il était adopté, serait un nouveau coup dur pour la protection du climat et de la biodiversité amazonienne. Alors que l’Amazonie subit déjà de plein fouet les feux des agriculteurs et des éleveurs brésiliens, la France se doit d’être exemplaire sur son territoire.
Les discussions sur l’amendement auront lieu dans les prochains jours à l’Assemblée nationale. Nous réclamons le retrait ou le rejet de cet amendement qui porte atteinte aux engagements internationaux de la France et aux principes fondamentaux, tels que le principe de non régression en matière environnementale et l’objectif de zéro perte nette de biodiversité.
Nous serons vigilants à la position du gouvernement dans cette affaire, car celui-ci avait déposé un amendement identique avant de le retirer.
Les signataires :
Maïouri Nature Guyane
Collectif des Premières Nations de Guyane
Eric Louis, chef coutumier du village Kuwano, Kourou, Guyane
Organisation des Nations Autochtones de Guyane
Canopée
Fédération Parikweneh de Guyane
Planète Amazone
Amis de la Terre France
Citoyens Pour le Climat Guyane
Gadepam
Compagnie des Guides de Guyane
Guyane Ecologie
Trop Violans
ADNG
AmaZone A Défendre
Fédération des Organisations Autochtones de Guyane
FOSPA Guyane

Tant que l’arbre, n’aura pas de statut juridique il ne sera pas protégé.

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🌳 Parce que l’Arbre est la base de tout l’écosystème terrestre.

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