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Comprendre la Déclaration Universelle des Droits de l’Arbre, la Convention Internationale et l’Assemblée de l’Arbre

Infographie présentant la Déclaration universelle des droits de l'Arbre, la Convention internationale des droits de l'Arbre, l'Assemblée de l'Arbre et les Arbres Gardiens, ainsi que leurs applications au service du vivant.

La protection du vivant ne se résume pas à l’adoption de nouvelles règles juridiques. Elle suppose également une transformation profonde de notre regard, de nos valeurs et de notre manière d’habiter le monde.

C’est de cette conviction qu’est née la Déclaration universelle des droits de l’Arbre.

Au fil des années, cette réflexion s’est progressivement enrichie. Elle a conduit à l’élaboration de la Convention internationale des droits de l’Arbre, puis à la création de l’Assemblée de l’Arbre, destinée à faire vivre cette démarche dans les territoires.

Ensemble, ces trois composantes forment une architecture cohérente, évolutive et participative, conçue pour accompagner une transformation progressive de la relation entre les sociétés humaines et les arbres.

L’objectif n’est pas seulement de mieux protéger les arbres. Il est de faire émerger une culture commune du vivant, fondée sur le respect, la responsabilité, la participation démocratique et l’expérience collective. Car une protection durable ne repose pas uniquement sur des règles de droit : elle suppose aussi une évolution de notre manière de penser et de vivre notre relation avec les arbres.

Une autre manière de penser notre relation avec l’arbre

 

Depuis plusieurs années, de nombreuses initiatives cherchent à mieux protéger la nature. Certaines proposent de reconnaître une personnalité juridique à des fleuves, des forêts ou des écosystèmes afin qu’ils puissent être représentés devant les juridictions et que leurs intérêts soient défendus.

La Déclaration universelle des droits de l’Arbre ne prend pas pour point de départ la question de la personnalité juridique de la nature ou de l’évolution du droit.

Elle commence par une interrogation plus fondamentale :

Qu’est-ce qu’un arbre ?

La Déclaration affirme que l’arbre est un être vivant, un être sensible, source de vie, possédant une existence propre et une valeur intrinsèque, indépendamment des services qu’il rend aux sociétés humaines.

Cette affirmation constitue le fondement de toute la démarche.

Elle invite à dépasser une conception purement utilitaire de l’arbre pour reconnaître qu’il mérite le respect en raison de ce qu’il est, et non seulement de ce qu’il apporte.

La Déclaration propose ainsi un changement de regard avant de proposer un changement des règles.

Car les évolutions les plus durables naissent toujours d’une transformation de la conscience collective.

Une démarche qui dépasse la seule question juridique

 

Le droit joue naturellement un rôle essentiel dans la protection du vivant.

Mais il ne transforme pas, à lui seul, les représentations, les comportements ou les cultures.

La Déclaration universelle des droits de l’Arbre fait donc le choix de placer l’éthique au commencement de la démarche.

Elle propose un cadre éthique et normatif destiné à inspirer progressivement les citoyens, les collectivités, les institutions, les scientifiques, les juristes et les responsables publics.

La Déclaration n’a pas été conçue pour produire immédiatement de nouvelles règles juridiques. Elle a été conçue pour faire émerger progressivement un cadre éthique partagé, susceptible d’inspirer les politiques publiques, les institutions et, lorsque les sociétés le jugeront nécessaire, les évolutions du droit lui-même.

Les évolutions juridiques trouvent naturellement leur place dans cette dynamique. Elles n’en constituent cependant pas le point de départ, mais l’une des expressions possibles d’une évolution plus profonde des valeurs, des pratiques et de notre relation au vivant.

Une architecture évolutive

 

La démarche portée par la Compagnie des Papillons Bleus repose sur une architecture dans laquelle chaque élément remplit une fonction précise et complémentaire.

La Déclaration universelle des droits de l’Arbre

La Déclaration constitue le fondement de l’ensemble.

Elle énonce les principes éthiques et normatifs qui doivent guider la relation entre les sociétés humaines et les arbres.

Elle affirme les droits fondamentaux de l’arbre et trace l’horizon d’une nouvelle manière de penser notre responsabilité envers le vivant.

La Convention internationale des droits de l’Arbre

La Convention prolonge la Déclaration.

Elle n’a pas pour vocation d’en modifier les principes, mais d’organiser les conditions de leur mise en œuvre progressive.

Elle constitue un cadre international destiné aux États, aux collectivités territoriales et aux institutions souhaitant traduire progressivement les principes de la Déclaration en politiques publiques, en coopérations et en actions concrètes.

Elle prévoit également la mise en place des Assemblées de l’Arbre, espaces permanents de dialogue, de participation et de gouvernance locale.

Les premières avancées institutionnelles, notamment l’adoption de la Déclaration universelle des droits de l’Arbre par la municipalité de Terrasse-Vaudreuil, montrent que cette démarche est désormais entrée dans une phase d’expérimentation concrète.

Parce qu’elle est nourrie par les expériences des territoires, la Convention est appelée à évoluer en permanence.

Elle est un instrument vivant.

L’Assemblée de l’Arbre

L’Assemblée de l’Arbre est l’institution participative prévue par la Convention.

Elle constitue un espace permanent de dialogue, de réflexion et de participation démocratique.

Elle rassemble citoyens, élus, scientifiques, juristes, associations, artistes, gestionnaires, propriétaires, professionnels de l’arbre et tous ceux qui souhaitent contribuer à une relation renouvelée entre les sociétés humaines et les arbres.

L’Assemblée n’a pas vocation à se substituer aux institutions démocratiques existantes.

Elle offre un lieu où les expériences peuvent être partagées, les pratiques discutées, les propositions élaborées et les évolutions de la Convention préparées collectivement.

Chaque commune, chaque région, chaque État ou toute autre collectivité qui choisit d’adhérer à cette démarche est appelée à constituer sa propre Assemblée de l’Arbre, adaptée à son territoire, à sa culture et à ses réalités écologiques.

Cette articulation constitue l’une des originalités de la démarche : la Déclaration énonce les principes ; la Convention organise leur mise en œuvre ; l’Assemblée de l’Arbre permet de confronter ces principes à l’expérience des territoires afin qu’ils demeurent un cadre vivant, capable d’évoluer sans jamais perdre leur cohérence.

Les Arbres Gardiens

Dans le prolongement de cette architecture, une réflexion est actuellement menée autour de la création d’un statut d’Arbre Gardien.

Un Arbre Gardien serait un arbre reconnu en raison de son importance écologique, climatique, historique, culturelle, scientifique, paysagère ou patrimoniale.

Cette reconnaissance pourrait ouvrir la voie à une protection renforcée, à une meilleure transmission de son histoire et à une valorisation de son rôle dans les territoires.

Ce statut pourrait notamment être reconnu dans le cadre des Assemblées de l’Arbre, afin d’associer les collectivités, les citoyens et les experts à l’identification et à la protection des arbres présentant une valeur particulière.

Cette proposition pourrait utilement enrichir la Convention internationale des droits de l’Arbre par l’adoption d’un article spécifique consacré aux Arbres Gardiens.

Un processus vivant

 

La force de cette architecture réside dans l’interaction permanente entre ses différentes composantes.

Les expériences locales enrichissent les réflexions communes.

Les réflexions communes conduisent à l’évolution progressive de la Convention.

Cette évolution permet ensuite d’accompagner de nouvelles initiatives partout dans le monde.

Il ne s’agit donc pas d’un modèle figé, mais d’un processus vivant, fondé sur le dialogue, l’expérience, la participation démocratique et l’amélioration continue.

Une contribution originale au mouvement international en faveur du vivant

 

Partout dans le monde, de nombreuses initiatives cherchent aujourd’hui à mieux protéger le vivant.

Certaines explorent de nouvelles formes de reconnaissance juridique de la nature, tandis que d’autres développent des politiques publiques innovantes ou expérimentent de nouveaux modèles de gouvernance.

La Déclaration universelle des droits de l’Arbre s’inscrit pleinement dans cette dynamique internationale.

Sa contribution est toutefois originale.

Elle ne s’oppose pas aux mouvements en faveur des droits de la nature ou de la personnalité juridique des écosystèmes. Elle leur apporte une contribution complémentaire en privilégiant une transformation progressive des représentations, de la gouvernance et des pratiques, sans exclure les évolutions juridiques lorsqu’elles apparaissent pertinentes.

En proposant une articulation entre une Déclaration fondatrice, une Convention évolutive, une Assemblée de l’Arbre ouverte à tous les acteurs de la société et, demain, le statut d’Arbre Gardien, cette démarche offre une méthode originale pour accompagner la transformation de notre relation avec les arbres et, plus largement, avec le vivant.

Les lois peuvent protéger le vivant.

Mais seules une culture partagée, une responsabilité assumée et une participation démocratique peuvent durablement transformer la relation entre les sociétés humaines et les arbres.

C’est cette transformation progressive que proposent ensemble la Déclaration universelle des droits de l’Arbre, la Convention internationale des droits de l’Arbre, l’Assemblée de l’Arbre et les futurs Arbres Gardiens.

Ricardo Rey
Président de la Compagnie des Papillons Bleus
Auteur et fondateur de la Déclaration universelle des droits de l’Arbre
Fondateur de l’Assemblée de l’Arbre

 

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