Alienum phaedrum torquatos nec eu, vis detraxit periculis ex, nihil expetendis in mei. Mei an pericula euripidis, hinc partem.

“J’aime l’arbre, les arbres” par Christian Allié

J’aime l’arbre, les arbres. J’ai désormais pleine conscience de leur très ancienne condition d’être vivant et que nous sommes issus de la même planète. Ils m’apportent la paix, et pourtant, j’en ai fait abattre des centaines, des milliers !

Cinquante années de vie en Afrique ont ouvert mon esprit à une conscience écologique précoce. Très tôt, la richesse de la biodiversité africaine m’a révélé ma propre nature, du Sénégal au Bénin, puis, des savanes du Cameroun, aux arbres de la forêt gabonaise qui l’ont grandement édifiée. J’estime que c’est une chance, un privilège, cependant, durant un quart de siècle, j’ai été acteur et témoin des ravages causés par la déforestation, que ce soit le fait de petites exploitations locales ou de trusts internationaux avec lesquels j’ai travaillé.

Depuis mon retour en France, je m’efforce de révéler ce que j’ai vu et vécu dans la forêt du Gabon et, par extension, pour amener le lecteur à savoir ce qui se passe dans toutes les forêts de la bande équatoriale : lucre, corruption, gaspillage, manque de respect pour l’environnement comme pour les habitants

Ce besoin de témoigner puise son origine dans la force du lien qui s’est développé entre l’arbre et moi, sans que j’y prête attention. Il s’est enrichi naturellement au contact des peuples millénaires de la forêt tropicale du Gabon : les Pygmées, les Mitshogos, les Bandjabis, les Galoas, les Fangs et tant d’autres.

Je me propose de partager quelques extraits de mon dernier manuscrit : « Mon témoignage sur la déforestation au Gabon » afin d’éclairer les consciences des amateurs de bois tropicaux, dont la France est le second importateur en Europe. Je souhaite que ce que l’on ne vous a jamais dit de ce système d’exploitation forestière maffieux soit connu de tous, en attendant que les légistes imposent des modes de contrôle et de certification qui écarteraient définitivement le consommateur innocent de tout sentiment de culpabilité, ou de complicité, en se rendant acquéreur de pièces de bois tropicaux illégalement exploités.

Extrait « Mon témoignage sur la déforestation au Gabon » (pages 100/101)

« Un chasseur d’un village voisin, excédé par l’absence de gibier due à l’agitation des hommes et au boucan des machines, m’avait guidé sur les lieux d’exploitation malaisiens, il espérait que « le blanc » saurait faire cesser le saccage de sa zone de chasse habituelle. On imagine mal le pire, et pourtant j’y étais, j’avais franchi la ligne. Massacre à la tronçonneuse et au bulldozer dans la forêt tropicale. Comme dans l’environnement unique de leur propre pays, ils détruisaient, faisant abattre ou déraciner à peu près tout ce qui ressemblait à un arbre, ne se préoccupant ni de son diamètre ni de sa conformation, comme s’ils étaient libres d’agir à leur guise dans la forêt gabonaise passant outre les Décrets et articles de loi1 du pays. S’il est vrai que les exploitants forestiers issus de l’époque coloniale et les Néo-coupeurs de bois prenaient des libertés avec la loi, le saccage forestier auquel se livraient les malaisiens était pour moi une marque de mépris envers les institutions du pays et son environnement naturel. Mes collègues exploitants forestiers, plus préoccupés du volume de bois qu’ils produisaient que de protection de la biodiversité tropicale, veillaient au moins à respecter les obligations édictées. Aucun d’eux n’abattait un Pau rosa à moins de cinquante centimètres sous aubier de diamètre moyen, ni un Moabi ou un kévazingo à moins de quatre-vingt centimètres, pour ne citer que ces exemples. Je trouvais stupide qu’ils n’hésitent pas à abattre un arbre de quarante ou cinquante mètres de hauteur pour n’en tirer qu’une grume de cinq ou six mètres mais au moins, ils laissaient sur pieds les arbres trop tordus, vrillés ou bosselés, les malaisiens ne se préoccupaient pas du tout de ces obligations, ni des amendes et autres condamnations que les contrôles, même théoriques, des agents des Eaux et Forêts pouvaient leur infliger. Les gabonais à qui avaient été accordés, selon la loi, les autorisations d’exploitation de la zone qu’ils dépouillaient étaient de hauts personnages de l’État, outre leur penchant évident pour la destruction des forêts, les agents de Bordamur agissaient comme bon leur semblait avec une telle protection.

J’étais effaré par l’aspect de nombreuses crêtes aux sommets pratiquement rasés. Si par malheur, ils tombaient sur de petits peuplements forestiers, qu’ils soient d’okoumé, d’ozigo ou de niangon, peu leur importait l’essence, les bulls positionnés en ligne de front rasaient sur leur passage ce que les abatteurs avaient laissé debout.

Ils ouvraient des pistes de débardage pratiquement parallèles pour les engins à pneus, les unes après les autres. Elles devenaient rapidement impraticables à force de rotations, d’aller-retour du parc à bois principal à la forêt. Les engins trop chargés forçaient, et creusaient des ornières de plus en plus profondes. À chaque arrêt ou ralentissement pour se désembourber, le chargement posé sur la piste détrempée se comportait comme l’ancre d’un bateau raclant le fond de la mer. Et à chaque redémarrage, le conducteur ramenant le chargement en hauteur près du treuil, les billes de bois recreusaient un sillon plus important. Les arrimages composés de plusieurs troncs de petits diamètres se déployaient en éventail à l’autre bout du point d’amarrage où le câble les maintenait. Les grumes fracassaient les jeunes arbres dressés sur cinq à huit mètres de large à chaque passage d’engin. Ces machines étaient couvertes de boue et de débris végétaux, elles en étaient débarrassées par l’eau des rivières. Les berges, où les engins étaient quotidiennement lavés à grand renfort de karchers et autres motopompes à haute pression, étaient d’écœurants cloaques de gasoil, d’huiles et de graisse mêlés à la terre. Ces détritus amalgamés devaient empoisonner toute forme de vie à des kilomètres à la ronde. Les mécaniciens y faisaient probablement aussi quelques vidanges, à en croire l’aspect et la couleur des fosses, pas même recouvertes, dont la terre n’en finissait pas d’absorber le fond. Les futs abandonnés y sont peut-être encore, les restes d’huiles ralentissant la formation de rouille. »

1 Décret n0664/PRIMEFE, 22 juillet 1994 portant réglementation de fa commercialisation des bois en République gabonaise.

#PETITIONDÉCLARATION UNIVERSELLE DES DROITS DE L’ARBRE

🌳 Parce que l’Arbre est la base de tout l’écosystème terrestre.

🌳 Parce que l’Arbre c’est la Vie

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